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Programmes pour les délinquantes

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l'Établissement Nova pour femmes

Section 7: Services

Services d'alimentation
 
Résultats escomptés
On offre aux détenues des repas variés pour répondre à leurs exigences individuelles, et les aliments sont préparés et servis conformément à la religion, à la culture et aux règlements applicables en matière de salubrité des aliments et d'hygiène.


 
7.1 Les femmes avaient une attitude positive au sujet de la qualité de la nourriture. Pour les femmes aux unités de garde en milieu fermé et d'isolement, on préparait les repas qui leur étaient destinés, mais la plupart de celles qui étaient hébergées dans les unités résidentielles cuisinaient pour elles-mêmes. Les femmes n'étaient pas toutes aussi habiles pour cuisiner, et il y avait peu de formation à leur intention. Les aliments offerts répondaient aux lignes directrices du Guide alimentaire canadien, mais certaines femmes ne pouvaient pas obtenir facilement des aliments appropriés à la culture. Des nouvelles détenues n'ont pas toujours eu un repas le jour de leur arrivée.


7.2 Dans notre enquête, 67 % des femmes, contre 34 % dans les enquêtes effectuées en Angleterre, ont déclaré que la nourriture à Nova était bonne ou très bonne. Pour les femmes logées aux unités de garde en milieu fermé et d'isolement, on préparait les repas qui leur étaient destinés, mais la plupart des femmes hébergées aux unités résidentielles cuisinaient pour elles-mêmes.

7.3 Un préposé des services alimentaires préparait les repas pour les femmes hébergées à l'unité d'isolement et à l'unité de garde en milieu fermé avec l'aide d'une détenue. Le menu était établi selon un cycle de cinq semaines. Le petit déjeuner était servi vers 8 h et était différent chaque jour. Le déjeuner était servi vers 12 h, et le dîner à 16 h 45, après la confirmation du dénombrement de chaque unité. Dans les unités résidentielles, les femmes prenaient généralement les repas juste après l'heure du dénombrement, mais elles pouvaient manger quand cela leur convenait.

7.4 Dans les unités résidentielles, chaque femme se voyait allouer 4 $ par jour pour la nourriture. On allouait 10 $ de plus par semaine aux femmes enceintes pour de la nourriture supplémentaire, et les agents des services alimentaires veillaient à ce qu'elles commandent des produits laitiers et des protéines supplémentaires.

7.5 À l'admission d'une nouvelle détenue, l'agent des services alimentaires ajoutait les sommes prévues au compte de l'unité résidentielle de la femme. Si elle arrivait après le déjeuner, on n'allouait que 2 $ pour cette journée, parce que l'on supposait qu'elle avait déjà pris le petit déjeuner et le déjeuner. Les membres du personnel s'attendaient à ce que les femmes qui se trouvaient déjà aux unités résidentielles nourrissent les nouvelles détenues grâce aux provisions du garde-manger de l'unité résidentielle jusqu'à la prochaine journée de commande des aliments, mais ce n'était pas toujours le cas. Une femme nous a confié n'avoir eu qu'une tablette de chocolat à manger dans les 36 premières heures de son arrivée à Nova. Dans notre enquête, seulement 63 % ont déclaré avoir eu quelque chose à manger le jour de leur arrivée, par rapport à un comparateur anglais de 90 %.

7.6 Le comité de détenues avait proposé d'augmenter l'allocation alimentaire hebdomadaire en faisant valoir que, si une unité résidentielle était remplie à pleine capacité, il était très difficile se tirer d'affaire pendant toute une semaine. Il n'avait pas encore reçu de réponse. Le montant n'avait pas changé depuis quelques années, malgré la hausse du prix des aliments.

7.7 Les femmes étaient censées suivre une formation sur les services d'alimentation et la gestion d'un budget en plus de rencontrer la diététiste au cours de leurs 14 premiers jours, sauf si elles avaient été à l'établissement avant. Toutefois, les dossiers révélaient que cela ne s'était pas concrétisé. Celles qui étaient arrivées depuis juillet 2005 n'avaient toujours pas reçu une orientation concernant les services alimentaires, et les nouvelles détenues arrivées au cours du mois précédent avaient seulement rencontré la diététiste. Nous nous sommes demandé, avec inquiétude, si les femmes possédaient les aptitudes appropriées pour s'occuper elles-mêmes de leur alimentation dans ce contexte.

7.8 Tous les aliments fournis par les Services d'alimentation étaient entreposés adéquatement dans les locaux des Services d'alimentation. Santé Canada inspectait l'entrepôt quatre fois par année.

7.9 Il était possible de commander la nourriture deux fois par semaine, mais la deuxième commande devait habituellement être plus petite et comprendre principalement des denrées périssables. La commande principale de nourriture était présentée le vendredi, puis livrée le lundi suivant. On s'attendait à ce que les femmes mettent en commun l'argent qui leur avait été alloué pour la nourriture. Il n'y avait pas de cuisinière désignée à l'unité résidentielle, mais chaque unité avait une représentante. Les femmes n'étaient pas autorisées à reporter à la semaine suivante les sommes non dépensées. Elles n'étaient pas autorisées non plus à apporter avec elles des aliments si elles changeaient d'unité résidentielle durant la semaine, et aucuns fonds supplémentaires n'étaient versés à la nouvelle unité résidentielle, même s'il n'y avait pas suffisamment de nourriture à cet endroit.

7.10 Les femmes nous ont dit avoir été victimes d'intimidation et de harcèlement concernant la nourriture et que certaines femmes ont volé de la nourriture aux autres durant la nuit. Nous avons entendu des discussions entre des femmes concernant des aliments qui ne se trouvaient plus dans les armoires.

7.11 Les agents des services alimentaires vérifiaient si les commandes de nourriture respectaient le Guide alimentaire canadien. Ils comptaient sur les autres femmes, les membres du personnel et leurs propres observations afin de garantir que les femmes mangeaient. Il n'y avait pas d'aliments exigés pour un régime religieux, comme des produits halal, sur la commande de nourriture, et, même qu'il y avait des produits destinés aux personnes souffrant de diabète, ils n'étaient pas expressément indiqués. Les femmes pouvaient demander un « régime de conscience », lequel était soumis à l'examen de l'aumônier s'il avait trait à des motifs religieux ou à la directrice de l'établissement. On leur donnait un aliment de rechange à valeur calorique similaire à celui qu'elles ne pouvaient pas manger, sans frais supplémentaire.

7.12 Dans les unités résidentielles, les cuisines étaient équipées d'un réfrigérateur grand format, d'un four micro-ondes, d'une cuisinière électrique, d'une friteuse, d'une cafetière de type industriel et d'un ensemble de couteaux fixé au mur par des fils de métal. Dans les unités résidentielles à sécurité moyenne, les porte-couteaux étaient mis sous clé entre 19 h et 7 h, mais dans les unités résidentielles à sécurité minimale, ils ne l'étaient pas du tout. Il y avait également un congélateur dans chaque unité résidentielle. Les cuisines étaient légèrement délabrées et, selon la description du personnel, elles « commençaient à montrer leur âge ».

7.13 Les agents des services alimentaires vérifiaient, chaque mois, les cuisines des unités résidentielles et tenaient des registres. Ils envoyaient des lettres à chaque unité résidentielle à la suite d'une inspection pour expliquer les constatations défavorables et la surveillance continue qui s'imposait, le cas échéant. Il était possible que les femmes soient suspendues des programmes pour nettoyer les cuisines des unités résidentielles si on le jugeait nécessaire.


  Points de décision
 
7.14 Il convient d'examiner, de manière indépendante, le montant alloué pour la nourriture destinée à chaque femme afin de s'assurer qu'il est adéquat pour offrir un régime sain et nutritif.

7.15 Toutes les nouvelles détenues doivent recevoir un repas le jour de leur arrivée, et il faut allouer rapidement les allocations alimentaires aux unités résidentielles.

7.16 Toutes les nouvelles détenues devraient bénéficier d'une formation théorique et pratique concernant la préparation des aliments ainsi que l'hygiène personnelle et alimentaire; par ailleurs, le personnel des Services d'alimentation doit veiller à ce que chaque femme puisse préparer divers repas pour elle-même.

7.17 Il convient de revoir le système des services alimentaires aux unités résidentielles et d'envisager la mise en place d'une « cuisinière de l'unité résidentielle » ayant suivi une formation officielle.

7.18 Les aliments offerts doivent proposer une diversité suffisante sur le plan culturel pour répondre aux besoins de la population.

Cantine (magasin de la prison)
 
Résultats escomptés
Les détenues peuvent acheter une gamme convenable d'articles à des prix raisonnables pour satisfaire leurs besoins en fonction du groupe ethnique, de la culture et du sexe, et elles peuvent le faire en toute sécurité à un magasin géré efficacement.

 
7.19 La cantine (magasin de la prison) était bien gérée, et les femmes pouvaient acheter des produits chaque semaine. Il était possible d'acheter d'autres articles grâce au magasinage à l'extérieur, toutes les deux semaines. Un système de reçus fournissait aux femmes le relevé de leurs fonds résiduels. On versait à toutes les nouvelles détenues une avance de 18 $, mais ce montant était insuffisant pour la période à laquelle il s'appliquait.


7.20 À l'admission, on versait aux femmes une avance de 18 $ en plus de leur offrir la possibilité d'acheter des articles à la cantine dans les 24 premières heures de leur arrivée. Dans notre enquête, 84 % des répondantes ont déclaré avoir eu accès à la cantine dans les 24 premières heures, contre un comparateur anglais de 17 %. Toutefois, l'avance de 18 $ devait durer éventuellement pour quatre semaines, jusqu'à ce que la femme ait touché sa première rémunération. Cinquante grammes de tabac coûtant 14,70 $, il restait très peu d'argent pour acheter d'autres articles. On récupérait également la totalité des 18 $ à même la première rémunération de la détenue, qui pouvait donc se retrouver sans argent pour acheter des produits pendant deux autres semaines. L'avance était insuffisante pour les femmes ne possédant pas leur propre argent, et le remboursement immédiat de la totalité des fonds était irréaliste. Ainsi, les femmes étaient vulnérables aux dettes et à l'usage de la force.

7.21 La cantine était bien gérée. Elle était ouverte une fois par semaine. Il était possible d'acheter les produits directement à la cantine. Les femmes étaient appelées à la cantine par unité résidentielle, et on les invitait à s'approcher de l'ouverture une à la fois, un changement digne de mention par rapport au système antérieur où il fallait faire la queue; le comité de cantine avait demandé ce changement. Les articles étaient cochés sur la liste de commande en présence de la femme, et on lui remettait un reçu avec les détails de ses fonds résiduels pour la cantine. Les commandes étaient livrées aux femmes hébergées à l'unité de garde en milieu fermé et à l'unité d'isolement. Il était possible d'effectuer un transfert du compte d'épargne au compte courant jusqu'à quatre fois par année, avec un retrait supplémentaire pour la cantine des Fêtes.

7.22 Le prix des articles figurant sur la liste de la cantine était raisonnable, le bénéfice général ne pouvant pas dépasser 10 %. Les changements de prix faisaient l'objet de discussions avec le comité de cantine, lequel se réunissait approximativement tous les trois mois. Le comité pouvait également influencer le contenu des listes de la cantine à ces réunions. Certaines des suggestions faisaient l'objet d'un suivi à la réunion suivante, mais le résultat était flou pour ce qui est des autres suggestions. On y offrait des articles de toilette destinés particulièrement aux femmes noires. Dans notre enquête, 47 % des répondantes ont dit que la cantine vendait une gamme suffisamment large d'articles pour répondre à leurs besoins, ce qui s'assimile au comparateur anglais de 40 %.

7.23 Les femmes pouvaient également acheter des articles de toilette supplémentaires, des vêtements et des marchandises électriques grâce au magasinage à l'extérieur, toutes les deux semaines. De la même manière, il était possible de commander des articles de bricolage.

7.24 Des journaux et magazines étaient offerts à la bibliothèque, et les femmes pouvaient emprunter les journaux courants au bureau d'accueil.

  Point de décision
 
7.25 Il convient d'augmenter l'avance prévue pour la cantine afin qu'elle couvre une période de quatre semaines et que le remboursement soit échelonné.

  Point de gestion interne
 
7.26 On doit clairement donner suite à tous les points à l'ordre du jour du comité de cantine et effectuer un suivi à la prochaine réunion.