Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

La violence familiale chez les délinquants sous responsabilité fédérale: Étude fondée sur l'examen des dossiers

Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Sommaire

Ce rapport consiste en un examen de la documentation consacrée aux effets à court et à long terme causés aux victimes ou aux témoins de violence physique pendant leur enfance. Des chercheurs ont posé comme hypothèse que les personnes ayant vécu cette expérience sont plus susceptibles de devenir elles-mêmes des agresseurs. C'est l'hypothèse du «cycle de la violence». Un examen des preuves empiriques a amené Widom (1989) à conclure que la violence dans la famille d'origine augmentait effectivement le risque qu'une personne devienne violente à l'âge adulte. Toutefois, l'adoption d'un comportement violent par les victimes ou témoins de violence n'est pas inévitable. De plus, les recherches dans ce domaine présentent de nombreuses lacunes méthodologiques. Dans ce rapport, nous nous proposons de faire le point sur les recherches relatives au «cycle de la violence» publiées postérieurement au résumé de Widom, afin de déterminer si les problèmes décrits dans celui-ci ont été réglés dans les enquêtes subséquentes. Nous décrivons les conséquences qu'entraîne le fait d'avoir été victime ou témoin de violence chez les enfants, les adolescents et les adultes.

Une bonne part des recherches au sujet de l'incidence de la violence familiale sur les enfants ont porté sur des échantillons établis par des organismes. Le niveau actuel de violence manifestée par les parents y est évalué et mis en rapport avec l'adaptation concurrente des enfants. Bien que des recherches de ce genre ne visent pas directement à savoir si les enfants maltraités deviennent eux-mêmes des agresseurs, elles sont utiles compte tenu des preuves selon lesquelles les enfants agressifs demeurent agressifs lorsqu'ils deviennent des adultes. Il semble ressortir des études analysées que le fait d'être victime de violence a des répercussions plus graves sur le comportement que le fait d'être témoin d'actes de violence, la double expérience de victime et témoin de violence représentant le prédicteur le plus puissant de l'agression. Toutefois, beaucoup des défauts signalés par Widom (1989) quant au plan de recherche se retrouvent toujours dans les enquêtes actuelles.

Les recherches portant sur des échantillons composés d'adolescents et d'adultes présentent aussi des problèmes méthodologiques. Un des principaux problèmes est que les chercheurs font largement appel aux méthodes rétrospectives. En outre, la plupart des recherches consacrées aux adolescents sont centrées sur la question de la délinquance chez ceux qui ont été victimes ou témoins de violence, même si les faits démontrent qu'un phénomène semblable à la violence conjugale se manifeste chez les «couples» adolescents. Des lacunes méthodologiques ont empêché de donner une interprétation définitive des résultats de recherche relatifs à la violence dans les fréquentations, mais on a montré l'existence d'une relation entre des antécédents de violence et l'adoption d'un comportement de violence.

Chez les adultes, on a constaté que le fait d'avoir été à la fois victime et témoin de violence familiale durant l'enfance était associé à des actes de violence familiale à l'âge adulte. Les recherches menées auprès des délinquants ont révélé que, dans une très forte proportion, les membres de cette population avaient été victimes ou témoins de violence. Même si les limites des études analysées empêchent de tirer des conclusions fermes quant à l'importance que les intervenants du système de justice doivent attacher à cet aspect, cette constatation souligne la nécessité d'offrir des programmes de traitement de la violence aux délinquants, ce que le Service correctionnel du Canada fait déjà. Plus précisément les personnes qui ont des antécédents de victimisation doivent être considérées comme susceptibles de commettre des actes de violence et doivent être encouragées à participer à des programmes axés sur la famille afin d'acquérir des techniques qui constituent des solutions de rechange à la violence.

Pour tenter d'éclaircir la relation entre les actes de violence dont une personne fait l'objet dans l'enfance et ceux qu'elle commet à l'âge adulte, il faudrait que les futures recherches sur le «cycle de la violence» fassent davantage appel aux méthodes prospectives et que l'on tienne compte de l'aspect quantitatif dans l'étude de l'effet de la violence dont une personne a été témoin. Il pourrait également être utile de mener des enquêtes sur les facteurs susceptibles d'empêcher des personnes de répéter les actes de violence dont elles ont été témoins ou victimes.