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SURVEILLANCE DES MALADIES INFECTIEUSES DANS LES PÉNITENCIERS FÉDÉRAUX CANADIENS
2005-2006

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Sommaire

Contexte

Au milieu des années 1990, la réponse à une éclosion soupçonnée de tuberculose dans plusieurs établissements fédéraux a conduit à une collaboration suivie entre l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) (alors Santé Canada) et le Secteur des services de santé (alors Direction des services de santé) du Service correctionnel du Canada (SCC). En 2003, le SCC et l’ASPC ont officialisé cette collaboration en signant un protocole d’entente afin de renforcer la prévention et le contrôle des maladies infectieuses parmi les détenus et les employés des établissements correctionnels fédéraux. Cette entente prévoit la prestation de services épidémiologiques et de gestion des données, y compris de surveillance, et depuis 2003, le personnel de l’ASPC fournit au SCC des conseils d’experts en matière technique et médicale sur une vaste gamme de questions relatives aux maladies infectieuses et à la santé publique.

Deux systèmes de surveillance technique distincts étaient en place entre 2005 et 2006 pour recueillir des données de surveillance. Le Système de surveillance des maladies infectieuses (SSMI) du SCC est un registre général des tests sérologiques de dépistage et des déclarations de cas d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), d’hépatite C (VHC), d’hépatite A (VHA), d’hépatite B (VHB), de tuberculose et d’infections transmissibles sexuellement (ITS). L’application Web du Système de surveillance des maladies infectieuses (Web-SSMI) est une base de données électronique normalisée qui contient des données améliorées, présentées sous forme de liste sur la tuberculose et les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Le dépistage de la tuberculose chez les employés se fait dans le cadre du Programme de santé au travail et de sécurité du public (PSTSP) de Santé Canada et les données correspondantes sont conservées et analysées par l’ASPC.

Le présent rapport fait état des données de surveillance agrégées concernant certaines maladies infectieuses au SCC pour la période 2005-2006. Il vient s’ajouter aux résultats de surveillance déjà publiés pour 2000-2001 (SCC, 2003) et 2002-2004 (SCC, 2008), et aux rapports sur la tuberculose publiés pour 1998 (SCC, 2001) et 1999-2001 (SCC, 2005).

Il s’agit du premier rapport où sont présentées des données du Web-SSMI. L’information provenant du dépistage accru comprend les tests et les résultats antérieurs, des renseignements sur les antécédents en matière de risques, les analyses demandées et les résultats de laboratoire, et elle permet de relier de multiples tests auxquels une personne a été soumise dans le temps. Cependant, comme la période 2005-2006 correspond à des phases de mise en œuvre et d’accélération, ces données sont utilisées en complément des conclusions du système de surveillance global pour les renforcer. Par conséquent, les données du SSMI continuent d’être considérées comme l’« idéal » pour ce qui est de permettre la meilleure estimation quant au dépistage et aux taux de prévalence.

Résultats

En 2005 et 2006, plus de la moitié des délinquants nouvellement admis dans un établissement correctionnel du SCC ont accepté de se soumettre à un test sanguin de dépistage du VIH. Chacune de ces années, on a diagnostiqué parmi ces nouvelles admissions 7 nouveaux cas de VIH, soit 2,9 et 2,6 cas nouvellement diagnostiqués, respectivement, pour 1 000 tests pratiqués. Dans l’immense majorité des cas, les infections à VIH chez les détenus étaient connues à l’admission. Ainsi, en 2006, 155 des 162 (96 %) cas de VIH étaient connus comme étant séropositifs à leur admission. L’estimation de la prévalence instantanée en fin d’année pour l’infection à VIH était de 1,67 % en 2005 (N = 204) et de 1,64 % en 2006 (N = 218). Les taux d’infection à VIH étaient plus élevés chez les femmes que chez les hommes. Ainsi, en 2006, les taux de prévalence en fin d’année étaient de 4,49 % pour les femmes, contre 1,54 % pour les hommes. Le nombre de détenus séropositifs pour le VIH connus mis en liberté dans la collectivité était de 175 en 2005 et de 193 en 2006. Les données de la surveillance accrue de 2005 et 2006 montrent que parmi les détenus qui ont eu un test initial négatif pour le VIH et un test de suivi pendant leur incarcération, aucune nouvelle infection à VIH n’a été constatée.

En 2005 et 2006, environ la moitié des délinquants nouvellement admis ont accepté de se soumettre à un test sanguin de dépistage du VHC. Sur ce nombre, on a diagnostiqué 178 nouveaux cas d’infection au VHC en 2005 et 193 en 2006. Cela donne un rendement diagnostique de 75,2 infections à VHC nouvellement diagnostiquées pour 1 000 tests pratiqués en 2005 et 76,9 en 2006. Dans l’immense majorité des cas, les infections à VHC chez les détenus étaient connues à l’admission. Ainsi, en 2006, 1 165 des 1 358 (86 %) cas d’infection à VHC étaient connus comme étant séropositifs pour le VHC à leur admission. L’estimation de la prévalence instantanée pour l’infection à VHC était de 29,3 % en 2005 (N = 3 581) et de 27,6 % en 2006 (N = 3 661). Les taux d’infection par le VHC étaient plus élevés chez les délinquantes que chez les délinquants. Ainsi, en 2006, les taux de prévalence en fin d’année étaient de 36,0 % pour les femmes, contre 27,3 % pour les hommes. Le nombre de détenus séropositifs pour le VHC connus mis en liberté dans la collectivité était de 2 065 en 2005 et de 2 183 en 2006. Les données de la surveillance accrue de 2005 et 2006 montrent que parmi les détenus dont le test était séronégatif à l’admission et à qui l’on a fait un nouveau test de dépistage du VHC, environ 31 détenus sur 1 000 par an deviennent séropositifs durant leur incarcération. Toutefois, il est impossible de déterminer avec précision le risque d’infection découlant de l’incarcération des délinquants au sein du SCC en raison du manque d’information concernant le risque qu’ils courent hors du Service, par exemple dans le cadre d’une libération conditionnelle dans la collectivité.

Les données de la surveillance accrue indiquent que 32 % des délinquants nouvellement admis ont été soumis à un dépistage du VHA et 39 %, du VHB. Ces tests se sont soldés par une immunité sérologique dans 29,9 % des cas pour le VHA et dans 39,4 % des cas pour le VHB. Par ailleurs, 48,2 % des détenus appartenant à la population carcérale générale se sont soumis à un test pour le VHA (immunité sérologique = 41,2 %) et 54,4 % à un test pour le VHB (immunité sérologique = 48,3 %). Il ressort des données des factures d’achat de vaccins que l’on a acheté suffisamment de doses pour vacciner près des deux tiers des délinquants nouvellement admis contre le VHA ou le VHB. D’après le SSMI, on n’a signalé aucun cas aigu d’infection par le VHA en 2005 et seulement un en 2006. Alors qu’on avait diagnostiqué 43 cas d’infection à VHB en 2001, on n’a signalé que 6 cas aigus  en 2005 et 9 en 2006.

Il n’y a eu aucun cas de syphilis au SCC en 2000 et 2001, par rapport à 10 en 2004, 6 en 2005 et 16 en 2006, soit un taux de 49 (2005) et 120 (2006) cas pour 100 000 détenus. Des augmentations similaires dans les taux de déclaration généraux ont été observées pour les autres ITS. Le nombre de cas de chlamydia a augmenté, passant de 21 en 2000 à 92 en 2005 (taux de 753 pour 100 000) et à 95 en 2006 (715 pour 100 000). Par ailleurs, on a dénombré 11 cas de gonorrhée en 2000 et en 2005 (90 pour 100 000) et 20 en 2006 (151 pour 100 000).

Le nombre de cas incidents de tuberculose active signalés au SCC variait de 0 à 7 entre 1998 et 2006, avec 7 cas en 2005 et 3 en 2006, ce qui donne des taux de tuberculose active de 41,1 et 16,3 cas pour 100 000, respectivement. Le taux d’infection tuberculeuse latente (ITL) chez les détenus était de 15,8 % en 2005 et de 16,6 % en 2006. Globalement, les taux d’ITL par origine correspondaient aux taux déclarés pour des sous-populations données au Canada (Yuan, 2007). Les taux de virage tuberculinique estimé chez les détenus étaient de 0,90 % en 2005 et de 0,89 % en 2006, ce qui donne à penser que la transmission de la tuberculose entre détenus (et employés) continue et qu’elle risque de continuer si les personnes qui ont eu un virage tuberculinique développent la forme active de la maladie. Une vigilance constante s’impose en ce qui concerne le dépistage et la surveillance de la tuberculose, y compris le dépistage par test cutané à la tuberculine, les enquêtes sur les cas sources, la recherche des contacts et le traitement prophylactique de l’infection tuberculeuse latente.

La validité des données de surveillance de la tuberculose chez les employés est influencée par deux facteurs : i) la difficulté logistique que présente l’administration des tests de dépistage de la tuberculose; et ii) le faible taux de participation du personnel à ces tests000le travail en milieu correctionnel expose les employés à un risque plus grand de contracter une infection tuberculeuse. Les taux de virage tuberculinique chez les employés étaient de 0,82 % en 2005 et de 0,66 % en 2006.

Orientations futures

L’analyse des données de surveillance se poursuit. Les données préliminaires sont approuvées et utilisées lorsqu’elles sont disponibles. Leur publication rend les données de surveillance « officielles ». À la suite du présent rapport, un autre rapport sera préparé et diffusé pour les années 2007 et 2008. Des données de surveillance agrégées, assorties de bonnes données de référence et de mesures des tendances, aideront à évaluer l’élaboration des programmes de santé publique et les interventions de réduction des méfaits. Le SCC entend travailler en collaboration avec d’autres intervenants pancanadiens pour améliorer la santé de tous les Canadiens.

 

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