Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

SURVEILLANCE DES MALADIES INFECTIEUSES DANS LES PÉNITENCIERS FÉDÉRAUX CANADIENS
2005-2006

Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Page précédente | Table des matières | Page suivante

 

Partie II: Résultats

Chapitre 2 : Virus de l’immunodéficience humaine (VIH)

Données agrégées du SSMI sur le VIH

Participation au dépistage

Le tableau 2.1 montre le nombre total de tests de dépistage du VIH chez les détenus déclarés entre 2000 et 2006, selon le statut du détenu. Il y a eu 6 106 tests de ce type en 2005 et 6 155 en 2006.

Les résultats du SSMI en ce qui concerne le VIH pour la période 2005-2006, par région, statut et sexe des détenus sont présentés aux tableaux A.1.i-A.1.iii de l’annexe A. Globalement, c’est la région des Prairies qui a déclaré le plus grand nombre de tests de dépistage du VIH en 2005 (1 802) et 2006 (1 803).

Les régions du Québec, de l’Ontario et des Prairies ont déclaré une participation au dépistage de plus de 100 % parmi les nouvelles admissions de sexe féminin (annexe A, tableau A.1.ii). Cela tient probablement à la déclaration des nouveaux tests effectués en cas de suspension de la liberté conditionnelle sur la même ligne que les nouvelles admissions ou au fait qu’un seul établissement traite les admissions et les niveaux de sécurité multiples pour les femmes, ce qui fait que la distinction entre « nouvelle admission » et « population carcérale générale » est moins évidente (voir Méthodes, SSMI et Analyse, Limites).

 

Tableau 2.1 : Nombre total de tests de dépistage du VIH, détenus, 2000-2006
  2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

† - Comprend les détenus temporaires
Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC, 2010.

Nouvelles admissions
Population 4 302 4 288 4 159 4 238 4 413 4 819 5 079
Demandes de test de dépistage du VIH 1 596 1 768 2 317 2 059 2 112 2 418 2 645
Taux de participation au dépistage du VIH 37,1 % 41,2 % 55,7 % 48,6 % 47,9 % 50,2 % 52,1 %
Population carcérale générale
Population 12 363 12 479 12 295 12 179 13 107 12 222 13 280
Demandes de test de dépistage du VIH 2 573 2 770 3 505 3 771 3 567 3 688 3 510
Taux de participation au dépistage du VIH 20,8 % 22,2 % 28, 5% 31,0 % 27,2 % 30,2 % 26,4 %
Nombre total de tests de dépistage du VIH 4 169 4 538 5 822 5 830 5 679 6 106 6 155

 

Cas d’infection à VIH nouvellement diagnostiqués

Le nombre de cas nouvellement diagnostiqués de séropositivité pour le VIH en 2000-2006, chez les détenus qui étaient auparavant séronégatifs ou dont le statut n’était pas connu5, est présenté au tableau 2.2 (voir également à l’annexe A, tableaux A.1.i-A.1.iii). Le nombre de cas pour le VIH ayant nouvellement fait l'objet d'un diagnostic d’infection à VIH était de 45 en 2000, de 14 en 2005 et de 15 en 2006. Le taux de séropositivité pour le VIH (nombre de tests positifs divisé par le nombre de tests) est également présenté au tableau 2.2. Parmi les nouvelles admissions, le taux de séropositivité au VIH d’après les tests de dépistage pour le VIH était de 0,29 % en 2005 et de 0,26 % en 2006. Dans la population carcérale générale, ce taux était de 0,19 % en 2005 et de 0,23 % en 2006.

Il ressort du tableau A.1.i de l’annexe A que, bien que la région du Pacifique ait eu le taux de séropositivité pour le VIH le plus élevé en 2005 (0,89 %), elle avait aussi le taux de participation au dépistage du VIH le plus faible à l’admission (22,8 %). La région de l’Ontario se classait juste après, avec un taux de séropositivité de 0,39 % et de participation au dépistage du VIH de 54,9 % parmi les nouvelles admissions. La région du Québec présentait le taux de séropositivité pour le VIH le plus élevé en 2006, soit 0,43 % pour un taux de participation de 48,3 %.

Le tableau A.1.ii de l’annexe A montre que tous les cas de VIH nouvellement diagnostiqués chez des femmes en 2005 et 2006 l’ont été à l’admission. La participation des femmes au dépistage du VIH à l’admission est d’ailleurs forte, soit plus de 90 %. Le taux de séropositivité pour le VIH des femmes à l’admission était de 1,20 % en 2005 et de 0,64 % en 2006. Globalement, la participation au dépistage du VIH dans la population carcérale générale de délinquantes s’établissait à 37,5 % en 2005 et à 42,2 % en 2006.

 

Tableau 2.2 : Nouveaux diagnostics d'infection à VIH parmi les nouvelles admissions et dans la population carcérale générale, 2000-2006
Statut du détenu 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC, 2010.

Nouvelles admissions
Fréquence 24 11 15 13 3 7 7
Taux de séropositivité 1,50 % 0,60 % 0,65 % 0,63 % 0,14 % 0,29 % 0,26 %
Population carcérale générale
Fréquence 21 5 12 20 2 7 8
Taux de séropositivité 0,90 % 0,20 % 0,34 % 0,53 % 0,06 % 0,19 % 0,23 %
Total
Fréquence 45 16 27 33 5 14 15
Taux de séropositivité 1,12 % 0,36 % 0,46 % 0,57 % 0,09 % 0,23 % 0,24 %

 

En revanche, la détection de cas d’infection à VIH chez les hommes était apparemment scindée entre nouvelles admissions et détenus de la population carcérale générale (voir l’annexe A, tableau A.1.iii). Parmi les nouvelles admissions, le taux de séropositivité pour le VIH était de 0,18 % en 2005 et 0,21 % en 2006. C’est dans la région du Pacifique qu’il était le plus élevé (0,90 %), mais ce résultat reposait sur un taux de participation au dépistage de 22,7 %; la région de l’Atlantique déclarait un taux de séropositivité de 0,35 % pour un taux de participation au dépistage de 53,6 % (taux de participation le plus élevé en 2005). La région de l’Atlantique avait le taux de séropositivité au VIH le plus élevé en 2006, soit 0,33 % pour un taux de participation au dépistage de 56,3 %. C’est la région de l’Ontario qui avait le taux de participation au dépistage le plus élevé parmi les nouvelles admissions masculines en 2006 (64,2 %).

Parmi les détenus de la population carcérale générale, le taux de séropositivité pour le VIH était de 0,20 % en 2005 et de 0,24 % en 2006. La région du Pacifique avait le taux le plus élevé parmi les nouvelles admissions masculines en 2005 (0,40 %) et 2006 (0,53 %), avec des taux de participation de 28,0 % et 29,2 %, respectivement.

Rendement diagnostique des tests de dépistage du VIH parmi les nouvelles admissions

En divisant le nombre de cas d’infection à VIH nouvellement diagnostiqués par le nombre de tests effectués, on obtient une estimation normalisée du taux de nouveaux diagnostics d’infection à VIH (voir la figure 2.1). Le rendement diagnostique était de 15,0 cas de VIH nouvellement diagnostiqués en 2000, 2,9 en 2005 et 2,6 en 2006. En combinant les données de 2000 à 2006, on arrive à 80 cas de VIH nouvellement diagnostiqués pour 14 888 tests de dépistage, ce qui équivaut à un rendement diagnostique de 5,4 nouveaux cas diagnostiqués pour 1 000 tests.

 

Figure 2.1 : Rendement diagnostique des tests de dépistage du VIH
parmi les nouvelles admissions (infections par le VIH nouvellement
diagnostiquées1 pour 100 000 tests), 2000-2006
Figure 2.1 : Rendement diagnostique des tests de dépistage du VIH 
parmi les nouvelles admissions (infections par le VIH nouvellement diagnostiquées1 pour 100 000 tests), 2000-2006

1 – Parmi les personnes séronégatives auparavant ou dont le statut était inconnu.
Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC, 2010.

 

Prévalence de l’infection à VIH

Prévalence instantanée en fin d’année du VIH

L’estimation de la prévalence instantanée en fin d’année du VIH parmi les détenus des pénitenciers fédéraux canadiens de 1999 à 2006 est présentée à la figure 2.2 (voir également l’annexe A, tableau A.2). La prévalence de l’infection à VIH était de 1,67 % en 2005 (n = 204) et de 1,64 % en 2006 (n = 218). C’est dans la région du Pacifique que la prévalence globale du VIH était la plus élevée en 2005 (2,79 %) et 2006 (2,28 %), suivie par celle du Québec (1,75 % et 1,71 %, respectivement) (annexe A, tableau A.2).

 

Figure 2.2 : Prévalence en fin d’année du VIH, détenus, 1999-2006± Figure 2.2 : Prévalence en fin d’année du VIH, détenus, 1999-2006±

± - Pour les données de la période allant de 1990 à 1998, voir le rapport de surveillance de 2002-2004 (SCC, 2008). Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.

 

La prévalence instantanée en fin d’année montre également la variance par sexe (voir la figure 2.3 et l’annexe A, tableau A.2). La prévalence de l’infection à VIH parmi les femmes était évaluée à 2,84 % en 2005 et à 4,49 % en 2006. Les taux d’infection par le VIH continuent d’être plus élevés chez les femmes. La prévalence de l’infection à VIH parmi les hommes était évaluée à 1,63 % en 2005 et à 1,54 % en 2006. À l’échelle régionale, c’est dans la région des Prairies que les taux étaient les plus élevés pour les femmes en 2005 (5,56 %) et 2006 (6,85 %). Pour les hommes, c’était dans la région du Pacifique en 2005 (2,79 %) et 2006 (2,28 %).

 

Figure 2.3 : Prévalence en fin d'année du VIH par sexe, détenus, 2000-2006 Figure 2.3 : Prévalence en fin d'année du VIH par sexe, détenus, 2000-2006

Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.

 

La figure 2.4 présente une étude de la prévalence de l’infection à VIH parmi les détenus de sexe masculin par niveau de sécurité. Ce graphique montre que c’est dans les établissements à sécurité minimale que la prévalence de l’infection à VIH est la plus faible et qu’elle est généralement plus élevée dans les établissements à niveaux de sécurité multiples, ce qui comprend les hôpitaux régionaux et les centres de traitement psychiatrique. Avec une certaine variabilité d’une année à l’autre, la prévalence est généralement assez similaire dans les établissements à sécurité moyenne et maximale.

 

Figure 2.4 : Prévalence en fin d’année du VIH,
détenus de sexe masculin, par niveau de sécurité, 2000-2006
Figure 2.4 : Prévalence en fin d’année du VIH, détenus de sexe masculin, par niveau de sécurité, 2000-2006

Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.

 

Prévalence de l’infection à VIH au cours d’une période

Le tableau 2.3 donne une estimation du nombre total de détenus vivant avec le VIH qui étaient incarcérés dans des pénitenciers fédéraux canadiens au cours d’une année donnée. Le nombre de détenus reconnus comme étant séropositifs pour le VIH à l’admission est passé de 126 en 2005 à 155 en 2006. En combinant l’information sur le nombre de détenus séropositifs pour le VIH chaque début d’année et le nombre de nouvelles admissions reconnues comme étant infectées plus le nombre de détenus nouvellement diagnostiqués séropositifs pour le VIH, on peut calculer la prévalence de l’infection à VIH au cours d’une période donnée. Par exemple, chaque début d’année civile 2006, les établissements du SCC ont déclaré un total de 205 détenus séropositifs pour le VIH, il y avait 155 détenus déjà séropositifs à l’admission et 15 autres cas de VIH nouvellement diagnostiqués. Par conséquent, en 2006, il y avait dans les établissements du SCC 375 détenus séropositifs pour le VIH (prévalence de l’infection à VIH de 2,04 % pour cette période).

 

Tableau 2.3 : Prévalence de l'infection à VIH pour une période donnée1 : cas de séropositivité connus à l'admission et cas nouvellement diagnostiqués, 2000-2006
  2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.
1 – Les données varient d'une année à l'autre en raison d'écarts dans les données, des transfèrements au sein et à l'extérieur des établissements, et des mises en liberté survenues au cours de l'année civile.

Nombre de cas de séropositivité pour le VIH chaque début d'année 149 210 225 235 211 190 205
Cas de séropositivité pour le VIH à l'admission 104 123 139 118 128 126 155
Cas de séropositivité pour le VIH nouvellement diagnostiqués 45 16 27 33 5 14 15
Nouvelles admissions 24 11 15 13 3 7 7
Population générale 21 5 12 20 2 7 8
Nombre annuel de cas de séropositivité connus pour le VIH 298 349 391 386 344 330 375
Prévalence annuelle pour une période donnée 1,51 % 1,75 % 2,38 % 2,35 % 1,96 % 1,80 % 2,04 %

 

Traitement de l’infection à VIH

Pour chaque mois, le SSMI fournit le nombre de détenus chez qui un traitement est amorcé et le nombre de détenus en traitement pour une infection à VIH (voir l’annexe A, tableau A.3). Le tableau 2.4 montre que le nombre de détenus chez qui un traitement a été amorcé était de 68 en 2000, de 50 en 2005 et de 70 en 2006. Dans l’ensemble, la proportion de détenus séropositifs pour le VIH suivant un traitement était de 54,2 % en 2005 et de 52,9 % en 2006.

La proportion de détenus suivant un traitement varie d’une région à l’autre, la région du Québec ayant le plus grand taux de participation, soit 64,9 % en 2005 et 65,5 % en 2006, la région du Pacifique, le plus faible en 2005, soit 33,3 %, et la région de l’Atlantique, le plus faible en 2006, soit 32,0 %. Par sexe, le taux de participation au traitement de l’infection à VIH est plus faible chez les femmes que chez les hommes en 2005 (40,3 % c. 55,3 %) comme en 2006 (41,3 % c. 53,8 %).

Intuitivement, un taux de participation à des traitements de 100 % peut paraître optimal6, mais plusieurs raisons cliniques (p. ex., l’arrêt du traitement à cause d’effets secondaires ou d’une pharmacorésistance) et logistiques (p. ex., la non-disponibilité temporaire d’un certain médicament peuvent expliquer qu’un détenu ne soit PAS en traitement un mois donné.

 

Tableau 2.4 : Amorce de traitement de l'infection à VIH et
participation à des traitements, détenus, 2000-2006
  2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.

Nombre de détenus chez qui on a amorcé un traitement de l'infection à VIH 68 41 46 40 55 50 70
Nombre moyen de détenus séropositifs pour le VIH par mois [A] 197 215 233 232 198 203 215
Nombre moyen de détenus en traitement pour une infection à VIH par mois [B] 119 122 128 121 116 110 114
Participation à des traitements (% [B/A*100] 60,3 % 56,9 % 55,0 % 52,1 % 58,7 % 54,2 % 52,9 %
Hommes 61,2 % 60,2 % 56,0 % 52,4 % 58,5 % 55,3 % 53,8 %
Femmes 43,5 % 13,2 % 35,6 % 48,4 % 60,5 % 40,3 % 41,3 %

 

Mises en liberté dans la collectivité – VIH

La majorité des détenus sous responsabilité fédérale purgent une peine déterminée, puis sont mis en liberté et retournent dans la collectivité. Le tableau 2.5 (voir aussi l’annexe A, tableau A.2) montre que le nombre total de détenus dont on sait qu’ils vivent avec le VIH et qui ont été mis en liberté dans la collectivité était de 175 en 2005 et de 193 en 2006.

 

Tableau 2.5 : Nombre de détenus dont la séropositivité
pour le VIH est connue et qui sont mis en liberté dans la collectivité, 2000-2006
  2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.

Nombre de détenus dont la séropositivité pour le VIH est connue et qui ont été mis en liberté dans la collectivité 162 173 183 205 214 175 193

 

Surveillance accrue : Résultats des données du Web-SSMI sur le VIH

Antécédents médicaux relatifs au VIH à l’admission

Les tableaux A.4.i et A.5.i de l’annexe A présentent des données issues de la surveillance accrue dont font l’objet les nouvelles admissions, par région, par sexe et par origine. L’administration centrale a reçu des rapports de surveillance accrue pour 5 840 nouvelles admissions en 2005-2006, ce qui représente 59 % des détenus nouvellement admis au cours de cette période. Sur ces 5 840 détenus nouvellement admis, 3 167 (54,2 %) ont déclaré avoir déjà subi un test de dépistage du VIH, et le pourcentage était plus grand chez les femmes que chez les hommes (74,4 % c. 53,1 %). Parmi les personnes qui avaient subi un test, 50 ou 1,6 % se sont déclarées séropositives, avec un pourcentage là encore plus élevé chez les femmes (4,4 %) que chez les hommes (1,4 %). Parmi les personnes séropositives, seules 26,0 % déclaraient avoir déjà suivi un traitement pour leur infection à VIH.

Il ressort du tableau A.5.i de l’annexe A que les Autochtones font plus souvent état d’un test de dépistage du VIH antérieur (66,6 %) que les non-Autochtones nés au Canada (51,3 %) ou les détenus nés à l’étranger (36,4 %). Les détenus nouvellement admis autochtones et nés à l’étranger déclarent plus souvent une séropositivité déjà connue pour le VIH (1,9 % et 1,8 %, respectivement) que les Canadiens (1,5 %).

Test de dépistage du VIH à l’admission

Les données du Web-SSMI sur les tests de dépistage parmi les nouvelles admissions rejoignent les données agrégées du SSMI. Elles comprennent 4 770 tests de dépistage du VIH parmi les nouvelles admissions en 2005-2006, ou 94 % des 5 063 demandes de tests de dépistage du VIH mentionnées au tableau 2.1.

Sur les 4 770 tests de dépistage du VIH entrés dans le Web-SSMI, les résultats n’étaient disponibles que pour 3 177 (66,6 %). Au total, 10 cas d’infection à VIH nouvellement diagnostiqués sont signalés dans les données de surveillance accrue, contre 14 au tableau 2.2 (71 %). De plus, 281 cas prévalents de séropositivité pour le VIH parmi les nouvelles admissions sont signalés dans le SSMI en 2005-2006, contre 50 seulement dans le Web-SSMI, ce qui équivaut à 18 %. Cela donne globalement un biais différentiel qui conduit à une sous-estimation de la prévalence de l’infection à VIH parmi les détenus lorsqu’on utilise les données du Web-SSMI. Il est à noter que les données du Web-SSMI ne comprennent les tests de confirmation que de 29 de ces 50 cas. En effet, en pratique, toutes les infections à VIH autodéclarées sont confirmées par des analyses en laboratoire qui consistent à répéter l’épreuve immunoenzymatique (EIA) ou à évaluer la charge virale et la numération des lymphocytes CD4+.

Il est possible, en utilisant les données du Web-SSMI pour les nouvelles admissions, d’évaluer le rendement diagnostique (nombre de cas nouvellement diagnostiqués pour 1 000 tests) (voir l’annexe A, tableaux A.4.i et A.5.i.). En ne tenant compte que des dossiers pour lesquels le Web-SSMI dispose d’un résultat de laboratoire valide, le nombre d’infections à VIH nouvellement diagnostiquées pour 1 000 tests de dépistage était de 3,1/1 000, soit plus que l’estimation du SSMI, qui était de 2,6 (voir la figure 2.1). Le rendement diagnostique était plus élevé chez les femmes (5,1/1 000) que chez les hommes (3,0/1 000), et chez les Autochtones (6,2/1 000) que chez les non-Autochtones nés au Canada (2,2/1 000).

Test de dépistage du VIH pendant l’incarcération et séroconversion

Au total, le Web-SSMI fait état de 3 773 tests de dépistage du VIH parmi les détenus de la population carcérale générale (voir l’annexe A, tableaux A.4.ii et A.5.ii), soit 52 % des 7 198 mentionnés au tableau 2.1. Globalement, 64,2 % déclarent s’être déjà soumis à un test de dépistage du VIH, ce qui donne à penser qu’au moins pour le groupe enregistré dans le Web-SSMI pour les années 2005 et 2006, les détenus se sont généralement soumis à un test auparavant, soit à leur arrivée, soit dans la collectivité auparavant. Au total, le Web-SSMI fait état de sept infections à VIH nouvellement diagnostiquées parmi les détenus de la population carcérale générale, contre 15 au tableau 2.2.

On ne sait pas vraiment si la séropositivité pour le VIH parmi les détenus de la population carcérale générale se rapproche d’un taux de séroconversion, car les données agrégées ne comprennent pas de renseignements sur les tests antérieurs (voir le tableau 2.2). Les données du Web-SSMI permettent bien d’évaluer le taux de séroconversion VIH. Cependant, aucun des sept cas de VIH nouvellement diagnostiqués n’avait de test de référence séronégatif enregistré. Il y avait 651 personnes dans le Web-SSMI ayant subi des tests répétés pour le VIH qui étaient séronégatifs à l’admission, mais tous ces détenus ont ensuite eu des tests de suivi séronégatifs pour le VIH. Il n’y a donc eu aucune séroconversion VIH déclarée dans le Web-SSMI au cours de la période 2005-2006.

Estimation de la prévalence de l’infection à VIH

Il est possible, en utilisant les données du Web-SSMI, d’évaluer la prévalence de l’infection à VIH en combinant tous les cas d’infection à VIH confirmés en laboratoire et ceux des détenus qui déclarent être séropositifs pour le VIH pour lesquels on n’a pas de résultats de laboratoire (voir l’annexe A, tableaux A.4.iii et A.5.iii). Parmi les détenus qui ont subi un test, la prévalence globale du VIH est estimée à 0,95 %. Comme prévu, cette estimation est inférieure à celle du SSMI, qui est de 1,64 % (voir la figure 2.2). Comme dans les données du SSMI, la prévalence de l’infection à VIH est plus élevée chez les femmes (2,14 %) que chez les hommes (0,88 %) (annexe A, tableau A.4.iii). Elle est également plus élevée chez les Autochtones (1,27 %) que chez les non-Autochtones nés au Canada (0,83 %) et les détenus nés à l’étranger (0,75 %) (annexe A, tableau A.5.iii).

Afin de se rapprocher de la méthodologie du SSMI pour établir des estimations de la prévalence en divisant le nombre de cas par la population totale, une deuxième mesure a été élaborée dans le cadre de laquelle le nombre de cas a été divisé par le nombre de détenus, indépendamment des résultats des tests. La prévalence globale du VIH d’après cette méthode est de 0,64 %, avec des tendances similaires selon le sexe et l’origine.


Footnote

5 Un nouveau diagnostic n’est pas synonyme de nouvelle infection – une personne peut avoir été infectée il y a quelque temps et ne pas le savoir. Pour déterminer la période au cours de laquelle a eu lieu la séroconversion, il faut disposer des données des tests séronégatifs antérieurs.

6 Veuillez noter que, hors du milieu carcéral canadien et états-unien, l’utilisation d’un traitement antirétroviral pour une infection à VIH est seulement recommandée pour certains stades de la maladie et non pour tous.

 

Page précédente | Table des matières | Page suivante