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Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

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Prévention du VIH et soutien

Des efforts concertés ont été déployés pour traiter les problèmes reliés à la transmission du VIH/SIDA parmi les délinquants sous responsabilité fédérale au Canada (Rapport du Comité d'experts sur le SIDA et les prisons, SCC, 1994). En ce qui concerne les toxicomanies, les efforts ont été axés sur l'examen du lien entre la réduction des risques associés à l'utilisation de drogues injectables et la transmission de l'anticorps anti-VIH.

Dans le passé, on ne se préoccupait guère d'établir le lien entre les maladies infectieuses et les pratiques thérapeutiques (Des Jarlais, 1990). La nécessité de traiter les problèmes reliés à l'usage de drogues injectables est primordiale, compte tenu des effets dévastateurs de la transmission de cette maladie infectieuse qui est fatale, incurable, qui peut se développer longtemps après l'abandon de la consommation de drogues et qui peut être transmise par un consommateur de drogue à un non consommateur. De plus en plus, les programmes de traitement des toxicomanies doivent tenir compte d'une clientèle composée de personnes à risque élevé pour ce qui est de la transmission du VIH/SIDA. Une importance particulière est accordée à la réduction des dangers découlant des pratiques risquées reliées à l'utilisation du matériel d'injection des drogues.

Le méthode la plus couramment utilisée pour traiter les patients atteints du SIDA dans le cadre des programmes de traitement des toxicomanies prévoit le recours à des activités d'éducation visant à informer les participants sur le SIDA, ce qui contribue à réduire le risque de transmission de la maladie (Galea, 1988; Pagliaro, 1994; Setzer, 1991). Le but de tout programme éducatif est d'améliorer les connaissances sur les comportements qui exposent une personne au risque de contracter l'infection à VIH. Il importe de souligner que l'amélioration des connaissances ne se traduit pas nécessairement par un changement de comportement (Bauman et Siegel, 1987). Même lorsque les recherches militent en faveur de niveaux de connaissances élevés, on ne peut relier ce facteur à un changement de comportement (Calsyn et coll., 1992).

Le but initial des programmes d'éducation sur le VIH/SIDA dans le milieu correctionnel était d'empêcher la transmission de la maladie dans les établissements et d'apaiser la crainte, tant des employés que des détenus, d'être infectés accidentellement. La stratégie de base utilisée dans le cadre des programmes de traitement des toxicomanies à des fins éducatives consiste dans une intervention structurée. Il s'agit, en l'occurrence, d'informer les participants des risques reliés à la transmission du VIH et du SIDA. Par exemple, le programme national d'éducation du SCC, intitulé « L'alcool, les drogues et les choix personnels », comprend un volet sur la prévention du VIH/SIDA. Les programmes de cette nature sont principalement axés sur le changement d'attitude et l'amélioration des connaissances plutôt que sur le changement de comportement proprement dit.

Les motifs qui incitent à avoir recours à des programmes d'éducation découlent à la fois de la prévalence du SIDA dans les prisons et des idées fausses qu'ont les détenus au sujet de la transmission et du développement du SIDA. Une étude faite sur la prévalence du SIDA dans les prisons a révélé une augmentation sensible du nombre de cas de SIDA parmi la population carcérale entre janvier 1992 et décembre 1993 (SCC, 1994). À propos des idées fausses, une étude a révélé que des délinquants croyaient que le VIH et le SIDA pouvaient être transmis par la toux ou des éternuements, ou par des piqûres d'insecte (Toepell, 1993). Globalement, les femmes et les hommes incarcérés dans des établissements correctionnels représentent l'une des populations les plus à risque eu égard à l'infection à VIH et au SIDA (Pagliaro et Pagliaro, 1994).

Il existe très peu d'études commentant l'utilité de traiter de la prévention du VIH dans le cadre des programmes de traitement des toxicomanies. Cependant, certaines données préliminaires indiquent que des programmes bien gérés dans ce domaine peuvent effectivement contribuer à réduire la toxicomanie et la récidive (Weisbuch, 1991).

Tout compte fait, la gravité des dangers liés à la consommation de drogue parmi les délinquants sous responsabilité fédérale exige l'intégration d'une stratégie permanente axée sur la prévention du VIH/SIDA dans les programmes de traitement des toxicomanies.

Références pour prévention du VIH et soutien:

Bauman, L.J., & Siegal, K. (1987), “Misperception among gay men of the risk for AIDS associated with their sexual behavior”, Journal of Applied Social Psychology, 17, 329-350.

Baxter, S. (1991), “AIDS education in the jail setting”, Crime and Delinquency, 37(4), 48-63.

Calsyn, D et al. (1992), “Ineffectiveness of AIDS education and HIV antibody testing in reducing high-risk behaviors among drug users” American Journal of Public Health 82(4), 573-575.

Service correctionnel du Canada (1994), Le VIH en milieu carcéral: Rapport du comité d'experts sur le SIDA et les prisons, Ottawa: Approvionnements et services Canada

Des Jarlais, Don C. (1990), “Stages in the Response of the Drug Abuse Treatment System to the AIDS epidemic in New York City”, The Journal of Drug Issues 20(2), 335,347.

MacNair. R, et al. (1991), “AIDS Prevention Groups as Persuasive Appeals Effects on Attitudes About Precautionary Behaviors Among Persons in Substance Abuse Treatment” Small Group Research, Vol. 22 No.3, 301-319.

Pagliaro, Ann Marie, & Pagliaro, Louis A. (1994), “ L'infection par le VIH et le SIDA dans les établissements correctionnels, un juste châtiment?”, Forum: recherche sur l'actualité correctionnelle, Vol 6, No 3, 40-44

Setzer, J et al. (1991), “An integrated model for medical care, substance abuse treatment and AIDS prevention services to minority youth in a short-term detention facility”, Journal of Prison & Jail Health, Vol. 10, No.2.

Toepell, Andrea R. (1993),” Ce que les détenus savent du SIDA”, Forum: recherche sur l'actualité correctionnelle, Vol. 5, No. 1, 31-33.

Weisbuch, Jonathan B. (1991), “The New Responsibility for Prison Health:Working with the Public Health Community”, Journal of Prison & Jail Health, Vol. 10, No.1. 3-15.