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Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

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Thérapie conjugale et familale

Depuis nombre d'années, la thérapie conjugale est évaluée en tant que modalité de traitement des problèmes d'alcoolisme, mais elle n'est jamais évaluée en tant que méthode de traitement des autres problèmes de toxicomanie. Par conséquent, le présent résumé ne concerne que la thérapie conjugale pour les alcooliques. Les études ont démontré qu'un grand nombre d'alcooliques ont des problèmes conjugaux et familiaux (O'Farrel et Birchler, 1987), que si les relations familiales et conjugales sont positives, les résultats du traitement seront positifs (Moos, Finney et Gamble, 1982; Moos et Moos, 1984) et que les problèmes familiaux et conjugaux peuvent précipiter la rechute chez les alcooliques (Maisto et coll., 1988). Selon une théorie majeure, l'alcoolisme pourrait même servir à assurer un certain équilibre, voire une certaine adaptation pour les familles (Steinglass, Weiner et Mendelson, 1971). Ces conclusions ont fourni les motifs à l'appui de la thérapie conjugale comme méthode de traitement.

Bien que différentes formes de thérapie conjugale [p. ex. hospitalisation des deux conjoints, thérapie de groupe pour les couples mariés, programme intensif d'intervention à court terme pour les familles (c.-à-d. de 3 à 7 jours) dans le cadre du modèle de traitement en établissement du Minnesota, traitement de jour pour les couples mariés, Al-Anon, éducation familiale, séances de confrontation familiales, traitement des systèmes conjugaux, etc.], la plupart de ces approches n'ont pas fait l'objet d'évaluations, et les différentes approches n'ont jamais été comparées (Kaufman, 1985). Seule la thérapie conjugale comportementale a fait l'objet d'évaluations poussées (O'Farrel et Cowles, 1989). Par conséquent, les conclusions présentées ici ne doivent pas être considérées comme s'appliquant à des thérapies autres que les thérapies conjugales comportementales. Une autre contrainte évidente de la thérapie conjugale réside dans le fait qu'on ne peut avoir recours à cette forme de thérapie que dans le cas des personnes impliquées dans une relation de couple, où l'individu intéressé doit être prêt à ce que son conjoint participe à la thérapie et le conjoint, disposé à le faire.

La thérapie conjugale pour traiter les problèmes d'alcoolisme vise généralement deux objectifs : soulager la détresse et favoriser l'établissement de relations conjugales positives, et réduire le problème d'alcoolisme. On tend généralement à croire que l'amélioration des relations conjugales contribue à réduire le problème d'alcoolisme. Par conséquent, les études mesurent généralement deux résultats : les effets du traitement sur les relations conjugales et ses effets sur le problème d'alcoolisme. Cette distinction est importante, étant donné que la thérapie conjugale, dans le cas des alcooliques, a généralement pour effet d'améliorer les relations conjugales, mais ses effets sur le problème d'alcoolisme ne sont pas uniformes. Les études les mieux conçues ont révélé des effets à court terme (c.-à-d. quelques mois) sur l'alcoolisme, lesquels disparaissent à long terme (p. ex., O'Farrel, Cutter et Floyd, 1985; McCrady et coll., 1982, 1986). L'un des avantages particuliers de la participation du conjoint au traitement réside dans la possibilité de surveiller l'ingestion, par l'alcoolique, de médicaments induisant une réaction négative à l'alcool (Azrin et coll., 1982; Keane et coll., 1984)

Références pour thérapie conjugale et familiale:

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Kaufman, E. (1985), “Family therapy in the treatment of alcoholism”, dans T.E. Bratter & G.G. Forrest (éds.), Alcoholism and Substance Abuse: Strategies for clinical intervention. (376-397). New York: Free Press, .

Maisto, S. A., O'Farrell, T. J., McKay, J. R., Connors, G. J., & Pelcovits, M. (1988), “Alcoholic and spouse concordance on attributions about relapse to drinking”, Journal of Substance Abuse Treatment, 5, 179-181.

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