Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Résolution des problèmes

Globalement, les techniques de résolution de problèmes peuvent être considérées comme des techniques générales d'adaptation. La formation donnée dans ce domaine vise à doter les participants d'une stratégie générale ou d'un ensemble de règles leur permettant de cerner et de résoudre divers problèmes de la vie. La méthode est très simple et facile à comprendre et, comme elle consiste à mettre en pratique un ensemble de règles, elle peut s'appliquer à toute une gamme de situations. Ce sont D'Zurilla et Goldfried (1971) qui ont mis au point la formation en résolution de problèmes, qui comportait cinq étapes : orientation, définition, conception de solutions de rechange, prise de décisions et vérification. La formation a été adaptée en fonction des besoins d'un grand nombre d'autres usagers, mais les tâches de base et leur ordre de présentation demeurent essentiellement les mêmes. Monti et coll. (1989) donnent une des meilleures descriptions des techniques pratiques de résolution des problèmes utilisées dans le traitement des toxicomanies : 1. reconnaître le problème - déterminer qu'il existe; 2. identifier le problème - recueillir les renseignements les plus concrets possibles, vérifier leur exactitude et définir la nature exacte du problème; 3. étudier diverses approches - cette étape est parfois appelée « remue-méninges » et vise à proposer en vrac un certain nombre de solutions; 4. choisir l'approche la plus prometteuse - étudier la faisabilité de certaines solutions et les résultats qu'elles pourraient entraîner, et choisir l'approche qui présente le plus d'avantages et le moins d'inconvénients; 5. évaluer l'efficacité de l'approche choisie - la mettre en oeuvre et en évaluer les résultats.

La formation en résolution de problèmes a très souvent été intégrée à des traitements comportant plusieurs éléments (p. ex. Chaney et coll., 1978; Hawkins et coll., 1986; Jones et coll., 1982; Monti et coll., 1993; Sobell et Sobell, 1973). Elle a généralement donné de bons résultats, mais comme elle a été utilisée de concert avec d'autres éléments (p. ex. l'acquisition de compétences sociales), il est impossible de déterminer dans quelle mesure elle a contribué aux résultats obtenus. Intagliata (1978, 1979) a analysé l'un des seuls traitements dont l'élément essentiel était la formation en résolution de problèmes. Il a affecté des anciens combattants de sexe masculin traités en milieu hospitalier soit à dix séances de thérapie de groupe behavioriste axée sur les techniques de résolution de problèmes interpersonnels, soit à un groupe contrôle. On a observé que les patients du premier groupe étaient plus en mesure de résoudre des problèmes à la fin du programme. Au moment du suivi effectué après un mois, ils ont déclaré qu'ils avaient mis la formation en pratique dans leur vie de tous les jours. Cette étude est favorable à la diffusion de la formation en résolution de problèmes, mais elle n'en a pas moins ses lacunes puisqu'elle n'indique pas, par exemple, quelle a été l'incidence de la formation sur la consommation d'alcool des participants au cours de la période de suivi.

En conclusion, la formation en résolution de problèmes est souvent utilisée de concert avec diverses techniques générales d'adaptation pour résoudre des problèmes de toxicomanie. Ces programmes à plusieurs éléments ont donné, en général, des résultats positifs, mais l'effet propre de la formation en résolution de problèmes demeure inconnu. Les données favorables doivent donc être considérées comme indirectes. Cependant, comme cette formation a été intégrée à plusieurs traitements qui, selon les évaluations effectuées, ont eu des résultats positifs, il y a tout lieu de croire qu'elle aurait des effets positifs ou à tout le moins qu'elle n'aurait pas d'effets négatifs dans le cadre de traitements qui n'ont jamais été évalués jusqu'ici. Il importe aussi d'ajouter que les techniques de résolution de problèmes ont été utilisées pour des troubles autres que la toxicomanie et que les résultats ont été jugés positifs (Platt, Prout et Metzger, 1986).

Références pour résolution de problèmes:

Chaney, E. F., O'Leary, M. R., & Marlatt, G. A. (1978), “Skill training with alcoholics”, Journal of Consulting and Clinical Psychology, 46, 1092-1104.

D'Zurilla, T. J., & Goldfried, M. R. (1971), “Problem solving and behavior modification”, Journal of Abnormal Psychology, 78, 107-126.

Hawkins, J. D., Catalano, R. F., Jr., & Wells, E. A. (1986), “Measuring effects of a skills training intervention for drug abusers”, Journal of Consulting and Clinical Psychology, 54, 661-664.

Jones, S. K., Kanfer, R., & Lanyon, R. I. (1982), “Skill training with alcoholics: A clinical extension”, Addictive Behaviors, 7, 285-290.

Monti, P. M., Abrams, D. B., Binkoff, J. A., Zwick, W. R., Liepman, M. R., Nirenberg, T. D., & Rohsenow, D. J. (1993), “Cue exposure with coping skills treatment for male alcoholics: A preliminary investigation”, Journal of Consulting and Clinical Psychology, 61, 1011-1019.

Monti, P. M., Abrams, D. B., Kadden, R. M., & Cooney, N. T. (1989), Treating alcohol dependence, New York:Guilford Press.

Platt, J. J., Prout, M. F., & Metzger, D. S. (1986), “Interpersonal problem–solving therapy.”, dans W. Dryden & W. Golden (éds.), Cognitive behavioral approaches to psychology. London: Harper & Row, pp. 261-289.

Sobell, M. B., & Sobell, L. C. (1973), “Individualized behavior therapy for alcoholics”, Behavior Therapy, 4, 49-72.