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Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

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Suivi thérapeutique

Par suivi, on entend la poursuite d'activités thérapeutiques visant à entretenir l'amélioration du fonctionnement opérée par le traitement, par opposition aux interventions qui visent de nouveaux objectifs de traitement (Harmon, Latinga et Gostello, 1982). La nature du suivi dépend de la nature du traitement de la toxicomanie offert au délinquant. La plupart des services de suivi sont offerts à l'extérieur des pénitenciers, même si certaines séances de suivi se déroulent en milieu carcéral.

Les buts et les fonctions du suivi varient selon l'approche conceptuelle et les méthodes d'intervention employées pendant le traitement initial. Dans certains cas, on peut enseigner aux délinquants les 12 étapes et les 12 traditions des Alcooliques Anonymes pour les aider à rester abstinents après leur libération. En revanche, le suivi offert après un traitement fondé sur le modèle cognitiviste sera axé sur le développement constant de certaines aptitudes comme la résolution de problèmes ou la reconnaissance des situations à risque élevé. Le suivi thérapeutique peut prendre tout un éventail de formes allant des groupes de discussions non dirigées, où l'on échange librement des idées sur les moyens de rester sobre, à des interventions plus structurées comportant des exercices précis de développement des compétences.

Le suivi est extrêmement important, puisque l'analyse des rechutes des toxicomanes révèle qu'environ 66% des rechutes surviennent dans les 90 jours qui suivent la fin du traitement (Marlatt et Gordon, 1985). Cette statistique montre à quel point il est essentiel d'offrir aux délinquants un soutien continu (suivi) après la fin du traitement initial. Si nous reconnaissons que les rechutes -qu'elles soient momentanées ou définitives - se produisent tout naturellement après le traitement d'une toxicomanie, nous devons réfléchir sérieusement au rôle du suivi pour ce qui est de réduire la récidive et les problèmes liés à la toxicomanie.

Le SCC s'est efforcé d'aider les délinquants à traverser sans heurts cette période de risque élevé de rechute en leur offrant un traitement de base de l'alcoolisme et de la toxicomanie en milieu communautaire. Le programme Choix (Programme de traitement, de prévention de la rechute et de suivi dans la collectivité) divise le traitement en deux phases : une phase intensive de deux semaines et une phase de suivi de trois mois. La durée des séances de suivi coïncide avec la période de risque maximal de rechute dans la collectivité (les 90 jours qui suivent le traitement). Les séances de suivi visent à favoriser le maintien, pendant la libération conditionnelle, des changements favorables opérés pendant le traitement au niveau des attitudes, des connaissances et des aptitudes tant cognitives que comportementales. En ce qui concerne l'encadrement du délinquant, les animateurs du programme Choix sont à même de communiquer au surveillant du libéré conditionnel dans quelle mesure celui-ci maintient les acquis du traitement.

Les auteurs de plusieurs études d'évaluation de l'issue du traitement ont examiné dans des conditions contrôlées l'effet du suivi sur la modification du comportement des toxicomanes, et particulièrement sur la consommation d'alcool. Dans tous les cas, ils ont étudié l'adaptation, après leur congé de l'hôpital, de participants traités en milieu hospitalier qui avaient fait l'objet d'un suivi. De nombreuses études expérimentales sur l'issue du traitement ont révélé que les participants qui avaient bénéficié d'un suivi s'étaient bien adaptés par la suite (Walker et coll., Ito, Donovan et Hall, 1988; Rychtarik et coll., 1992; McKay, Maisto et O'Farrell, 1993).

Les changements de comportement des participants ayant bénéficié d'un suivi sont assez spectaculaires. Dans une étude portant sur un grand échantillon de participants (N=407) traités en milieu hospitalier, Walker et ses collaborateurs (1983) ont constaté que les taux d'abstinence étaient sensiblement plus élevés chez les patients qui avaient été suivis pendant toute la période prévue, par opposition à ceux qui avaient abandonné en cours de route (70 % contre 23  %, respectivement). Ito et Donovan (1986) ont constaté une amélioration de l'issue du traitement chez les participants ayant bénéficié d'un suivi apparenté à la démarche d'apprentissage et effectué pendant les séances de groupe. Dans ce contexte, le suivi permet aux individus d'acquérir les compétences nécessaires pour prévoir et éviter les situations à risque élevé qui mettent à l'épreuve leur maîtrise d'eux-mêmes et augmentent les risques d'une rechute ou d'un écart momentané; il les aide aussi à composer avec de telles situations. Enfin, des recherches récentes ont établi l'existence d'un rapport entre le suivi, l'efficacité personnelle perçue et l'absence de rechute (McKay, Maisto et O'Farrell, 1993). D'une façon générale, il faut considérer le suivi comme une dimension essentielle du traitement, dont les études ont confirmé l'utilité.

Références pour suivi thérapeutique:

Harmon, S., Latinga, L., & Costello, R. (1982), “Aftercare in chemical dependence treatment”, Bulletin of the Society of Psychologists in Substance Abuse, 1, 107-110.

Ito, J., Donovan, D., & Hall, J. (1988), “Relapse Prevention in Alcohol Aftercare: effects on drinking outcome, change process, and aftercare attendance”, British Journal of Addictions, 83, 171-181.

Ito, J., & Donovan, D. (1986), “Aftercare in alcoholism treatment: a review”, dans: W.R. Miller & N. Heather (éds), Treating Addictive Behaviours: Processes of Change, New York: Plenum Press, 435-452.

Marlatt, G.A., and Gordon, J.R. (1985), Relapse Prevention. New York: Guilford Press.

McKay, J., Maisto, S., & O'Farrell, T. (1993), “End of Treatment Self-Efficacy, Aftercare, and Drinking Outcomes of Alcoholic Men”, Alcoholism, Clinical, and Experimental Research, 17(3), 1078-1083.

Rychtarik, R., Prue, D., Rapp, S., & King, A. (1992), “Self Efficacy, Aftercare and Relapse in a Treatment Program for Alcoholics”, Journal of Studies in Alcohol, 53, 435-440.

Walker, D., Donovan, D., Kivlahan, R. et al. (1983), “Length of Stay, Neuropsychological Performance, and Aftercare: Influences on Alcohol Treatment Outcome” Journal of Consulting and Clinical Psychology, 51(6), 900-911.