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Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

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Soins psychiatriques

Les soins psychiatriques sont les services cliniques assurés par une personne qui a une formation de psychiatre. Bien sûr, ces services peuvent chevaucher sur d'autres services offerts dans le cadre du traitement. Deux genres de traitements psychiatriques conviennent d'être examinés, cependant, et il faudrait en outre souligner que l'un des deux principaux systèmes de classification diagnostique des troubles mentaux dérive de la discipline de la psychiatrie. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, quatrième édition (DSM-IV), le système le plus couramment utilisé en Amérique du Nord, a é té produit par l'American Psychiatric Association (1994). Le DSM-IV a établi deux grandes catégories diagnostiques pour les troubles liés à la toxicomanie, soit la dépendance et l'abus. La dépendance vise les troubles les plus graves, et l'abus, les problèmes mineurs ou ceux qui ne sont pas présents depuis une période suffisamment longue pour permettre de poser un diagnostic de dépendance. L'autre système de classification est la Classification internationale des maladies, 10e version, établie par l'Organisation mondiale de la santé, avec un apport majeur de psychiatres. Les catégories établies, soit l'usage nocif et la dépendance, s'apparentent aux catégories du DSM-IV, mais l'usage nocif ne vise pas autant de cas que l'abus (Grant, 1993). Lorsque des diagnostics formels sont établis au Canada, ils sont le plus souvent basés sur les critères du DSM-IV. Techniquement, dans la plupart des provinces et des territoires, sinon tous, seul le médecin ou le psychologue peut poser un diagnostic formel.

Les deux traitements psychiatriques qui méritent une attention particulière sont le traitement de la comorbidité psychiatrique et l'emploi de médicaments psychotropes. Dans les deux cas, les principaux professionnels appelés à superviser ces types de traitements sont généralement des médecins, et surtout des psychiatres. Il existe maintenant des preuves épidémiologiques concluantes démontrant qu'un grand nombre des personnes qui ont des problèmes de toxicomanie se qualifient également pour un diagnostic de troubles mentaux, en particulier des troubles de l'humeur et une sociopathie (Anthony, Warner et Kessler, 1994; Kessler, 1991; Kushner, Sher et Beitman, 1990; Reiger et coll., 1990). Il a également été démontré que les personnes qui ont un problème de toxicomanie associé à un trouble mental obtiennent généralement, au terme de leur traitement, des résultats moins intéressants que celles qui n'ont pas de trouble concomitant (McLellan, 1986; Reich et Green, 1991). Cependant, une question à laquelle on n'a pas encore répondu, est celle de savoir dans quels cas il est préférable de traiter les troubles simultanément ou au moyen du même traitement, plutôt que consécutivement, et si le traitement du trouble mental améliore les résultats du traitement de la toxicomanie. En théorie, il peut y avoir un lien fonctionnel entre certains troubles mentaux et le problème de toxicomanie, par exemple, si une personne abuse d'alcool ou de médicaments pour calmer son anxiété. (Khantzian, 1985, Kushner et coll., 1990). Dans ces cas, pour régler le problème de toxicomanie, il faudrait également traiter le trouble qui y est associé. Il faudrait effectuer des études empiriques pour vérifier cette hypothèse. En dépit du manque de données sur les meilleurs moyens de traiter les troubles concomitants, les programmes qui prévoient l'accessibilité à des services psychiatriques traitent vraisemblablement les troubles mentaux.

Références pour soins psychiatriques:

Anthony, J.C., Warner, L.A., & Kessler, R.C. (1994), “Comparitive epidemiology of dependence on tobacco, alchol, controlled substances, and inhalants: Basic findings from the National Comorbidity Survey”, Experimental and Clinical Psychopharmacology, 2, 244-268.

American Psychiatric Association, (1994). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (4th ed). Washington, DC: American Psychiatric Association.

Grant, B.F. (1993), “Nosological comparison”, Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 17, 1093-1101.

Kessler, R.C. (1991), Comorbidity of substance use disorders and other psychiatric disorders: An ADAAMHA report on prevalence, etiology, implication for prevention, course of illness and research, (manuscrit non-publié) University of Michigan.

Khantzian, E.J. (1985), “The self-medication hypothesis of addictive disorders: Focus on heroin and cocaine dependence”, American Journal of Psychiatry, 142, 1259-1264.

Kushner, M.G. Sher, K.J. & Beitman, B.D. (1990), “The relation between alcohol problems and the anxiety disorders”, American Journal of Psychiatry, 147, 685-695.

McLellan, A.T. (1986), “Psychiatric severity as a predictor of outcome from substance abuse treatments”, dans R.E. Meyers (éd.), Psychopathology and addictive disorders, New York: Guilford Press.

Woody, G.E., McLellan, A.T., Lubrosky, L. & O'Brien, C.P. (1985), “Sociopathy and psychotherapy outcome”, Archives of General Psychiatry, 42, 1081-1086.