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Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

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Réadaptation par les loisirs

Dans l'étude de classification, on définit la réadaptation par les loisirs comme un ensemble d'activités intégrées au plan de traitement et visant expressément à améliorer la capacité du client de meubler son temps de loisir d'une manière plus productive et agréable. B.F. Skinner (1978) a fait la distinction entre le renforcement positif et négatif pour expliquer le rapport entre les mécanismes du comportement et les loisirs :

Comme le terme l'indique, le renforcement positif a un effet de consolidation [...] et il est dénué des effets du renforcement négatif et de la punition, comme l'anxiété et la peur. Le comportement qui fait l'objet d'un renforcement positif est une participation active à la vie et l'absence d'ennui ou de dépression. Lorsque notre comportement est renforcé positivement, nous affirmons aimer ce que nous faisons; nous nous disons heureux.

Le but de la réadaptation par les loisirs est d'accroître le renforcement positif des comportements qui surviennent dans le cours de la vie quotidienne de l'individu (il s'agit, essentiellement, de favoriser un équilibre entre le travail et le jeu ou, si on veut, les « hauts » et les « bas » de la vie quotidienne). En mettant l'accent sur le renforcement positif du comportement, le thérapeute atténue les facteurs de stress associés à la toxicomanie. Selon Alan Marlatt (1985), un mode de vie équilibré se caractérise par un certain degré d'équilibre, dans les activités courantes, entre les sources de stress et les ressources dont l'individu dispose pour y faire face.

Ce type de thérapie est à l'heure actuelle une composante centrale du Programme prélibératoire pour détenus toxicomanes (PPDT) et du Programme de traitement, de prévention de la rechute et de suivi dans la collectivité (CHOIX). Les observations cliniques du docteur Marlatt l'ont amené à conclure que le degré d'équilibre dans le mode de vie courant d'une personne a un effet appréciable sur son désir de plaisir ou de gratification immédiate. Les intervenants du PPDT et du programme CHOIX s'efforcent d'aider les délinquants à établir un équilibre entre les activités perçues comme des exigences de l'extérieur (ce que je dois faire) et celles qui sont perçues comme des plaisirs ou des occasions d'épanouissement personnel (ce que je veux faire). Tout déséquilibre entre ces deux types d'activités augmente les risques de rechute ou d'écart de conduite momentané. Lorsque les « je dois » pèsent beaucoup plus lourd que les « je veux » dans la vie d'une personne, il arrive souvent que celle-ci développe un sentiment de privation ou qu'elle s'apitoie sur son sort. Elle se sent stressée, sous pression, et elle se dit qu'elle a bien le droit de se faire plaisir, qu'elle mérite une récompense. Que cette récompense soit de prendre de l'alcool ou de la drogue, pour une personne qui a un objectif d'abstinence, ou de se saouler, pour une personne qui boit normalement avec modération, il existe un danger. Par conséquent, il est important d'avoir un mode de vie équilibré pour maintenir les acquis du traitement et éviter les situations à risque élevé.

Avec l'aide des animateurs, les participants du PPDT et du programme Choix font une série d'exercices pratiques qui les aident à prendre conscience des impératifs (je dois) et des désirs (je veux) dans leur vie et à les inscrire sur une série de fiches de travail. Les points ainsi identifiés sont intégrés dans le plan de prévention de la rechute de chaque délinquant, pour indiquer les t s'impose. Ces secteurs peuvent être explorés davantage pendant les séances de suivi en groupe de manière à favoriser un sain équilibre du mode de vie. On demande aussi aux participants d'employer des méthodes de résolution de problèmes pour décrire en détail les étapes qu'il leur faudra suivre pour opérer les changements souhaités dans leur vie quotidienne.

Il y a peu de recherches empiriques sur les répercussions d'une éducation aux loisirs sur la toxicomanie. Au cours des dernières années, certains chercheurs (Dilorenzo, Prue et Scott, 1987) ont avancé l'hypothèse que la conception traditionnelle, selon laquelle l'origine de la toxicomanie serait physiologique, a porté les chercheurs à négliger la vérification empirique des effets de la réadaptation par les loisirs. Néanmoins, les études effectuées auprès d'hommes alcooliques qui buvaient surtout lors de réunions sociales ont révélé que l'éducation aux loisirs contribue bel et bien à réduire la consommation d'alcool (Marlatt, 1985).

Références pour réadaptation par les loisirs:

DiLorenzo, T., Prue, D., & Scott, R. (1987), “A Coneptual Critique of Leisure Assessment and Therapy: An Added Dimension to Behavioral Medicine and Substance Abuse Treatment” Clinical Psychology Review, 7, 597-609.

Marlat, A., & Gorden, J. (1985), Relapse Prevention. New York: Guilford Press.