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Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

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Gestion du stress et relaxation

La formation sur la gestion du stress et la relaxation est généralement intégrée à des programmes de traitement multimodaux dans quatre buts : 1. aider les gens à abaisser leur niveau global d'excitation physiologique; 2. réduire leur désir de boire; 3. les aider à mieux dormir; 4. les aider à faire face à certaines situations qui engendrent de l'anxiété (Miller et Hester, 1980). On croit que bon nombre de personnes boivent pour réduire la tension ou le stress psychologique (Rohsenow et coll., 1985) et que, même après le traitement, le stress les amène à boire de nouveau (p. ex. Eliany et Rush, 1992).

Une étude récente (Brown et coll., 1990) a porté sur le lien entre les événements stressants de la vie et la consommation d'alcool chez des alcooliques de sexe masculin ayant suivi un programme de traitement. Ses auteurs ont établi qu'environ 40 % des facteurs de stress présents avant le traitement étaient liés directement ou indirectement à la consommation d'alcool. Ils ont constaté que les hommes qui ont recommencé à boire après le traitement ont connu un stress plus grave ou plus inquiétant que ceux qui sont demeurés abstinents au cours de la période de suivi. Les chercheurs ont conclu qu'un stress de moindre gravité n'augmente pas nécessairement le risque de rechute mais qu'un stress très grave et des difficultés chroniques très inquiétantes semblent liés à un risque de rechute élevé.

La recherche actuelle montre que le stress provient de diverses sources et prend diverses formes. On ne sera pas étonné de constater qu'il y a diverses approches en gestion du stress. Miller et Hester (1986) se sont penchés sur la question et ont constaté que les méthodes comprenaient notamment la formation en relaxation, le biofeedback et la désensibilisation systématique (c.-à-d. se concentrer sur des facteurs environnementaux pour réduire l'anxiété). Miller (1992) a également inclus l'exercice aérobique dans les techniques de gestion du stress. La méditation, la détente musculaire et la méditation transcendantale (Brochu et Forget, 1990; Rohsenow et coll., 1995) figuraient aussi parmi les techniques employées.

La recherche contrôlée a porté uniquement sur la formation en gestion du stress intégrée aux programmes de traitement de l'alcoolisme et non sur l'incidence de cette formation sur les toxicomanes. Les recensions de la documentation sur le traitement de l'alcoolisme ont établi que la gestion du stress avait un effet positif sur le fonctionnement après le traitement. De l'avis de Miller et Hester (1986), un certain nombre d'études ont signalé que la formation en gestion du stress avait apporté des amE9‚liorations dans des domaines comme l'emploi, la dépression et la relaxation. Une recension plus récente de Miller (1992) a également établi que d'autres techniques comme l'exercice aérobique et le biofeedback avaient eu des effets positifs après le traitement.

Des données montrent que la formation sur la gestion du stress a une incidence mesurable sur la réduction de la consommation d'alcool même si les recensions n'ont pas permis de cerner précisément cette incidence. Rohsenow et coll. (1985) ont étudié le rôle de cette formation dans la réduction de la consommation d'alcool des étudiants de niveau collégial ayant une forte consommation sociale. La formation portait notamment sur la détente musculaire, la méditation, la restructuration cognitive et la répétition de réactions acceptables à des situations chargées d'émotion. On a observé que la consommation quotidienne des participants avait grandement baissé à l'issue du traitement et au moment du suivi effectué après 2,5 mois mais qu'elle était revenue au niveau de base après 5,5 mois pour l'ensemble du groupe. Les chercheurs ont conclu que la formation sur la gestion du stress semblait abaisser la consommation à court terme à l'issue du traitement.

Bref, la formation sur la gestion du stress a été introduite après qu'on eut découvert que le stress était lié à la consommation d'alcool avant et après le traitement. Même si certaines données remettent son efficacité en question (p. ex. Miller et Taylor, 1980), la majorité des recherches ont montré qu'elle donnait des résultats positifs dans certains domaines de la vie fertiles en événements stressants. On a également observé que la formation sur la gestion du stress avait une incidence sur la consommation d'alcool mais à court terme seulement. Dans l'ensemble, cette formation peut être considérée comme un élément utile des programmes de traitement multimodaux offerts aux clients aux prises avec des événements stressants liés à la toxicomanie.

Références pour gestion du stress et relaxation:

Brochu, S., & Forget, C. (1990), Aperçu de la littérature sur les interventions en toxicomanie pour les détenus. (rapport non-publié). Montréal: Université de Montreal.

Brown, S. A., Vik, P. W., McQuaid, J. R., Patterson, T. L., Irwin, M. R., & Grant, I. (1990), “Severity of psychosocial stress and outcome of alcoholism treatment”, Journal of Abnormal Psychology, 99(4), 344-348.

Eliany, M., & Rush, B. (1992), L'efficacité des programmes de prévention et de réhabilitation de l'alcoolisme et d'autres toxicomanies: sommaires des évaluations, Ottawa: Santé et Bien-être Canada.

Miller, W. R. (1992), “The effectiveness of treatment for substance abuse: Reasons for optimism”, Journal of Substance Abuse Treatment, 9, 93-102.

Miller, W. R., & Hester, R. K. (1980), “Treating the problem drinker: Modern approaches”, dans W.R. Miller (éd.), The addictive behaviours: Treatment of alcoholism, drug abuse, smoking, and obesity, Oxford: Pergamon Press.

Miller, W. R., & Hester, R. K. (1986), “The effectiveness of alcoholism treatment: What research reveals”, dans W.R. Miller & N. Heather (éds.), Treating addictive behaviours: Processes of change. New York: Plenum Press.

Miller, W. R., & Taylor, C. A. (1980), “Relative effectiveness of bibliotherapy, individual and group self-control training in the treatment of problem drinkers”, Addictive Behaviors, 5, 13-24.

Rohsenow, D. J., Smith, R. E., & Johnson, S. (1985), “Stress management training as a prevention program for heavy social drinkers: Cognitions, affect, drinking and individual differences”, Addictive Behaviors, 10, 45-54.