Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Apprentissage de l'affirmation desoi

L'apprentissage de l'affirmation de soi fait généralement partie intégrante des programmes de traitement des toxicomanies, et elle vise à enseigner aux participants à réagir en s'affirmant dans les conflits interpersonnels au lieu de se réfugier dans l'alcool ou la drogue. On a constaté, chez certains alcooliques, des carences au chapitre de l'affirmation de soi (Twentyman et coll., 1982), et l'on a avancé qu'une formation pertinente permettrait de traiter la difficulté de s'affirmer dans les situations difficiles et de réduire le malaise qu'engendrent ces situations, qui font appel à la capacité de s'affirmer (Pfost et coll., 1992). Il a été démontré que ces situations sont un facteur déterminant de la consommation d'alcool chez les alcooliques (Brown et coll., 1986; Marlatt et Gordon, 1985), mais on ne dispose pas de données d'enquête analogues pour les toxicomanes.

La majorité des évaluations portaient principalement sur l'influence de l'apprentissage de l'affirmation de soi comme élément intrinsèque des programmes de traitement pluridisciplinaire. Les évaluations visent seulement des échantillons d'alcooliques, les consommateurs d'autres drogues n'ayant pas fait l'objet d'évaluations. Le résumé suivant des résultats des évaluations ne s'applique donc qu'aux alcooliques qui ont participé à des programmes dans lesquels l'apprentissage de l'affirmation de soi faisait partie intégrante du traitement global.

Ferrel et Galassi (1981) ont étudié les effets de l'ajout d'une composante axée sur les relations interpersonnelles, soit une formation portant sur l'affirmation de soi ou une formation en relations humaines, à une thérapie par le milieu afin de réduire la tendance à boire et d'améliorer les compétences dans les relations interpersonnelles pour un échantillon d'alcooliques chroniques, dont les compétences à cet égard sont déficientes. Les résultats démontrent que bien que les deux genres de formation aient mené à des taux de sobriété comparables après six semaines, le traitement comprenant une formation axée sur l'affirmation de soi a amélioré sensiblement les compétences dans les relations interpersonnelles, comparativement à celui qui comprenait une formation en relations humaines. Un suivi effectué après deux ans indique que le groupe qui a participé au traitement comprenant une formation axée sur l'affirmation de soi est resté sobre beaucoup plus longtemps que celui qui avait participé au programme comprenant une formation en relations humaines.

Rist et Watzl (1983) ont demandé à un échantillon de femmes alcooliques, avant et après leur participation à la formation, d'indiquer, dans le contexte de rencontres sociales, a) à quel point il leur serait difficile de refuser un verre (risque de rechute) et b) le malaise qu'elles risquent éventuellement de ressentir dans ces situations (affirmation de soi). Les patientes qui ont rechuté 3 mois après le traitement ont eu plus de difficulté à résister à la tentation et ont ressenti un plus grand malaise que leurs homologues qui sont restées sobres. D'autres analyses ont révélé que c'est le risque de rechute et non pas l'incapacité de s'affirmer qui distinguait les deux groupes, ce qui était conforme aux attentes générales quant à l'efficacité du traitement dans le cas des patientes convaincues, dès leur admission, de pouvoir rester sobres.

Une étude plus récente, faite par Pfost et coll. (1992), porte sur les résultats de l'apprentissage de l'affirmation de soi en ce qui concerne trois éléments considérés comme pertinents pour les alcooliques : a) affirmation de soi dans les situations difficiles; b) malaise éprouvé dans les situations difficiles qui font appel à la capacité de s'affirmer; et c) capacité de la personne de s'affirmer selon qu'elle est sobre ou ivre. Les résultats démontrent que les alcooliques ont développé, dans une certaine mesure, leur capacité de s'affirmer dans les situations difficiles et éprouvaient un malaise moins grand dans ces situations, mais ils persistaient à croire qu'ils s'affirmaient davantage lorsqu'ils avaient consommé de l'alcool. Le fait que l'apprentissage de l'affirmation de soi n'ait pas contribué à réduire différentiellement le malaise éprouvé dans les situations difficiles ou les différences dans les perceptions quant à la capacité de s'affirmer selon qu'on est sobre ou ivre, lors du post-test ou après 6 semaines, était moins encourageant.

En résumé,l'apprentissage de l'affirmation de soi a démontré une amélioration du comportement chez les alcooliques, qui auront davantage tendance à s'affirmer dans les situations difficiles au lieu de se réfugier dans l'alcool. Bien que les rapports sur les effets positifs de l'amélioration de la capacité de s'affirmer soient équivoques, il a été avancé que la capacité de s'affirmer dans des situations difficiles est d'une importance capitale, surtout pour une population chronique dont le profil milite contre le rétablissement (Chaney, 1989). On ne dispose pas de données correspondantes pour les toxicomanes, bien qu'on puisse éventuellement alléguer que les facteurs circonstanciels déterminants qui entourent la consommation de drogue pourraient être traités efficacement dans le cadre de l'apprentissage de l'affirmation de soi, comme dans le cas de la consommation d'alcool.

Références pour l'apprentissage de l'affirmation de soi:

Brownell, K. D., Marlatt, G. A., Lichtenstein, E., & Wilson, G. T. (1986), “Understanding and preventing relapse”, American Psychologist, 41, 765-782.

Chaney, E. F. (1989), “ Social skills training”, dans R.K. Hester & W.R. Miller (éds.) Handbook of alcoholism treatment approaches: Effective alternatives, (pp. 206-221). New York: Pergamon Press.

Ferrell, W. L., & Galassi, J. P. (1981), “Assertion training and human relations training in the treatment of chronic alcoholics”, International Journal of the Addictions, 16, 959-968.

Marlatt, G. A., & Gordon, J.R. (éds.) (1985), Relapse prevention. Maintenance strategies in addictive behaviour change, New York: Guilford Press.

Pfost, K. S., Stevens, M. J., Parker, J. C., & Gowan, J. F. (1992), “The influence of assertion training on three aspects of assertiveness in alcoholics”, Journal of Clinical Psychology, 48(2), 262-268.

Rist, F., & Watzl, H. (1983), “Self-assessment of relapse risk and assertiveness in relation to treatment outcome of female alcoholics”, Addictive Behaviours, 8, 121-127.

Twentyman, C. T., Greenwald, D. P., Greenwald, M. A., Kloss, J. D., Kovalski, M. E., & Zibung-Hoffman, P. (1982), “An assessment of social skills deficits in alcoholics”, Behavioral Assessment, 4, 317-326.