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Revue de la littérature sur les techniques de traitement en toxicomanie

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Thérapie basée sur la confrontation et la rencontre

L'intérêt des programme de traitement des toxicomanies basés sur la confrontation s'explique du fait que les toxicomanes, en tant que groupe, tendent apparemment à nier ou à occulter leurs problèmes et du fait que les confronter à cette réalitE9‚ est thérapeutique. Bien que les approches varient, les procédures habituelles comprennent la présentation de preuves solides et factuelles démontrant que l'individu a un problème de toxicomanie, la réfutation des arguments contraires du client, et le recours à tout indice ou élément disponible pour l'amener ou le forcer à reconnaître son problème de toxicomanie (Miller et Hester, 1986).

Les études de la littérature sur les traitements ont révélé qu'il n'existe pas d'études contrôlées sur l'efficacité du traitement basé sur la confrontation (Eliany et Rush, 1992; Miller et Hester, 1986). Bien qu'on ne puisse pas généraliser, les résultats d'études moins rigoureuses ont permis d'établir que la confrontation comme méthode d'intervention donne souvent de moins bons résultats. Par exemple, Lieberman et coll. (1973) ont souligné qu'une approche hostile, basée sur la confrontation, pour diriger un groupe donne des résultats plus négatifs que d'autres styles de leadership. De la même manière, les recherches sur la motivation au changement ne militent pas en faveur d'une approche basée sur la coercition ou la confrontation comme meilleure approche pour inciter une personne à changer (Miller, 1983).

Il y a peu d'études sur les résultats des méthodes de traitement basées sur la confrontation. Swenson et Clay (1980) ont étudié des sujets pour déterminer s'ils étaient des buveurs mondains ou des buveurs à problèmes, puis ils ont choisi au hasard l'une de deux méthodes d'intervention à appliquer dans chacun des cas : 1) un traitement à court terme basé sur l'interaction et la confrontation en petits groupes pour développer la conscience personnelle, et 2) un guide d'apprentissage à domicile comportant une exposition minimale. Les résultats indiquent que le traitement à court terme n'a pas contribué plus que l'exposition minimale à améliorer la qualité de vie des buveurs mondains ou des buveurs à problèmes. Les auteurs ont mis en question l'utilité de la confrontation comme méthode de traitement plus dérangeante, compte tenu des résultats douteux du programme d'apprentissage à domicile, moins dérangeant.

Il n'existe qu'une étude sur les effets d'un programme de traitement des toxicomanies basé sur la confrontation à l'intention des délinquants sous responsabilité fédérale. Annis et Chan (1983) ont comparé l'efficacité d'un traitement basé sur la confrontation en soumettant au hasard 100 délinquants adultes à une thérapie de groupe de huit semaines et 50 aux programmes d'intervention réguliers offerts dans les établissements. Les délinquants qui ont participé au programme basé sur la confrontation ont obtenu des résultats comparables à ceux obtenus par les délinquants qui n'avaient participé à aucun programme de traitement des toxicomanies. Cependant, la thérapie de groupe s'est révélée plus efficace dans le cas des délinquants qui étaient considérés comme ayant une très bonne image de soi (c.-à-d. baisse du nombre de nouvelles condamnations et imposition de peines moins sévères dans ces cas), tandis qu'elle s'est révélée moins efficace que les programmes réguliers des établissements dans le cas des délinquants qui avaient une piètre image de soi.

En résumé, la confrontation comme méthode d'intervention ne semble pas amener de changement de comportement chez les toxicomanes. Dans le cadre des différentes interventions, la confrontation ne s'est pas révélée plus efficace que dans les cas où un traitement minimal a été assuré ou ceux où aucun traitement n'a été dispensé. Les résultats soulignent les conclusions de Miller et Hester's (1986) selon lesquelles il faut faire preuve de jugement lorsqu'on opte pour un traitement basé sur la confrontation, compte tenu du risque de précipiter l'abandon du programme, de susciter des émotions négatives, une baisse de l'estime de soi et une rechute imminente. Les études récentes démontrent que la confrontation comme méthode de traitement n'est guère efficace à des fins thérapeutiques.

Références pour thérapie basée sur la confrontation ou la rencontre:

Annis, H. M., & Chan, D. (1983), “The differential treatment model: Empirical evidence from a personality typology of adult offenders”, Criminal Justice and Behaviour, 10(2), 159-173.

Eliany, M., & Rush, B. (1992), L'efficacité des programmes de prévention et de réhabilitation de l'alcoolisme et d'autres toxicomanies: sommaires des évaluations, Ottawa: Santé et Bien-être Canada.

Lieberman, M. A., Yalom, I. D., Miles, M. B. (1973), Encounter groups: First facts, New York: Basic Books.

Miller, W. R. (1983), “Motivational interviewing with problem drinkers”, Behavioural Psychotherapy, 11, 147-172.

Miller, W. R., & Hester, R. K. (1986), “The effectiveness of alcoholism treatment: What research reveals”, dans W.R. Miller & N. Heather (éds.), Treating addictive behaviours: Processes of change, New York: Plenum Press.

Swenson, P. R., & Clay, T. R. (1980), “Effects of short-term rehabilitation on alcohol consumption and drinking-related behaviour: An eight month follow-up study of drunken drivers”, International Journal of the Addictions, 15, 821-838.