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Délinquants sexuels autochtones : Allier la guérison spirituelle au traitement cognitivo-comportemental

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II. LES DÉLINQUANTS AUTOCHTONES ET L'INCARCÉRATION

Vue d'ensemble

Par rapport aux non-Autochtones, les Autochtones sont sur-représentés dans le système carcéral canadien. En 1991, ils représentaient 12 % des détenus admis dans les établissements fédéraux et 19 % des détenus admis dans les établissements provinciaux (Centre canadien de la statistique juridique, 1991), et ce, même s'ils ne constituaient que 2,5 % de l'ensemble de la population (Statistique Canada, 1991).

VUE D'ENSEMBLE - NOMBRE TOTAL DE DÉLINQUANTS ET DE DÉLINQUANTS SEXUELS

En juillet 1997, il y avait 14 961 délinquants incarcérés et 8 055 sous surveillance.1

NOMBRE TOTAL DE DÉLINQUANTS
Région Incarcérés Sous surveillance
  # % # %
Atlantique 1428 9.5% 859 10.7%
Québec 4031 26.9% 2386 29.8%
Ontario 3880 25.9% 1973 24.6%
Prairies 3580 23.9% 1820 22.7%
Pacifique 2042 13.6% 967 12.1%
Total national 14961   8005  

Les délinquants sexuels représentent 19% des détenus incarcérés et 12.6 % des délinquants sous surveillance.2

DÉLINQUANTS SEXUELS
Région Incarcérés Sous surveillance Total
  # % # %  
Atlantique 286 10.1% 142 14.1% 428
Québec 514 18.1% 179 17.8% 693
Ontario 720 25.4% 209 20.7% 929
Prairies 913 32.1% 333 33.0% 1246
Pacifique 407 14.3% 145 14.4% 552
Total national 2840   1008   3848

Le nombre des Autochtones incarcérés dans les établissements fédéraux, provinciaux et territoriaux va toujours croissant. Cette tendance se perpétue peut-être en raison de biais culturels et ethniques du système à cause desquels on ne tient pas compte des coutumes, des valeurs et des traditions autochtones. L'application de telles stratégies pourrait réduire la violence dans les collectivités autochtones.  En outre, il existe peut-être des biais systémiques dans le système judiciaire. L'un des leaders autochtones a fait remarquer que le régime de droit pénal actuel n'a jamais assimilé ni même tenu compte des valeurs, des normes et des concepts de la justice autochtone, qui existaient pourtant avant ce régime. Elle a estimé que les programmes destinés aux Autochtones étaient inadéquats parce qu'ils ne se fondaient que sur les valeurs, les idéologies, les croyances et les processus intellectuels des non-Autochtones (McIvor, 1995).

Le nombre des délinquants autochtones a connu une croissance régulière, passant de 9 % du nombre total des délinquants en 1982-1983 à 9,6 % en 1987 (Rapport final du groupe d'étude sur les Autochtones au sein du régime correctionnel fédéral [ci-après nommé "rapport du groupe d'étude"], 1988). En 1994, ce pourcentage, dans la région des Prairies, s'élevait à 38 %, comparativement à 11  % pour l'ensemble du pays.

Parmi les 3 850 délinquants sexuels identifiés au SGD, 700, soit 18 %, sont autochtones (Inuit, Amérindiens et Métis). En outre, 26 % des 2 802 délinquants autochtones sont des délinquants sexuels, ce qui est hors de proportion.

C'est dans la région des Prairies qu'on trouve le nombre le plus élevé de délinquants sexuels, tant autochtones que non autochtones. Les régions des Prairies et du Pacifique comptent à elles seules 85 % de tous les délinquants sexuels autochtones au Canada.

DÉLINQUANTS SEXUELS INCARCÉRÉS
Région NON-AUTOCHTONES AUTOCHTONES Total
  # % # % # %
Atlantique 261 11.3% 25 4.6%> 286 10.1%
Québec 471 20.5% 43 8.0% 514 18.1%
Ontario 687 29.9% 33 6.1% 720 25.4%
Prairies 561 24.4% 352 65.3% 913 32.1%
Pacifique 321 14% 86 16.0% 407 14.3%
Total national 2301   539   2840  

Le tableau suivant illustre la distribution des délinquants sexuels autochtones et non autochtones au pays. C'est encore dans les régions des Prairies et du Pacifique qu'on trouve le plus grand nombre de délinquants sexuels autochtones. Des 59 délinquants provinciaux sous surveillance fédérale, 14 étaient autochtones.

DÉLINQUANTS SEXUELS
Région NON-AUTOCHTONES AUTOCHTONES Total
  # % # % # %
Atlantique 135 16.4% 7 3.8% 142 14.1%
Québec 170 20.7% 9 4.9% 179 17.8%
Ontario 202 24.5% 7 3.8% 209 20.7%
Prairies 200 24.3% 133 71.9% 333 33.0%
Pacifique 116 14.1% 29 15.7% 145 14.4%
Total national 823   185   1008  

On s'attend à ce que d'ici 2010, le pourcentage des Autochtones détenus dans les établissements fédéraux atteigne les 38 %, à l'échelle du pays. Un tableau publié dans le Globe and Mail le 20 juillet 1995 fournit une comparaison claire du pourcentage des détenus autochtones des établissements provinciaux et fédéraux par rapport au pourcentage des Autochtones dans la population, dans chaque province et territoire:

Province ou région Autochtones dans la population Autochtones dans les établissements provinciaux Autochtones dans les établissements fédéraux
Atlantique 2.4% 4.5% 4.3%
Québec 2.2% 2.0% 1.7%
Ontario 2.2% 7.0% 4.4%
Manitoba 11.5% 47.0% 40.2%
Saskatchewan 10.8% 72.0% 34.3%
Alberta 6.2% 34.0% 31.0%
Colombie-Britannique 5.0% 16.0% 13.9%
Yukon 29.1% 62.0% *
T.N.-O. 59.8% 90.0% *

* Il n'y a pas d'établissements fédéraux dans les territoires.

Sources: Service correctionnel Canada, Centre canadien de la statistique juridique, ministère fédéral des Affaires indiennes et du Nord.

En 1988, les délinquants autochtones étaient répartis comme suit: 74 % d'Indiens, 23 % de Métis et 2,4 % d'Inuit. D'après certaines sources de la région des Prairies, 23,4 % des délinquants autochtones venaient de centres urbains de plus de 10 000 habitants, 35 % de localités comptant de 100 à 10 000 habitants, 28,5 % de localités situées près d'un centre urbain et 15,3 % de régions rurales isolées (Rapport du groupe d'étude, 1988). Ils sont pour la plupart issus de milieux défavorisés et moins de 20 % d'entre eux possèdent dix années de scolarité. Parmi les délinquants autochtones, 76 % ont des problèmes d'alcoolisme et moins de 17 % avaient un emploi lorsqu'ils ont été incarcérés dans un établissement fédéral. Les deux tiers n'avaient jamais occupé un emploi spécialisé et 22 % seulement avaient reçu une formation professionnelle quelconque. À partir de ces données, le groupe d'étude a conclu "que les détenus autochtones ont probablement des besoins importants auxquels il convient de répondre par des programmes au sein de l'établissement et l'élaboration de plans de libération conditionnelle."

Violence

Par rapport aux non autochtones, une proportion plus élevée de délinquants autochtones commet des crimes violents. La proportion pour les non-Autochtones et pour les Autochtones est de 65 % et de 73 % respectivement. Les crimes contre la personne représentent 55 % des actes criminels commis par les délinquants autochtones, alors que ce pourcentage est inférieur à 35 % chez les non autochtones (1988). D'après une étude réalisée en 1993, les délinquants autochtones étaient plus susceptibles que les non autochtones de commettre des crimes contre la personne ou d'être condamnés relativement à des crimes violents (Hann et Harman, 1993). L'étude a en outre révélé que, comparativement aux délinquants non autochtones, les délinquants autochtones avaient deux fois plus de chances de voir leur libération conditionnelle révoquée.

On a aussi constaté que les délinquants autochtones présentaient des risques plus élevés de récidive avec violence et étaient plus susceptibles que les délinquants non autochtones d'être incarcérés de nouveau. Une étude sur les caractéristiques des récidivistes autochtones a révélé que le taux de récidive s'élève à 66 % et que les détenus purgeant des peines plus brèves sont les plus susceptibles de récidiver (Bonta, Lipinski et Martin, 1992).Les auteurs expliquent toutefois que ces chiffres ne devraient pas servir de prétexte à l'imposition de peines plus lourdes. Le taux plus faible de récidive des non-Autochtones qui purgent des peines de longue durée peut être dû à d'autres facteurs, comme le type d'acte criminel commis et le profil socio-personnel, qui sont plus pertinents pour prédire le risque de récidive. Ils laissent plutôt entendre que, d'une façon générale, les variables des antécédents criminels dont on se sert pour prédire la récidive chez les non-Autochtones sont également de bons indices des risques de récidive chez les détenus autochtones.

Durée des peines

Trois cent soixante-neuf délinquants sexuels purgeaient des peines d'une durée illimitée. De ce nombre, 81 % n'avaient pas été libérés sous condition. Les délinquants sexuels autochtones, au nombre de 143, constituaient 39 % du groupe, ce qui est nettement disproportionné. Cependant, des 369, seuls 58 avaient été désignés délinquants sexuels dangereux avant 1977, dont deux Autochtones seulement.

Parmi les délinquants sexuels qui purgeaient des peines d'une durée déterminée, c'est le groupe des non-Autochtones qui comptaient les peines totales moyennes les plus élevées, soit 6,1 années, comparativement à 5,1 pour les Autochtones.

En 1988, les délinquants autochtones étaient moins susceptibles que les autres de se voir octroyer une libération sous condition ou sous surveillance obligatoire (Rapport du groupe d'étude, 1988). Le groupe d'étude avait constaté que 18,3 % des délinquants autochtones faisaient l'objet de telles libérations, comparativement à 42,1 % chez les autres délinquants. Le pourcentage des délinquants autochtones libérés sous condition s'élevait à 32 %, en 1988, alors qu'il était de 43,3 % chez les non-Autochtones. On indiquait également dans le rapport qu'on n'accordait de libération conditionnelle totale qu'à 10 % des délinquants autochtones, alors que ce pourcentage atteignait 20,4 % chez les délinquants sous responsabilité fédérale.

En résumé, les taux de condamnation et d'incarcération sont plus élevés chez les délinquants autochtones que chez les non autochtones. Chez les Autochtones comme dans le reste de la société, la criminalité est étroitement liée au contexte socio-économique. Pour résoudre le problème de la criminalité chez les Autochtones, il faut tenir compte des conditions socio-économiques qui règnent dans les réserves et ailleurs (Rapport du groupe d'étude, 1988).

Toxicomanie

Les abus d'intoxicants sont fréquents dans les collectivités autochtones. Une étude réalisée en 1994 sur les programmes de lutte contre l'alcoolisme et la toxicomanie destinés aux Autochtones a révélé que la consommation d'alcool et de drogue sont des facteurs criminogènes importants chez les Autochtones (Weeks et Millson, 1994). La répression des émotions, telle qu'elle a été décrite par le Dr Brant, amène l'hostilité refoulée à se libérer sous l'influence de l'alcool. Timides de nature, les Autochtones sont plus susceptibles d'abuser des intoxicants. D'après l'expérience du Dr Brant, il existe une corrélation certaine entre les agressions sexuelles, y compris celles commises contre des enfants, et la consommation d'alcool (Brant, 1993).

Dans une étude réalisée par le Nebraska Department of Corrections sur la relation entre l'abus d'intoxicants et la criminalité chez les détenus autochtones américains, on a constaté que chez les Indiens, dans une majorité des cas, il y a un lien entre la consommation d'alcool et la perpétration d'actes criminels, de quelque type qu'ils soient (Grobsmith, 1989). Même si les Indiens ne constituent que 1 % de la population du Nebraska, 7 % de toutes les personnes arrêtées pour des délits graves et 25 % de celles arrêtées pour ivresse publique étaient des Autochtones (French et Hornbuckle, 1982).

L'étude de Grobsmith indique que l'alcoolisme est le problème de santé le plus grave chez les Amérindiens. La prévalence de l'abus d'alcool et de l'alcoolisme est de beaucoup plus élevée chez les Indiens que dans l'ensemble de la population. L'alcoolisme, les accidents, la cirrhose, le suicide et l'homicide constituent 35 % de toutes les causes de décès chez les Indiens (French et Hornbuckle, 1982). Puisque ce sont les hommes âgés de 25 à 44 ans qui consomment le plus d'alcool, ce groupe est également le plus vulnérable et le plus susceptible de commettre des actes criminels (Grobsmith, 1989). Grobsmith conclut en disant que malgré l'abondance des facteurs qui expliquent l'alcoolisme et la toxicomanie chez les Indiens, aucun ne pourrait à lui seul en être considéré la cause.

Quels qu'en soient les motifs, l'abus d'intoxicants contribue largement au chaos qui règne dans les collectivités amérindiennes. En effet, les tribunaux du Nebraska voient parfois des alcooliques de cinquième génération. On constate en outre qu'un autre problème grave, lié à l'alcoolisme et à la toxicomanie transgénérationnels, prend de l'ampleur : l'inhalation, par de jeunes Indiens, de vapeurs intoxicantes, qu'il s'agisse d'essence, de peinture ou de lysol en aérosol, ou encore de liquide correcteur. Généralement, les jeunes qui s'adonnent à de telles pratiques sont issus de familles dont les parents sont alcooliques et où les enfants sont négligés ou maltraités (Carroll, 1977).

L'étude de Grobsmith indique que le rétablissement de l'idéologie religieuse amérindienne et l'identification à celle-ci sont des facteurs très favorables à la désintoxication et à la réadaptation des Autochtones américains. Dans le système carcéral du Nebraska, on explique que le rétablissement des croyances autochtones est le principal motif de sobriété chez les détenus. Les normes culturelles qui rendent difficile aux Autochtones d'avouer leurs faiblesses, de confesser publiquement leurs erreurs ou d'attirer l'attention sur eux - procédé souvent nécessaire dans les protocoles de traitement non autochtones - empêchent également ceux-ci de se singulariser dans les programmes de traitement réguliers. Cette difficulté à admettre une faiblesse personnelle, jointe à l'absence de sanctions, réduit les chances de réussite du programme des Alcooliques Anonymes auprès des alcooliques amérindiens. Puisque l'alcoolisme est lié de près à la perpétration d'actes criminels, il conviendrait de le traiter au moyen de méthodes mieux adaptées du point de vue culturel.

Traitement des délinquants autochtones

Les professionnels de la santé non autochtones ont de la difficulté à traiter les délinquants autochtones. Selon le Dr Brant, les thérapeutes de la santé mentale et les parathérapeutes qui évaluent les délinquants, les détenus et les prévenus autochtones trouvent ceux-ci passifs, difficiles à évaluer et réservés. Le Dr Brant indique que ce comportement, qui influe sur l'évaluation des Autochtones, découle des principes de non-ingérence et de répression des émotions. Faute d'avoir reconnu l'influence du patrimoine culturel du patient autochtone sur son comportement en contexte clinique, le thérapeute peut commettre des erreurs dans le diagnostic, la formulation des médicaments ou le traitement (Brant, 1993). Dans un tel cas, la rencontre du patient et du médecin est au mieux improductive, au pire traumatisante.

Dans son rapport de 1988, le groupe d'étude conclut qu'en raison des liens qui unissent les Autochtones à leur culture, les services de traitement doivent tenir compte à la fois de celle-ci et des croyances. Le rapport indique en outre que les délinquants autochtones réagissent positivement aux Aînés. Dans certains établissements, surtout dans les régions des Prairies et du Pacifique, des Aînés autochtones sont employés à temps plein. Dans un article sur les détenus autochtones qu'il a publié dans le Globe and Mail, Peter Moon a constaté que les services correctionnels avaient changé leur façon de comprendre la spiritualité autochtone (Globe and Mail, 20 juillet 1995). Selon lui, le directeur Art Majkut avait adopté dans son établissement la méthode de guérison autochtone. M. Majkut expliquait qu'en raison d'un manque de documents et d'études sur cette méthode, les cadres supérieurs du Service correctionnel du Canada hésitent à payer des guérisseurs pour travailler dans les pénitenciers. Il insistait sur le fait que les Aînés et les guérisseurs sont en mesure d'évaluer de façon plus exacte si un détenu autochtone sera en mesure de respecter les conditions de sa libération. Il estimait aussi qu'ils ouvraient les horizons spirituels des délinquants autochtones, diminuant ainsi leur taux de récidive. Les observations du directeur d'établissement viennent corroborer les conclusions du groupe d'étude. Il faudra malgré cela faire des recherches rigoureuses pour donner une assise empirique à ces principes.

Il y a un autre problème lié aux pratiques traditionnelles autochtones dans les pénitenciers, et c'est le fait que très peu de réserves se sont dotées d'une gamme complète de programmes spirituels. Campbell Papequash, Aîné et guérisseur saulteux, soupçonne que la plupart des détenus qui participent aux programmes spirituels dans des établissements comme celui de Stony Mountain cessent leur pratique une fois libérés... (Globe and Mail, 20 juillet 1995). S'ils reçoivent davantage d'aide spirituelle derrière les barreaux que dans la collectivité, les délinquants autochtones se trouvent dans l'incapacité de trouver un appui traditionnel après leur libération. Les programmes autochtones sont nécessaires dans les pénitenciers, mais les sources d'aide traditionnelle dans la collectivité sont tout aussi importantes.

On a laissé entendre que les établissements correctionnels situés dans les collectivités devraient prendre en main la poursuite des exercices de guérison entrepris pendant l'incarcération des délinquants. Il en découle que les délinquants doivent demeurer aux soins et sous la garde de la collectivité autochtone. Cela signifie qu'il faudrait soigner non seulement le délinquant, mais aussi sa famille. Cette méthode profiterait tant aux victimes qu'aux délinquants.

Il est évident que les Autochtones ont des besoins spéciaux dans les établissements carcéraux, mais il faut aussi tenir compte des aspects culturels et spirituels de la `'rémission de leur crime'' si on veut réduire leur taux disproportionné d'incarcération.


1 Ce total comprend les détenus en liberté conditionnelle, ceux en détention temporaire et les délinquants des systèmes provinciaux sous surveillance fédérale, moins les délinquants qui ont été expulsés.

2 Certains affirment que le nombre réel des délinquants sexuels est en fait plus élevé de 17 % par rapport aux chiffres fournis dans le présent rapport. Cela est dû au fait que le SGD en est encore à ses premiers balbutiements dans ce domaine. On utilisera néanmoins les chiffres de base dans tout le rapport. On définit les délinquants sexuels comme ceux dont toutes les peines sont relatives à des délits d'ordre sexuel.