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Délinquants sexuels autochtones : Allier la guérison spirituelle au traitement cognitivo-comportemental

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III. DÉLINQUANTS SEXUELS ET PROGRAMMES DE TRAITEMENT

Comparaison interculturelle: programme de traitement communautaire

Les collectivités autochtones accordent maintenant plus d'attention aux agressions et à la violence sexuelles. Dans une étude consacrée à la violence sexuelle dans les familles amérindiennes, Carter et Parker citent une brochure d'information de la Division of Indian Works (DIW, 1987), dans laquelle on décrit très précisément le problème:

Au fil des ans, les privations extrêmes, la discrimination et les traitements injustes infligés aux Indiens par une société dominante qui a rarement tenu compte de leur mode de vie ont débouché sur une réalité alarmante : environ 80 % des familles amérindiennes des zones urbaines vivent maintenant des problèmes de violence familiale, y compris des problèmes d'inceste, de violence sexuelle et de violence grave, plus de 65 % sont au chômage, plus de 50 % souffrent de dépendance à des intoxicants chimiques et 65 % de ces familles sont monoparentales, ce qui est quatre fois plus élevé que la moyenne de l'état.

Carter et Parker déclarent que peu de recherches ont été menées sur la violence sexuelle chez les Indiens, en partie par manque d'intérêt chez les spécialistes des sciences sociales, et ce, malgré que les juges des cours tribales aient indiqué que l'inceste n'est pas plus fréquent dans les familles autochtones que dans les familles non autochtones (NAICJA, 1985). L'étude de Carter et Parker visait à examiner la nature et la définition de l'inceste chez les Indiens du Minnesota, à établir un ensemble de données de base, à proposer l'étude d'autres questions et à identifier des modèles de traitement compatibles avec la culture indienne. Carter et Parker ont constaté que la colonisation, conjuguée à la consommation d'alcool, était étroitement liée à la violence familiale. Selon leur explication, les Indiens auraient intériorisé l'exploitation et le dénigrement de leur culture; un cocktail d'alcool et de racisme a désagrégé leur confiance en eux et provoqué la violence physique et sexuelle dans leurs familles (Carter et Parker, 1991).

Carter et Parker ont également constaté que bon nombre d'Indiens attribuent l'effondrement de leurs familles aux pensionnats du gouvernement. Un autre auteur, Fischler (1985), appuie cette thèse. D'après lui, un grand nombre de parents indiens d'aujourd'hui ont été élevés loin de leurs familles, dans des pensionnats, dans des foyers d'accueil ou d'adoption non autochtones où ils n'ont peut-être pas trouvé de bons modèles parentaux. Fischler déclare aussi que, mal préparés à la séparation avec leur famille, les enfants indiens confiés aux pensionnats étaient plus vulnérables aux troubles d'identité et que, une fois de retour dans leurs réserves, ils se retrouvaient aliénés de leur culture et généralement mésadaptés. Pour évaluer les mauvais traitements dans des familles indiennes, il faudrait procéder à un examen approfondi de la petite enfance des parents, y compris des détails de leur placement (Fischler, 1985).

Très souvent, les comportements sexuels anormaux dans les familles autochtones ne sont pas signalés. Carter et Parker expliquent que les valeurs traditionnelles indiennes de non-ingérence et ne non-affirmation de soi empêchent que soient rapportés les actes sexuels déviants et nuisent même aux enquêtes faites sur de tels délits. Le principe de la non-ingérence interdit aux gens de se mêler de choses qui ne les touchent pas directement. Mieux encore, il perpétue, en conjonction avec le principe de la non-affirmation de soi, l'attitude selon laquelle il est impensable de "rapporter". Ce principe vient également étayer un comportement lié à la timidité. Carter et Parker disent en outre que ces actes ne sont pas signalés par crainte des autorités publiques, plus particulièrement des agences de protection de l'enfance. Comme l'a souligné un conseillé de la DIW, le client se préoccupera probablement au premier chef de sa propre survie, de celle de sa famille et même de l'agresseur, compte tenu des menaces que présentent les institutions et la culture blanches (Carter et Parker, 1991).

Carter et Parker proposent que les professionnels oeuvrant auprès des délinquants sexuels indiens s'assurent, si possible et avec le consentement de leurs clients, le concours de groupes d'aide aux familles, surtout lorsque ces groupes sont culturellement axés sur les Indiens. Il est très important que ces délinquants soient confiés aux soins de thérapeutes sensibilisés à leur culture, qui sont ainsi aptes à reconnaître la validité ou la non validité de certaines thérapies pour leurs clients indiens (Carter et Parker, 1991). Carter et Parker déclarent que ces thérapeutes sont mieux en mesure d'utiliser des méthodes holistiques, qui traitent les problèmes d'ordre culturel et spirituel. La méthode holistique ne concentre pas le traitement sur chaque problème du patient; elle porte plutôt sur la personne dans son ensemble, sur tous ses aspects, mentaux, émotifs, physiques et spirituels.

Le traitement destiné aux Autochtones met l'accent sur des techniques qui permettent au patient de réaligner tous ces aspects. Il est plus important qu'il atteigne son équilibre intérieur que de traiter séparément chaque maladie (par exemple, l'alcoolisme ou les pulsions sexuelles déviantes). Cette méthode serait particulièrement efficace lorsque les actes criminels ont été commis sous l'influence d'intoxicants illégaux. Carter et Parker indiquent que le personnel traitant devrait connaître la spiritualité indienne, du moins de façon générale, et devrait être en mesure d'aider les patients à faire des interprétations fondées sur la compréhension tout en répondant à leurs besoins de guérison spirituelle. Même s'il vaut mieux confier le soin de ces patients à des thérapeutes autochtones, les non-Autochtones peuvent aussi être efficaces. En fin de compte, l'idéal serait de former davantage d'Autochtones et d'augmenter les services dans les tribus, sinon, il est également acceptable de former des non-Autochtones qui comprennent et respectent les cultures autochtones (Carter et Parker, 1991)

Au Canada, on se préoccupe de plus en plus de savoir s'il conviendrait de créer des programmes culturellement pertinents à l'intention des délinquants sexuels au sein du régime correctionnel. Le Service correctionnel du Canada a déterminé que "les délinquants sexuels représentent toujours l'un des problèmes de sécurité publique les plus inquiétants". On y a créé un groupe de travail composé d'administrateurs, de cliniciens et de chercheurs chargé de jeter les bases d'une stratégie homogène de traitement des délinquants sexuels." (Normes et lignes directrices relatives à la prestation des services aux délinquants sexuels, 1996). Dans ce document, on appuie l'idée selon laquelle les délinquants sexuels autochtones ont besoin d'évaluations et de traitements qui correspondent à leur culture et à leur spiritualité.

Les délinquants autochtones qui ont pris part aux programmes offerts en établissement carcéral présentent plus fréquemment que les autres délinquants des séquelles se situations comme l'abandon, l'absence de foyer permanent et le racisme, et une absence d'identité personnelle ou, à tout le moins, de la confusion à cet égard (Symposium, 1995). Dans le symposium de 1995, on a fait remarquer qu'on trouve souvent chez les délinquants autochtones des difficultés liées à un passé marqué par les mauvais traitements (violence verbale, sévices, violence sexuelle, psychologique et émotive), la toxicomanie (alcool, drogues, solvants) et le contact avec la pauvreté et la mort ( pour cause de maladie, de suicide et de violence). Par rapport à la clientèle non-autochtone, ils sont souvent plus défavorisés quant au niveau d'études, à la compétence et aux antécédents de travail, à la situation financière et aux soutiens sociaux. La réintégration sociale des délinquants autochtones est dans l'ensemble beaucoup plus difficile (en particulier pour les délinquants des régions rurales ou éloignées qui se trouvent libérés en ville) et mener à bien la mise en liberté sous condition est alors un véritable tour de force (Symposium, 1995). Les participants au symposium ont conclu que, pour être efficace, il est impératif que le traitement soit adapté à la culture.

D'après une évaluation d'un programme de traitement communautaire pour délinquants sexuels autochtones (Organisation des clans autochtones), les données sur le taux de récidive des personnes qui ont terminé le programme ne présentent aucun écart entre les délinquants autochtones et non autochtones. Dr Nicholaichuk, du Centre psychiatrique régional (1996) en est arrivé à la même conclusion, en faisant toutefois remarquer qu'après le traitement, les délinquants sexuels autochtones étaient beaucoup plus susceptibles que les non-autochtones de commettre de nouveau des actes criminels violents, mais non sexuels. Il semble donc que, en ce qui concerne les délits sexuels, tous les patients aient bénéficié du traitement, sans égard à leur origine culturelle (Ellerby, 1994). Cependant, les délinquants autochtones étaient moins susceptibles de mener à bien le programme jusqu'à la fin, plus susceptibles de voir leur libération conditionnelle suspendue pour non-respect des conditions de la Commission nationale des libérations conditionnelles (comme s'abstenir de consommer de l'alcool), plus susceptibles de récidiver (infractions sexuelles et autres) en cours de traitement et plus enclins à laisser tomber le traitement après l'expiration de la peine. Le tableau ci-après illustre les résultats obtenus dans le cadre du programme de traitement communautaire du Forensic Behavioural Management Clinic (1987-1994):

Comparaison interculturelle: Programme de traitement communautaire de la Forensic Behaviourial Management Clinic (de 1987 à 1994)

État Autochtones Non-Autochtones Autochtones Non-Autochtones
Inscriptions au traitement 36% 64% 53% 47%
Traitement terminé 4% 3% 5% 0
Abandon 19% 8% 0 0
Suspension 16% 2% 24% 0
Récidive (en cours de traitement)
infraction sexuelle 15% 0 0 0
infraction non sexuelle 4% 3% 0 0
Traitement terminé 42% 84% N/A N/A
Récidive (après le traitement)*
infraction sexuelle 0 0 N/A N/A
infraction non sexuelle 4% 2% N/A N/A

Note : n.d. = non disponible

* De neuf mois à quatre ans après la fin du traitement.

L'Organisation des clans autochtones estime qu'il est nécessaire d'aider les délinquants autochtones à s'investir dans la thérapie et à demeurer inscrits au programme. On a donc intégré au programme de traitement des rites de guérison. Les rites de guérison traditionnels donnent aux délinquants autochtones la possibilité de découvrir leur culture et leur spiritualité ou de continuer à y participer, et les aident à développer un sentiment plus net de leur propre identité, de fierté et d'appartenance. L'intégration des rites de guérison témoigne également d'une reconnaissance et d'un respect de la culture et de la spiritualité autochtones de la part des thérapeutes (Ellerby, 1994).

L'Organisation des clans autochtones a conjecturé que l'intégration de cérémonies de guérison dans les traitements de programmes aideraient les autochtones à s'attaquer à leurs comportements répréhensibles et favoriserait une prise de conscience et le développement des aptitudes nécessaires pour éviter ou gérer les facteurs à l'origine de la récidive.

Même si l'inclusion de rites traditionnels dans les programmes semble prometteuse. Ellerby estime qu'il serait naïf de croire que cette démarche convient à tous les délinquants autochtones. On ne devrait pas présumer d'une homogénéité culturelle chez les Autochtones et l'on doit être conscient que chacun en est à une étape d'adaptation - depuis l'acceptation de la culture traditionnelle autochtone à la culture eurocanadienne (Ellerby, 1994). Les Autochtones ont certains problèmes en commun, mais les besoins, les coutumes et les aspirations de leurs collectivités ne sont pas homogènes (Frank, 1992). Ellerby soumet que les expériences culturelles auxquelles ont été exposés les délinquants autochtones ou auxquelles ils ont adhéré influencent considérablement leurs attitudes, leurs croyances, le style de présentation qu'ils adoptent ainsi que leur intérêt pour les rites de guérison. D'après lui, il est donc crucial que les thérapeutes chargés des services d'évaluation et de traitement des délinquants sexuels autochtones évaluent également leur adhésion à la culture autochtone. On sait que les délinquants sexuels nient, atténuent, rationalisent, justifient et déforment fréquemment leur responsabilité personnelle et la gravité de leur comportement répréhensible. Ellerby croit les thérapeutes doivent donc être capables de se faire une idée et d'établir une différence entre les problèmes culturels et la manipulation.

Ellerby invoque également la difficulté d'intégrer les rites de guérison autochtones à la thérapie cognitive du comportement et au modèle de prévention de la rechute. Malheureusement trop de programmes se caractérisent par une approche trop radicale (Ellerby, 1994). À son avis, l'intégration des principes de guérison autochtones au traitement des délinquants sexuels est encore à l'étape de l'expérimentation.

Les méthodes traditionnelles de guérison autochtones sont très différentes des psychothérapies actuelles. Les premières sont orientées vers la spiritualité et la vie collective, les secondes, sur la science et l'individu. Les Autochtones semblent accorder la priorité à la communauté et au maintien de son équilibre (Brant, 1993). Le Dr Couture a affirmé que traiter le délit sexuel de façon isolée est moins efficace que de traiter la personne toute entière. Il s'agit là d'une méthode holistique de "vue universelle" qui vise une guérison globale (Frank, 1992). Pour traiter la personne dans son ensemble, il faut étudier toute sa problématique. Pour résoudre les problèmes sociaux et les crises qui secouent leurs collectivités, les Autochtones appliquent entre autres les cérémonies du cercle de guérison. Ces cérémonies créent un environnement chaleureux, positif et sûr dans lequel il est possible de "laver son linge sale en famille" au lieu de refouler les problèmes et de les laisser dégénérer (Shirley Bighead, Herald, 1er août 1995). Dans cet article, Connie Sampson décrit comment la nation crie de Sturgeon Lake a reconstruit son pavillon de ressourcement. Les Cris rétablissent leur esprit communautaire afin de résoudre leurs problèmes par des moyens traditionnels. Les cercles de guérison sont des groupes de thérapie auxquels toute personne qui veut régler un problème peut avoir recours. Mme Sampson explique que le pavillon occupe une place sacrée dans la spiritualité indienne.

Les pavillons de ressourcement et les cercles de guérison avaient été abolis après la signature du traité, à la fin du 19e siècle. Les Aînés avaient néanmoins conservé les enseignements et sont maintenant en mesure de guider les nations cries dans le rétablissement de moyens de guérison fondés sur la spiritualité indienne (Herald, 1er août 1995). Les Autochtones respectent leurs Aînés parce qu'ils ont traversé les difficultés de la vie en changeant et en s'adaptant. Plus sages et plus riches de leur expérience, on considère qu'ils sont en mesure de donner de bons conseils (Oates, 1988). Un Aîné cri, Joe Daniels, a déclaré que les pavillons de ressourcement servent à traiter les gens et leurs problèmes, leurs accoutumances et leur violence. Il a ajouté qu'ils pourraient également être utilisés pour réadapter les délinquants sexuels et tous les autres types de délinquants.

Comme l'a fait remarquer Lawrence Ellerby, les Autochtones ont recours aux rites de guérison pour faire face à leurs difficultés depuis des milliers d'années. Pour l'Organisation des clans autochtones, la première étape de l'intégration des rites de guérison traditionnels consiste à faire appel à des Aînés comme membres associés à l'équipe de la clinique. Les Aînés fournissent des renseignements sur la guérison autochtone, précisent les éléments qui peuvent être intégrés au traitement et donnent des directives concernant leur intégration au processus thérapeutique (Ellerby, 1994). La Forensic Behavioral Management Clinic offre actuellement, aux délinquants autochtones et non autochtones la possibilité de participer à la cérémonie du calumet, à la cérémonie de la suerie qui est suivie d'un festin, à la cérémonie de purification au foin d'odeur avant les séances de thérapie individuelle et de thérapie et à tenir une plume d'aigle lorsqu'ils révèlent leur passé et leurs antécédents criminels.

Même s'il est encore trop tôt pour déterminer si l'inclusion des rites de guérison aura un effet positif sur le nombre de délinquants autochtones qui terminent la thérapie et sur leur taux de récidive, la réaction des délinquants qui ont participé aux rites traditionnels de guérison porte à croire que l'Organisation des clans autochtones atteint ses objectifs, au moins dans la mesure où il témoigne du respect pour ces rites traditionnels, renforce le sentiment d'identité du délinquant et rend la thérapie plus significative pour les délinquants autochtones, ce qui est peut-être le plus important (Ellerby, 1994). Le Service correctionnel du Canada, région du Pacifique, signale que les délinquants sexuels autochtones acceptent et achèvent de la même façon que les non autochtones les programmes qui intègrent les éléments culturels et spirituels aux techniques régulières (Communication personnelle, 1996).

Violence et guérison dans les collectivités autochtones

Dans son document de 1995 intitulé "Le rôle de la guérison dans la justice autochtone", Mme McIvor soumet que la justice communautaire et familiale est peut-être en fait plus rigoureuse que l'incarcération. Il est peut-être plus intimidant pour un délinquant sexuel d'être confronté à sa victime et à sa famille que de se retrouver derrière les barreaux. D'après Mme McIvor, les programmes de lutte contre la violence familiale, contre l'alcoolisme et la toxicomanie et les programmes de traitement des délinquants sexuels ne peuvent être efficaces à eux seuls. La méthode holistique autochtone de guérison prend en compte la famille et la collectivité tout en acceptant la personne dans tous les éléments qui la composent - spirituels, mentaux, émotifs, physiques et psychologiques (McIvor, 1995). L'auteure affirme également que faire participer la communauté à la guérison équivaut à révéler la violence au grand jour. Cela met fin au silence et au climat de secret dans lesquels les victimes sont souvent isolées et entame le déni qui entourent généralement la violence familiale et les agressions sexuelles (Krawll, 1994).

Dans son document sur la violence familiale dans les collectivités autochtones (1992), Frank explique que les programmes de traitement imposés par les non-Autochtones ne suffisent pas aux Autochtones. Elle soumet que si les Autochtones ont le droit à leur autonomie gouvernementale, ils ont également le droit de régler leurs problèmes à leur façon. Elle démontre que les programmes destinés aux Autochtones ont peut-être été créés autant pour des raisons politiques que pour des motifs culturels. À son avis, il faut qu'un plus grand nombre d'Autochtones élaborent des méthodes, des systèmes et des solutions qui permettront de résoudre les problèmes. Même si les collectivités et les organisations se sont déjà engagées dans cette voie, il est encore nécessaire d'offrir des services de consultation et d'information qui correspondent à la réalité autochtone et sur lesquels le gouvernement n'ait pas la mainmise.

Dans un autre document intitulé Violence in aborigonal Communities, Emma D. Larocque fait valoir qu'en matière de sexe et de violence, l'instruction et l'éducation sexuelle sont peut-être nos meilleures sources d'espoir pour l'avenir. Elle indique qu'un des plus grands problèmes des foyers et des collectivités autochtones est l'absence d'une éducation sexuelle de qualité. Cette éducation ne doit pas porter seulement sur les aspects physiologiques de la sexualité, elle doit aussi promouvoir le respect de la personne (Larocque, 1994). En outre, l'auteure estime que l'ennui qui règne dans les collectivités autochtones est un problème grave auquel on n'accorde pas suffisamment d'attention. L'ennui peut donner le prétexte à la consommation d'alcool et de drogues, à des expériences sexuelles, à une conduite de voyou, à la violence et au suicide (Larocque, 1994). À son avis, les leaders communautaires doivent prendre toutes les mesures possibles pour fournir aux jeunes des activités de loisir de qualité. Quant aux services destinés plus particulièrement aux Autochtones, elle soumet que le personnel de tous les organismes autochtones et non autochtones chargés de traiter les problèmes de familles autochtones (personnel des hôpitaux, policiers, avocats, juges, travailleurs sociaux, thérapeutes, travailleurs des soins aux enfants, etc.) devraient être tenus de participer à des ateliers ou à des conférences sur la violence sexuelle. Mme Larocque estime que, dans ce cas également, c'est aux leaders de mettre en place de tels forums et que le gouvernement doit leur accorder les ressources dont ils ont besoin pour cela.