Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Délinquants sexuels autochtones : Allier la guérison spirituelle au traitement cognitivo-comportemental

Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

IV. PROGRAMMES DESTINES AUX DÉLINQUANTS SEXUELS

Dans les établissements correctionnels, les programmes destinés aux délinquants autochtones devraient prendre en compte les expériences et les besoins particuliers à leur clientèle. Ce qui est peut-être le plus frappant, c'est le nombre disproportionné d'Autochtones dans les établissements correctionnels provinciaux et fédéraux, et ce nombre semble aller toujours croissant. Les détenus autochtones ne forment pas un groupe homogène, mais, d'une façon générale, ils diffèrent des détenus non autochtones de par leurs attitudes, leurs valeurs, leur identité, leurs intérêts et leurs antécédents (Révision du droit correctionnel, 1988).

Les détenus autochtones sont peu portés à participer aux programmes généraux de réadaptation, mais leur participation est plus élevée dans les programmes destinés aux Autochtones (McPhail, 1988). Dans un document de travail de la Révision du droit correctionnel, on déclare que `'les détenus autochtones sont particulièrement défavorisés, que les peuples autochtones devraient participer plus étroitement à la planification et à la prestation des services correctionnels et que, dans certains cas. des services et des programmes spéciaux devraient être établis par et pour les détenus autochtones'' (McPhail, 1988). Le message était clair ; il a été entendu et intégré aux Normes et lignes directrices relatives à la prestation des services aux délinquants sexuels (1996), ainsi que dans les programmes décrits textuellement ci-après. On trouve également un aperçu de ces programmes dans l'ouvrage Programmes du SCC pour les délinquants sexuels (1995).

1. La clinique de la Macaza (LMC), Québec

La Clinique de La Macaza (CLM) apporte depuis septembre 1995 une attention particulière au traitement des délinquants sexuels d'origine autochtone en leur offrant la possibilité de participer à des cérémonies culturelles et spirituelles. Comme il s'agit d'une première étape, d'autres alternatives sont aussi suggérées afin de répondre le mieux possible à la volonté des services correctionnels canadiens d'offrir aux détenus autochtones un traitement qui soit davantage adapté à leur réalité.

Malgré des similarités entre la culture dominante et la culture autochtone sur les besoins de traitement, les méthodes thérapeutiques ou les types d'intervention quant à elles peuvent différer. C'est dans cette optique que se sont élaborées et les suggestions de modification au traitement actuellement offert et l'ajout de certaines composantes culturelles. Ce travail de réflexion s'appuie davantage sur l'intuition et la connaissance du milieu autochtone et thérapeutique que sur des fondements théoriques et des facteurs valides empiriquement et scientifiquement vérifiés.

Axe de développement thérapeutique

Tout au long du traitement, les participants sont appelés à suivre une série de modalités thérapeutiques. Pour chacune d'elles, nous avons regardé si leurs applications pouvaient aider les authochtones ou inversement constituter un irritant. En conséquence, il est suggéré dans un premier temps.

A) Que les thérapeutes puissent avoir une formation pendant laquelle on pourrait les sensibiliser à la culture authochtone, à ses différences et aux raisons de ses particularités.

OBJECTIFS POURSUIVIS:

  • accroître la compréhension et la sensibilité à l'égard des autochtones
  • mieux cerner les conditions intrapersonnelles, interpersonnelles et environnementales qui peuvent maintenir et renforcer la problématique
  • favoriser la compréhension des contingences sociales et communautaires en milieu autochtone
  • amener les thérapeutes à mieux saisir le pourquoi des modifications apportées au traitement
  • développer l'attention des thérapeutes à l'égard des distorsions cognitives spécifiques aux délinquants sexuels autochtones
  • amener les thérapeutes à considérer les influences socio-culturelles, les impacts du racisme, la confusion de l'identité culturelle dans l'histoire d'un individu

B) Que tous les détenus autochtones ayant accepté de participer au traitement puissent avoir accès au préalable à un Aîné.

OBJECTIFS POURSUIVIS:

  • créer des conditions favorables afin de réduire le plus possible les stresseurs
  • psychosociaux en cause (méfiance à l'égard du système, des thérapeutes,
  • des coparticipants allochtones)
  • permettre à un détenu de discuter de ses angoisses et de ses anxiétés avec
  • une personne de sa nation
  • permettre à un détenu de trouver un sens à la démarche qu'il s'apprête à faire
  • développer ou consolider son identité culturelle avec une personne qui
  • l'accueillera inconditionnellement
  • bien le préparer au traitement auquel il se soumettra favorisera une plus
  • grande collaboration de sa part

C) Qu'en cours de thérapie on puisse donner des exemples de jeux de rôles, de cognitions d'habiletés sociales, de compétences sociales qui soient davantage adaptés à la réalité autochtone.

OBJECTIFS POURSUIVIS:

  • s'assurer d'une meilleure collaboration du participant
  • lui permettre de pouvoir mieux s'identifier comme personne et comme délinquant sexuel
  • d'éviter la perception d'une absolue méconnaissance des thérapeutes à l'égard des autochtones

D) Qu'en cours de thérapie, on puisse permettre à un autochtone de rencontrer les membres significatifs de sa famille.

OBJECTIFS POURSUIVIS:

  • augmenter l'efficacité du traitement

Axe de développment culturel et spirituel

Les modalités thérapeutiques devraient être considérées comme faisant partie du traitement et n'en constituent pas les tout. A cet égard, le développement de composantes culturelles et spirituelles s'avère un complément intéressant pour augmenter l'efficacité de la thérapie.

En conséquence, il est suggéré:

A) De procéder à l'embauche d'un Aîné qui pourra conduire les cérémonies et faire du counseling individuel.

OBJECTIFS POURSUIVIS:

  • permettre aux détenus d'avoir accès à une personne en qui le lien de confiance peut rapidement se développer
  • respecter le désir des autochtones, souvent implicitement exprimé, de se confier à une seule personne
  • permettre des échanges à propos de leur culture
  • permettre aux détenus d'avoir des conseils culturels et spirituels favorisant ainsi une plus grande consolidation de leur identité culturelle

B) De maintenir et de développer les activités culturelles/spirituelles (cérémonies du foin d'odeur et maison de sudation).

OBJECTIFS POURSUIVIS:

  • permettre au détenu d'entreprendre une recherche de son identité favorisant du même coup son estime et son sentiment d'appartenance
  • favoriser les échanges culturels
  • offrir un lieu de partage et d'entraide additionnel
  • augmenter la crédibilité du traitement offert par la C.L.M.
  • accroître les impacts du traitement offert par la C.L.M.

C) Développer des critères relatifs à l'embauche d'un Aîné.

D) D'organiser une rencontre entre l'Aîné et l'équipe thérapeutique.

OBJECTIFS POURSUIVIS:

  • éviter que les messages culturels et spirituels viennent en contradiction avec ceux véhiculés par le traitement comme tel
  • accroître les connaissances de l'Aîné sur la dynamique des agresseurs sexuels
  • permettre à l'équipe thérapeutique de mieux connaître les enjeux des activités culturelles et les objectifs qu'elles poursuivent

En conclusion, le traitement conventionnel demeure fort utile mais d'y greffer des composantes culturelles peut davantage permettre une meilleure participation des détenus autochtones. Il ne s'agit pas ici de trouver le traitement magique ni de voir dans les composantes culturelles un substitut à tout traitement. Il s'agit en fait d'arrimer et le traitement et la culture dans la poursuite d'un objectif commun: prévenir la récidive et augmenter la qualité de vie des agresseurs sexuels.

2. Cercle holistique de guérison, Première Nation de Hollow Water, Manitoba

Le cercle holistique de guérison de la première nation de Hollow Water représente un effort concerté de la collectivité en vue de lutter contre les agressions sexuelles (Première nation de Hollow Water, 1991). Le processus qui a mené à cette initiative remonte à 1985. On a commencé par former un groupe-ressource, on a entrepris de sensibiliser et d'instruire la collectivité, puis on a organisé un programme de formation. La première nation s'est inspirée de la réussite de la collectivité d'Alkali Lake, où l'on est passé d'un taux d'alcoolisme d'à peu près 100 % à un taux de sobriété de 95 %. Des membres de la première nation ont été envoyés à Alkali Lake pour y être guéris et formés. De cette expérience est née une démarche holistique unique en treize étapes fondées sur des valeurs traditionnelles (Lajeunesse, 1993; Première nation de Hollow Water, 1991).

Le Cercle holistique de guérison communautaire (CHGC) vise à rétablir l'équilibre en habilitant les personnes, les familles et la communauté à traiter productivement et à guérir les problèmes d'agression sexuelle (Lajeunesse, 1993). La méthode est appliquée dans quatre collectivités du Manitoba : la première nation de Hollow Water, Seymourville, Manigotogan et Aghaming. Une équipe d'évaluation associée au système de droit pénal guide les activités.

3. Organisation des Clans Autochtones - Forensic Behavioural Management Clinic, Manitoba

Le programme de traitement communautaire offre trois niveaux de groupes de délinquants sexuels : un groupe dont le risque et les besoins sont de moyens à modérément élevés, un groupe pour les délinquants à risque et à besoins élevés et enfin un groupe de maintien pour les délinquants qui ont manifestement réalisé les gains nécessaires et exigés pour passer des séances de groupe hebdomadaires aux séances de groupe mensuelles. La plupart des détenus en libération conditionnelle participent à la fois aux séances individuelles et en groupe. Les délinquants qui ont une relation stable participent en couple. Si l'évaluation fait ressortir un profil de préférences sexuelles déviantes, les délinquants participent à des séances de modification de l'excitation sexuelle au laboratoire phallométrique de la clinique. Chaque groupe est continu et des personnes peuvent s'y joindre en tout temps. Cela permet de réduire les listes d'attente et d'offrir un niveau d'intervention correspondant au niveau de risque et de besoins précis de chaque délinquant.

Le programme de traitement englobe une large gamme de domaines visant à répondre aux besoins précis du délinquant et aussi à aborder des questions plus générales relativement au fonctionnement personnel qui contribue au cycle délictuel.

Des Aînés font également partie de l'équipe clinique. Ils offrent des rites de guérison et fournissent des directives sur la façon d'intégrer les rites de guérison traditionnels aux méthodes conventionnelles de traitement des délinquants sexuels. Comme on l'a mentionné, on a intégré aux méthodes cognitives du comportement des éléments comme les cérémonies du calumet, de la suerie et de la purification, ainsi que le port de la plume d'aigle durant les confessions.

4. Organisation des Clans Autochtones - Stony Mountain, Rockwood, Manitoba

Ce modèle de traitement faisant appel à l'intégration des services entre les établissements de Stony Mountain et de Rockwood tente également d'intégrer les services de libération conditionnelle, afin de rehausser le niveau de soutien pour le traitement des délinquants et la gestion du risque dans la collectivité. Avant qu'un détenu soit libéré dans la collectivité, le bureau de libération conditionnelle et le centre correctionnel communautaire se voient remettre de l'information sur les cycles délictuels et les facteurs de risque du délinquant, pour les aider dans leur tâche de surveillance, de contrôle et de soutien du délinquant. Cela permet une plus grande cohérence entre les volets surveillance et traitement et aide les agents de libération conditionnelle à contrôler les facteurs qui sont pertinents aux risques des détenus en libération conditionnelle, au lieu de contrôler l'ensemble de leur fonctionnement. Une fois que le délinquant est libéré, le programme de traitement communautaire de la clinique maintient le contact avec les surveillants de la libération conditionnelle du délinquant et le centre correctionnel communautaire, encore une fois dans un effort pour intégrer les systèmes et contribuer à gérer le risque.

Le programme offre la possibilité autant aux Autochtones qu'aux non-Autochtones de participer, dans le cadre de leur traitement, à des cérémonies de guérison autochtones et d'avoir accès aux Aînés autochtones.

Les programmes sont structurés de manière à se faire en continu, avec de nouveaux participants qui arrivent constamment. Cela permet de réduire les listes d'attente et d'offrir un niveau de traitement (intensité et durée) correspondant au niveau précis de risque et de besoin de chaque délinquant. Cette méthode marie elle aussi l'intervention cognitive du comportement et la guérison spirituelle.

5. Établissement de Stony Mountain, Manitoba

L'établissement de Stony Mountain dispense actuellement deux principaux traitements destinés aux délinquants sexuels. Les détenus faisant partie de la population carcérale générale peuvent obtenir de counseling individuel et travaillent également au manuel de prévention des rechutes pour délinquants sexuels, avec le soutien et l'aide d'un thérapeute. Quant aux détenus à risque et besoins élevés et à problèmes multiples placés en isolement préventif, ils participent à un groupe ouvert et continu pour délinquants sexuels. Ils peuvent également recevoir un peu de counseling individuel.

Le traitement dispensé par la Forensic Behavioural Management Clinic est cognitif; la clinique a cherché à adopter une approche éclectique face au traitement des délinquants sexuels et utilise les modèles qui conviennent le mieux aux clients particuliers qu'on y traite.

Le programme contient également certains éléments particuliers à la culture autochtone et des Aînés participent au processus de guérison.

Le personnel de la clinique a acquis la conviction que le moyen le plus efficace d'aider les clients à internaliser la compréhension immédiate qu'ils acquièrent pendant le traitement, c'est d'appliquer une démarche beaucoup plus pratique que didactique.

La clinique ne perçoit pas les infractions sexuelles comme une accoutumance ou une maladie. Si le modèle de prévention des rechutes, qui est dérivé des travaux portant sur les toxicomanes, est un modèle de traitement primaire, les délinquants ne sont pas perçus comme incapables de maîtriser leurs pensées, fantasmes, excitations et comportements déviants. Il leur incombe d'accepter la responsabilité de leurs actes et d'acquérir la compréhension et les habiletés voulues pour composer avec leurs pensées et comportements déviants. De plus, la clinique n'applique pas un modèle médical consistant à appliquer un traitement censé entraîner la guérison. Les délinquants doivent gérer leur facteur de risque en permanence. Tout échec accroît le risque de chute ou de rechute.

Objectifs du traitement:

  • Accepter la responsabilité des actes criminels (dévoilement des antécédents délictuels).)
  • Comprendre le cycle délictuel (affect, fantasme déviant, distorsions, planification, passage à l'acte).)
  • Remettre en question le déni, la minimisation, les distorsions cognitives.)
  • Gérer et modifier les fantasmes sexuels inappropriés.)
  • Modifier les tendances d'excitation sexuelle déviantes.)
  • Prendre conscience des conséquences que subissent les victimes d'agression sexuelle.)
  • Faire naître l'empathie.)
  • Prendre conscience des facteurs qui contribuent aux infractions (affectifs, cognitifs, behavioraux et situationnels).)
  • Acquérir des habiletés d'adaptation fonctionnelle : résolution de problèmes, communications, habiletés sociales, reconnaissance des émotions, maîtrise de la colère, cours d'affirmation de soi, gestion des cognitions, habiletés dans les relations, renforcement de l'identité.)
  • Composer avec la victimisation personnelle.)
  • Discuter des questions relatives au milieu familial et social.)
  • Discussion d'une saine sexualité.)
  • Les attitudes envers les femmes.)
  • Prévention des rechutes.)
  • élaboration d'un cycle délictuel et d'un plan de contrôle pour aider le délinquant à comprendre et à gérer le risque et aussi pour aider la gestion des cas et ultérieurement la surveillance de libération conditionnelle.

6. Description du programme de traitement pour délinquants sexuels autochtones de Clearwater, Saskatchewan

Quarante délinquants ont déjà suivi le programme de traitement pour délinquants sexuels autochtones de Clearwater. On n'a enregistré aucun abandon, bien que le niveau de participation ait varié. Le programme a été donné par une équipe de traitement multidisciplinaire et s'est inscrit dans un service global.

Le guérisseur et son aide faisaient partie de l'équipe de traitement. Le programme pour délinquants sexuels autochtones ne constituait donc pas vraiment une intervention distincte; il faut plutôt souligner la collaboration étroite entre le guérisseur et les autres membres de l'équipe de traitement.

La rétroaction reçue du personnel de gestion des cas laisse penser que la participation autochtone est précieuse pour la planification correctionnelle. Grâce à la présence du guérisseur au sein de l'équipe multidisciplinaire, on a disposé de renseignements sur les progrès accomplis par les délinquants. La prise de décisions par les responsables de la gestion des cas s'en est trouvée facilitée.

Le programme a donné des résultats très positifs dans certains cas. Par exemple, le guérisseur a travaillé avec un délinquant et avec sa collectivité d'origine afin de faciliter le retour du délinquant dans cette collectivité. Le guérisseur a accompagné l'intéressé lorsqu'il y est allé pour assister à une danse du soleil, dans le cadre d'une PSAE, et celui-ci a fini par regagner sa collectivité après avoir été mis en liberté sous condition. Il est peu probable que cette libération aurait pu avoir lieu sans l'intervention du guérisseur.

Nous travaillons actuellement, avec un entrepreneur, à l'élaboration d'une stratégie d'évaluation qui pourra, espérons-nous, être employée dans d'autres établissements. Au total, notre expérience de collaboration avec le guérisseur a été encourageante et il nous semble que ce genre d'initiative est à retenir.

CÉRÉMONIE DE LA SUERIE

BUT

- Favoriser la spiritualité autochtone par la guérison holistique.

- Durant le séjour dans l'étuve, amener les délinquants à avouer leurs infractions sexuelles.

OBJECTIFS

- Purifier, guérir, permettre à la personne qui a eu un mauvais comportement et qui a commis des infractions d'en obtenir le pardon.

- Permettre une renaissance, une régénération.

- S'attaquer à la honte et au remords dans un environnement où la guérison de l'être sous tous ses aspects - spirituel, moral, physique, émotif - est l'objet principal.

- Faire renaître et promouvoir l'honneur et le respect.

DESCRIPTION

Il s'agit d'une cérémonie sacrée tenue dans une étuve, sous la conduite de l'Aîné/guérisseur, qui permet aux participants de se purifier et de guérir. Cette cérémonie permet en particulier aux délinquants sexuels autochtones de faire face à leur comportement sexuel. L'Aîné/guérisseur donne un enseignement quant à la manière de guérir de ce type de comportement.

CÉRÉMONIE DE GUÉRISON WHOOSPAGAN

BUT

- Fournir aux participants un enseignement spirituel, rituel et culturel.

- Favoriser le développement d'un sentiment d'identité autochtone qui fait défaut à beaucoup de délinquants.

OBJECTIFS

- Promouvoir une activité culturelle, cérémonielle et spirituelle qui développera chez les délinquants un sentiment d'appartenance à la société (autochtone/non autochtone).

- Encourager les participants à adopter une philosophie, des valeurs et des croyances qui favoriseront un changement de leur comportement et de leurs attitudes.

- Amener les participants à appliquer les enseignements reçus dans leur vie en général.

DESCRIPTION

Une cérémonie du cercle sacré se tient au centre culturel une fois par semaine, durant deux heures et demie.

COUNSELING INDIVIDUEL

BUT

- Favoriser un changement dans les attitudes et le comportement par l'adhésion à des valeurs culturelles et spirituelles.

OBJECTIFS

- Cerner les « besoins » particuliers de chaque délinquant.

- Renforcer l'enseignement traditionnel/culturel et spirituel.

- Aider les patients à adopter un genre de vie plus sain, holistique, fondé sur de bonnes valeurs et de bonnes croyances

- Nouer une relation ayant une incidence positive et aider le délinquant à établir un plan pendant son séjour au CPR.

DESCRIPTION

Les séances et les entrevues ont lieu dans l'unité, au centre culturel ou à l'extérieur, dans le tipi. Elles consistent en une ou deux longues périodes.

SOUTIEN RELATIF AU CHAGRIN

BUT

Coordonner et faciliter la guérison holistique des patients autochtones du CPR.

OBJECTIFS

À court terme

- Offrir une aide aux délinquants qui éprouvent une instabilité émotionnelle causée par le chagrin et un traumatisme.

- Permettre aux délinquants d'apprendre à faire face à la perte et aux changements.

- Permettre aux délinquants de neutraliser leur conflit personnel interne et de retrouver la santé physique, psychologique et émotive.

À long terme

- Permettre aux patients, après leur mise en liberté, de poursuivre le processus de guérison holistique avec l'aide d'Aînés et en participant à des cérémonies spirituelles dans la collectivité. Ces activités, combinées à du counseling familial, aideront à neutraliser le cycle continu de la violence.

DESCRIPTION

Aider les patients souffrant de traumatismes causés par un conflit familial/la violence familiale, un divorce, un décès, le séjour dans un pensionnat ou un foyer d'accueil, la consommation d'intoxicants, l'agression sexuelle et une perte générale de leur identité culturelle.

FRATERNITÉ AUTOCHTONE

BUT

- En leur faisant prendre conscience de leur identité culturelle par la participation à des activités culturelles et sociales traditionnelles, aider les patients à s'insérer dans la collectivité.

OBJECTIF

- Travailler en collaboration avec les Aînés/guérisseurs, l'administration, les organisations communautaires et les bénévoles.

DESCRIPTION

- La Fraternité autochtone est un groupe d'entraide entre patients, dirigé par un conseil élu qui offre une orientation et des conseils aux membres. Le groupe dans son ensemble détermine les besoins en programmes pour Autochtones et participe à la planification des danses en rond, des pow-wows ludiques, des activités d'artisanat, des événements sportifs, etc. Il se gouverne selon un modèle traditionnel, guidé par les Aînés/guérisseurs.

TAMBOURS, CHANTS, DANSES

BUT

- Utiliser la valeur d'enseignement et de thérapie des chants, des tambours et des danses.

- Renforcer l'enseignement culturel/traditionnel.

- Permettre de participer à des activités culturelles et sociales positives s'insérant dans la vie en établissement ou en dehors de celle-ci.

OBJECTIFS

- Développer l'estime de soi et la fierté personnelle chez les participants.

- Renforcer un mode de pensée, des attitudes, un comportement positifs.

- Faire en sorte qu'un groupe de tambours soit en place pour représenter l'établissement au cours de nos événements sociaux et culturels.

DESCRIPTION

Une répétition se tient une fois par semaine au centre culturel. Un gardien du tambour est désigné et on lui enseigne la façon de prendre soin du tambour sacré.

QUESTIONS POSANT PROBLÈME

1) JEÛNE (difficultés)

Lorsqu'un délinquant jeûne dans sa cellule, il se heurte à plusieurs difficultés :

  • pollution sonore;
  • insultes d'autres patients qui passent par là;
  • tentation de rompre le jeûne à la vue de la nourriture présente dans l'unité;
  • difficulté de se concentrer;
  • ingérences inattendues, intrusion d'autres patients;
  • présence de femmes menstruées à proximité de la cellule;
  • plaintes suscitées par les pratiques de purification.

2) Idéalement, le jeûne devrait avoir lieu durant une PSSE ou, si le délinquant se trouve au CPR, en dehors de l'unité, dans les huttes construites par le guérisseur dans l'aire de suerie. Il pourrait aussi prendre place dans une construction permanente édifiée à cette fin, ce qui permettrait de résoudre la plupart des difficultés.

LE JEÛNE, CÉRÉMONIE SACRÉE

BUT

  • Participer à une cérémonie qui donne à la personne le droit de passage et la prépare à une guérison spirituelle holistique et à un mode de vie meilleur.
  • Occasion de méditation, de sacrifice et d'action en vue de répondre à ses besoins personnels sur la voie de la guérison. évaluer sa vie afin de se purifier des attributs de la négativité.

OBJECTIFS

  • Prévenir et éliminer les modes de pensée et les comportements négatifs.
  • Permettre au participant d'acquérir une attitude positive, le sens des responsabilités, un sentiment de paix et un mode de vie plus équilibré.

DESCRIPTION

Activité actuellement menée dans l'unité, dans la cellule du participant, sous la direction et avec le soutien moral de l'Aîné/guérisseur. Durant les mois d'été, elle prendra place à l'extérieur, près de l'étuve et du tipi.

En outre, l'Aîné/guérisseur participe chaque jour aux activités suivantes dans l'unité :

1) Visites - aux niveaux supérieur et inférieur de l'unité

2) Programmes de base - Traitement des délinquants sexuels;

3) Programmes supplémentaires

  • Maîtrise de la colère
  • Violence familiale
  • Valeurs et attitudes
  • Aptitudes cognitives
  • Empathie
  • Relations;

4) Règlement de conflits entre détenus;

5) Consultation sur la gestion de cas;

6) Formation du personnel - aspects culturels;

7) PSAE, PSSE - aspects culturels;

8) Surveillance de patients;

9) Intervention directe et stratégie visant à faire en sorte que les patients autochtones suivent intégralement les programmes de base;

10) Aide aux audiences de la CNLC, en offrant un soutien moral aux délinquants.

7. Programme intensif pour les délinquants sexuels autochtones - établissement Bowden, Alberta

Région : Prairies

établissement/Bureau de district ou sectoriel/CCC : établissement de Bowden

Titre du programme : Programme de guérison des Autochtones

Description du programme : Programme à caractère holistique pour délinquants sexuels devant reprendre le traitement; il porte sur les quatre grands aspects de la vie suivant le Cercle d'influences, à savoir physique, mental, émotionnel et spirituel. Le programme consiste en une combinaison d'éléments des programmes de base; des services sont fournis par un Aîné, qui s'occupe des volets spiritualité et culture. On est conscient que ce dernier ne pourra être familier avec toutes les pratiques culturelles et spirituelles de chaque participant.

Précisez si le programme est mené conjointement avec la CNLC : Non, mais nous aimerions que la CNLC soit informée en détail du programme. Nous nous ferions un plaisir de donner des ateliers.

Méthode d'intervention : Thérapies de groupe, avec séances individuelles à l'occasion.

Prestataires des services : Aîné, SCC.

Antécédents des prestataires de services : L'Aîné, qui est reconnu comme tel dans la collectivité, est en mesure de transmettre des enseignements sur les plans culturel et spirituel. Il peut travailler suivant le modèle de partenariat.

Animateur - a suivi une formation le préparant à travailler auprès des délinquants sexuels (Justice Institute of B.C.).

Les autres co-animateurs auxquels on fait appel occasionnellement possèdent une vaste expérience auprès des délinquants sexuels.

Nombre de séances par semaine

Huit séances sur quatre jours : de 8 h à 11 h 30 et de 13 h à 15 h 30.

Capacité par séance : Douze, au maximum.

Durée totale du programme : Le programme se donne de 8 h 15 à 11 h et de 13 h à 15 h, quatre jours par semaine, durant 12 semaines. Les deux premiers programmes étaient d'une durée de 14 semaines.

Groupes visés : Principalement, mais pas exclusivement, les Indiens, les Métis et les Inuits de sexe masculin qui ont commis une infraction sexuelle.

Exclusions : Personnes souffrant d'une déficience intellectuelle ou d'une maladie mentale ou ayant montré une incapacité de participer à un processus de groupe. Celles qui rejettent catégoriquement la spiritualité autochtone.

Méthode d'évaluation des participants : Désir de changer, conduite témoignant de ce désir, volonté de prendre part au processus de groupe.

Résultats attendus du programme

1) les délinquants discuteront de leurs infractions sexuelles;

2) les délinquants ne rejetteront pas sur les autres la responsabilité de leur infraction;

3) les délinquants seront capables de reconnaître leurs sentiments de victimisation;

4) les délinquants seront en mesure de reconnaître les sentiments que leur victime a probablement ressentis;

5) les délinquants seront capables de discuter de certaines émotions et attitudes qui déclenchent les infractions sexuelles;

6) les délinquants discuteront des situations et des états émotifs qui doivent être considérés comme des signes avant-coureurs dans le futur, et des mesures à prendre pour changer ces situations;

7) les délinquants seront invités à discuter librement de leurs fantasmes sexuels et de leurs schèmes de masturbation.

Suivi après le programme : Environ six mois après la fin du programme, on soumettra à nouveau les participants au questionnaire d'évaluation préalable et postérieure.

Deux modules de suivi formel sont en voie d'élaboration :

1) Modèle de maintien des acquis chez les délinquants sexuels (programme);

2) Module de préparation à la vie dans la collectivité.

Jusqu'à maintenant, un suivi officieux a été effectué dans les cas où le détenu demandait à s'entretenir avec l'Aîné, l'animateur, ou les deux.

Méthode d'évaluation du programme : Deux questionnaires d'évaluation des connaissances (avant et après le programme). Test culturellement équitable - la grille de Kelly. Entrevue individuelle postérieure au programme au cours de laquelle on demande au participant de répondre à des questions comme celles-ci : « décrivez votre cycle d'infraction; que pourrait ressentir votre victime ou comment pourrait-elle être affectée? décrivez votre plan de prévention de la rechute ».

Date de début du programme : Le 3 septembre 1996

Délinquants dirigés vers des programmes offerts dans la collectivité

Nombre de programmes achevés en 1996-1997 : Deux

Nombre d'achèvements visés en 1997-1998 : Trois

Hypothèses : On fera appel à des personnes-ressources de l'extérieur (c.-à-d. des guérisseurs).

8. Programme intensif pour les délinquants sexuels autochtones - établissement Mountain (1997)

BUTS DU TRAITEMENT

Ce programme intensif pour les délinquants sexuels autochtones est basé sur le modèle holistique dans le cadre duquel les participants vont acquérir et perfectionner les compétences voulues pour maintenir une vie sexuelle saine sans commettre d'infraction, sous les directives de praticiens du système correctionnel et d'un conseiller spirituel autochtone. La culture et la spiritualité autochtones formeront la base du fonctionnement du programme et la guérison spirituelle sera l'avantage ultime obtenu.

Il incombe à l'individu d'apprendre. Les délinquants doivent être motivés et avoir une idée de leurs propres objectifs. Ils doivent assumer la responsabilité de leurs infractions.

Les délinquants devront participer aux volets culturel et spirituel du programme.

OBJECTIFS DU PROGRAMME

  • Fournir un environnement sûr et propre à la guérison qui aidera le participant à identifier et corriger ses comportements dysfonctionnels.
  • Aider les délinquants à perfectionner les compétences voulues pour reconnaître les modes de comportement et de pensée déviants.
  • Aider les délinquants à mieux comprendre les comportements déviants et dysfonctionnels.
  • Aider les délinquants à pouvoir mieux identifier les situations et les facteurs à risque élevé.
  • Aider les délinquants à comprendre et à établir leur propre cycle de comportement.
  • Aider les délinquants à établir un Programme de prévention des rechutes (Programme de suivi personnel).
  • Identifier les délinquants qui ont besoin de participer à davantage de programmes pour parvenir à une meilleure intégration communautaire.

CRITÈRES D'ADMISSION

Le candidat devra respecter les conditions suivantes :

  • Assumer la responsabilité de ses infractions sexuelles et être prêt à discuter de tous les éléments de son cycle de comportement violent.
  • Demander à être traité et montrer qu'il est motivé à changer.
  • Être en mesure de comprendre le travail écrit et de le faire, en gardant à l'esprit qu'on aura recours au service d'un moniteur et qu'on discutera chaque semaine pendant deux heures de ce que qu'on s'attend à ce que le participant fasse en dehors du cours durant chaque semaine à venir. Il faut tenir compte du fait que l'anglais est souvent la langue seconde et ainsi, les intéressés auront peut-être besoin de plus d'aide que les membres de la population en général.
  • Avoir dans son dossier une évaluation psychologique complète.
  • Être bien décidé à suivre le programme à temps plein sans être gêné en cela par la participation à des poursuites judiciaires, des permissions de sortir ou l'affectation à d'autres tâches, par exemple. Chaque participant va, cependant, élaborer un PLAN DE MIEUX-ÊTRE qu'on l'encouragera à suivre.
  • Avoir préférablement suivi le Programme de développement des aptitudes cognitives et d'autres programmes prévus dans son Plan correctionnel.

MéTHODE SUIVIE POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS DU TRAITEMENT

Le Programme sera offert par un conseiller spirituel de sexe masculin, un sexothérapeute de sexe masculin qui est compétent et a l'expérience des délinquants sexuels, et une praticienne du système correctionnel qui est spécialement formée pour offrir des traitements aux délinquants sexuels autochtones. Les trois animateurs seront considérés comme des membres égaux de l'équipe de traitement.

Chose plus importante, le Programme de traitement des délinquants sexuels autochtones sera basé sur une notion culturelle et spirituelle et une guérison spirituelle est perçue comme la pierre angulaire de ce programme. Fondamentalement, le programme dans son ensemble sera considéré comme une cérémonie de puberté dans le cadre de laquelle on marquera le fait que les participants qui terminent le programme sont devenus des hommes. Il faut noter que les modules éducatifs font partie intégrante du processus d'apprentissage et de guérison.

Les animateurs remettront à chaque participant ce qui suit :

  • Une tasse spéciale (faite préférablement d'un métal provenant de la Terre mère) qu'il utilisera chaque matin pour la cérémonie de l'eau.
  • Du tabac. En acceptant le tabac, il s'engagera à faire preuve d'honnêteté et à terminer le programme.
  • Un imprimé.
  • Une chandelle blanche qu'on utilisera durant la prière.

Chaque journée commencera et se terminera par une cérémonie ou une prière dirigée par le conseiller spirituel. On pourra faire une prière spéciale parfois, par exemple pour marquer un décès dans la famille ou célébrer l'anniversaire d'un participant. Les participants assisteront toutes les deux semaines à une cérémonie de la suerie qui leur sera destinée exclusivement.

On demandera à des Aînés de venir transmettre leur enseignement à certaines périodes tout au cours du programme. Par exemple, dans le cadre du module sur la sexualité et les relations humaines, une Aînée sera invitée à venir enseigner sur ces questions. Un Aîné spécialisé dans le chagrin et la honte transmis de génération en génération enseignera pendant deux jours sur cette question. Une personne ressource autochtone de l'extérieur animera un atelier d'une journée complète sur les effets des pensionnats. Enfin, un autre Aîné qui a été incarcéré dans le passé passera l'après-midi à raconter l'histoire de sa vie. Il sera considéré comme un bon modèle.

Au milieu du programme, on servira un repas pour marquer le travail et les progrès réalisés jusque là . La cérémonie de fin de programme sera une fête importante. Des personnes-clés pour les délinquants (jusqu'à deux personnes pour chacun) seront invitées à célébrer l'événement. Des représentants du Service correctionnel Canada seront invités à se joindre aux célébrations. On demandera à chaque participant de parler de son expérience et de ce qu'il a appris. Le certificat de réussite sera emballé dans du cuir et remis à chaque diplômé. Du point de vue autochtone, nous devons célébrer l'être humain et nos réalisations, tout en reconnaissant que tout au cours de notre vie, nous devrons corriger nos lacunes et nos dysfonctions.

Le programme offrira des modules instructifs, notamment : Erreurs de pensée et restructuration cognitive, Thérapie émotive et rationnelle, Sexualité et relations humaines, Cycle de comportement et Planification de la prévention des rechutes.

Voici un aperçu du Programme de traitement des délinquants sexuels autochtones offert à l'établissement Mountain.

GROUPE DE GUÉRISON, DE RÉFLECTION ET D'INTÉRIORISATION

Il s'agit d'un groupe libre de ses actions dont les animateurs dirigeront le processus. On considérera qu'il ne s'agit ni d'un groupe de psychothérapie ni d'un cercle sacré de la parole ou de la guérison. Contrairement à ce qui se fait dans le cadre des véritables cercles sacrés de la parole et de la guérison, on confrontera les participants et on les ramènera dans la bonne voie au besoin. On va les encourager à examiner leurs attitudes, leurs pensées et leurs comportements. Les animateurs utiliseront une combinaison de techniques encourageant la cohésion du groupe et la participation. De plus, on s'attaquera aux problèmes et on confrontera les participants qui nient leur responsabilités, lorsque le besoin s'en fait sentir.

Ce groupe commencera par une CéRéMONIE DE L'EAU, dans le cadre de laquelle les participants boiront de l'eau de source pure dans une tasse spéciale, alors que l'Aîné, le conseiller spirituel, enseignera les SEPT RÈGLES SACRéES DE LA VIE. Cette cérémonie vise à favoriser le développement des racines de la bonté dans chaque personne. Certains jours, on peut alterner l'enseignement avec la PRIÈRE. Cette cérémonie prendra quelques minutes. On pourra également faire une prière spéciale à ce stade-là, par exemple, pour honorer la mort d'un membre de la famille ou célébrer l'anniversaire d'un membre du groupe, etc.

En participant pleinement au processus du groupe, les intéressés auront l'occasion d'explorer leurs propres sentiments, leurs pensées et leurs comportements déviants. Ils pourront s'identifier à d'autres pensées, sentiments et comportements et donner leur point de vue pour aider les autres participants et eux-mêmes à changer. Tout au cours du processus, on maintiendra un milieu favorable et sûr.

Le groupe respectera un horaire très strict, en commençant à 8 h 30 et finissant à 10 h 30, du lundi au jeudi.

Toutes les trois semaines, la matinée sera consacrée à un groupe d'examen, où les animateurs et les membres du groupe offriront de la rétroaction à chaque membre du groupe. Les animateurs encourageront les participants à offrir une rétroaction positive sur la façon dont ils voient leurs camarades progresser ainsi que des critiques constructives sur les points sur lesquels, selon eux, leurs camarades devraient déployer des efforts plus soutenus.

MODULE AUTOBIOGRAPHIQUE

Chaque participant établira un génogramme et une autobiographie qu'il présentera verbalement.

Les participants devront inclure dans leur génogramme autant d'ancêtres qu'ils peuvent se rappeler jusqu'à un maximum de cinq générations. En utilisant des marqueurs de différentes couleurs, ils préciseront pour chaque personne figurant sur le génogramme :

  • si elle a été victime d'abus sexuels;
  • si elle a souffert d'alcoolisme, de haine de soi culturelle, de dépression, de pauvreté ou de violence familiale;
  • si elle est passée par le système des pensionnats;
  • etc.

En utilisant le génogramme, les participants peuvent d'un seul coup d'oeil voir quels traumatismes ou dysfonctions se répètent de génération en génération et en les identifiant ainsi, ils pourront ensuite commencer à se comprendre eux-mêmes et à briser les cycles.

L'autobiographie renfermera un résumé de l'enfance du participant, de ses expériences scolaires, de son développement sexuel et de ses expériences sexuelles, de ses expériences à l'adolescence et à l'âge adulte et de son comportement criminel. Le délinquant faisant l'exposé invitera un ou deux membres du groupe à se lever en même temps que lui pendant son exposé. L'objectif visé est de montrer que les autochtones n'ont pas besoin d'être seuls. Cet exercice lancera le processus destiné à montrer que nous pouvons nous appuyer mutuellement et demander de l'appui et de l'aide au besoin.

L'autobiographie servira deux objectifs. Elle donnera aux membres du groupe et aux animateurs la possibilité de connaître les autres participants et permettra au délinquant qui fait l'exposé de prendre un risque, en parlant de lui-même dans un milieu sûr, tout en faisant face aux événements et aux traumatismes de sa vie. Grâce à ce processus, les intéressés commenceront à voir que des Autochtones ont eu des expériences semblables et ont entrepris le processus de guérison.

ERREURS DE PENSéE ET MODULE DE RESTRUCTURATION COGNITIVE

Il s'agit d'un module éducatif dans lequel les animateurs enseigneront aux participants à identifier et à étiqueter leurs erreurs de pensée. En fonction du fait que toutes les personnes, qu'elles soient responsables ou non, ont certains schémas de pensée, on encouragera chaque personne à examiner son propre mode de pensée.

Pour modifier leur mode de pensée déviant, il faut supprimer cette façon de penser et la remplacer par un mode de pensée plus approprié. Les participants tiendront un journal dans lequel ils feront quatre inscriptions par jour. En utilisant ce journal, ils seront en mesure d'identifier leurs erreurs de pensée, de les étiqueter et de les restructurer.

Total des heures : 18

MODULE DE THéRAPIE éMOTIVE ET RATIONNELLE

Il sera inclus et incorporé dans le module « Erreurs de pensée », et on ajoutera à cela six après-midi durant lesquels on enseignera les principes de la thérapie émotive et rationnelle et on en discutera. Dans le cadre de ce module, on enseignera les fondements des troubles émotifs et la façon de surmonter ses propres troubles émotifs. Ce module a une importance particulière étant donné que les Autochtones subissent les effets de la honte, des traumatismes et de la douleur transmis de génération en génération, ainsi que d'une histoire très confuse.

Total des heures : 12 heures

SEXUALITÉ ET RELATIONS HUMAINES

Ce module est conçu pour aider le participant à relever des modes de pensée, des comportements et des rapports avec d'autres êtres humains, qui sont malsains et irrespectueux. Une Aînée sera présente dans le groupe tout au cours du module pour enseigner le caractère sacré du corps humain, ainsi que la question des limites à ne pas dépasser. Dans le cadre de ce module, on touchera aux domaines suivants :

  • l'éducation sexuelle, y compris des renseignements précis sur la physiologie et l'anatomie de base, les MTS et les contraceptifs;
  • les compétences nécessaires pour prendre des décisions responsables en ce qui concerne les relations sexuelles et la planification familiale;
  • la compréhension du développement de la sexualité individuelle, y compris les comportements déviants et leur propre victimisation sur le plan sexuel;
  • la compréhension des relations passées et présentes, ainsi que des différences entre des relations saines et des relations malsaines.

Total des heures : 18

CYCLE DE COMPORTEMENT

1) Pour que les délinquants puissent identifier un cycle répétitif sur les plans de la pensée, des émotions et des comportements qui a conduit à des comportements délinquants ou violents, on aura recours à ce qui suit :

  • un exposé détaillé par les animateurs pour renseigner les participants sur les cycles qu'ils ont développés;
  • un exposé détaillé par écrit et oralement sur son cycle de comportement que l'individu fait au groupe pour préciser ses propres sentiments et comportements qu'on retrouvait avant, pendant et après chaque infraction;
  • des travaux écrits dans les cahiers d'exercices de Freeman-Longo et Laren Bays Who Am I and Why Am I In Treatment? (Qui suis-je et pourquoi suis-je en traitement?), Why Did I Do it Again? (Pourquoi ai-je fait cela encore?) et How Can I Stop? (Comment puis-je arrêter?).

2) Dans la deuxième partie de l'exercice, le participant signalera ses interventions et moyens de dissuasion appropriés qui vont permettre de briser le cycle déviant.

3) Le délinquant devra faire part de son cycle de comportement à son groupe de soutien, ainsi qu'à son agent de libération conditionnelle, son agent de probation et son responsable du programme communautaire, c'est-à-dire le travailleur social de la bande ou celui qui offre le programme.

Total des heures : 30

EMPATHIE AVEC LA VICTIME

Ce module mettra l'accent sur la nécessité de sensibiliser davantage l'individu aux effets de ses comportements délinquants sur les victimes. Pour aider le délinquant à comprendre les sentiments de sa victime (à court et à long termes) et à développer une certaine empathie, on utilisera les exercices suivants :

a) Pratiquement dès le début du programme, on demandera au délinquant d'écrire à ses victimes une lettre qui sera scellée et mise de côté aux fins de critique plus tard. Dans le cadre du module « Empathie avec la victime », le délinquant lira sa lettre et on lui demandera de la critiquer lui-même. Il pourra également profiter de la rétroaction des animateurs et des autres participants.

b) On passera une série de vidéos sur l'empathie avec la victime et on en discutera.

c) Durant une séance de trois heures, un groupe de deux ou trois victimes (qui sont rétablies et qui peuvent et veulent faire face aux délinquants) se joindront au cercle et raconteront leur histoire.

d) Enfin, chaque délinquant participera à des jeux de rôles dans le cadre desquels il jouera le rôle de la victime et un autre participant deviendra la personne à laquelle il se confie. Il sera guidé par les animateurs et les autres membres du groupe.

e) On utilisera le cahier d'exercice Empathy and Compassion (Empathie et compassion) de Freeman-Longo et Bays pour compléter ce module.

Total des heures : 48

SUCCÈS - RéSULTATS

En fait, il est impossible de déterminer le succès du programme. Cependant, on observera le comportement quotidien du délinquant. On surveillera ses inscriptions quotidiennes dans son journal. Comme il s'agit d'un programme basé sur la culture et la spiritualité des Autochtones, on mettra l'accent sur la guérison, sur la croissance personnelle et sur la sensibilisation. À l'instar d'un alcoolique ou d'un drogué, le délinquant sexuel doit suivre un programme de prévention des rechutes le reste de sa vie.

De plus, on discutera du dédommagement et on encouragera les délinquants à dédommager leurs victimes lorsque, ce faisant, cela ne traumatisera pas davantage les victimes. Ils pourront le faire grâce à un don, un potlatch, une séance d'humiliation ou tout autre moyen qu'exige la tradition de leur peuple. Cependant, cela ne fera pas partie du programme, mais sera une chose que le délinquant pourra envisager à une date ultérieure. Cela n'est peut-être pas une considération importante pour la société en général, mais dans la communauté autochtone, où les familles sont étroitement liées et où les délinquants vont probablement retourner, beaucoup de travail reste à faire dans ce domaine.

ÉVALUATION

Le délinquant accepte de subir toute une batterie de tests psychologiques et psychométriques avant et après le programme. Ces tests découlent des programmes pour les personnes souffrant de troubles de la personnalité du Centre de santé régional.

On surveillera les pensées, les sentiments et les comportements du délinquant tout au cours du programme. Son comportement général et ses inscriptions dans son journal seront une source d'information à cet égard.

Toutes les trois semaines, on réunira des groupes d'examen dans le cadre desquels les animateurs et les autres membres du groupe offriront de la rétroaction à tous les participants et les confronteront.

On rédigera un rapport final sur les progrès et les changements dans les attitudes, les pensées, les sentiments et les comportements, dans le cadre du programme, on précisera les domaines dans lesquels du travail reste à faire et on formulera des recommandations au sujet d'autres programmes qui pourraient être utiles aux délinquants.

HORAIRE DU PROGRAMME

Chaque matin sera consacré au Groupe de guérison, de réflexion et d'intériorisation. Il y aura environ six matins ou des personnes-ressources spéciales seront présentes et on enseignera certaines choses aux délinquants plutôt que de poursuivre les travaux du groupe.

Chaque après-midi sera consacré aux modules éducatifs qui comprendront : Erreurs de pensée et restructuration cognitive, Cycle de comportement et Plan de prévention des rechutes, Enseignement des aînés, Empathie avec la victime, Thérapie émotive et rationnelle, ainsi que Sexualité et relations.

Chaque vendredi matin servira à discuter des devoirs que les participants devront faire durant les semaines à venir et à donner des directives à ce sujet. On aura recours aux services d'un tuteur pour aider les membres à faire leurs devoirs.

Un jeudi après-midi sur deux les délinquants participeront à une cérémonie de la suerie.

Tout au cours du programme, on utilisera du tabac, de l'eau de source pure, de la sauge, du foin d'odeur, du cèdre et d'autres remèdes sacrés pour favoriser le processus de guérison.

9. Centre de traitement de Toxicomanie Tsow Tun Le Lum

THUYTHUT, qui en gros se traduit par "fier et droit", est le titre d'un programme de 18 semaines en établissement destiné aux délinquants sexuels autochtones. Ce programme a vu le jour comme projet pilote au centre de traitement des toxicomanies Tsow Tum Le Lum (près de Nanaimo, en Colombie-Britannique) en 1992 et continue d'offrir deux cycles de programme à chaque année financière. Le programme est fondé sur la culture des peuples autochtones de la région. Le calendrier du programme est semblable pour la délinquance sexuelle, l'alcoolisme et les toxicomanies, sauf que dans le cadre du programme destiné aux délinquants sexuels, on aborde cette question spécifique au cours du travail en groupe.

La clinique communautaire offre des évaluations complètes et un programme de traitement multidisciplinaire à l'intention des délinquants sexuels. La clinique accepte de faire l'évaluation des violeurs et de ceux qui ont commis l'inceste. Le programme accepte les Autochtones et les non-Autochtones. L'acceptation du délinquant pour le programme est conditionnelle aux résultats de l'évaluation.

Il y a trois étapes. La première étape est de nature psychopédagogique et didactique, tandis que l'étape 2 met fortement l'accent sur la thérapie de groupe et sert à renforcer les acquis de l'étape 1.

Pendant l'étape 1, le traitement comprend des cours didactiques, de la thérapie en groupe et individuelle, et des rencontres avec les aînés de Thuythut. Le traitement met l'accent sur un cours psychopédagogique au cours duquel on aborde l'agression sexuelle, l'empathie envers les victimes, le cycle délictuel, les valeurs de la sexualité humaine et les mythes sur les relations, ainsi que la planification et la prévention des rechutes. Les participants assistent au cours en groupe et sont tenus de faire individuellement des exercices visant à les aider à comprendre chacun des éléments du cours. La thérapie de groupe met d'abord l'accent sur le déni. Les délinquants sont tenus de faire part de leurs comportements sexuels déviants, de leurs délits et crimes sexuels devant les autres, de façon franche et honnête, sans minimiser, rejeter le blâme, rationaliser, etc. La confrontation positive est utilisée pour briser le mécanisme du déni.

Chaque délinquant est tenu de rédiger un historique complet de ses antécédents sexuels et d'en faire part au groupe. La rétroaction des pairs est utilisée régulièrement en thérapie de groupe. Ensuite, les délinquants partagent en groupe les sévices et mauvais traitements qu'ils ont eux-mêmes subis durant leur vie et font le lien avec leur propre comportement sexuel délinquant. On prend le plus grand soin d'éviter que le blâme et la rationalisation empêchent les délinquants de relater de façon transparente et honnête leurs propres actions.

Avant la fin de la première étape, les délinquants élaborent un plan visant à prévenir la récidive pendant l'intersession, entre la première et la deuxième étape du traitement. On confie aux délinquants des travaux à faire pendant cette période.

Les Aînés dirigent des séances au cours desquelles ils enseignent l'éthique culturelle, les valeurs traditionnelles et la spiritualité. Traditionnellement, des témoins sont rémunérés pour assister aux séances d'enseignement et sont chargés de se rappeler le contenu du cours afin de le valider. Pendant le traitement, le contenu des séances est transcrit par écrit; avant le début de chaque séance, on lit la transcription de la séance précédente.

La deuxième étape renforce les acquis pédagogiques de la première étape et fait en sorte que le délinquant établisse un lien affectif entre le cours de la première étape et sa propre vie. Cela aide les délinquants à renforcer leur amour-propre, leur sobriété et leurs ressources personnelles pour réintégrer la collectivité sans récidiver. Les délinquants sont tenus de créer et de définir des relations saines.

En général, les clients assistent à cinq heures par semaine de séances cognitives didactiques ou psychopédagogiques, soit sur le comportement sexuel déviant, soit sur l'alcoolisme et les toxicomanies. Le programme comprend cinq heures par semaine de valeurs et principes traditionnels, 10 heures par semaine de thérapie de groupe et deux heures par semaine de séances avec les Aînés. On donne aux délinquants une introduction aux techniques de gestion du stress, on leur confie des travaux et des devoirs à faire, ils doivent assister aux séances des Alcooliques Anonymes, peuvent participer à des séances de counseling individuel et s'adonnent aux activités de loisir quotidiennes. Le programme est offert dans un environnement thérapeutique. Il semble que les clients assistent au total à 400 heures de séance en groupe pendant la durée du programme de 18 semaines. Le nombre d'heures du programme correspond à ceux des programmes intensifs (Normes et lignes directrices relatives à la prestation des services aux délinquants sexuels, 1996). Ce programme intègre les rites de guérison traditionnels à l'approche cognitive du comportement.

10. Programme contre la violence familiale de Canim Lake

La bande de Canim Lake a mis au point un programme à l'intention des délinquants sexuels. Ce programme comprend sept étapes d'intervention auprès des agresseurs et des victimes : orientation communautaire, report des rapports, évaluation du risque et du traumatisme, intervention primaire, réunification, programmes de suivi et recherche et croissance empirique. Les interventions elles-mêmes se fondent sur la méthode cognitive du comportement et l'utilisation du polygraphe vient compléter la surveillance.

11. Programme d'intervention familiale Gwa'sala-'Nakwaxda'xw

Le B.C. Institute on Family Violence a évalué un programme d'intervention autochtone, le programme d'intervention familiale Gwa'sala-'Nakwaxda'xw [appelé ci-après PIF], et a défini comme suit les principes qui régissent ce programme:

(1) Le programme doit se fonder sur les valeurs et les coutumes traditionnelles des gens,

(2) on doit y conjuguer les méthodes psychologiques non autochtones aux moyens de guérison traditionnels des Autochtones,

(3) la famille et la collectivité doivent appuyer la guérison,

(4) il faut traiter et l'agresseur et la victime,

(5) c'est à la collectivité que doit revenir la propriété, la responsabilité et le contrôle du programme.

Même si le programme se fondait sur de bons principes, il n'a fonctionné que d'avril 1994 à février 1995. On en a fait l'évaluation quelques mois après sa fermeture. Abstraction faite des différences d'opinion entre les travailleurs sociaux eux-mêmes, le rapport ne précise pas pour quelles raisons le programme a cessé, mais l'évaluation indique que cette fermeture serait étroitement liée à des problèmes de politique de la bande, de financement, d'instabilité des fonctions et de faiblesse de la structure d'administration et de gestion. Néanmoins, l'évaluation était très détaillée et ses conclusions pourraient être utiles à d'autres programmes d'intervention autochtones.

L'évaluation indique que l'histoire et l'élaboration du PIF ont des racines profondes dans la collectivité. Celle-ci a été marquée par des déménagements, les écoles résidentielles, la victimisation et la dévalorisation de sa culture. Il en est découlé de nombreux problèmes ; une forte incidence d'alcoolisme, l'agression sexuelle d'enfants, la crainte chez les enfants, la violence contre les femmes et les personnes âgées, la négligence envers les enfants, le syndrome d'alcoolisme foetal et la dépendance à l'aide sociale (les répondants n'ont pas identifié le suicide et les tentatives de suicide parmi les problèmes graves de cette collectivité).

Le PIF a été mis sur pied en 1991, après que deux mères aient écrit au chef et au Conseil pour se dire inquiètes des agressions sexuelles. La collectivité a reçu des fonds du programme fédéral de lutte contre la violence familiale en 1991 et 1992 pour élaborer son programme. Le PIF était financé à part égale par le ministère des Affaires indiennes et du Nord et la Direction des services de santé de Santé Canada, dans le cadre d'un projet devant s'étendre de 1991 à 1994-1995. À la fin de 1991, l'administrateur de la bande a communiqué avec l'expert-conseil pour retenir de nouveau ses services. Le chef et le Conseil ont apporté au projet l'importante contribution de leur leadership politique.

Voici quelles étaient les composantes du programme destiné aux agresseurs:

  • Évaluation : L'évaluation comprenait une évaluation psychologique détaillée, et le Comité de gestion du risque présentait des recommandations au procureur de la Couronne.
  • Maisons d'hébergement : Cette maison avait à l'origine été conçue pour les femmes et les enfants victimes de violence ou d'agressions. On a toutefois décidé par la suite que c'était à l'agresseur de quitter le foyer familial, au lieu du contraire. D'une façon générale, la collectivité appuyait ce principe.
  • Thérapie individuelle : Le psychologue-conseil ou les parathérapeutes, sous la supervision du psychologue, offraient des séances de thérapie individuelle une fois par semaine.
  • Thérapie de groupe : Cette thérapie était offerte une fois par semaine. Elle était dirigée conjointement par le psychologue-conseil et les parathérapeutes. D'après la plupart des rapports, cela fonctionnait bien, les agresseurs étaient motivés et s'entraidaient.
  • Parrainage : Chaque agresseur avait un parrain qu'il rencontrait par périodes de 20 minutes, deux fois par semaine.
  • Counseling contre l'alcoolisme et la toxicomanie : Il était offert aux agresseurs, selon les besoins.
  • Conférences de cas : Y participaient le personnel intéressé du PIF et des agents de probation, selon les cas.
  • Travail communautaire : Ce travail était supervisé par la patrouille communautaire et portait surtout sur les services aux Aînés. Certains avaient dit que cette composante devrait être augmentée.

Parmi les autres éléments du PIF, on trouvait de la thérapie individuelle pour les enfants, les clients adultes et le personnel, de la thérapie familiale, de la thérapie de groupe ( un groupe d'hommes non-agresseurs, un groupe d'Aînés qui participait de façon sporadique, des groupes d'enfants et des groupes de femmes), ainsi que des groupe de soutien (Alcooliques Anonymes, Adult Grief). Il faut remarquer que les enfants étaient traités par groupes d'âge : de 3 à 4 ans, de 7 à 10 ans, garçons de 10 à 13 ans et filles de 10 à 13 ans.

Le programme comprenaient également certains éléments à l'intention de la collectivité, entre autres un service rapide en cas d'urgence, qui permettaient aux personnes en détresse grave d'utiliser les services du PIF comme ceux d'une clinique sans rendez-vous. En outre, les parapsychologues offraient des services sur appel le soir et les fins de semaine.

L'équipe chargée de l'évaluation du programme a noté qu'il y avait une certaines confusion quant à la définition des méthodes de guérison traditionnelles et à leur rôle dans le PIF. C'est peut-être, disait-elle, que les gens, y compris elle-même ne parlent pas toujours de la même chose lorsque ce sujet est discuté (B.C. Institute on Family Violence, 1995). Dans l'évaluation du PIF, on a indiqué qu'il faudrait résoudre le problème que pose la définition de ces méthodes de guérison. Si l'on veut s'en servir comme modèle de traitement, ces méthodes doivent être clairement définies à l'intention des évaluateurs du programme et des organismes qui le financent. On peut établir la distinction entre les méthodes et les mécanismes traditionnels de guérison et expliquer le rôle de chacun d'eux dans le programme. Les méthodes traditionnelles de guérison de la collectivité doivent être intégrées au programme. L'évaluation indique que, pour certaines personnes, les méthodes traditionnelles de guérison ne sont pas efficaces et qu'il faudrait juger de leur application au cas par cas. Par contre, les mécanismes traditionnels de la collectivité orientent le quotidien de celle-ci et sont pertinentes au fonctionnement du programme puisqu'ils peuvent influer sur la prestation des services cliniques et de guérison (B.C. Institute on Family Violence, 1995).

Au sujet de la contribution du Conseil de bande, l'évaluation indiquait que les programmes conçus et contrôlés par le Conseil de bande ne pouvaient être efficaces sans la contribution de la collectivité. On y disait en outre que le programme aurait dû fonctionner de façon autonome par rapport au chef et au Conseil. Il y a toujours un risque que le chef et le Conseil, qui constituent un groupe politique, se trouvent en conflit d'intérêt quant à certains éléments du programme ou lorsqu'il s'agit de prendre des décisions qui pourraient nuire à celui-ci (B.C. Institute on Family Violence, 1995). Dans la conclusion, les évaluateurs soumettaient que le leadership doit venir de la collectivité, mais que les compétences doivent être obtenues de l'extérieur. Ils ajoutaient que la fonction de ces compétences externes était d'appuyer la collectivité.