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Délinquants sexuels autochtones : Allier la guérison spirituelle au traitement cognitivo-comportemental

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V. RENSEIGNEMENTS SUR LA SPIRITUALITé AUTOCHTONE

La section des programmes pour Autochtones du Service correctionnel du Canada a élaboré un dossier sur la spiritualité autochtone. Celle-ci a été rédigée par deux Aînés autochtones,

Art Solomon et John Stonechild. On en citera des extraits dans le cadre d'un examen des divers éléments qui composent la spiritualité autochtone.

La vie spirituelle des Autochtones est fondée sur la croyance en l'interdépendance fondamentale de tous les êtres naturels, de toutes les formes de vie. Les Autochtones n'établissent aucune distinction entre la vie spirituelle et la vie culturelle. Pour les Autochtones canadiens, la spiritualité est un mode de vie global (Solomon et Stonechild, p.1-2). Dans le dossier, on dit que les cérémonies sont le principal moyen d'expression religieuse. Un chef de cérémonie ou Aîné assure l'authenticité et l'intégrité des observances religieuses. Il n'y a aucune doctrine écrite. Les enseignements sont transmis de vive voix par les Aînés reconnus.

Les croyants se concentrent sur le réalisme du moi intérieur, notamment sur le rapport du moi avec lui-même et du moi avec autrui (Solomon et Stonechild, p. 2). Les Autochtones recherchent quatre aspects de l'illumination : la force, la connaissance, la compréhension et le partage. Comme l'expliquent les auteurs, ils font face aux conflits et aux craintes intérieures dans une tentative de développer une attitude vraie et honnête sur les plans affectif et mental et de dissiper tous les conflits.

Les Aînés sont soit des femmes, soit des hommes. Leur trait le plus caractéristique est la sagesse, laquelle est liée directement à l'âge. Un Aîné peut avoir le `'don'' ou le pouvoir d'interpréter les rêves, un autre celui de soigner par les plantes, un troisième celui de guérir au cours d'une suerie. En général, aucun Aîné ne peut célébrer toutes les cérémonies.

Les Autochtones communiquent avec le Créateur et avec les esprits bienveillants par l'offrande de prières au cours de cérémonies en privé et en groupe. Le calumet est l'instrument de choix de la prière. Voici comment les calumets sont utilisés dans les cérémonies autochtones:

Les calumets sont utilisés au cours des prières en privé et en groupe. Les prières sont transmises dans la fumée des plantes brûlant dans le fourneau des calumets. Aucune longueur n'a été fixée pour les calumets, Les tuyaux peuvent être ou non décorés de perles ou de cuir. Le fourneau peut être fait de stéatite simple ou de marbre incrusté d'argent. Le fourneau est séparé du tuyau lorsqu'on transporte le calumet d'un endroit à l'autre. Les femmes ont des calumets qui ne sont utilisés que par des femmes. Un homme ne peut pas toucher au calumet d'une femme à moins qu'elle ne lui demande de le faire. En outre, il y a les calumets des guerriers, qui ne peuvent être utilisés que par des hommes. Le calumet n'est pas un objet personnel. Il appartient à la collectivité. On considère que le détenteur d'un calumet en est le gardien.

La cérémonie du calumet constitue l'un des principaux rassemblements que président les Aînés (Solomon et Stonechild, p. 4). Elle a ses propres règles, son propre protocole:

Les participants forment un cercle. On fait brûler, avant d'allumer le calumet, une tresse de foin d'odeur, l'une des quatre plantes sacrées, comme encens afin de purifier les adorateurs. En outre, le foin d'odeur brûlant symbolise l'unité, le rassemblement de nombreux coeurs et de nombreux esprits comme en un être unique. L'Aîné allume une allumette, la place à l'une des extrémités de la tresse de foin d'odeur, puis souffle l'herbe fumante à l'aide d'une plume d'aigle sacrée afin de favoriser la production de fumée. Il dirige la fumée quatre fois vers son visage à l'aide de sa main, puis tend la tresse de foin d'odeur à un autre participant... Ensuite, l'Aîné place d'habitude, dans le calumet, du tabac (soit des copeaux de saule, appelés Kinni-Kinnick, soit du tabac de commerce) et offre en direction des quatre points cardinaux le calumet à chacune des quatre puissances de la médecine sacrée...On demandera l'aide des esprits au moyen d'une prière principale. Cette prière peut être à l'intention de l'un des participants, de quelqu'un se trouvant au loin ou de quelqu'un qui a rejoint le monde des esprits. Puis le calumet, qui à la fin aura passé de main en main, peut être offert à toute la création, aux esprits bienveillants qui sont invisibles mais toujours présents.

Le cercle sacré est analogue à la cérémonie du calumet. Cependant on y laisse à chacun des participants le temps de s'adresser au cercle s'il le souhaite (Solomon et Stonechild, p. 5-6). Le jeûne est une autre forme spéciale de prière. Dans ce cas, un Aîné fournit le nécessaire à la cérémonie et guide la personne qui jeûne. D'après Solomon et Stonechild, le jeûne comporte, pendant le nombre de jours fixé par celui qui jeûne, l'abstinence totale d'aliments et d'eau. L'Aîné, de concert avec le médecin, examine la santé de l'intéressé avant le début du jeûne.

La purification par l'étude (ou suerie) est une autre des cérémonies collectives fondamentales. Solomon et Stonechild expliquent qu'il s'agit d'un rituel de purification précédant les démarches spirituelles.:

Les participants se rassemblent dans l'obscurité, dans une structure faite de branchages, couverte et située au grand air. Ils prient pendant que la vapeur s'échappe de pierres chauffées au rouge, plongées dans de l'eau. Un gardien, qui demeure à l'extérieur de la structure, en ouvre le rabat quatre fois. Chaque fois, ce gardien apporte quatre pierres brûlantes sur l'autel placé à l'intérieur. En outre, le calumet préparé à l'avance est introduit dans l'étuve. Lorsqu'il y a lieu de construire une étuve dans un établissement fédéral, un aîné surveille la livraison, par camion, des matériaux essentiels, comprenant des pierres, des toiles ou des couvertures, des poteaux, et une fourche, une pelle, une hache et peut-être un levier servant à creuser des trous dans le sol. Un coin de terrain vierge, qui n'a pas été profané par le piétinement des pieds ou l'élimination de déchets, constitue un endroit propice à la cérémonie... Il faut environ une heure et demie pour fabriquer une structure en forme d'igloo, de cinq pieds de hauteur, à partir de rameaux de saule recourbés et attachés avec de la corde. La structure est ensuite recouverte de toiles ou de couvertures afin d'empêcher la lumière de pénétrer à l'intérieur. Cette structure peut recevoir huit personnes à la fois... Pendant les deux heures que durent cette cérémonie, les participants prient, chantent et fument le calumet.

La suerie peut comporter un festin. Certains rituels précis doivent être observés, qui nécessitent certaines catégories d'aliments (Solomon et Stonechild, p. 9). Chaque tribu a ses aliments sacrés. Bien que les aliments diffèrent, leur importance symbolique demeure la même.

Chaque cérémonie, chaque rite s'accompagne d'articles spéciaux; outre les calumets figurent des ailes et des plumes d'aigle, des gourdes de cuir brut, des tambours, des coquillages d'abalone, des nappes d'autel et des imprimés. Les quatre plantes sacrées (foin d'odeur, sauge, cèdre et tabac ou kinni-kinnick) sont souvent portés au cou dans un sac à médecines (Solomon et Stonechild, p. 10) Les auteurs indiquent que chacun des Aînés possédera des articles personnels supplémentaires. Ils font toutefois une mise en garde : il importe que personne d'autre que l'Aîné ne touche aux articles religieux qu'il porte.

Dans le dossier, on dit que le Service correctionnel du Canada, reconnaissant l'unité de la culture, de la spiritualité et de la religion des peuples autochtones du Canada, accorde à la religion des Autochtones une protection et un statut égaux au statut et à la protection qu'il accorde aux autres religions.

Il fournit, à chacun des Autochtones sous sa surveillance, la possibilité d'exercer sa liberté religieuse de manière compatible avec les exigences de prudence en matière de sécurité des installations. Les services fournis aux détenus doivent comprendre l'accès à des locaux et à des matériaux satisfaisants, ainsi que l'accès aux Aînés. aux conseillers spirituels, aux publications et aux objets ou aux symboles religieux.