Efficacité du Programme pour délinquants autochtones toxicomanes

Mots clés

Autochtones, traitement des délinquants toxicomanes, programmes pour délinquants, programmes correctionnels, fondé sur des données scientifiques

Pourquoi avons-nous effectué cette étude?

La réinsertion sociale en toute sécurité des délinquants autochtones au moyen d’interventions efficaces est l’une des cinq priorités du SCC. Plus de 90 % des Autochtones de sexe masculin sous responsabilité fédérale ont besoin d’une intervention contre la toxicomanie. Le SCC a donc introduit, en 2004, le Programme pour délinquants autochtones toxicomanes (PDAT), programme d’intensité élevée. Jusqu’à présent, environ 500 délinquants autochtones ont terminé le programme d’intensité élevée.

Ce que nous avons fait

Le Centre de recherche en toxicomanie a étudié une cohorte de 2 685 délinquants autochtones qui avaient bénéficié d’une semi-liberté, d’une libération conditionnelle totale ou d’une libération d’office afin d’évaluer les effets du PDAT sur les résultats postlibératoires.

Ce que nous avons constaté

Parmi les délinquants autochtones qui ont terminé le PDATNote de bas de page 1, 78 % sont demeurés en liberté dans la collectivité tandis que seulement 46 % de ceux qui n’avaient pas participé à un programme pour toxicomanes en milieu carcéral sont demeurés dans la collectivité (voir la figure 1).

Figure 1.

description de Figure 1 :

PDAT - Terminé avec succès, PNTT-IE - Terminé avec succès, PNTT-IM - Terminé avec succès, Aucun programme pour toxicomanes
Révocation (nouvelle infraction ou accusation en instance): 5, 16, 20, 20.
Révocation (sans nouvelle infraction): 17, 27, 32, 34.
Aucune réincarcération: 78, 57, 48, 46.

Figure 1.  Répartition des révocations d'après les catégories établies selon le degré de participation aux programmes

Pendant l’étape de la démonstration, ce ne sont pas tous les Autochtones de sexe masculin qui pouvaient se prévaloir du PDAT. Par conséquent, certains ont pris part au Programme national de traitement de la toxicomanie – intensité élevée (PNTT-IE) ou le PNTT – intensité moyenne (PNTT-IM). Le taux de révocation de la liberté des délinquants autochtones qui ont terminé le PNTT-IE et le PNTT-IM était 1,6 et 1,7 fois plus élevé, respectivement, que celui des participants qui ont terminé le PDAT.

Les délinquants inscrits à un programme pour toxicomanes, mais qui ne l’ont pas terminé, ont enregistré un taux de révocation plus de deux fois plus élevé que celui des délinquants qui ont terminé avec succès le PDAT.

Parmi les délinquants qui ont terminé le PDAT, seuls 5 % ont été réincarcérés en raison d’une nouvelle infraction ou accusation.

Ce que cela signifie

Les résultats de l’étude indiquent clairement que les programmes pour délinquants autochtones toxicomanes aident à réduire la probabilité de réincarcération. De plus, il y a des données probantes qui corroborent l’efficacité d’interventions adaptées aux différences culturelles comme le PDAT. On peut s’attendre à ce que les interventions qui font appel à la fois aux méthodes de guérison traditionnelles et aux pratiques exemplaires courantes aient des effets plus prononcés. En fait, les résultats ont confirmé que les délinquants autochtones étaient plus susceptibles de réussir leur réinsertion sociale lorsqu’ils participent à des programmes adaptés à leur culture.

Pour de plus amples renseignements

Kunic, D. et Varis, D.D. Le Programme pour délinquants autochtones toxicomanes (PDAT) : examen des effets de l’achèvement avec succès du programme sur les résultats postlibératoires, Rapport de recherche no R-217, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 2009.

Pour obtenir une version PDF du rapport intégral, écrire à : research@csc-scc.gc.ca.

Pour nous joindre :

Centre de recherche en toxicomanie, Direction de la recherche
902-838-5900
addictions.research@csc-scc.gc.ca

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Résultats combinés des versions 2 et 3 du programme, dont la deuxième est celle qui a été mise en œuvre à l’échelle nationale en 2007.

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