Étude comparative des rapports d’enquête sur le suicide et l’automutilation chez les délinquants sous responsabilité fédérale au Canada

Mots clés

comportements autodestructeurs, suicide

Pourquoi avons nous réalisé cette étude

La réduction des cas d’automutilation et de suicide chez les délinquants sous responsabilité fédérale est une priorité du Service correctionnel du Canada (SCC). En établissement, ces cas présentent un risque pour la sécurité des détenus et du personnel, et nécessitent d’importantes ressources. Notre recherche avait pour but d’obtenir des renseignements sur les délinquants qui se mutilent ou qui se suicident ainsi que sur les circonstances qui précèdent ces incidents afin que le SCC puisse intervenir le plus efficacement possible.

Ce que nous avons fait

Nous avons examiné tous les rapports d’enquête nationale sur les suicides ou les incidents d’automutilation qui ont lieu en établissement et dans la collectivité entre le 1er avril 2003 et le 31 mars 2008. En tout, 51 cas d’automutilation et 66 cas de suicide ont été analysés. Les cas d’automutilation visaient 17 hommes et trois femmes et les cas de suicide, 63 hommes et trois femmes. Les renseignements sur chaque incident ont été tirés des rapports d’enquête et du Système de gestion de délinquant(e)s.

Ce que nous avons constaté

La proportion de délinquants autochtones dans notre échantillon était comparable à leur proportion dans la population de délinquants sous responsabilité fédérale, ce qui semble indiquer que pendant leur incarcération les délinquants autochtones ne recourent ni à l’automutilation ni au suicide plus souvent que les non‑Autochtones. Les détenus qui se sont suicidés étaient plus nombreux à purger une peine de longue durée et à avoir des antécédents de violence que ceux qui se sont mutilés.

La proportion des incidents d’automutilation dans les régions des Prairies et du Québec était faible par rapport à la population de délinquants de ces régions, tandis que la proportion des incidents d’automutilation dans les régions de l’Atlantique et du Pacifique était élevée.

L’utilisation de liens était de loin la méthode la plus couramment utilisée par les détenus qui se sont suicidés et ceux qui se sont mutilés. Les incidents d’automutilation étaient plus susceptibles de se produire dans les aires d’isolement, tandis que les suicides avaient surtout lieu dans les cellules au sein de la population carcérale. Les suicides et les incidents d’automutilation étaient plus fréquents les fins de semaine.

Rétrospectivement, on constate que des événements déclencheurs auraient pu être décelés dans la majorité des cas. Cependant, ces événements déclencheurs n’étaient généralement pas considérés comme importants à ce moment‑là parce qu’il s’agissait d’événements qui n’étaient pas inusités au sein de la population de délinquants.

La majorité des délinquants qui se sont suicidés et de ceux qui se sont mutilés avaient des antécédents de dépression ou de désespoir ainsi que d’automutilation. Ceux qui se mutilaient étaient plus nombreux à souffrir de troubles psychologiques concomitants que ceux qui se sont suicidés.

Ce que cela signifie

Il faut approfondir la recherche sur l’automutilation et le suicide chez les délinquants purgeant une peine de ressort fédéral. La Direction de la recherche examine, de façon continue, les facteurs environnementaux et psychologiques liés à ces comportements chez les hommes et les femmes incarcérés.

Pour de plus amples renseignements

Power, J. et D. L. Riley, (2010). Étude comparative des rapports d’enquête sur le suicide et l’automutilation chez les délinquants sous responsabilité fédérale au Canada, Ottawa (Ontario), Service correctionnel du Canada

Pour obtenir une version en PDF du document intégral, veuillez la demander à l’adresse suivante : recherche@csc-scc.gc.ca

Préparé par : Jenelle Power

Pour nous joindre

Direction de la recherche
613-996-3287
recherche@csc-scc.gc.ca