Nombre d'incidents d'automutilation survenus dans les établissements du SCC sur une période de 30 mois

Mots clés

comportement automutilatoire, automutilation, santé mentale des délinquants, suicide chez les détenus

Pourquoi nous avons effectué cette étude

La question de l'automutilation chez les détenus préoccupe de plus en plus le SCC. Il faut mieux comprendre la fréquence et la nature de ces actes afin de mieux les prévenir et améliorer les stratégies d'intervention.

Ce que nous avons fait

Nous avons examiné les 1 230 incidents d'automutilation qui se sont produits dans les établissements du SCC pendant une période de 30 mois. Les données provenaient du Système de gestion des délinquant(e)s (SGD) et des rapports de situation. Nos analyses ont porté sur la nature de l'incident (p. ex., méthode d'automutilation,gravité des blessures) et, lorsque cela a été possible, sur les détenus qui se sont mutilés (p. ex., sexe, race, fréquence de l'automutilation).

Ce que nous avons trouvé

Le nombre d'incidents d'automutilation signalés a augmenté d'avril 2006 à septembre 2008. La plupart se sont produits dans l'un des cinq centres de traitement du SCC ou dans des établissements à sécurité maximale.

Les femmes sont plus portées que les hommes à se mutiler et à le faire plus d'une fois. L'automutilation chez les détenus autochtones est plus fréquente que ce à quoi on pourrait s'attendre, compte tenu de leur nombre dans la population carcérale. Les hommes ont surtout tendance à s'infliger des entailles ou à prendre des surdoses de médicaments ou de drogue, tandis que les femmes utilisent plus souvent des liens ou se frappent la tête contre une surface dure.

Dans les deux tiers des cas, les détenus ne se sont mutilés qu'une seule fois au cours de la période de notre étude. Inversement, 52 % des incidents impliquant des femmes sont attribuables à un petit groupe de détenues (11 %). De même, une proportion importante des incidents (27 %) qui se sont produits dans des établissements pour hommes est le fait d'un petit groupe (5 %).

Alors que, dans 90 % des incidents, le détenu impliqué n'a subi aucune blessure ou des blessures mineures, 26 détenus ont perdu la vie lors d'un incident d'automutilation. La plupart de ces détenus (77 %) n'avaient jamais commis auparavant d'acte d'automutilation, ce qui semble indiquer que leur décès n'était pas l'aboutissement d'actes répétés.

Ce que cela signifie

L'étude indique, à partir des données consignées par le SCC, que le nombre d'incidents d'automutilation augmente dans l'ensemble du SCC, et qu'un groupe relativement restreint d'hommes et de femmes sont responsables d'un nombre disproportionné d'incidents. Le SCC devra donc toujours s'efforcer de repérer ces individus et d'intervenir auprès d'eux. Les données semblent en outre indiquer qu'il importerait de considérer l'automutilation comme un phénomène distinct plutôt que d'y voir un type de comportement suicidaire. D'autres recherches devraient se pencher sur les caractéristiques des détenus qui se mutilent, tout particulièrement sur les variables qui permettraient de mieux cibler les interventions destinées à ceux qui le font de façon répétée.

Pour de plus amples renseignements

Gordon, A. (2010), Incidents d'automutilation signalés dans les établissements du SCC pendant une période de 30 mois, Rapport de recherche R‑233, Ottawa : Service correctionnel du Canada.

Pour obtenir une version PDF du rapport intégral, veuillez écrire à l'adresse suivante : recherche@csc-scc.gc.ca

Préparé par : Arthur Gordon

Pour nous joindre

Direction de la recherche
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recherche@csc-scc.gc.ca