Validité convergente et données normatives de l'Échelle de mesure de l'état dépressif, du désespoir et du suicide chez les femmes incarcérées

Mots clés

état dépressif, désespoir, suicide, détenues, femmes incarcérées

Le présent rapport a été rédigé dans le cadre d'un contrat géré par la Division de la recherche correctionnelle, Direction de la recherche, Service correctionnel du Canada

Les opinions exprimées dans le présent rapport sont celles des auteurs et ne correspondent pas nécessairement à celles du Service correctionnel du Canada

Remerciements

Nous tenons à remercier Michelle Green et Iliana Lilova de l'assistance qu'elles nous ont prodiguée pour la collecte des données, et Andrew Harris (Ph.D) pour sa contribution à l'administration du projet. Nous adressons des remerciements particuliers à Lynn Stewart (Ph.D) pour les observations utiles qu'elle a formulées au sujet d'une version antérieure du manuscrit.

Résumé

La présente examine la validité convergente et à établir une fourchette normative de scores dans l'Échelle de mesure de l'état dépressif, du désespoir et du suicide (DHS; Mills et Kroner [2003]) chez les femmes incarcérées dans des établissements fédéraux.

L'Échelle DHS a été conçue à partir d'échantillons successifs de détenus de sexe masculin sous responsabilité fédérale pour le dépistage d'un état dépressif (échelle de mesure de l'état dépressif) et d'un état de désespoir (échelle de mesure du désespoir), et la collecte de données sur les facteurs de risque de suicide (éléments critiques). L'Échelle DHS a été validée adéquatement pour les hommes, mais moins pour les femmes. Jusqu'à maintenant, une seule étude sur les femmes incarcérées a été réalisée au moyen de l'Échelle DHS, et elle portait sur les femmes admises dans une prison de comté aux États-Unis (Stewart [2007]).

L'étude a examiné les données recueillies à partir de deux échantillons de détenues sous responsabilité fédérale. Le premier échantillon de 100 détenues se composait de volontaires de l'Établissement Grand Valley, dans la région de l'Ontario, et de l'Établissement Joliette, dans la région du Québec, qui ont participé à une vaste étude sur le suicide ainsi que sur la santé mentale et le fonctionnement émotionnel. Le deuxième échantillon, composé de 122 détenues, se composait des détenues admises dans trois établissements fédéraux (Établissement d'Edmonton pour femmes, Établissement Grand Valley et Établissement Nova) et choisies au moyen du Système informatisé de dépistage des troubles mentaux à l'évaluation initiale (SIDTMEI).

Les conclusions ont confirmé la validité convergente de l'Échelle DHS. La mesure a produit de fortes corrélations avec des mesures validées bien connues de l'état dépressif, du désespoir et du fonctionnement émotionnel. De plus, l'étude a permis de constater que les scores moyens dans l'Échelle DHS des détenues nouvellement admises étaient supérieurs à ceux des détenues incarcérées depuis un certain temps. On s'y attendait, étant donné la détérioration du fonctionnement émotionnel associée aux périodes d'adaptation importante, mais cela a confirmé qu'il faut tenir compte de ces différences au moyen de fourchettes normatives distinctes. Enfin, l'étude a confirmé des constatations antérieures selon lesquelles les détenues affichent des taux plus élevés de facteurs de risque de suicide que les hommes incarcérés.

Introduction

Le suicide est l'une des principales causes de décès chez les personnes incarcérées dans les prisons et les pénitenciers (Hayes [1995]). Les facteurs de risque associés aux idées suicidaires comprennent l'état dépressif (Emery, Steer et Beck [1981]; Lester et Beck [1977]), le désespoir (Beck, Brown et Steer [1989]; Holden et Kroner [2003]), les tentatives de suicide antérieures (Cole [1988]; Dexter et Towl [1995]) et les idées suicidaires (Fawcett et coll. [1990]). Le taux de suicide dans les établissements correctionnels est généralement plus élevé que dans la population générale (Bland, Newman, Dyck et Orn [1990]; Green, Andre, Kendall, Looman et Polvi [1992]). Cela est vrai pour les établissements de détention des États-Unis (Hayes [1995]; Hayes et Rowan [1988]), ceux du Canada (Bland et coll. [1990], Burtch et Ericson [1979]) et ceux d'autres pays (Smith [1984]). Il est donc essentiel de définir à un stade précoce les facteurs de risque de suicide chez ce groupe d'individus.

Les détenus enregistrent un taux élevé de prévalence de l'état dépressif et des troubles dépressifs (Bland et coll. [1990]; Reitzel et Harju [2000]). Au moyen de l'Inventaire de dépression de Beck (IDB) (Beck et Steer [1987]), Boothby et Durham [1999] ont relevé des scores élevés dans un vaste échantillon de détenus. Dans d'autres études, un taux plus élevé de prévalence d'épisodes dépressifs importants et de troubles anxieux/somatoformes a permis d'établir une distinction entre les détenus qui ont tenté de se suicider et ceux qui ne l'ont pas fait (Bland et coll. [1990]). Le désespoir est aussi un facteur important à prendre en considération dans l'évaluation du risque de suicide (Beck et coll. [1989]; Beck, Steer, Kovacs et Garrison [1985]).

Dépister des facteurs de risque de suicide est différent du fait de diagnostiquer un état dépressif ou de mesurer le degré de gravité des idées ou des intentions suicidaires. Beaucoup d'études sur le risque de suicide portent sur des patients aiguillés vers un psychiatre pour évaluation qui sont, par définition, en détresse (Brown, Beck, Steer et Grisham [2000]; Joiner et coll. [2003]). Le dépistage des facteurs de risque de suicide chez les détenus qui affichent des taux de suicide élevés, mais dont la symptomalogie n'est peut-être pas grave sur le plan clinique, n'équivaut pas, de toute évidence, à la détermination du niveau de risque de suicide chez des patients cliniquement déprimés, mais l'exercice est important et nécessaire.

L'Échelle de mesure de l'état dépressif, du désespoir et du suicide (Mills et Kroner [2003]) a été conçue pour le dépistage de l'état dépressif et du désespoir ainsi que la collecte de données sur les facteurs de risque de suicide comme les tentatives de suicide antérieures, le diagnostic antérieur d'un état dépressif, le suicide de membres de la famille et les idées suicidaires. On a montré que l'Échelle DHS avait une cohérence interne, une structure factorielle et une validité satisfaisantes (Mills et Kroner [2004]). Il y avait une corrélation significative entre les échelles DHS, les données des dossiers des établissements comme les antécédents en matière d'état dépressif et d'interventions psychiatriques, et les renseignements provenant d'une entrevue à l'admission, comme une intervention psychiatrique ou psychologique récente et le nombre de tentatives de suicide antérieures. Mills, Reddon et Kroner [2006] ont constaté de fortes corrélations entre l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif et l'IDB-II. (r = 0,77) et entre l'échelle DHS de mesure du désespoir et l'Échelle de désespoir de Beck (r = 0,70) dans un échantillon de détenus de sexe masculin. Une autre étude a montré que l'Échelle DHS pouvait s'appliquer à un échantillon d'étudiants d'université (Mills, Morgan, Reddon, Kroner et Steffan [2010]). Dans cet échantillon, il y avait une forte corrélation entre l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif et l'IDB, ainsi qu'une forte corrélation entre l'échelle DHS de mesure du désespoir et l'Échelle de désespoir de Beck (BHS; Beck et Steer [1988]).

L'étude peut-être la plus pertinente par rapport à la présente étude a été réalisée par Lisa Stewart [2007], qui a examiné les résultats de l'Échelle DHS chez des femmes admises dans une prison de comté des États-Unis. La plupart des 100 participantes volontaires étaient célibataires et de race blanche. Cinquante-deux pour cent avaient consommé des drogues au cours des 90 jours précédents. Soixante-dix pour cent des délinquantes ont indiqué qu'elles avaient déjà reçu des soins de santé mentale, 28 % ont déclaré qu'elles avaient souffert d'une dépression et 24 %, d'un trouble bipolaire. La majorité des femmes ont dit qu'elles avaient été victimes d'une forme de violence pendant leur enfance (60 %) et d'actes de violence familiale (68 %). Elles avaient été incarcérées en moyenne 8,3 fois, ce qui indique que la majorité d'entre elles avait continuellement des démêlés avec la justice.

L'utilisation de l'Échelle DHS a permis de produire un score moyen de 9,5 dans l'échelle de mesure de l'état dépressif et un score moyen de 4,0 dans l'échelle de mesure du désespoir. Ces scores moyens sont plus élevés, et cela de façon significative, que ceux observés chez les détenus de l'étude de Mills et Kroner [2004]. En plus d'utiliser l'Échelle DHS, on a relevé et consigné le nombre de symptômes dépressifs décrits dans le DSM-IV-TR au cours d'une entrevue et on a rempli l'Échelle d'idéation suicidaire de Beck (SSI; Beck [1991]). Il y avait une forte corrélation entre l'échelle DHS de mesure du désespoir et le nombre de symptômes dépressifs (r = 0,71), tandis que la corrélation entre l'échelle de mesure du désespoir et les mêmes symptômes étaient seulement modérée (r = 0,42). La corrélation entre l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif et l'Échelle SSI était modérée et forte (= 0,31) et plus forte que celle entre le nombre de symptômes dépressifs et l'Échelle SSI (r = 0,25). Il y avait une corrélation entre les antécédents de troubles mentaux et l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif (r = 0,47), de même qu'avec le nombre de symptômes dépressifs signalés (r = 0,36). Il y avait une forte corrélation entre l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif et les antécédents en matière de violence (r = 0,30) et la consommation récente de drogue (r = 0,30). Le score de l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif était associé plus fortement aux symptômes dépressifs que le nombre de symptômes dépressifs obtenu au moyen d'une entrevue (r = 0,14 et r = 0,18 respectivement). Selon la conclusion générale, il y avait une corrélation aussi forte entre l'Échelle DSH et les antécédents en matière de santé mentale qu'avec les résultats d'une évaluation des symptômes dépressifs fondée sur une entrevue.

La présente étude examine la validité convergente de l'Échelle DHS chez les femmes incarcérées dans des établissements fédéraux au moyen de son association avec des instruments bien connus et validés, comme l'Inventaire de dépression de Beck (IDB-II; Beck, Steer et Brown [1996]) et l'Échelle de désespoir de Beck (BHS; Beck et Steer [1988]). Le rapport présentera aussi des lignes directrices concernant des fourchettes normatives pour les échelles qui font partie de l'Échelle DHS afin d'aider à l'interprétation des résultats lorsqu'elles seront utilisées pour les détenues.

Méthodologie

Participantes

Premier échantillon

Les données pour le premier échantillon ont été fournies par 100 femmes sous responsabilité fédérale incarcérées à l'Établissement Grand Valley dans la région de l'Ontario (= 66) et à l'Établissement Joliette dans la région du Québec (n = 34). L'échantillon se composait en grande partie de Blanches (70 %); 11 % des membres de l'échantillon étaient autochtones. L'âge moyen des participantes était de 37,7 ans (É.-T. = 10,9) et variait de 20 à 67 ans. Vingt-sept (27 %) femmes ont indiqué qu'elles avaient déjà souffert de problèmes psychiatriques, le plus courant étant la dépression (n = 13). Vingt-sept (27 %) ont dit qu'elles prenaient des médicaments psychotropes au moment de l'étude.

Deuxième échantillon

Le SCC a mis en œuvre récemment une procédure d'évaluation nationale pour dépister les troubles mentaux chez les délinquants sous responsabilité fédérale nouvellement incarcérés. L'évaluation comprend deux tests psychologiques : le Bref inventaire des symptômes (BSI) et l'Échelle DHS ainsi que l'Échelle d'illusion sur soi-même de Paulhus. Les données recueillies au moyen d'un test crayon-papier à partir du SIDTMEI constituaient le deuxième échantillon. Ces données provenaient de trois établissements pour femmes : l'Établissement d'Edmonton pour femmes dans la région des Prairies (n = 46), l'Établissement Grand Valley dans la région de l'Ontario (n = 59) et l'Établissement Nova dans la région de l'Atlantique (n = 17). L'âge moyen des femmes s'établissait à 34,9 ans (É.-T. = 11,2) et variait de 19 à 63 ans.

Façon de procéder/approche analytique

Premier échantillon

Deux adjoints à la recherche ont reçu une formation sur l'administration d'une entrevue structurée et les auto-évaluations sous forme de bilan. Des détenues ont été recrutées au moyen de la sensibilisation générale à l'étude dans l'établissement (affiches et avis du comité des détenues) et de la sollicitation directe des chercheurs. Toutes les volontaires ont donné leur consentement éclairé par écrit et de vive voix.

Deuxième échantillon

Des statistiques descriptives pour les mesures de l'étude sont présentées ainsi que des analyses de corrélation aux fins de la validité comparative. Des tests T ont servi à comparer les scores des échelles pour les deux échantillons. Des scores standardisés (scores T) ont été calculés au moyen de la formule 10[Xi – M]/s] + 50, où Xi est le score observé, M est la moyenne de l'échelle et s est l'écart-type des scores de l'échelle. Ce calcul donne un score standardisé avec une moyenne de 50 et un écart-type de 10.

Mesures/matériel

Premier échantillon

Échelle de mesure de l'état dépressif, du désespoir et du suicide (DHS; Mills et Kroner [2003]). L'Échelle DHS est un instrument de 39 questions conçu pour dépister les facteurs de risque de dépression, de désespoir et de suicide. L'Échelle DHS comprend une échelle de mesure de l'état dépressif (17 questions), une échelle de mesure du désespoir (10 questions) et une liste de contrôle des éléments critiques (12 questions). Il faut répondre à toutes les questions en indiquant si l'on est d'accord ou non. Il a été montré que l'Échelle DHS est aussi efficace qu'une entrevue ou un examen du dossier pour le dépistage des détenus qui ont déjà eu un comportement suicidaire et des détenus en détresse (Mills et Kroner [2005]).

Bref inventaire des symptômes (inventaire BSI; Derogatis [1993]). L'inventaire BSI est une auto-évaluation en 53 éléments et une mesure multidimentionnelle de la détresse psychologique. Cette échelle a été conçue pour évaluer les symptômes des problèmes psychologiques. Le test est fondé sur neuf dimensions des symptômes primaires : somatisation, trouble obsessionnel-compulsif, sensibilité interpersonnelle, anxiété, hostilité, anxiété phobique, mode de pensée persécutoire et psychoticisme. Les éléments sont évalués selon une échelle en cinq points allant de 0 (aucune détresse) à 4 (détresse extrême) (Aroian, Gianan, Levin et Patsdaughter [1995]). L'inventaire BSI fournit des normes distinctes pour les malades psychiatriques adultes externes ou hospitalisés des deux sexes ainsi que ceux qui ne sont pas des patients. La mesure a montré une cohérence interne (α = 0,76 à 0,89) et une fiabilité satisfaisantes (Boulet et Boss [1991]).

Profil de l'humeur (POMS; Lorr, McNair, Heuchert et Droppleman [2003]). Le Profil de l'humeur (POMS) est une auto-évaluation de 65 questions qui mesure l'humeur du participant. On demande aux participants d'indiquer leur humeur pendant trois périodes différentes : pendant la semaine précédente, maintenant ou pendant une certaine période indiquée en remplissant un espace vierge. Six facteurs d'humeur peuvent être relevés et mesurés au moyen du profil POMS : tension-anxiété, dépression-découragement, colère-hostilité, vigueur-activité, fatigue-inertie et confusion-perplexité. Une étude a démontré que le profil POMS est cohérent sur le plan interne et possède une structure factorielle stable (Norcross, Guadagnoli et Prochaska [2006]).

Inventaire de dépression de Beck (IDB-II; Beck, Steer et Brown [1996]). L'IDB-II est un questionnaire d'auto-évaluation de 21 questions qui sert à évaluer la gravité des symptômes de dépression. La gravité des symptômes dépressifs dans l'IDB est classée de 0 à 3. L'IDB-II est une version révisée de l'IDB antérieur, qui a été modifié pour être plus conforme aux critères du DSM-IV concernant l'état dépressif grave. Des études ont confirmé la validité et la fiabilité de l'IDB (p. ex. Beck, Steer et Garbin [1988]; Gallagher, Nies et Thompson [1982]; Lightfoot et Oliver [1985]; Oates-Johnson et DeCourville [1999]) et, plus récemment, de l'IDB-II (Whisman, Perez et Ramel [2000]).

Échelle de désespoir de Beck (BHS; Beck et Steer [1988]). L'Échelle BHS est un questionnaire d'auto-évaluation qui contient 20 éléments de type vrai ou faux permettant d'évaluer les pensées ou les sentiments au sujet de l'avenir. La stabilité de l'Échelle BHS a été mise à l'épreuve au moyen d'un test-retest, et sa fiabilité a été jugée satisfaisante (Holden et Fekken [1988]). On a montré que l'Échelle BHS est une mesure valide en milieu carcéral (Power et Beveridge [1990]; cités dans Biggam et Power [1999]) et dans la population générale (Greene [1981]).

Deuxième échantillon

Les données obtenues du SIDTMEI pour le deuxième échantillon provenaient de l'Échelle DHS et de l'inventaire BSI, décrits plus haut.

Résultats

Premier échantillon

Les statistiques descriptives des mesures de l'étude figurent au tableau 1. La cohérence interne des échelles, représentée par les coefficients de fiabilité alpha, est considérée comme variant de bonne à excellente pour les mesures employées. La fiabilité interne des échelles DHS de mesure de l'état dépressif et du désespoir était excellente et conforme à celle des échelles de Beck. Les scores moyens de l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif (M = 5,3) et de l'échelle DHS de mesure du désespoir (M = 1,9) étaient supérieurs à la moyenne de l'échantillon de détenus à partir duquel les échelles ont été validées à l'origine (M = 2,8 et M = 0,6 respectivement).

Les données recueillies dans le premier échantillon provenaient de l'Inventaire de dépression de Beck (IDB-II; Beck, Steer et Brown [1996]) et de l'Échelle de désespoir de Beck (BHS; Beck et Steer [1988]). Ces deux échelles, qui ont beaucoup servi en milieu clinique et dans le cadre de recherches, sont considérées comme des indices valides de leurs concepts respectifs. L'administration simultanée de ces mesures a permis d'examiner la corrélation directe entre les échelles DHS et les échelles de Beck, et comment les échelles DHS et les échelles de Beck se comparent à d'autres mesures de l'affect et de la santé mentale (p. ex. Bref inventaire des symptômes (inventaire BSI) et Profil de l'humeur (POMS)). Le tableau 2 présente ces corrélations. L'échelle DHS de mesure de l'état dépressif était associée davantage à l'IDB que l'Échelle de désespoir de Beck, et l'échelle DHS de mesure du désespoir était associée davantage à l'Échelle BHS que l'IDB. En général, il y avait des corrélations allant de modérées à fortes entre les échelles DHS et de Beck et les mesures de l'affect négatif de l'inventaire BSI et du profil POMS, les corrélations les plus fortes étant entre ces mesures et des mesures connexes semblables de l'état dépressif de l'inventaire BSI (état dépressif) et du profil POMS (dépression-découragement). Le tableau 2 montre qu'il y avait des relations très semblables entre l'Échelle DHS et les échelles de Beck, d'une part, et l'inventaire BSI et le profil POMS, d'autre part. Par exemple, l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif et l'IDB affichaient une corrélation plus forte avec l'échelle de mesure de la somatisation de l'inventaire BSI que les échelles DHS de mesure du désespoir et BHS. De même, les corrélations négatives plus faibles entre les échelles de Beck et les échelles de mesure de la vigueur-activité et de l'amitié du profil POMS étaient conformes aux mêmes relations que les échelles DHS avaient avec les mesures du profil POMS.

Tableau 1
Statistiques descriptives des mesures de l'étude pour le premier échantillon (n = 97-99)
  Moyenne É.-T. Fourchette Alpha
DHS
État dépressif 5,3 4,8 0-17 0,90
Désespoir 1,9 2,8 0-10 0,90
Bref inventaire des symptômes (BSI)
Somatisation 0,88 0,86 0-3,3 0,85
Trouble obsessionnel-compulsif 1,2 1,0 0-4,0 0,88
Sensibilité interpersonnelle 1,0 1,0 0-4,0 0,85
État dépressif 0,92 0,90 0-3,7 0,88
Anxiété 0,98 0,91 0-3,3 0,79
Hostilité 0,70 0,91 0-4,0 0,89
Anxiété phobique 0,90 1,4 0-9,4 0,88
Mode de pensée persécutoire 1,2 0,90 0-3,8 0,78
Psychoticisme 1,1 1,5 0-12 0,81
Profil de l'humeur (POMS)
Tension-anxiété 12,2 7,5 2-36 0,83
Dépression-découragement 15,5 12,7 0-56 0,93
Colère-hostilité 10,8 10,6 0-48 0,93
Vigueur-activité 16,6 7,3 1,32 0,88
Fatigue 8,6 7,1 0-28 0,92
Confusion 10,8 5,1 3-32 0,74
Amitié 17,9 4,9 7-28 0,72
Inventaire de dépression de Beck (IDB) 15,8 11,5 0-46 0,92
Échelle de désespoir de Beck (BHS) 4,5 3,6 1-17 0,83
Tableau 2
Validités comparatives convergentes et discriminantes pour le premier échantillon (n = 90-91)
  Échelles DHS Échelles de Beck
  État dépressif Désespoir État dépressif Désespoir
DHS
État dépressif   0,79Note de bas de page*** 0,77Note de bas de page*** 0,66Note de bas de page***
Désespoir     0,70Note de bas de page *** 0,81Note de bas de page ***
Bref inventaire des symptômes
Somatisation 0,40Note de bas de page*** 0,21 0,43Note de bas de page*** 0,14
Trouble obsessionnel-compulsif 0,65Note de bas de page*** 0,53Note de bas de page*** 0,64Note de bas de page*** 0,41Note de bas de page***
Sensibilité interpersonnelle 0,55Note de bas de page*** 0,54Note de bas de page*** 0,55Note de bas de page*** 0,45Note de bas de page***
État dépressif 0,78Note de bas de page*** 0,73Note de bas de page*** 0,78Note de bas de page*** 0,60Note de bas de page***
Anxiété 0,53Note de bas de page*** 0,38Note de bas de page*** 0,62Note de bas de page*** 0,31Note de bas de page**
Hostilité 0,53Note de bas de page*** 0,52Note de bas de page*** 0,55Note de bas de page*** 0,44Note de bas de page***
Anxiété phobique 0,48Note de bas de page*** 0,22Note de bas de page* 0,31Note de bas de page** 0,17
Mode de pensée persécutoire 0,63Note de bas de page*** 0,54Note de bas de page*** 0,64Note de bas de page*** 0,48Note de bas de page***
Psychoticisme 0,71Note de bas de page*** 0,64Note de bas de page*** 0,45Note de bas de page*** 0,56Note de bas de page***
Profil de l'humeur (POMS)
Tension-anxiété 0,59Note de bas de page*** 0,46Note de bas de page*** 0,6Note de bas de page*** 0,46Note de bas de page***
Dépression-découragement 0,71Note de bas de page*** 0,68Note de bas de page*** 0,77Note de bas de page*** 0,60Note de bas de page***
Colère-hostilité 0,55Note de bas de page*** 0,54Note de bas de page*** 0,61Note de bas de page*** 0,52Note de bas de page***
Vigueur-activité -0,38Note de bas de page*** -0,31Note de bas de page** -0,35Note de bas de page** -0,20
Fatigue 0,65Note de bas de page*** 0,49Note de bas de page*** 0,72Note de bas de page*** 0,45Note de bas de page***
Confusion 0,56Note de bas de page*** 0,50Note de bas de page*** 0,52Note de bas de page*** 0,44Note de bas de page***
Amitié -0,26Note de bas de page* -0,27Note de bas de page* -0,22Note de bas de page* -0,34Note de bas de page**

Note de bas de page

Nota.

Note de bas de page*

p < .05,

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Note de bas de page**

p < .01;

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Note de bas de page***

p < .001

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Deuxième échantillon

Les statistiques descriptives pour les données recueillies à partir du deuxième échantillon à l'admission (SIDTMEI) figurent au tableau 30, Dans cet exemple, seules les données de l'Échelle DHS et de l'inventaire BSI étaient disponibles. Selon l'examen visuel, la moyenne de l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif semble plus élevée dans cet échantillon que la moyenne du premier échantillon, alors qu'il y a un écart plus faible dans les scores de l'échelle DHS de mesure du désespoir entre le premier et le deuxième échantillon. La signification statistique des écarts moyens est testée plus loin dans le présent rapport. La cohérence interne mesurée par les coefficients de fiabilité alpha varie de bonne à excellente et est conforme à celle du premier échantillon. Tout comme pour le premier échantillon, il y avait de fortes corrélations entre les des échelles DHS de mesure de l'état dépressif et du désespoir et les échelles de l'inventaire BSI (tableau 3).

Tableau 3
Statistiques descriptives pour le deuxième échantillon (n = 117-120)
  Moyenne É.-T. Fourchette Alpha Corrélations avec l'Échelle DHS
DHS         État dépressif Désespoir
État dépressif 7,7 4,2 0-16 0,82 - 0,72
Désespoir 2,2 2,6 0-10 0,84 0,72 -
Bref inventaire des symptômes            
Somatisation 0,91 0,9 0-3,7 0,87 0,51 0,39
Trouble obsessionnel-compulsif 1,5 1,1 0-4 0,86 0,62 0,50
Sensibilité interpersonnelle 1,3 1,1 0-4 0,85 0,60 0,51
État dépressif 1,3 1,0 0-4 0,85 0,66 0,58
Anxiété 1,3 1,0 0-4 0,87 0,63 0,49
Hostilité 0,68 0,7 0-3,6 0,80 0,49 0,40
Anxiété phobique 0,66 0,85 0-3,2 0,80 0,52 0,52
Mode de pensée persécutoire 1,3 0,98 0-3,8 0,78 0,59 0,51
Psychoticisme 1.2 0,95 0-3,8 0,73 0,66 0,61

Nota : Toutes les corrélations étaient au niveau p< 0,001.

Facteurs de risque de suicide – Les éléments essentiels de l'Échelle DHS

En plus des échelles de mesure de l'état dépressif et du désespoir, l'Échelle DHS comprend 12 éléments (éléments critiques) relatifs au comportement suicidaire, notamment des éléments concernant un diagnostic antérieur d'état dépressif (prévalence sur toute la vie), les membres de la famille ou amis intimes qui se sont suicidés ainsi que les incidents antérieurs d'automutilation et les idées suicidaires actuelles. Ces éléments sont présentés au tableau 4 avec le taux de confirmation de la part des détenues du premier et du deuxième échantillon. De plus, les taux de confirmation, de la part des détenus de sexe masculin, des éléments tirés de l'échantillon de validation original sont présentés aux fins de comparaison. Le tableau 4 indique qu'il y a peu de différence entre les deux échantillons de détenues, sauf peut-être dans le cas des idées plus récentes d'automutilation dans le premier échantillon. Dans l'ensemble, les faibles taux de confirmation ne permettent pas de tirer des conclusions fermes à partir de ces constatations. Toutefois, il y a une tendance claire chez les détenues des deux échantillons à confirmer un plus grand nombre de ces éléments critiques que chez les hommes.

Tableau 4
Taux de confirmation comparatifs (%) des éléments critiques
  Premier échantillon de détenues
n = 99
Deuxième échantillon de détenues
n = 120
Étude de validation des détenus Note de bas de page*
n = 272
On a diagnostiqué que j'étais déprimé(e) par le passé. 48 50 20
Certains de mes amis intimes ou des membres de ma famille se sont suicidés. 31 36 13
Le suicide n'est pas une solution pour moi. (-) 11 8 5
J'ai déjà songé sérieusement à me suicider. 28 31 15
Je me suis infligé intentionnellement des blessures. 31 25 10
Si la situation s'aggrave, le suicide est toujours une possibilité. 8 3 2
J'ai déjà tenté de me suicider. 28 24 16
J'ai déjà tenté de me suicider plus d'une fois. 24 18 9
J'ai tenté de me suicider au cours des deux dernières années. 12 13 4
J'ai songé récemment à m'infliger des blessures. 11 3 1
La vie ne vaut pas la peine d'être vécue. 9 2 1
J'ai un plan pour m'infliger des blessures. 3 0 0

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Nota : * D'après Mills et Kroner [2003]

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Comparaisons entre le premier échantillon et le deuxième échantillon

Des analyses ont été effectuées pour déterminer s'il y avait des écarts significatifs entre les scores résultant des mesures du premier échantillon (détenues incarcérées depuis un certain temps) et du deuxième échantillon (détenues nouvellement admises dans un établissement fédéral). Ces résultats figurent au tableau 5. Comme il a été indiqué précédemment, les scores de l'Échelle DHS pour les délinquantes admises dans une prison de comté aux États-Unis étaient beaucoup plus élevés que ceux des détenus de sexe masculin au Canada. Une question importante à se poser est la suivante : ces différences sont-elles attribuables au sexe ou au moment où elles ont été mesurées? Des tests t ont été effectués pour comparer les scores de l'Échelle DHS et ceux de l'inventaire BSI entre les deux échantillons. Il y avait des écarts significatifs au niveau p < 0,001 pour les échelles de mesure de l'état dépressif seulement. Un écart plus faible, mais significatif, a été constaté dans le cas de la mesure de l'anxiété de l'inventaire BSI. En général, les résultats semblent montrer que les deux échantillons ne différaient pas de manière significative en ce qui concerne les niveaux de désespoir et d'autres dimensions des symptômes de maladie mentale, mais il y a une augmentation claire des symptômes de dépression à l'admission (deuxième échantillon) comparativement à la période d'incarcération ultérieure (premier échantillon). Il importe aussi de noter qu'il n'y avait aucun écart significatif entre les deux échantillons de détenues en ce qui concerne le comportement suicidaire antérieur ou d'autres éléments critiques.

Tableau 5
Comparaisons entre le premier échantillon et le deuxième échantillon
  Premier
échantillon
n = 93-97
Deuxième
échantillon
n = 117-121
   
  Moyenne Moyenne t p
DHS
État dépressif 5,3 7,7 3,6 Note de bas de page***
Désespoir 1,9 2,2 1,4 n. s.
Bref inventaire des symptômes (BSI)        
Somatisation 0,88 0,91 0,20 n. s.
Trouble obsessionnel-compulsif 1,2 1,5 1,8 n. s.
Sensibilité interpersonnelle 1,0 1,3 1,5 n. s.
État dépressif 0,92 1,3 3,2 Note de bas de page**
Anxiété 0,98 1,3 2,3 Note de bas de page*
Hostilité 0,70 0,68 0,20 n. s.
Anxiété phobique 0,90 0,66 1,4 n. s.
Mode de pensée persécutoire 1,2 1,3 1,5 n. s.
Psychoticisme 1,1 1,2 0,70 n. s.

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Nota.

Note de bas de page *

p < .05,

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p < .01;

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p < .001

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Selon les résultats de ces comparaisons, les scores de l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif sont plus élevés à l'admission qu'après une période d'incarcération. Aucun écart significatif n'a été observé pour l'échelle DHS de mesure du désespoir. En raison de ces constatations, des normes distinctes ont été établies d'après les échantillons respectifs pour l'échelle DHS de mesure de l'état dépressif à utiliser à l'admission et après une période d'incarcération. Les normes pour l'échelle de mesure du désespoir sont fondées sur les échantillons combinés. Ces normes sont présentées au tableau 6. Les zones ombrées en gris sont supérieures de plus d'un point d'écart-type à la moyenne.

Tableau 6
Fourchettes d'interprétation de l'échelle DHS selon les scores T
  Échelle DHS (état dépressif) Échelle DHS (désespoir)
Score brut À l'admission Pendant l'incarcération  
17 72 74  
16 70 72  
15 67 70  
14 65 68  
13 63 66  
12 60 64 88
11 58 62 84
10 55 60 80
9 53 58 76
8 51 56 73
7 48 54 69
6 46 51 65
5 44 49 61
4 41 47 58
3 39 45 54
2 36 43 50
1 34 41 46
0 32 39 43

Analyse

Les résultats de la présente étude corroborent la validité conceptuelle de l'Échelle DHS pour les détenues tout comme ce qui a été fait pour les détenus de sexe masculin et précisent davantage les fourchettes d'interprétation normatives des échelles. La validité conceptuelle de l'Échelle DHS s'appuie sur la relation des échelles avec des instruments bien connus et largement utilisés de mesure des mêmes concepts d'état dépressif et de désespoir. De plus, la comparaison des échelles DHS et des échelles de Beck avec d'autres mesures de l'affect négatif a suivi une tendance très semblable, ce qui indique que la représentation de l'état dépressif et du désespoir mesurés par les échelles DHS était semblable à celle des échelles de Beck.

Les constatations de notre étude indiquent également que la symptomatologie dépressive varie au fil du temps à mesure que les femmes s'adaptent à l'incarcération. Nous avons tenté de définir la cause possible de ces différences dans les normes applicables aux détenues en les comparant aux détenus de sexe masculin et en comparant les résultats des femmes évaluées à l'admission et ceux des femmes évaluées après une période d'incarcération. Il semblerait que les détenues manifestent plus de symptômes de dépression et de constructs cognitifs du désespoir que les détenus (premier échantillon de détenues comparativement à un échantillon d'hommes nouvellement admis), et que les détenues à l'admission, qui doivent s'adapter à l'incarcération, manifestent plus de symptômes de dépression que celles qui sont incarcérées depuis un certain temps. Il semble donc y avoir un écart temporel et entre les sexes dans les taux de confirmation des éléments des échelles DHS de mesure de l'état dépressif et du désespoir. Ces écarts temporels de l'échelle de mesure de l'état dépressif ne sont pas observés pour d'autres symptômes liés à la santé mentale. Toutefois, même les taux de confirmation élevés des détenues sous responsabilité fédérale à l'admission (deuxième échantillon) n'étaient pas aussi élevés que ceux des délinquantes admises dans une prison de comté des États-Unis. Cet écart peut également être attribuable au stress lié à l'arrestation et à la détention, qui était plus proche de la période où l'Échelle DHS a été administrée dans la prison de comté que lorsque l'Échelle DHS a été administrée aux détenues dans le SIDTMEI.

Pour interpréter les échelles DHS dans le cas des détenues, il faut connaître leurs comportements suicidaires antérieurs. Des études menées auprès de détenus de sexe masculin montrent que ceux qui ont déjà tenté de suicider et qui présentent actuellement des symptômes de dépression et(ou) de construct cognitif de désespoir sont également plus susceptibles d'avoir des idées suicidaires (Mills et Kroner [2008]). Il est important de souligner que les idées suicidaires ne sont pas synonymes d'intention suicidaire, et que les constatations étaient fondées sur les détenus qui étaient prêts à admettre avoir des idées suicidaires. Néanmoins, intervenir auprès des individus qui sont susceptibles d'avoir des idées suicidaires constitue une bonne pratique clinique.

Conclusions

Nos constatations corroborent la validité conceptuelle des échelles DHS auprès des femmes incarcérées. Elles confirment que les détenues indiquent plus souvent qu'elles ont des comportements suicidaires que les détenus de sexe masculin et qu'elles manifestent plus de symptômes de dépression et de construct cognitif de désespoir. De plus, selon nos constatations, plus de symptômes dépressifs sont évidents pendant la période d'adaptation des femmes à l'incarcération, ce qui donne à penser que différentes fourchettes normatives peuvent être nécessaires pour permettre de déterminer les niveaux relatifs de symptômes dépressifs. Les constructs cognitifs de désespoir ne semblent pas être influencés de la même manière par les problèmes d'adaptation dans les deux échantillons que nous avons examinés. Conformément aux études antérieures chez les détenus de sexe masculin, il faut interpréter les échelles DHS de mesure de l'état dépressif et du désespoir dans un contexte écologique et connaître, en particulier, les antécédents de comportements suicidaires de l'individu.

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