La prévalence des troubles mentaux chez les délinquants sous responsabilité fédérale nouvellement admis : régions de l’Atlantique, de l’Ontario et du Pacifique

Mots clés

prévalence des troubles mentaux, délinquants, troubles concomitants

Ce que cela signifie

À l’admission, un pourcentage élevé des délinquants sous responsabilité fédérale de sexe masculin présente des troubles liés à la consommation d’alcool et d’autres substances ou un trouble de la personnalité antisociale. En outre, plus de 35 % de ces délinquants satisfont aux critères associés à au moins un autre trouble mental, indiquant des taux élevés de comorbidité. En raison du degré de déficience qu’entraînent ces troubles mentaux, un grand nombre des délinquants atteints doivent surmonter des obstacles importants qui nuiront à leur capacité de mener à bien leur plan correctionnel et de réussir leur réinsertion sociale après leur mise en liberté. Nombre d’entre eux auront besoin d’interventions destinées à atténuer leurs facteurs criminogènes et leurs problèmes de santé mentale.

Ce que nous avons constaté jusqu'à maintenant

Les taux de prévalence les plus élevés enregistrés pour les troubles mentaux de l’Axe I dans les trois régions sont ceux qui concernent les troubles liés soit à la consommation d’alcool ou d’autres substances, qui se situaient entre 43 % et 60 %. Des taux de prévalence semblables ont été observés dans les régions pour les diagnostics actuels d’état de stress post traumatique et de trouble panique (qui font partie de la catégorie des troubles anxieux) et pour les diagnostics de jeu pathologique. Des analyses supplémentaires ont révélé que plus de 40 % des délinquants répondaient aux critères associés au diagnostic d’un autre trouble que la toxicomanie ou le trouble de la personnalité antisociale.

On a aussi évalué les délinquants qui avaient eu un diagnostic antérieurement ou qui étaient diagnostiqués actuellement afin de déterminer leur degré de déficience fonctionnelle selon l’Échelle d'évaluation globale du fonctionnement (GAF). Presque 60 % des délinquants qui ont actuellement un diagnostic pour une des catégories présentes selon les cotes marquées, un résultat sur le GAF dans l’intervalle d’aucune déficience de fonctionnement à une déficience modérée. Ce sont les délinquants atteints de psychose et de trouble de la personnalité limite qui présentent le degré de déficience le plus élevé.

Taux de prévalence pour les diagnostics actuels de troubles mentaux (N = 588)
Catégories de troubles Atlantique
n = 154
%
Ontario
n = 296
%
Pacifique
n = 138
%
Troubles de l’humeur 18,8 16,6 15,2
Psychose primaire 6,5 3,4 2,2
Troubles liés à la consommation d’alcool ou d’autres substances 50,0 42,9 60,1
Troubles anxieux 29,9 34,5 30,4
Troubles de l'alimentation 0,0 0,0 3,6
Jeu pathologique 7,1 5,1 8,7
Trouble de la personnalité limite 11,0 15,2 23,9
Trouble de la personnalité antisociale 54,5 36,5 63,8

Pourquoi nous effectuons cette étude

La Direction de la santé mentale a besoin d’information sur la prévalence des troubles graves de santé mentale chez les délinquants sous responsabilité fédérale nouvellement admis afin de prévoir leurs besoins sur le plan des traitements, des interventions et des programmes. Des travaux de recherche antérieurs ont révélé que les troubles mentaux étaient plus fréquents chez les délinquants que dans les échantillons constitués dans la collectivité, et des données indiquent que les taux pourraient augmenter au sein des populations carcérales.

Ce que nous faisons

La présente étude vise à déterminer les taux de prévalence des troubles graves de santé mentale chez les délinquants de sexe masculin nouvellement admis dans un établissement du Service correctionnel du Canada (SCC) en ayant recours à l’entrevue clinique structurée pour les troubles de l’Axe I et de l’Axe II du DSM (SCID I et SCID II). Les troubles évalués sont les suivants : 1) troubles de l’humeur; 2) psychose; 3) troubles liés à la consommation de substances ; 4) troubles anxieux; 5) troubles de l'alimentation; 6) jeu pathologique; 7) trouble de la personnalité antisociale et 8) trouble de la personnalité limite. Des estimations ont été obtenues pour les taux de prévalence associés à des diagnostics antérieurs et actuels (c. à d. au cours du mois précédent). Pendant six mois, on a communiqué avec tous les délinquants admis aux centres de réception des régions de l’Atlantique, du Pacifique et de l’Ontario qui étaient incarcérés par suite d’un nouveau mandat de dépôt pour leur demander s’ils consentaient à participer à l’entrevue diagnostique. Des dispositions sont prises pour étendre la collecte à l’échelle nationale, en ajoutant les régions des Prairies et du Québec.

Pour de plus amples renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche par courriel ou par téléphone au 613-995-3975

Vous pouvez également visiter le site Internet pour obtenir une liste complète des publications de recherche.

Préparé par : Janelle Beaudette