Gravité de la toxicomanie, libération discrétionnaire et réincarcération dans un établissement fédéral

Mots clés

toxicomanie, gravité, réincarcération, Questionnaire informatisé sur la toxicomanie (QIT)

Ce que cela signifie

Les délinquants qui ont de graves problèmes de toxicomanie réussissent moins dans la collectivité que ceux qui n'ont aucun problème de toxicomanie ou qui ont un problème mineur de toxicomanie. Les programmes de traitement de la toxicomanie offerts par le Service correctionnel du Canada (SCC) ciblent divers niveaux d'intensité selon la durée du programme; ces programmes permettent de réduire le risque de réincarcération des délinquants.Note de bas de page 1

Ce que nous avons constaté

Les délinquants ayant un problème de toxicomanie plus grave étaient moins susceptibles de se voir accorder une libération discrétionnaireNote de bas de page 2 et plus susceptibles d'être réincarcérés (voir le tableau). Parmi les délinquants réincarcérés, ceux qui n'avaient aucun problème de toxicomanie sont demeurés dans la collectivité presque un mois de plus que ceux qui avaient un problème important ou grave de toxicomanie. La plupart des réincarcérations étaient attribuables à  une révocation sans infraction (voir la figure). Les délinquants ayant un problème important ou grave de toxicomanie étaient plus susceptibles de commettre une nouvelle infraction (avec ou sans violence).

Pourquoi nous avons effectué cette étude

En tout, de 70 à  80 % des délinquants sous responsabilité fédérale ont un problème de toxicomanie connu.Note de bas de page 3 La présente étude visait à  déterminer si la gravité de la toxicomanie avait une incidence sur la réussite de la mise en liberté sous condition.

Ce que nous avons fait

On a fait le suivi de 12 935 hommes ayant rempli le Questionnaire informatisé sur la toxicomanie (QIT) à  l'admission afin d'examiner le lien entre la gravité de la toxicomanie et le type de mise en liberté, le temps passé dans la collectivité et la réincarcération.Note de bas de page 4 Ce suivi a duré au plus 18 mois,Note de bas de page 5 de la date de la mise en liberté jusqu'à  la fin de la peine.

Type de mise en liberté, réincarcération et gravité de la toxicomanie
Gravité du problème de toxicomanie Libération discrétionnaire Réincarcération
(Suivi de 18 mois)
Jours passés dans
la collectivité
(délinquants réincarcérés)
% (n) % (n) M (SD)
Aucun (n = 3,832) 55 (2,093) 23 (891) 222 (115)
Faible (n = 3,976) 49 (1,937) 34 (1,336) 214 (110)
Modéré (n = 2,011) 45 (898) 47 (939) 206 (104)
Important/grave
(n = 3,116)
36 (1,115) 54 (1,695) 197 (103)
Échantillon total
(N = 12,935)
47 (6,043) 38 (4,861) 208 (108)
Motif de la réincarcération selon la gravité du problème de toxicomanie Cette figure compare le motif de la réincarcération (révocation sans infraction ou révocation avec infraction sans violence ou avec violence) selon la gravité de la toxicomanie. Les délinquants ayant un problème important ou grave de toxicomanie étaient plus susceptibles d'être réincarcérés, quel qu'en soit le motif. Parmi les délinquants ayant un problème important ou grave de toxicomanie, 44 % ont été réincarcérés en raison d'une révocation sans infraction, 8 % en raison d'une nouvelle infraction sans violence et 2 % en raison d'une infraction avec violence. Parmi les délinquants ayant un problème modéré de toxicomanie, 39 % ont été réincarcérés en raison d'une révocation sans infraction, 6 % en raison d'une nouvelle infraction sans violence et 1 % en raison d'une infraction avec violence. En ce qui concerne les délinquants ayant un faible problème de toxicomanie, 26 % ont été réincarcérés en raison d'une révocation sans infraction, 4 % en raison d'une nouvelle infraction sans violence et 1 % en raison d'une infraction avec violence. Les délinquants n'ayant aucun problème de toxicomanie connu étaient les moins susceptibles d'être réincarcérés, quel qu'en soit le motif : 20 % ont été réincarcérés en raison d'une révocation sans infraction, 3 % en raison d'une nouvelle infraction sans violence et 1 % en raison d'une infraction avec violence.

Grapic

Pour de plus amples renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche par courriel ou par téléphone au 613-995-3975

Vous pouvez également visiter le site Internet pour une liste complète des publications de recherche.

Préparé par : Shanna Farrell MacDonald

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Doherty, S., M. Ternes et F. Matheson. (2014) Examen de l’efficacité du Programme national de traitement de la toxicomanie ’ intensité élevée (PNTT-IE) sur l’adaptation au milieu carcéral et les résultats post-libératoires, (rapport de recherche R-290). Ottawa (Ontario), Service correctionnel du Canada.

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Notes de bas de page

Note de bas de page 2

Le type de mises en liberté inclut des libérations discrétionnaires (c.-à -d. semi liberté ou libération conditionnelle totale) et non discrétionnaires (c.-à -d. libération d'office).

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Notes de bas de page

Note de bas de page 3

Grant, B. A., D. Kunic, P. MacPherson, C. McKeown et E. Hansen (2003) Le Programme intensif de traitement de la toxicomanie (PITT) : résultats des programmes pilotes (rapport de recherche R-140).Ottawa (Ontario), Service correctionnel du Canada.

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Notes de bas de page

Note de bas de page 4

Les évaluations du QIT ont été effectuées entre avril 2006 et  mars 2011. Les délinquants dans la région du Pacifique sont sous représentés dans cet échantillon, car on a cessé d’administrer le QIT dans cette région en janvier 2010. L’administration du QIT a repris dans la région du Pacifique en février 2013.

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Notes de bas de page

Note de bas de page 5

Les résultats obtenus étaient similaires lorsqu’on a utilisé des périodes de suivi fixes de douze mois (N = 8 325) et de 18 mois (N = 4 994).

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