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Évaluation du programme Esprit du guerrier à l'intention des délinquantes

2006 No R-180

Amey Bell
Jillian Flight

Service Correctionnel du Canada

Mai 2006

REMERCIEMENTS

Les auteurs aimeraient remercier les personnes suivantes qui ont facilité l'évaluation du programme Esprit du guerrier : Doris Fortin (Direction générale des programmes, SCC), Patti Tait (Direction des initiatives pour les Autochtones, SCC), Randy Mason (Direction des initiatives pour les Autochtones, SCC), Kathy Dafoe (Secteur des délinquantes, SCC) et Joan Dunajski (administration régionale des Prairies, SCC).

Merci aux Native Counselling Services of Alberta, tout particulièrement à Patti LaBoucane-Benson et Randy Sloan, pour leur appui à cette évaluation.

Nous aimerions également exprimer notre reconnaissance aux personnes qui ont contribué à l'organisation et à la réussite des visites dans les différents établissements pour femmes : Clare McNab (directrice, Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci), Kim Ross (directrice de programmes, Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci), Janet Sue-Hamilton (directrice, EEF), Lil Kordic (coordonnatrice des programmes, Établissement d'Edmonton pour femmes), Orysia Boychuk (coordonnatrice par intérim des programmes, Établissement d'Edmonton pour femmes), Kelly Parnett (intervenante, Établissement de la vallée du Fraser), Dianne Brown (directrice, Établissement de la vallée du Fraser) et Jane Whiting (intervenante de programmes, Établissement de la vallée du Fraser).

Une note spéciale d'appréciation va aux participantes du programme Esprit du guerrier qui ont pris part aux entrevues individuelles et répondu aux sondages. Leurs commentaires demeurent une précieuse source d'information pour la recherche sur les délinquantes. Un grand merci également aux intervenantes du programme Esprit du guerrier : Jane Whiting, Giselle Wong, Vicki Whalen, Kelly Parnett, Holly Fossenauve, Sheree Thomson, Darlene Rude, Lisa Rainville et Nicki Franks. Leur dévouement et leur appui au programme sont remarquables et constituent la pierre angulaire de la réussite de celui-ci.

En dernier lieu, nous aimerions également remercier les personnes suivantes pour leur contribution à la collecte et à l'analyse des données : Kelley Blanchette, Kelly Taylor, Nicole Crutcher, Shannon Gottschall, Krista Richard, John Moore et Ben Vuong, toutes de la Direction de la recherche, du SCC.

RÉSUMÉ

Le programme Esprit du guerrier est un programme de prévention de la violence à l'intention des délinquantes autochtones. C'est un programme fondé sur la théorie cognitivo-comportementale qui cible les attitudes, les croyances et les comportements liés à la violence et à la colère. Le volet « guérison » du programme aide les femmes à analyser leurs actes de violence et à comprendre les problèmes de violence intergénérationnelle. En utilisant des stratégies d'intervention adaptées à la culture, ce programme vise à aider les femmes à remplacer la violence par des comportements plus sains et plus appropriés.

L'évaluation du programme Esprit du guerrier a été réalisée selon une approche multiméthodes comprenant un examen des dossiers des délinquantes, des sondages auprès des participantes, au début et à la fin du programme, des évaluations effectuées par les intervenantes, avant et après le déroulement du programme, des entrevues avec les intervenantes et les participantes, et des sondages auprès des membres du personnel. Les questions d'évaluation portaient principalement sur les objectifs, les ressources, la mise en œuvre, l'efficacité et les effets non intentionnels du programme. La collecte des données a débuté en octobre 2003 pour se terminer en mars 2005.

Les entrevues avec les participantes et les intervenantes ont permis de constater que les objectifs du programme Esprit du guerrier étaient clairs et uniques en leur genre. Le programme était décrit comme différent des autres programmes disponibles en raison de son approche globale axée sur la spiritualité et la guérison, de sa stratégie d'échanges en groupe et de son exploration intense et profonde des expériences de vie réelles. Tant les intervenantes que les participantes ont affirmé que le programme Esprit du guerrier avait donné des résultats très différents de ceux d'autres programmes.

Les intervenantes du programme ont accordé une note élevée à la formation dispensée par l'organisme Native Counseling Services of Alberta. La majorité des participantes au programme ont reconnu que les intervenantes étaient suffisamment formées pour exécuter le programme. Tant les intervenantes que les participantes étaient d'accord pour dire que les atouts des intervenantes étaient leur connaissance et leur compréhension de la culture autochtone, leurs aptitudes à bien animer le programme, des expériences de vie semblables à celles des participantes au programme et des traits de personnalité tels que l'honnêteté et le respect.

Le programme Esprit du guerrier a bénéficié d'un appui modéré du personnel des établissements. Selon les intervenantes du programme, les directrices des établissements et les Aînés ont fourni le meilleur appui possible au programme. Comme l'ont signalé les intervenantes du programme et les membres du personnel des établissements, il existait un certain niveau de résistance au programme. Inversement, le programme a reçu un solide appui interne des intervenantes et des participantes. Le soutien, la coopération et la confiance entre intervenantes et participantes ont obtenu une notation passablement élevée. Les participantes ont qualifié leur relation avec les intervenantes de positive et souligné en particulier la disponibilité des intervenantes pour des rencontres individuelles au besoin.

Comme il fallait s'y attendre, l'efficacité des huit composantes du programme a été mieux cotée par les participantes au programme et les intervenantes que par les membres du personnel qui n'y avaient pas participé. Selon les intervenantes et les participantes, les composantes les plus efficaces étaient la conscience de soi, la sensibilisation à la colère et la sensibilisation à la culture.

Les résultats obtenus par les intervenantes à l'aide de l'outil d'évaluation indiquent que les participantes ont beaucoup progressé dans leur conscience des aspects mental, émotif, physique et spirituel de la guérison. Le changement le plus marqué s'est produit dans le domaine émotif. Les résultats des entrevues avec les participantes ont confirmé ce changement favorable et montré que le changement le plus marqué pouvait être observé dans le domaine émotif.

Pour déterminer les changements survenus dans les domaines de l'estime de soi, de la colère et de la provocation, de l'efficacité personnelle et de l'influence interpersonnelle, trois tests normalisés ont été administrés aux participantes, au début et à la fin du programme. Les résultats obtenus à l'aide de l'Échelle d'évaluation de l'estime de soi de Rosenberg ont montré que les participantes avaient une plus grande estime de soi après avoir participé au programme. Les résultats obtenus à l'aide de l'Échelle de la colère de Novaco (Novaco Anger Scale) ont révélé une réduction du type et de l'intensité de la colère chez les délinquantes qui avaient participé au programme. La Batterie de mesure des sphères d'influence (Spheres of Control Battery) a permis de détecter, à la fin du programme, une augmentation importante du locus de contrôle interne chez les participantes.

Les effets imprévus du programme ont été largement positifs. Parmi les effets non escomptés mais positifs relevés par de nombreuses participantes, il faut mentionner une plus grande ouverture d'esprit et un rapprochement des autres, une meilleure compréhension des relations humaines et des comportements, ainsi que des sentiments et des émotions plus positifs. Trois participantes ont déclaré que le programme avait aussi eu des effets négatifs involontaires, notamment des conflits et incidents inattendus au sein du groupe.

Comme l'ont suggéré les intervenantes et les participantes, des améliorations de quatre ordres différents pourraient être apportées au programme. Les améliorations recommandées comprennent l'allongement de la durée du programme, l'ajout de séances au programme, un environnement offrant une meilleure protection de la vie privée et une sélection appropriée des intervenantes et des Aînés.

À la lumière des résultats de l'évaluation, des recommandations ont été formulées dans l'espoir d'améliorer la réussite actuelle du programme. Ces recommandations portent principalement sur les critères de sélection du programme, la formation des intervenantes, l'appui au programme et la communication, les objectifs du programme et le rôle des Aînés.

Les résultats préliminaires de l'évaluation du programme Esprit du guerrier sont extrêmement positifs et encourageants. L'approche axée sur la guérison holistique et l'intégration de cérémonies à caractère culturel semblent renforcer les avantages de ce programme. Ces résultats viennent confirmer que les programmes correctionnels doivent être adaptés au sexe et à la culture des personnes qui y participent. Des études ultérieures pourraient s'intéresser à la recherche de mesures plus appropriées à la culture ainsi qu'au suivi post-programme concernant la récidive et d'autres mesures de réinsertion sociale.

TABLE DES MATIÈRES

LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES

TABLEAUX

GRAPHIQUES

INTRODUCTION

C'est en 2001 qu'a été élaboré le programme Esprit du guerrier dans le but de prévenir la violence chez les délinquantes autochtones. Le Service correctionnel du Canada (SCC) tente ainsi de s'acquitter de son mandat en offrant aux délinquantes un programme adapté à leur culture et à leurs besoins particuliers qui facilitera leur réinsertion dans la collectivité. Pour déterminer l'efficacité du programme, à titre d'intervention correctionnelle auprès des délinquantes, les auteurs de ce rapport ont examiné différentes variables de processus et de résultats. Cette évaluation était fondée sur un cadre d'évaluation élaboré par la Direction de la recherche du SCC (Flight, 2003).

Survol historique des besoins des femmes autochtones en matière de programmes

Il est d'autant plus important de reconnaître les problèmes qui touchent les délinquantes autochtones qu'elles sont fortement surreprésentées dans le système correctionnel fédéral. Les Autochtones représentent environ trois pour cent de la population canadienne (Statistique Canada, 2001), mais quelque 19 % de la population carcérale fédérale et environ 28 % des femmes incarcérées dans les établissements fédéraux (Sécurité publique et Protection civile, 2004). De plus, la majorité des femmes autochtones (80 %) purgent une peine pour avoir commis des infractions avec violence (Sécurité publique et Protection civile Canada, 2004).

Le Discours du Trône de janvier 2001 reconnaissait qu'il était prioritaire de s'attaquer aux difficultés avec lesquelles les Autochtones étaient aux prises, en affirmant ce qui suit :

Le Canada doit s'employer à réduire sensiblement le pourcentage d'Autochtones aux prises avec l'appareil de justice pénale, de manière à niveler cette proportion avec la moyenne canadienne d'ici une génération. (Gouvernement du Canada, 2001).

La guérison des Autochtones, dans le contexte du Service correctionnel du Canada, a donc fait l'objet de nombreuses discussions, et l'importance de programmes spécifiques à leur intention a été mise en évidence. La recherche sur les programmes autochtones est souvent de nature anecdotique et fait ressortir la nécessité de continuer de réaliser des études de nature empirique en ce domaine. Cependant, les écrits existants donnent à penser que les programmes ordinaires, qui se sont révélés adéquats pour les délinquants non autochtones, ne conviennent pas toujours aux délinquants autochtones. En particulier, il semble que ces programmes réussissent moins bien à attirer des délinquants autochtones, que les délinquants autochtones sont moins nombreux à terminer ces programmes et à en retirer des bénéfices.

Un rapport de recherche signé Johnston (1997) a montré que les délinquants autochtones font davantage confiance à d'autres Autochtones, surtout aux chefs spirituels et aux Aînés. Johnston ajoute que les délinquants autochtones constituent un groupe spirituel exceptionnel et qu'ils attachent une grande importance à leurs traditions et à leur culture. On observe donc un degré élevé de participation aux activités culturelles autochtones, une attitude plus positive durant la période de participation et un désir de voir les possibilités s'accroître en ce domaine. Ces constatations confirment le caractère opportun et l'efficacité des programmes axés sur les besoins des Autochtones.

Moore, Low et Berland (2002) ont aussi insisté sur l'importance des programmes adaptés à la culture. Des entrevues dirigées avec 64 délinquants métis, s'informant de leurs besoins dans l'établissement, ont révélé que la moitié des répondants souhaitaient mieux connaître la culture métisse, que plus d'un quart d'entre eux réclamaient des programmes plus spécifiquement métis, et que 28 % d'entre eux voudraient que les intervenants de programmes soient des Métis. Ces résultats donnent à penser qu'une proportion substantielle des délinquants métis attachent de l'importance aux programmes adaptés à leur culture dans les établissements.

Dans le même ordre d'idées, une étude réalisée par Wormith et Oliver (2002) a examiné les facteurs qui contribuent à l'abandon du traitement correctionnel. Les participants comprenaient 93 délinquants violents qui avaient été dirigés vers un programme de traitement intensif au Centre psychiatrique régional, à Saskatoon. Les résultats ont révélé que les délinquants autochtones à risque très élevé étaient beaucoup moins nombreux que les délinquants non autochtones à risque aussi élevé à compléter le traitement (20 % et 67 % respectivement). De telles constatations rappellent les préoccupations exprimées concernant la capacité d'un programme de tenir compte des problèmes de réceptivité inhérents au patrimoine culturel de sa clientèle. À ce titre, l'importance d'une sensibilité accrue aux facteurs culturels qui peuvent réduire les taux d'abandon du traitement chez les délinquants autochtones a été soulignée.

Dans son rapport, le Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale (Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale, 1990), créé en 1989, indiquait que les femmes autochtones purgeant une peine de ressort fédéral étaient parmi les premières à souhaiter que des programmes et services soient élaborés et leur soient offerts par des organisations et collectivités autochtones. Le Groupe d'étude soutenait que seuls des Autochtones pouvaient concevoir et exécuter des programmes qui répondraient de manière appropriée aux besoins des Autochtones, et créer un climat de confiance pour ce Passablee. Il était également affirmé que les programmes ordinaires existants ne pouvaient atteindre les femmes autochtones et que seuls des Autochtones pouvaient vraiment connaître et comprendre les expériences des Autochtones.

Pour créer un programme expressément autochtone, un certain nombre d'hypothèses et de croyances inhérentes à la vision autochtone du monde doivent être prises en compte (Native Counseling Services of Alberta (NCSA), sans date). L'holisme, par exemple, est un concept commun à différents groupes et collectivités autochtones dans l'ensemble du Canada. Ce concept renvoie à une vision du monde qui reconnaît l'interdépendance de tous les aspects de la vie, tout étant relié. Plus particulièrement, l'holisme est un paradigme qui reconnaît les dimensions mentale, physique, émotive et spirituelle de toute personne et laisse entendre que toutes les parties de soi s'influencent les unes les autres. Lorsque appliqué dans le contexte de la guérison, l'holisme affirme que la guérison ne peut avoir lieu dans une seule dimension; pour qu'un changement réel et durable se produise chez elle, la personne doit travailler simultanément sur tous les aspects de sa vie et non sur un seul à fois (Krawll, 1994).

En mettant en lumière le besoin de programmes spécifiquement autochtones ainsi que la surreprésentation des délinquants autochtones dans le système correctionnel, les écrits existants ont incité le Service correctionnel du Canada à reconnaître la valeur d'approches correctionnelles adaptées aux besoins des Autochtones. La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC, 1992) exige que les programmes et pratiques mis en place respectent les différences culturelles et celles entre les hommes et les femmes et soient adaptés à ces différences, et que des occasions de pratiquer et revitaliser les traditions et coutumes culturelles soient offertes à tous de manière équitable. En conséquence, le SCC a facilité le déroulement de cérémonies spirituelles et culturelles dans les établissements, telles que la cérémonie du calumet, le jeûne religieux, la cérémonie de la suerie et la purification par les herbes sacrées (foin d'odeur, sauge et cèdre). La mise sur pied de pavillons autochtones de ressourcement, comme le pavillon Okimaw Ohci pour les femmes et le pavillon Willow Cree pour les hommes, et de programmes spécifiquement autochtones tels que Esprit du guerrier, pour les femmes, et En quête du guerrier en vous, pour les hommes, témoignent de cette évolution.

Esprit du guerrier : Aperçu du programme1

L'importance des programmes autochtones qui ciblent la violence est soulignée par le fait qu'un pourcentage plus élevé des délinquantes autochtones commettent des crimes avec violence comparativement à leurs homologues non autochtones (80 % et 50 % respectivement) (SPPCC, 2004). Après le succès remporté par En quête du guerrier en vous, un programme de prévention de la violence qui s'est révélé efficace pour les hommes autochtones détenus au Pénitencier de la Saskatchewan, il a été décidé de créer un modèle spécifique aux femmes, Esprit du guerrier.

En 2002, le programme Esprit du guerrier a fait l'objet d'un premier projet pilote avec des délinquantes incarcérées dans l'unité colocalisée dans le pénitencier de la Saskatchewan2. À l'époque de la collecte des données pour ce rapport (d'octobre 2003 à mars 2005), le programme avait été offert dix fois en tout, notamment au Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci (cinq fois), à l'Établissement d'Edmonton pour femmes (deux fois), au Pénitencier de la Saskatchewan (une fois), au Centre correctionnel pour femmes de Burnaby (une fois), et à l'Établissement de la vallée du Fraser pour femmes (une fois). Depuis sa création, le programme Esprit du guerrier a été suivi avec succès par 51 femmes.

Le programme Esprit du guerrier est un programme très intensif de prévention de la violence qui a été conçu tout spécialement pour répondre aux besoins des femmes autochtones. C'est un programme basé sur des stratégies cognitivo-comportementales de réadaptation qui ciblent les attitudes, les croyances et les comportements. Il s'agit donc d'un programme de guérison à l'intention des femmes qui sont intéressées à analyser leurs actes de violence et à comprendre comment la violence a façonné leur vie. En guise de première étape vers la guérison et l'apprentissage d'autres moyens de maîtriser la colère, le programme propose de découvrir les origines profondes de la violence qui habite une personne. Il vise à donner aux femmes autochtones une occasion de comprendre comment évolue la violence et comment elle se transmet d'une génération à une autre, le but ultime étant de réduire, puis d'éliminer les comportements violents.

Par le biais de cérémonies et de rituels culturels, le programme tente de ramener les femmes vers un mode de vie plus naturel et non violent. D'un point de vue autochtone, le terme « guerrier » dans le titre du programme est une métaphore culturelle. La notion de « guerrier » suggère une force intrinsèque ou résilience ainsi qu'une volonté de tirer parti de cette force et de se défendre contre sa propre hérédité et ses expériences personnelles. Le terme « guerrier » est associé au développement de qualités comme la maîtrise de soi, l'éveil et l'attention sur le plan spirituel et psychique, la bonté et la compassion, l'endurance, la patience et la résilience. Le programme s'appuie sur l'idée suivante : nous avons tous, à l'intérieur de nous, un guerrier qui nous donne force et courage, mais les expériences de la vie ont fait perdre à bon nombre d'entre nous le contact avec leur guerrier.

Le programme de guérison Esprit du guerrier peut être composé de 92 séances distinctes d'une durée variant entre une heure et deux heures. Les séances sont divisées en quatre sections : Introduction, Enfance, Adolescence, et Vie adulte/Alternatives à la violence. Les quatre sections permettent d'aborder les huit grandes composantes du programme qui visent chacune des objectifs précis :

  1. Sensibilisation à la colère : Cette composante porte sur la définition de la colère; elle s'intéresse aux croyances et aux attitudes au sujet de la colère, des sentiments et des expériences de colère, et des déclencheurs de la colère.
  2. Sensibilisation à la violence : Cette composante porte sur la définition de la violence; elle s'intéresse aux expériences de violence, aux facteurs qui influencent la violence (les médias, le racisme, l'abandon), au cycle de la violence et aux conséquences de la violence.
  3. Sensibilisation aux origines familiales : Cette composante porte sur les expériences de l'enfance, sur les membres de la famille et leurs rôles, sur les relations familiales et leur influence sur la personne, et sur les sources de conflit dans la famille.
  4. Conscience de soi : Cette composante s'intéresse à l'enfant en soi, à l'expression des sentiments, aux relations interpersonnelles, aux expériences de l'adolescence, à l'abandon, à l'identité culturelle autochtone ainsi qu'aux frontières et limites personnelles.
  5. Acquisition de compétences : Cette composante s'intéresse à l'élaboration d'un plan d'autonomie, à la prise de conscience et à l'expression des sentiments, à l'obligation de rendre des comptes, au renforcement de la capacité d'agir, à l'empathie, au discours intérieur, à la maîtrise de soi et au deuil.
  6. Acquisition individuelle de compétences en groupe : Cette composante porte sur les attentes à l'égard du programme, sur l'élaboration d'objectifs personnels, sur la création d'un environnement sûr et réconfortant grâce à la confiance et à la révélation de soi.
  7. Sensibilisation à la culture : Cette composante porte sur le rôle de la spiritualité dans le processus de guérison, sur l'importance de la cérémonie, sur la roue de médecine, sur l'utilisation de rituels et de symboles adaptés à la culture, et sur le rôle de l'Aîné.
  8. Apprentissage cognitif : Cette composante porte sur l'autonomie, le processus de changement, la rédaction d'un journal intime, l'enfant en soi, les limites, l'estime de soi et les effets de l'apposition d'étiquettes, du racisme, des préjugés et des stéréotypes.

Chaque jour du programme commence par une cérémonie de l'herbe sacrée (ou un rituel qui convient aux participantes) et une prière d'ouverture. De plus, chaque semaine ou chaque jour débute et se termine par un cercle de partage qui donne aux délinquantes une occasion de dresser un bilan de leur participation au programme et d'échanger leurs expériences et leurs impressions du programme de guérison. Le programme est divisé en trois phases de cinq semaines chacune. Au cours de la cinquième semaine de la première et de la seconde phase, les participantes doivent prendre part aux activités de la semaine du Projet BRIDGES, comme l'artisanat ou le counseling individuel. Un groupe de consultation se réunit alors pour Passablee le point et élaborer des stratégies pour la phase suivante. À la fin de chaque phase, les participantes reçoivent un « diplôme ». Cette remise de « diplômes » marque une pause pour les participantes et les intervenantes de ce programme intensif, et motive les participantes à poursuivre le programme. En théorie, le programme s'étend sur une période de quinze semaines qui ne tient cependant pas compte des entrevues et consultations avant le programme ou du travail de rédaction de rapports une fois le programme terminé. Chaque séance est animée par une intervenante principale et une co-intervenante. L'Aîné peut assurer une présence à temps plein ou à temps partiel.

MÉTHODOLOGIE

Cadre d'évaluation

L'évaluation du programme Esprit du guerrier s'est déroulée suivant le cadre élaboré par Flight (2003). Ce cadre décrit brièvement les questions de recherche et la méthodologie proposées pour la présente étude. L'objet de l'évaluation a été déterminé par différentes personnes. Premièrement, le manuel du programme Esprit du guerrier a été examiné, ce qui a fait surgir un certain nombre de questions importantes au sujet de la mise en œuvre du programme. Deuxièmement, les membres du Comité des initiatives autochtones ont été invités à se prononcer sur les différentes méthodes d'évaluation. Troisièmement, les éléments et mesures d'évaluation traditionnellement utilisés dans les évaluations de programmes (Posavac et Carey, 1992) ont été examinés et incorporés, le cas échéant. Les auteurs de la présente étude ont opté pour une évaluation modérée comprenant un examen des dossiers des délinquantes, des sondages auprès des participantes, au début et à la fin du programme, des évaluations effectuées par les intervenantes, avant et après le déroulement du programme, des entrevues avec les intervenantes et les participantes, et des sondages auprès des membres du personnel.

Instruments de Mesures

Les différents instruments de mesure utilisés pour évaluer ce programme sont énumérés et décrits ci-dessous. Les tailles des échantillons et les procédures de chaque instrument de mesure sont également décrites.

Examen des dossiers des délinquantes

Les renseignements contenus dans les dossiers des délinquantes, provenant du Système de gestion des délinquants (SGD), du Service correctionnel du Canada, ont été examinés. Un profil des délinquantes ayant complété le programme avec succès a été élaboré, ce qui comprenait une description de leurs caractéristiques sociodémographiques, la nature des infractions commises et leurs antécédents criminels. Des variables pré et post-programme ont également été dégagées afin de montrer le changement dans le comportement des participantes. Des facteurs statiques et dynamiques ont été pris en compte : le classement selon le niveau de sécurité, le risque de récidive, les besoins en matière de programmes correctionnels, la motivation pour l'intervention, le potentiel de réinsertion sociale et les besoins personnels par domaine.

Sondages auprès des participantes

Des sondages ont été réalisés auprès de toutes les participantes au programme sur une base volontaire, au début et à la fin du programme, afin d'examiner les secteurs de changement signalés par les intéressées. Les intervenantes du programme ont distribué les questionnaires aux participantes et les ont ramassés, puis ont posté les dossiers confidentiels scellés à la Direction de la recherche. Les questionnaires du sondage s'inspiraient largement de ceux utilisés par Eljdupovic-Guzina et Blanchette (1997) et par Richardson et Blanchette (2001), et comprenaient des questions supplémentaires spécialement conçues, adaptées au cadre de la présente évaluation. L'annexe A contient le questionnaire administré aux délinquantes avant et après leur participation au programme.

Quatre instruments de mesure normalisés ont été choisis et intégrés dans les sondages menés auprès des participantes, en fonction de leur application aux buts et objectifs du programme Esprit du guerrier. Les instruments comprenaient l'Échelle d'évaluation de l'estime de soi de Rosenberg (RSES), l'Échelle de la colère de Novaco (NAS), la Batterie de mesure des sphères d'influence (SCS) et l'Échelle d'illusion sur soi-même de Paulhus (PDS). Il est important de noter que certains instruments de mesure normalisés ont été utilisés avec des échantillons d'Autochtones, mais que ce n'était pas le cas pour bon nombre d'entre eux. Et qui plus est, aucun des instruments de mesure normalisés ne dispose des données normatives rendues publiques pour les échantillons composés d'Autochtones. C'est pour cette raison que les résultats ont été interprétés avec prudence et utilisés simplement pour compléter d'autres sources de renseignements.

L'Échelle d'évaluation de l'estime de soi de Rosenberg

L'Échelle d'évaluation de l'estime de soi de Rosenberg (RSES), qui est constitué de dix énoncés, sert à évaluer la perception qu'a l'individu de sa propre valeur (Rosenberg, 1965). Cet instrument permet de mesurer globalement ce qu'une personne pense d'elle-même et de prédire le comportement qu'elle adoptera dans diverses situations. Chaque énoncé est coté selon une échelle de Likert à quatre points, les réponses allant de « fortement en accord » à « fortement en désaccord ». Les scores peuvent aller de 10 à 40. Plus le score obtenu est faible, meilleure est l'estime de soi. Cette échelle a été utilisée avec des échantillons de délinquants et de délinquantes (Weekes et Mills, 1994; Taylor et Blanchette, 2001; Syed et Blanchette, 2000; Delveaux et Blanchette, 2000) ainsi qu'avec des échantillons d'hommes et de femmes autochtones (Weekes et Mills, 1994). Elle est généralement très fiable : les corrélations test-retest se situent habituellement entre 0,82 et 0,88, et les coefficients alpha de Cronback fluctuent entre 0,77 et 0,88 (Blascovich et Tomaka, 1993; Rosenberg, 1986).

Échelle de la colère de Novaco

L'Échelle de la colère de Novaco (Novaco Anger Scale - NAS) comprend deux parties permettant d'évaluer deux dimensions de la colère (Novaco, 1994). La partie A est un questionnaire qui contient 48 énoncés décrivant des choses que les gens pensent, ressentent et font. La première partie mesure trois domaines, chacun comprenant quatre sous-échelles : le domaine cognitif (concentration, rumination, suspicion, attitude hostile), le domaine de l'éveil (intensité, durée, tension somatique, irritabilité) et le domaine des comportements (réaction impulsive, agression verbale, confrontation physique, expression indirecte). Chaque énoncé est coté selon une échelle de Likert à quatre points, les réponses allant de « jamais vrai » à « toujours vrai ». Les scores vont de 48 à 144. La partie B se compose de 25 questions3 centrées sur le degré de colère que le participant éprouverait dans une situation donnée. Cinq sous-échelles mesurent le traitement irrespectueux, l'iniquité ou l'injustice, la frustration ou l'interruption, les traits de caractère contrariants et les irritations. Chaque énoncé est coté selon une échelle de Likert à quatre points, allant de « pas du tout fâché » à « très fâché ». Les scores vont de 25 à 100. Des scores plus élevés, tant dans la partie A que dans la partie B, indiquent une plus grande colère. Dans son ensemble, l'échelle a démontré une bonne fiabilité test-retest pour un intervalle de deux semaines (r = 0,86) et une Excellente cohérence interne (α = 0,97) (Novaco, 1994). Cette échelle a été normalisée sur une population de délinquants canadiens sous responsabilité fédérale (Mills, Kroner et Forth, 1998); toutefois, aucune recherche n'a été réalisée auprès de populations carcérales autochtones à l'aide de cet instrument de mesure.

Batterie de mesure des sphères d'influence

La Batterie de mesure des sphères d'influence (SCS) est une batterie tridimensionnelle de mesures portant sur les domaines de l'efficacité personnelle, de l'influence interpersonnelle et de l'influence sociopolitique (Paulhus, 1983). Pour les besoins de la présente évaluation, seules les deux premières sous-échelles ont été utilisées : l'efficacité personnelle et l'influence interpersonnelle. Chaque sous-échelle comprend 10 énoncés cotés selon une échelle de Likert à sept points, allant de « fortement en désaccord » à « fortement en accord ». Les scores varient entre 20 et 140. Les scores élevés indiquent un fort locus de contrôle interne et les scores faibles un fort locus de contrôle externe. Les caractéristiques psychométriques de l'échelle sont bonnes et les fiabilités test-retest vont de 0,70 pour un intervalle de six mois à 0,90 pour un intervalle de quatre semaines (Paulhus, 1983). Il n'existe pas de données normatives, obtenues à l'aide de cet instrument de mesure, pour les populations carcérales autochtones. Mais cette batterie de mesure a été normalisée avec les femmes et a déjà été utilisée avec des délinquantes purgeant une peine de ressort fédéral (Taylor et Blanchette, 2001).

Échelle d'illusion sur soi-même de Paulhus

L'Échelle d'illusion sur soi-même de Paulhus est un questionnaire d'autoévaluation conçu pour mesurer deux formes de réaction socialement souhaitable, l'illusion sur soi-même et la gestion de l'impression (Paulhus, 1991). L'illusion sur soi-même ou l'image embellie de soi renvoie à la tendance des répondants à se décrire de manière honnête, mais exagérée. Les énoncés concernant l'illusion sur soi-même expriment un degré inhabituel de confiance en soi (p. ex., « Je ne regrette jamais mes décisions »). La gestion de l'impression fait référence à la tendance à se présenter soi-même sous un jour favorable afin d'impressionner les autres. Les énoncés concernant la gestion de l'impression correspondent à des vertus improbables (p. ex. « Je ne jure jamais »). L'Échelle d'illusion sur soi-même de Paulhus contient deux sous-échelles distinctes servant à mesurer ces aspects de la désirabilité sociale, en plus de fournir un score total. Elle se compose de 40 énoncés d'autoréférence qui sont cotés selon une échelle de Likert à cinq points, allant de « pas vrai » à « très vrai ». Pour les besoins de la présente étude, seule la sous-échelle de la gestion de l'impression a été utilisée. L'Échelle a été utilisée avec des échantillons de délinquants des deux sexes (Kroner et Weekes, 1993; Irving, Taylor et Blanchette, 2001) ainsi qu'avec des échantillons de délinquants autochtones (Weekes et Mills, 1994).

Le pourcentage de réponses des délinquantes, avant et après leur participation au programme, était de 100 %, ce qui signifie que toutes les femmes qui ont rempli un pré-test ont aussi rempli un post-test. Mais certaines participantes ont omis de répondre à certaines questions dans chacune des échelles. Lorsque plus de 20 % des données étaient manquantes, le questionnaire était retiré de l'analyse. Cela comprenait les données manquantes pour les totaux des sous-échelles et ceux de l'échelle dans son ensemble.

Bien qu'un programme Esprit du guerrier en 10 séances soit offert depuis 2002, les questionnaires de sondage n'ont été distribués aux participantes que lors de quatre séances du programme. Ces séances sont celles offertes au Centre correctionnel Burnaby pour femmes (en 2003), à l'Établissement d'Edmonton pour femmes (en 2003 et en 2004) et au Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci (en 2004). Vingt-sept femmes ayant suivi l'une ou l'autre des quatre séances du programme ont rempli un questionnaire de sondage au début et à la fin du programme.

Évaluation des intervenantes

L'instrument d'évaluation des intervenantes est un court instrument qui a été conçu et utilisé par le Native Counseling Services of Alberta (NCSA) afin d'évaluer l'efficacité du programme En quête du guerrier en vous, qui s'adresse aux délinquants. L'instrument d'évaluation utilise des échelles d'atteinte des objectifs pour évaluer le changement longitudinal chez chaque femme, dans différents domaines de fonctionnement : physique, émotif, mental et spirituel. L'instrument comprend 23 énoncés cotés chacun selon une échelle de Likert à cinq points, allant d'un score de –2 à un score de +2. Des définitions sont fournies pour chaque énoncé, ce qui comprend des indicateurs de réussite et des lignes directrices de cotation. Les scores sont additionnés et fluctuent entre –46 et +46. L'évaluation des intervenantes est présentée à l'Annexe B.

Le questionnaire a été rempli par les intervenantes du programme, pour chaque femme, avant le début du programme et une fois le programme complété, afin de détecter des changements dans les quatre domaines de fonctionnement. Il a été rempli à la suite de l'entrevue avant le début du programme ou durant la première semaine du programme. Dans certains cas, deux intervenantes du programme ont rempli ensemble le questionnaire d'évaluation pour chaque femme; dans d'autres, chaque intervenante a répondu au questionnaire pour la moitié des participantes.

Le questionnaire d'évaluation a été distribué aux intervenantes du programme Esprit du guerrier afin qu'elles le remplissent pour quatre séances. Toutefois, seules les données de deux séances (celle offerte à l'Établissement d'Edmonton pour femmes en 2004 et celle donnée au Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci en 2004)4 ont pu être utilisées pour l'analyse, ce qui signifie que l'évaluation des intervenantes, au début et à la fin programme, ne portait que sur 15 participantes.

Entrevues

Des entrevues en personne ont été réalisées avec des intervenantes du programme et des participantes au programme Esprit du guerrier.

Participantes

Durant les visites dans trois établissements pour femmes, deux chercheurs de la Direction de la recherche du SCC, ont interviewé des participantes au programme. Le protocole d'entrevue était composé de questions ouvertes sur la structure et l'exécution du programme, sur l'appui au programme, sur les rôles des intervenantes et des Aînés, sur l'efficacité du programme, sur ses effets imprévus ainsi que sur les recommandations visant à améliorer le programme. En tout, 29 participantes ont été interviewées. Le questionnaire utilisé pour interviewer les participantes est présenté à l'Annexe C.

Intervenantes

Six intervenantes du programme ont également été interviewées. Les questions posées aux intervenantes concernaient la structure et l'exécution du programme, la sélection des participantes, la formation des intervenantes, les caractéristiques des intervenantes, l'appui au programme, le rôle des Aînés, l'efficacité du programme, ses effets imprévus ainsi que les recommandations visant à améliorer le programme. Avec l'aide des Aînés, 10 femmes ont animé le programme depuis sa mise en place. Les questions de l'entrevue avec intervenantes sont présentées à l'Annexe D.

Sondage auprès du personnel

Un questionnaire de sondage auprès du personnel a été élaboré et distribué aux membres du personnel non affectés au programme Esprit du guerrier dans les établissements pour femmes où ce programme avait été offert. Les questions portaient sur leur connaissance du programme et leur appui au programme ainsi que sur les différents effets du programme sur l'établissement et sur les participantes au programme. Les questionnaires ont été distribués en personne à un échantillon de commodité de membres du personnel durant les visites à l'Établissement d'Edmonton pour femmes et au Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci. En tout, 10 questionnaires ont été remplis et renvoyés par les membres du personnel. Le questionnaire du sondage auprès du personnel peut être consulté à l'Annexe E.

Échantillon

Tel qu'il est décrit ci-dessus, les tailles des échantillons variaient selon l'instrument de mesure utilisé. Ainsi, certaines délinquantes ont répondu aux questionnaires de sondage, au début et à la fin du programme, mais n'étaient pas disponibles pour une entrevue5. D'autres ont seulement participé à une entrevue en raison des calendriers de collecte des données pour le sondage mené auprès des participantes6. Une intervenante devait évaluer la qualité de la participation des délinquantes qui avaient répondu aux questionnaires de sondage au début et à la fin du programme. Le Tableau 1 indique les tailles des échantillons, selon l'instrument de mesure utilisé.

Tableau 1 : Taille des échantillons, selon l'instrument de mesure
Instrument de mesure Taille de l'échantillon
Sondage auprès des participantes 27
Évaluation des intervenantes 15
Entrevues avec les participantes 29
Entrevues avec les intervenantes 6
Sondage auprès des membres du personnel 10

RÉSULTATS

Les résultats de l'étude sont présentés ci-dessous, à la suite des sujets et questions d'évaluation décrits brièvement dans le cadre d'évaluation préparé par Flight (2003).

Sujets et questions de l'évaluation

Justification du programme : Le programme répond-il à un besoin ?

La nécessité d'offrir un programme comme Esprit du guerrier s'évalue en fonction de deux éléments centraux. Premièrement, il est important de déterminer si le programme a sa place et sa fonction propres à l'intérieur de l'établissement. Ensuite, il faut se demander si le programme cible la bonne population compte tenu de sa finalité à titre de programme correctionnel.

Finalité

Les entrevues avec les intervenantes du programme et les participantes ont confirmé que le programme Esprit du guerrier était différent des autres programmes offerts et avait donc une finalité qui lui était propre. Les intervenantes du programme ont décrit le programme Esprit du guerrier comme différent des autres programmes pour trois raisons. Premièrement, il est fondé sur une approche holistique de spiritualité et de guérison. Deuxièmement, il est exécuté de manière non traditionnelle ou non conventionnelle dans la mesure où il mise sur les échanges en groupe plutôt que sur l'enseignement magistral. Troisièmement, l'intensité et la profondeur du contenu du programme facilitent les échanges et l'adaptation aux expériences « réelles » des participantes. Les réponses fournies par les participantes rejoignent les explications des intervenantes du programme.

En plus d'affirmer que le programme Esprit du guerrier différait des autres programmes, tant les intervenantes que les participantes ont reconnu que ce programme donnait des résultats positifs, autres que ceux des programmes obligatoires. La majorité des participantes (24 sur 26) au programme ont déclaré que celui-ci produisait des effets de qualité supérieure, et les femmes ont expliqué qu'il était responsable de la plus grande intensité et de la plus grande profondeur dans l'examen des questions centrales (46 %), des échanges plus riches et de la plus grande ouverture d'esprit (27 %), de l'accroissement de changements favorables dans la motivation et l'engagement (23 %), d'une meilleure compréhension et d'une meilleure intégration de la spiritualité (19 %) et d'une plus grande acceptation de soi-même (12 %).

Sélection des participantes

Selon les intervenantes du programme, les critères de sélection des éventuelles participantes au programme Esprit du guerrier peuvent être basés sur trois facteurs. En premier lieu, les participantes doivent avoir déjà commis des infractions avec violence. Les éventuelles participantes doivent aussi être désireuses de s'engager dans une démarche de spiritualité autochtone en prenant part aux cérémonies et enseignements. Dans certains cas, la durée de la peine peut constituer un facteur déterminant, car les délinquantes qui purgent de courtes peines ou bénéficient d'un examen expéditif ne sont pas toujours autorisées à participer au programme.

Comme le programme Esprit du guerrier s'adresse tout spécialement aux femmes autochtones très colériques et très violentes, cinq des six intervenantes étaient d'accord pour dire que les femmes ciblées et choisies pour participer au programme étaient les bonnes. Elles étaient d'avis que les participantes au programme Esprit du guerrier avaient été bien choisies parce qu'elles avaient des antécédents ou des expériences de vie semblables, parce qu'elles étaient motivées et désireuses de changer et parce qu'elles voulaient se familiariser avec la culture autochtone. Cependant, une intervenante a mentionné le cas d'une femme dont la sélection était contestable compte tenu de son manque de motivation et de son peu d'expérience des questions fondamentales discutées dans le groupe.

Entre février 2002 et septembre 2005, 51 femmes ont terminé7 le programme avec succès. De plus, sept femmes ont été exclues temporairement du programme8, six ne l'ont pas terminé9 et une l'a terminé sans succès10. Ces données se traduisent par un taux de réussite de 78 %.

Toutes les femmes qui ont terminé le programme, sauf deux, étaient des Autochtones (Premières nations n = 41, Métis n = 8). Une femme était de race blanche et l'autre n'avait été classée dans aucun groupe racial. Tel qu'il a déjà été mentionné, le programme s'adresse aux délinquantes autochtones. En dépit de la participation de deux femmes non autochtones, les participantes choisies étaient habituellement des femmes activement engagées dans la spiritualité autochtone. Les participantes étaient mariées ou vivaient en union libre (n = 21; 41 %), célibataires (n = 26; 51 %), divorcées/séparées/veuves (n = 3; 6 %) ou leur situation conjugale était inconnue (n = 1; 2 %). Au début du programme, les participantes avaient en moyenne 30,9 ans (âge médian = 28,7 ans, âge minimum = 20,0 ans, âge maximum = 49,9 ans).

L'infraction la plus grave à l'origine de l'incarcération des participantes au programme était l'homicide ou la tentative de meurtre (43 %), les voies de fait (25 %), le vol qualifié (22 %), d'autres infractions avec violence (6 %) et l'agression sexuelle (2 %). Une participante était incarcérée pour une infraction liée à la propriété. À l'exception de ce dernier cas, il semble que les femmes ont été bien choisies pour le programme, puisque les antécédents d'infractions avec violence constituaient un critère de sélection des participantes. Toutefois, les détails entourant ce cas particulier ne sont pas connus; il est donc possible que cette femme ait déjà commis des infractions avec violence.

Ressources : Y a-t-il des ressources et un niveau de soutien suffisants pour mettre sur pied un programme Esprit du guerrier ?

La question des ressources touchait trois aspects distincts du sondage. Il fallait tout d'abord évaluer la formation offerte aux intervenantes du programme, tant sur le plan du contenu que de la qualité, ainsi que le processus de sélection des intervenantes. Ensuite, il fallait évaluer le niveau de soutien entre intervenantes et participantes, ainsi le niveau de soutien reçu du personnel non affecté au programme.

Formation des intervenantes

La formation officielle des six intervenantes désignées pour animer et exécuter le programme Esprit du guerrier a été assurée par le Native Counselling Services of Alberta (NCSA). Mais toutes les intervenantes ont utilisé le manuel du programme En quête du guerrier en vous pour leur formation. Toutes étaient généralement d'accord pour dire que ce manuel était complet et facile à suivre. Trois intervenantes étaient d'avis que le manuel pourrait aussi aborder des sujets tels que les relations saines, la sexualité saine, les groupes féminins, le soutien communautaire positif, les mécanismes de défense et d'adaptation, la théorie relationnelle et la théorie de l'apprentissage social. Deux intervenantes ont fait remarquer que le vocabulaire utilisé dans les documents distribués et les exercices était difficile à comprendre pour certaines participantes.

Dans l'ensemble, les intervenantes du programme étaient assez satisfaites de la formation offerte par le NCSA, à laquelle elles ont accordé quatre points sur une échelle de cinq points. Quatre des six intervenantes du programme ont déclaré qu'il faudrait prévoir plus de temps, durant la formation, pour apprendre et enseigner le contenu des différentes séances présentées dans le manuel. Tout comme à la question précédente, la nécessité d'explorer d'autres sujets, en plus de disposer d'une plus longue période pour discuter du matériel utilisé, a également été évoquée. De plus, deux intervenantes ont suggéré que la formation porte également sur les aptitudes à l'animation plutôt que sur le seul contenu du programme. Enfin, deux intervenantes s'interrogeaient sur le choix des personnes envoyées en formation. Dans ces cas, il a été signalé que la stabilité émotionnelle de certaines participantes à la formation était incertaine et que cela constituait un obstacle à la création d'un milieu de formation efficace et, en dernier ressort, à la réussite du programme.

La majorité (79 %, soit 22 sur 28) des participantes au programme ont déclaré que les deux intervenantes du programme étaient suffisamment formées pour offrir le programme Esprit du guerrier. Trois participantes ont dit qu'une seule des intervenantes du programme possédait une formation suffisante, et trois ont affirmé qu'aucune des intervenantes ne possédait la formation nécessaire. Selon les participantes11, les intervenantes possédaient une formation suffisante parce qu'elles avaient démontré des traits de personnalité positifs ou de grandes qualifications, parce qu'elles savaient comment utiliser des méthodes expérientielles, parce que leurs expériences de vie étaient semblables aux leurs ou parce qu'elles utilisaient une bonne méthode d'enseignement. Par contre, la formation insuffisante des intervenantes était expliquée par des traits de personnalité et des qualifications médiocres ainsi que par l'utilisation de méthodes insatisfaisantes pour exécuter le programme.

Sélection des intervenantes

Les entrevues avec les intervenantes du programme donnent à penser que certaines de leurs expériences et certains traits de leur personnalité ont contribué à la réussite du programme. Des intervenantes ont commenté personnellement leurs atouts à titre d'intervenantes de ce programme. Ces atouts comprenaient la connaissance et la compréhension de la culture et de l'histoire autochtones (5 intervenantes), des expériences de vie et des antécédents semblables à ceux des participantes (3), des traits de personnalité comme la compassion, l'honnêteté et le respect (3) et de solides aptitudes à l'animation (2). Les intervenantes interviewées possédaient en moyenne sept ans d'expérience de travail auprès des délinquantes.

Les participantes ont également fait des commentaires sur les compétences des intervenantes du programme. À l'instar des intervenantes, les participantes au programme ont mentionné les compétences suivantes dans leurs réponses : traits de personnalité et qualifications (39 %, soit 11 sur 28), aptitude à échanger et à faciliter les échanges (39 %, soit 11 sur 28), expériences de vie semblables à celles des participantes (32 %, soit 9 sur 28), solides aptitudes à l'animation (14 %, soit 4 sur 28), et connaissance et mise en pratique de la spiritualité autochtone (11 %, soit 3 sur 28). Seulement huit participantes ont relevé des faiblesses chez les intervenantes. La majorité des participantes (61 %, soit 17 sur 28) ont déclaré qu'aucune amélioration ne devait être apportée au rôle des intervenantes.

Appui extérieur au programme

L'appui extérieur au programme comprenait celui que les intervenantes et les participantes avaient reçu des membres du personnel non affectés au programme. Cette question a été examinée du point de vue des intervenantes et des participantes elles-mêmes ainsi que du point de vue du personnel des établissements.

Un peu plus de la moitié des femmes (57 %, soit 16 sur 28) participaient uniquement au programme Esprit du guerrier au moment de l'entrevue. Les autres femmes devaient maintenir un équilibre entre le programme Esprit du guerrier et d'autres programmes correctionnels, des programmes d'études et de travail, ou d'autres activités. Les participantes appartenant à ce dernier groupe ont coté en moyenne à 4,3 sur 5 (très facile) la facilité avec laquelle elles avaient pu maintenir un équilibre entre le programme et les autres activités. Ces participantes étaient assez satisfaites de l'appui reçu des membres du personnel pour assurer un équilibre entre le programme Esprit du guerrier et les autres activités prévues : la cote moyenne était de 4,0.

À la lumière des cotes moyennes attribuées sur une échelle de cinq points, il semble que les participantes au programme bénéficient du soutien du personnel non affecté au programme; ce soutien est coté de manière semblable par les participantes et les intervenantes (des moyennes de 4,2 et 4,1 respectivement), tandis que le personnel non affecté au programme juge ce soutien moindre (cote moyenne de 3,6). Mais selon les participantes (11 %, soit 3 sur 28), les intervenantes (83 %, soit 5 sur 6) et le personnel de l'établissement (25 %, soit 2 sur 8), certains membres du personnel non affectés au programme présumaient parfois que les participantes étaient ailleurs, à un endroit autre que celui où se donnait le programme.

D'autres questions ont été posées aux intervenantes au sujet de l'appui au programme. Dans l'ensemble, les intervenantes ont coté en moyenne à 3,8 leur satisfaction face à l'appui reçu des membres du personnel non affectés au programme. Les intervenantes ont déclaré que l'importance attribuée au programme variait selon les différentes catégories d'employés des établissements. Ainsi, les intervenantes étaient celles qui accordaient les notes les plus élevées à cet égard aux directrices d'établissement et aux Aînés (des moyennes respectives de 4,8 et 4,7). Ces notes étaient suivies de moyennes plus faibles pour les professionnels de la santé mentale (4,2), les agents de libération conditionnelle (4,2) et les intervenants et intervenantes de première ligne (3,8). De plus, trois des six intervenantes ont dit avoir observé une résistance au programme chez des membres du personnel. Ces intervenantes ont parlé d'un manque d'appui à l'approche et à la méthode du programme (2 sur 3) et d'un appui insuffisant aux sentiments des participantes et aux expériences qu'elles avaient vécues grâce au programme (2 sur 3). Quatre des neufs membres du personnel qui ont participé à l'évaluation ont déclaré ne pas être favorables au programme.

Mise en œuvre : Les activités du programme sont-elles organisées de façon à permettre au programme d'atteindre ses objectifs ?

La question de la mise en œuvre renvoie à la mesure dans laquelle le programme répond aux besoins des participantes sur les plans du contenu et de la qualité, et au degré de soutien et de communication entre les participantes et les intervenantes.

Les besoins des participantes

L'utilité, la durée et la qualité des séances du programme sont des indicateurs importants de la satisfaction des besoins des participantes, ainsi que de la mesure dans laquelle le programme constitue une intervention correctionnelle. Selon la majorité des participantes (93 %, soit 27 sur 29) et des intervenantes (67 %, soit 4 sur 6), les différentes séances du programme ont permis de couvrir un nombre suffisant de sujets. Les participantes ont suggéré d'autres sujets tels que l'abandon, la prostitution et la vie dans la rue, tandis que les intervenantes ont recommandé des sujets tels que la culture autochtone, les mécanismes de défense, la résistance, la honte et le sentiment de culpabilité. Mais la plupart des participantes (71 %, soit 20 sur 28) ont déclaré que le temps consacré à chaque sujet était suffisant et presque toutes (90 %, soit 26 sur 29) ont indiqué que les séances se déroulaient à un bon rythme et qu'elles étaient faciles à comprendre.

Appui interne au programme

L'appui interne au programme englobait l'appui, la coopération et la confiance entre les intervenantes et les participantes. En moyenne, les participantes ont attribué une cote plus élevée à l'appui reçu que les intervenantes (voir le Tableau 2). La cote moyenne du degré de confiance était légèrement plus faible chez les participantes que chez les intervenantes, alors que la cote moyenne du degré de coopération différait légèrement chez les deux groupes.

Tableau 2 : Cotes moyennes de l'appui, de la confiance et de la coopération
Cote moyenne
Intervenantes (n=6) Participantes (n=29)
Degré d'appui 4.4 4.7
Degré de confiance 4.4 4.2
Degré de coopération 4.5 4.6

Dans l'ensemble, la majorité des participantes (86 %, soit 24 sur 28) ont décrit comme très positive leur relation avec les deux intervenantes. Chez celles qui déclaraient avoir eu une relation positive, la relation participante-intervenante se caractérisait par des communications et des échanges ouverts (63 %), de la confiance et du respect (33 %), des liens étroits (33 %) ainsi que l'encouragement et l'appui (17 %). Les participantes ont également accordé une note élevée aux intervenantes pour leur disponibilité, c'est-à-dire en moyenne 4,5 sur une échelle de cinq points.

Efficacité : Le programme est-il efficace ?

Plusieurs indicateurs ont été utilisés pour déterminer l'efficacité du programme Esprit du guerrier. Ces indicateurs comprenaient l'achèvement des composantes et des objectifs du programme, les améliorations aux processus cognitifs et aux capacités d'adaptation, les changements favorables dans les relations et des changements dans les trois attitudes ciblées (c'est-à-dire la colère, la maîtrise de soi et l'estime de soi).

Les composantes du programme

Selon le manuel du programme Esprit du guerrier, celui-ci compte huit composantes. Les intervenantes et les membres du personnel en général ont été invités à coter, sur une échelle de cinq points, le degré d'efficacité de chaque composante pour la majorité des participantes au programme. Les participantes devaient aussi coter l'efficacité de chacune des composantes pour elles-mêmes. Les résultats indiquent, qu'en moyenne, les intervenantes et les participantes ont mieux coté l'efficacité des composantes du programme que les membres du personnel non affectés au programme (voir le Tableau 3). Les cotes moyennes des participantes et des intervenantes différaient pour ce qui est du degré d'efficacité eu égard à l'acquisition individuelle de compétences et à l'acquisition de compétences en groupe. Les intervenantes et les participantes ont accordé des cotes assez semblables et élevées aux composantes de la conscience de soi, de la sensibilisation à la culture et de la sensibilisation à la colère.

Tableau 3 : Efficacité des composantes du programme
Composante du programme12 Cote moyenne
Participantes (n=26) Intervenantes (n=6) Autres membres du personnel (n=8)
Sensibilisation à la colèr 4.4 4.6 3.9
Sensibilisation à la violence 4.4 4.3 4.1
Sensibilisation aux origines familiales 4.1 4.3 3.9
Conscience de soi 4.7 4.7 4.1
Acquisition individuelle de compétences 4.5 3.7 4.0
Acquisition de compétences en groupe 4.1 4.6 3.8
Sensibilisation à la culture 4.6 4.5 4.2
Apprentissage cognitif 4.4 4.2 3.9
Les objectifs du programme

Les objectifs du programme Esprit du guerrier ont été élaborés à l'aide d'un cadre holistique s'appuyant sur un ensemble de connaissances autochtones. L'holisme est fondé sur l'interdépendance de la vie : tout est relié. Les quatre dimensions de la vie englobent les éléments mental, physique, émotif et spirituel de chaque personne. Selon cette vision des choses, la guérison et le changement positif ne sont possibles que si les quatre dimensions sont touchées et en équilibre les unes avec les autres.

Les intervenantes ont été invitées à signaler les changements qu'elles avaient observés chez les participantes eu égard aux quatre dimensions de la guérison, tandis que les participantes devaient aussi autodéclarer la présence de ces changements. Toutes les intervenantes (n = 6) ont observé des changements chez les participantes dans les quatre composantes du ressourcement. La majorité des participantes ont également observé des changements en elles-mêmes par rapport aux dimensions émotive (86 % ou 24/28), spirituelle (82 % ou 23/28), mentale (82 % ou 23/28) et physique (68 % ou 19/28). Le Graphique 1 ci-dessous décrit les changements particuliers relevés dans chaque dimension, aux dires des intervenantes (I) et des participantes (P).

Graphique 1 : Changements prévus dans les objectifs du programme

Composante spirituelle
Participation aux cérémonies autochtones (Px7) (Ix4)
Connaissance et compréhension de la culture autochtone (Px11) (Ix1)
Équilibre et adhésion à la spiritualité autochtone (Px6)

Composante physique
Stratégies d’autonomie (Px8) (Ix1)
Apparence et langage corporel (Px8) (Ix5)
Physiquement active et énergique (Px7)

Changements prévus dans les objectifs du programme-Composante spirituelle, Composante physique, Composante mentale, Composante  émotionnelle

Composante mentale
Aptitudes à communiquer (Px10) (Ix3)
Façon de penser positive (Px14)
Estime et acceptation de soi (Px8) (Ix4)

Composante émotionnelle
Saine expression des sentiments (Px12) (Ix4)
Bonnes stratégies pour exprimer la colère (Px7)
Stabilisation ou amélioration de l’humeur (Px11) (Ix2)

 

L'atteinte des objectifs du programme a été quantitativement évaluée à l'aide d'un instrument d'évaluation élaboré par le Native Counselling Services of Alberta (NCSA, sans date). Les intervenantes ont coté chaque participante, au début et à la fin du programme, eu égard à la guérison mentale, physique, émotive et spirituelle. Cet instrument comprend 23 objectifs permettant d'évaluer ces quatre dimensions.

Les résultats obtenus à l'aide de l'instrument d'évaluation utilisé par les intervenantes indiquaient que les participantes avaient vécu des changements importants sur les plans mental, émotif, physique et spirituel. Le score total moyen s'est considérablement amélioré entre le début (M = 1,8, écart type = 5,0) et la fin du programme (M = 27,8, écart type = 8,0). De plus, les scores moyens pour chacune des quatre dimensions et pour chacun des 23 énoncés de l'instrument indiquaient d'importances différences entre ces deux périodes (voir le Tableau 4), le changement le plus marqué étant celui lié à la dimension émotive. Étonnamment, le changement le moins prononcé s'est produit dans la composante de la spiritualité. En somme, les quatre dimensions de la guérison ou du ressourcement semblaient avoir été positivement influencées par le programme, d'où un équilibre manifeste des éléments. L'échelle montrait une bonne cohérence interne avant (α = 0,77) et après (α = 0,89) les tests.

Tableau 4 : Différences dans l'atteinte des objectifs entre le début et la fin du programme
Sous-échelles et énoncés †† Score pré-test (n=15) Score post-test (n=15) Différence de score t p
*p<0,05, **p<0,01, ***p<0,001, ****p<0,0001
† Une correction de Bonferroni était employée pour les énoncés de chaque sous-échelle (p<0,008; p<0,007; p<0,008; p<0,013, respectivement).
†† Chaque énoncé sur l'échelle va de -2 à +2.
Composante physique† 0,47 6,33 -5,87 -9,90 0,0001****
Acquérir de l'autodiscipline 0,00 0,80 -0,80 -4,00 0,0013***
Élaborer des stratégies d'autonomie -0,20 1,27 -1,47 -6,81 0,0001****
Développer des aptitudes à communiquer 0,00 1,13 -1,13 -8,50 0,0001****
S'abstenir de consommer de l'alcool et des drogues 0,33 0,93 -0,60 -4,58 0,0004***
Acquérir la capacité d'agir de manière autonome 0,13 0,93 -0,80 -3,59 0,0029**
Se constituer un bon réseau de soutien 0,20 1,27 -1,07 -5,17 0,0001****
Composante émotive† 0,33 8,80 -8,47 -9,65 0,0001****
Élaborer de bonnes stratégies pour exprimer sa colère -0,27 1,40 -1,67 -7,91 0,0001****
Développer une identité autochtone positive 0,40 1,20 -0,80 -3,59 0,0029**
Développer sa conscience émotionnelle 0,20 1,60 -1,40 -6,55 ,0001****
Développer son empathie et sa compassion 0,00 1,40 -1,40 -5,96 0,0001****
Demander pardon et pardonner 0,00 1,07 -1,07 -3,10 0,0079**
Développer son sens de l'humour -0,07 0,87 -0,93 -3,50 0,0035**
Prendre conscience de sa propre valeur 0,07 1,27 -1,20 -6,00 0,0001****
Composante mentale† 0,40 7,85 -7,46 -10,18 0,0001****
Comprendre le cycle de la violence 0,20 1,60 -1,40 -6,55 0,0001****
Comprendre les déclencheurs de la rage 0,07 1,47 -1,40 -8,57 0,0001****
Assumer la responsabilité de sa propre violence -0,07 1,59 -1,66 -7,04 0,0001****
Développer ses aptitudes à résoudre des problèmes -0,13 0,80 -0,93 -5,14 0,0002***
Développer son locus de contrôle interne 0,00 1,13 -1,13 -6,86 0,0001****
Acquérir la capacité de Passablee confiance 0,33 1,27 -0,93 -5,14 0,0002***
Composante spirituelle† 0,60 4,80 -4,20 -6,55 0,0001****
Améliorer son sens de la spiritualité 0,33 1,47 -1,13 -5,26 0,0001****
Élaborer un système de croyances et de valeurs stables et positives 0,07 0,93 -0,87 -4,52 0,0005***
Développer un sentiment d'utilité et d'appartenance à la collectivité 0,07 1,00 -0,93 -3,29 0,0054**
Cultiver l'espoir, la persévérance et la motivation 0,13 1,40 -1,27 -8,26 0,0001****
Score total 1,80 27,79 -25,99 -10,83 0,0001****
Processus cognitifs et capacités d'adaptation

Le programme Esprit du guerrier cherche d'abord et avant tout à amener les femmes à comprendre leurs émotions et leurs idées au sujet de la colère et de la violence, et à élaborer des stratégies efficaces pour Passablee face à de telles expériences. À ce titre, les participantes et les intervenantes ont été invitées à indiquer la mesure dans laquelle la compréhension et la conception des participantes avaient changé, et de quelles façons ces dernières avaient amélioré leur aptitude à résoudre des problèmes et leurs capacités d'adaptation.

Toutes les participantes qui ont répondu à la question d'entrevue (n = 27) ont déclaré que leur façon de comprendre et de percevoir les situations ou les gens avait changé grâce au programme. Toutes les intervenantes se sont ralliées à cette déclaration de changement positif. En particulier, les participantes ont indiqué mieux comprendre les gens et leur comportement (30 % ou 8 sur 27), porter moins de jugements sur les autres et mieux les accepter (30 % ou 8 sur 27), utiliser des stratégies d'adaptation positives afin de composer avec leurs émotions (22 % ou 6 sur 27), se comprendre mieux elles-mêmes (19 % ou 5 sur 27) et être plus capables d'exprimer et partager leurs idées et sentiments (7 % ou 2 sur 27). Une participante a commenté ainsi le changement qui s'était opéré en elle :

Simplement être capable d'accepter les gens pour ce qu'ils sont, leur donner une chance de parler et d'exprimer ce qu'ils ressentent. S'ils ont besoin de parler de quelque chose, avoir l'esprit ouvert et simplement respecter leurs limites et les amener à respecter les vôtres. (Une participante au programme Esprit du guerrier)

Les intervenantes étaient d'accord pour dire que les participantes avaient élaboré des stratégies positives pour maîtriser des émotions comme la colère (67 % ou 4 sur 6), comprenaient mieux leur comportement et ses éléments déclencheurs (50 % ou 3 sur 6) et avaient une plus grande compréhension des autres (50 % ou 3 sur 6). Une intervenante a résumé ainsi le changement de mentalité chez les participantes :

Elles prennent conscience de leurs types de comportement, de leurs cycles, des motifs de ces comportements et de la manière dont ils se sont développés, de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne plus; lorsqu'elles prennent conscience de ces éléments, elles peuvent décider ce qu'elles veulent changer. (Une intervenante du programme Esprit du guerrier)

Et qui plus est, une forte proportion des membres du personnel non affectés au programme (86 % ou 6 sur 7) qui ont répondu à l'enquête ont aussi signalé des changements positifs en ce domaine.

Comme l'ont indiqué la majorité des participantes (96 % ou 26 sur 27), leur aptitude à résoudre des problèmes et leur capacité d'adaptation se sont améliorées après leur participation au programme Esprit du guerrier. Ces améliorations comprenaient le recours à des stratégies d'adaptation plus positives pour maîtriser leur violence et leur colère (27 % ou 7 sur 26), des stratégies de résolution de problèmes plus positives (31 % ou 8 sur 26) et une plus grande insistance sur l'amélioration de soi (c.-à-d. se fixer des objectifs, Passablee de bons choix et acquérir la maîtrise de soi) (31 % ou 8 sur 26). Ces thèmes sont mis en évidence dans les propos rapportés ci-dessous :

Je fais tout de manière positive, mes activités d'entretien personnel et… la rédaction de mon journal, tout en étant capable de maîtriser ma colère de manière positive au lieu de me rabaisser. C'est quelque chose que je ne fais plus. (Une participante au programme Esprit du guerrier)

Avant, je ne posais pas de questions, j'allais voir la personne et je commençais à me bagarrer avec elle…mais aujourd'hui je lui demande d'abord de s'exprimer… et je lui explique ensuite ce que je ressens et, lorsqu'il y a un problème, je tente de le résoudre de façon différente d'avant…cela fait déjà cinq fois que je le fais. (Une participante au programme Esprit du guerrier)

Je n'ai jamais pris de temps libre pour moi et c'est comme cela que j'ai fait une rechute, parce que je pensais que j'échouerais, mais avec le programme, tout ce que je fais dans la vie, c'est pour moi et cela rehausse mon estime de moi-même. M'exprimer et demander – il n'y a rien de mal à demander de l'aide. (Une participante au programme Esprit du guerrier)

Relations

En raison de la nature des échanges en groupe dans le cadre du programme Esprit du guerrier, les relations des femmes avec les autres ont constitué un élément important de l'étude. La majorité des participantes (86 % ou 24 sur 28) ont observé des changements dans leurs relations avec le personnel du programme (c.-à-d., intervenantes et Aînés), et toutes les intervenantes en ont fait autant (100 % ou 6 sur 6). Les participantes ont notamment mentionné avoir établi des liens d'amitié avec des membres du personnel affectés au programme (75 % ou 18 sur 24), et que la qualité de leurs échanges et de leurs communications avec ces dernières s'était améliorée (42 % ou 10 sur 24). Voici, à cet égard, les observations de l'une des participantes au programme :

Ma relation avec elles est beaucoup plus solide car, vous savez, au début, j'étais pour ainsi dire à l'écart de tout le monde, mais aujourd'hui, à chaque fois que j'ai besoin de parler à l'une d'elles, je vais la voir si je peux. C'est pour ainsi dire une relation d'amitié. (Une participante au programme Esprit du guerrier)

Les participantes ont également mentionné que leur relation avec les autres participantes au programme avait changé grâce au programme (81 % ou 22 sur 27). Des changements positifs ont également été observés par les six intervenantes interviewées. Les thèmes évoqués étaient semblables à ceux relevés ci-dessus, comme le développement d'un lien d'amitié (73 % ou 16 sur 22) et une meilleure communication (46 % ou 10 sur 22). Les intervenantes ont aussi parlé d'acceptation, de confiance et de compréhension entre les femmes :

Elles s'acceptaient mieux les unes les autres, se comprenaient et éprouvaient de la compassion pour les événements vécus par chacune. Elles regardaient une femme et lui disaient : « Maintenant que je connais ton histoire, je me rends compte que tu n'es pas une méchante personne ». (Une intervenante du programme Esprit du guerrier)

Elles en sont venues à s'aimer et à se Passablee confiance…à reconnaître qu'elles en étaient à des étapes différentes de leur vie et à apprendre de celles qui avaient plus d'expérience. (Une intervenante du programme Esprit du guerrier)

Je crois qu'elles sont devenues plus aidantes entre elles et qu'elles ont appris à se Passablee mutuellement confiance…elles avaient beaucoup de respect les unes pour les autres. (Une intervenante du programme Esprit du guerrier)

Selon les participantes au programme (73 % ou 16 sur 22) et les intervenantes (100 % ou 5 sur 5), les rapports avec les membres du personnel non affectés au programme se sont également améliorés; mais ces changements étaient moins souvent observés par les membres du personnel non affectés au programme eux-mêmes (25 % ou 2 sur 8). Les participantes (64 % ou 16 sur 25) et les intervenantes (100 % ou 4 sur 4) ont aussi signalé des changements chez les femmes qui ne participaient pas au programme (ou les non-participantes au programme). Une fois de plus, ces changements étaient moins évidents pour les membres du personnel interrogés qui n'étaient pas affectés au programme (33 % ou 3 sur 9).

Les attitudes et les comportements ciblés

Trois instruments de mesure normalisés ont été utilisés avec les participantes au début et à la fin du programme : l'Échelle d'évaluation de l'estime de soi de Rosenberg (RSES), l' Échelle de la colère de Novaco (NAS) et la Batterie de mesure des sphères d'influence (SCS) pour évaluer les changements dans l'estime de soi, la colère et la provocation, l'efficacité personnelle et l'influence interpersonnelle. Les participantes se sont également vu administrer la sous-échelle de la gestion des impressions, qui fait partie de l'Échelle d'illusion sur soi-même de Paulhus (PDS). L'Échelle d'illusion sur soi-même a été utilisée pour évaluer les biais éventuels dans les réponses des participantes. Les résultas obtenus à l'aide des instruments de mesure normalisés sont présentés ci-après.

Réactions sociales souhaitables

Avant de déterminer les changements entre le début et la fin du programme, la relation entre les trois instruments de mesure et la sous-échelle de la gestion des impressions, de la PDS, a été analysée. Rappelons que la gestion des impressions fait référence à la tendance des répondants à exagérer, Passablee semblant ou mentir afin de donner volontairement aux autres une impression plus favorable d'eux-mêmes.

Selon les notes de césure (<2 >8) établies par Paulhus (1998), le score général moyen sur la sous-échelle de la gestion des impressions lors du pré-test (M = 7,37) et du post-test (M = 8,52), était valide. Cela signifie, qu'en moyenne, les participantes n'avaient pas tendance à donner une image négative ou flatteuse d'elles-mêmes. L'étalement des scores obtenus au pré-test (min = 0, max = 14) et au post-test (min = 4, max = 14) a révélé que les participantes étaient plus nombreuses à donner d'elles-mêmes une image flatteuse qu'une image négative.

Au pré-test, la tendance à gérer les impressions présentait une corrélation étroite avec des scores plus faibles sur l'Échelle de la colère de Novaco et la sous-échelle de la partie A (voir le Tableau 5). Au post-test, la gestion des impressions était de nouveau reliée à des scores plus faibles sur l'Échelle de la colère de Novaco et la sous-échelle de la partie A. Dans ce dernier cas, les scores pour la gestion des impressions étaient aussi fortement corrélés avec des scores plus faibles sur l'Échelle d'estime de soi de Rosenberg, indiquant ainsi que les participantes qui s'étaient attribuées des niveaux élevés d'estime de soi étaient plus enclines à se présenter elles-mêmes sous un jour favorable. Dans la présente étude, l'Échelle de la colère de Novaco semblait être la plus sensible au biais des réactions sociales souhaitables. C'est-à-dire que les participantes qui déclaraient éprouver moins de colère avaient tendance à se présenter elles-mêmes sous un jour plus favorable. Étant donné ces constatations, les résultats obtenus à l'aide de l'Échelle de la colère de Novaco doivent être interprétés avec prudence.

Tableau 5 : Rapport entre la gestion des impressions et les instruments normalisés
Mesure PDS-Gestion des impressions : Pré-test PDS-Gestion des impressions : Post-test
r n r n
*p<0,05, **p<0,01, ***p<0,001, ****p<0,0001
† Une correction de Bonferroni a été employée pour chaque sous-échelle (p<0,03).
RSES -0,09 27 -0,39* 26
SCS † 0,24 27 0,29 26
Efficacité personnelle 0,21 27 0,36 26
Influence interpersonnelle 0,19 27 0,12 26
NAS † -0,42* 27 -0,46* 26
Partie A -0,53** 27 -0,47** 26
Partie B -0,21 27 -0,39 27
Différences entre le début et la fin du programme

Les changements dans les attitudes et les comportements ciblés ont été évalués au début et à la fin du programme. Des analyses antérieures ont révélé des corrélations importantes entre la gestion des impressions et deux instruments de mesure (c.-à-d. la NAS et la RSES), mais il faut noter que les scores pour la gestion des impressions, lors du pré-test et du post-test, ne présentaient pas de corrélation marquée avec l'un ou l'autre des scores concernant les différences entre le début et la fin du programme. De plus, lors du pré-test et du post-test, les scores pour la gestion des impressions étaient en corrélation étroite (r = 0,44; p<0,05). Ces données peuvent vouloir dire que les changements dans les attitudes et les comportements évalués, à la fin du programme, ne s'expliquent pas par une gestion accrue des impressions.

Les résultats obtenus à l'aide de chaque instrument indiquaient des différences importantes dans les scores des participantes, au début et à la fin programme (voir le tableau 6). En particulier, selon l'Échelle d'évaluation de l'estime de soi de Rosenberg (RSES), l'estime de soi a grandi chez les participantes entre le début et la fin du programme. Après avoir suivi le programme, les participantes ont obtenu des scores plus faibles sur l'Échelle de la colère de Novaco (NAS). Enfin, le locus interne de contrôle, tel que mesuré par la Batterie de mesure des sphères d'influence (SCS), a beaucoup augmenté chez les femmes qui ont complété le programme. L'augmentation du niveau de contrôle était particulièrement évidente dans la sous-échelle de l'influence interpersonnelle de la SCS.

Tableau 6 : Différences entre le début et la fin du programme, selon l'instrument normalisé
Instrument Score au pré-test (n=27) Score au post-test (n=27) Score de différence t p
**p<0,01, ***p<0,001, ****p<0,0001
† Une correction de Bonferroni a été employée pour chaque sous-échelle (p<0,03).
RSES (score plus élevé = plus faible estime de soi) 19,65 14,65 5,00 7,54 ,0001****
SCS (score plus élevé = locus interne de contrôle plus fort)† 92,19 101,36 -9,17 -4,35 ,0002***
Efficacité personnelle 50,12 52,54 -2,42 -2,22 ,0400
Influence interpersonnelle 42,07 48,82 -6,75 -4,93 ,0001****
NAS (score plus élevé = degré de colère plus élevé)† 136,94 112,12 24,82 5,25 ,0001****
Partie A 81,46 66,37 15,09 5,72 ,0001****
Partie B 55,39 45,40 9,99 4,30 ,0002***

Comme le programme insistait fortement sur la sensibilisation à la colère, cet aspect a fait l'objet d'une analyse plus approfondie à l'aide de l'Échelle de la colère de Novaco (NAS). La NAS est divisée en deux parties; chacune contient des sous-échelles d'évaluation de la colère et de la provocation. Sauf pour une sous-échelle (l'impulsivité), les données recueillies ont montré des diminutions importantes dans les domaines cognitifs, de l'éveil et des comportements colériques chez celles qui avaient suivi le programme. Dans les scénarios hypothétiques, les participantes étaient également moins enclines à être provoquées par le traitement irrespectueux, l'iniquité ou l'injustice, les frustrations ou les interruptions, les traits de caractère contrariants et les irritations. Pour plus de détails sur ces changements, voir le Tableau 7.

Tableau 7 : Différences entre le début et la fin du programme, sur les sous-échelles de l'Échelle de la colère de Novaco (NAS)
Sous-échelles de la NAS Score pré-test (n=27) Score post-test (n=27) Score de différence t p
**p<0,01, ***p<0,001, ****p<0,0001
† Une correction de Bonferroni a été employée pour chaque sous-échelle (p<0,01).
Total sur la NAS 136,94 112,12 24,82 5,25 ,0001****
Partie A 81,46 66,37 15,09 5,72 ,0001****
Domaine cognitif† 28,38 23,66 4,73 6,41 ,0001****
Concentration 8,35 7,23 1,12 3,92 ,0006***
Rumination 7,00 5,73 1,27 5,41 ,0001****
Attitude hostile 6,23 4,73 1,50 5,00 ,0001****
Attitude méfiante 6,81 5,97 0,84 2,97 ,0065**
Domaine de l'éveil † 27,62 22,20 5,41 4,65 ,0001****
Intensité 6,50 5,25 1,25 3,71 ,0010***
Durée 7,15 5,65 1,50 4,02 ,0005***
Stress somatique 7,15 5,79 1,36 3,60 ,0014**
Irritabilité 6,81 5,50 1,31 3,56 ,0015**
Domaine des comportements† 25,27 20,40 4,87 4,65 ,0001****
Réaction impulsive 5,88 4,93 0,95 2,70 ,0123
Agression verbale 6,92 5,71 1,21 4,32 ,0002***
Confrontation physique 6,46 4,96 1,50 4,82 ,0001****
Expression indirecte 6,00 4,79 1,21 3,14 ,0043**
Partie B† 55,39 45,40 9,99 4,30 ,0002***
Disrespectful TreatmentTraitement irrespectueux 11,74 9,43 2,31 4,91 ,0001****
Iniquité/Injustice 12,15 10,42 1,72 2,85 ,0085**
Frustrations/ Interruptions 10,78 8,91 1,87 3,17 ,0039**
Traits de caractère contrariants 11,06 8,87 2,19 3,34 ,0026**
Irritations 9,67 7,78 1,89 3,73 ,0009***
Corrélats de l'amélioration à la fin du programme

D'autres analyses ont été réalisées pour déterminer quels instruments de mesure pré-test et quelles variables des antécédents avaient prédit une amélioration à la fin du programme.

i) Corrélats des scores au post-test

L'analyse des scores obtenus lors du post-test a mis à jour des relations importantes. Les scores au pré-test, sur la RSES, étaient étroitement liés au total de points obtenus au post-test, sur la SCS, (r (26) = -0,44, p<0,03) et sur la sous-échelle de l'efficacité personnelle (r (26) = -.0,45, p<0,02). Ces résultats indiquaient que des niveaux plus élevés d'estime de soi13 au début du traitement étaient en corrélation avec des niveaux plus élevés de locus interne de contrôle et d'efficacité personnelle à la fin du traitement.

Au début et à la fin du programme, les participantes étaient invitées à s'attribuer une cote pour plusieurs compétences et aptitudes, sur une échelle de Likert à cinq points, cinq représentant la plus forte présence de l'élément en cause. Des cotes élevées pour les compétences interperson- nelles (r (26) = 0,50, p<0,01) et une bonne compréhension de la culture autochtone (r (26) = 0,45, p<0,02) au début du programme étaient en corrélation avec une plus forte influence interpersonnelle, telle que mesurée par la SCS, à la fin du programme.

Une corrélation importante a également été établie entre la durée de la peine et un instrument de mesure post-test. Dans le cas présent, les participantes purgeant des peines de plus courte durée14 ont obtenu des scores plus faibles sur la RSES, ce qui indiquait des niveaux plus élevés d'estime de soi après avoir suivi le programme (r (24) = 0,48, p<0,02).

Plusieurs facteurs de risque et de besoins avant le programme affichaient une corrélation digne de mention avec les scores obtenus lors du test administré à la fin du programme. Des cotes indiquant un potentiel élevé de réinsertion sociale étaient étroitement liées à des scores inférieurs sur l'ensemble de l'Échelle de la colère de Novaco (r (26) = -0,51, p<0,01), sur la sous-échelle de la partie A (r (26) = -0,48, p<0,01) et sur la sous-échelle de la partie B (r (27) = -0,44, p<0,02), après le traitement. Tel que mesurée par la SCS (r (26) = 0,42, p<0,03), une motivation élevée au début du programme était en corrélation avec une plus grande influence interpersonnelle à la fin du programme. L'examen de certaines catégories de besoins a révélé l'existence d'une corrélation entre de faibles besoins sur les plans familial et conjugal avant de suivre le programme et une plus grande influence interpersonnelle (SCS) à la fin du programme

(r (26) = -0,44, p<0,02). Par ailleurs, selon la NAS en général, les évaluations pré-programme révélant des besoins élevés au chapitre du fonctionnement dans la collectivité (r (26) = 0,47, p<0,01) et de l'attitude (r (26) = 0,42, p<0,03) présentaient une corrélation importante avec des degrés supérieurs de colère à la fin du programme. La partie B de la NAS a également montré un lien étroit entre de grandes difficultés de fonctionnement dans la collectivité et des degrés plus élevés de colère lors du post-test.

ii) Corrélats des scores de différence, au pré-test et au post-test

Plusieurs instruments de mesure pré-test et variables des antécédents ont été de bons prédicteurs des scores de différence lors des tests. De faibles scores au chapitre de l'efficacité personnelle (SCS), lors de l'évaluation pré-programme, présentaient une importante corrélation avec une plus grande amélioration dans le degré de colère (partie A de la NAS) après avoir suivi le programme (r (26) = -0,42, p<0,03).

Les participantes qui pensaient, lors de l'administration du pré-test, que le partage des expériences personnelles en groupe était une bonne chose15, affichaient une amélioration moindre sur l'ensemble de la NAS (r (26) = -0,56, p<0,003), sur la partie A de la NAS

(r (26) = -0,47, p<0,01) et sur la partie B de la NAS (r (27) = -0,59, p<0,001). Ce résultat plutôt étrange peut s'expliquer par le fait que les femmes qui avaient une opinion favorable des échanges en groupe, avant de participer au programme, avaient aussi obtenu des scores plus faibles sur l'ensemble de la NAS, sur la partie A de la NAS et sur la partie B de la NAS au pré-test. Il est donc possible qu'elles aient enregistré une amélioration moindre parce que leur degré de colère était moins élevé au départ.

Les résultats de l'évaluation réalisée à l'aide de la SCS ont montré que la durée de l'incarcération d'une femme (et non la durée de sa peine) présentait une corrélation importante avec le niveau d'influence interpersonnelle à la fin du programme. Par exemple, de plus courtes périodes d'incarcération étaient associées à des niveaux supérieurs de locus de contrôle interne

(r (26) = -0,47, p<0,01) et d'influence interpersonnelle (r (26) = -0,55, p<0,004) à la fin du programme.

L'examen de la puissance prédictive des facteurs dynamiques que sont les besoins et le risque a révélé que les personnes ayant des besoins plus prononcés dans le domaine des attitudes avaient moins progressé sur le RSES (r (26) = -0,49, p<0,01). En revanche, celles qui avaient un problème d'attitude affichaient une plus grande amélioration sur la sous-échelle de l'efficacité personnelle, de la SCS (r (26) = 0,43, p<0,03). En dernier lieu, les femmes jugées à plus haut risque de récidiver avaient moins progressé sur la RSES (r (26) = -0,47, p<0,02).

Effets imprévus : Le programme crée-t-il des effets imprévus positifs ou négatifs ?

Les effets imprévus du programme renvoient à tous les événements ou enjeux positifs ou négatifs observés qui étaient inopinés ou inattendus selon la conception et les objectifs du programme. Ces effets ont été mesurés en fonction des perceptions des participantes au programme, des intervenantes du programme et des membres du personnel en général.

Entre autres problèmes de mise en œuvre du programme, il avait été prévu que certaines participantes pourraient avoir de la difficulté à partager leurs expériences personnelles avec un groupe, ce qui pouvait produire un effet fortuit. On a demandé aux participantes si elles s'étaient senties forcées de partager leurs expériences avec le groupe et la majorité d'entre elles ont répondu par la négative (61 % ou 17 sur 28). Parmi les femmes qui ont déclaré avoir subi des pressions à un moment ou l'autre, certaines avaient cédé aux pressions et partagé leur vécu avec le groupe (4 sur 10), d'autres avaient très peu parlé au groupe (3 sur 10) et deux avaient plutôt écouté les autres évoquer leurs expériences (2 sur 10)16. Selon cinq des intervenantes du programme, le fait d'exécuter le programme dans un contexte de groupe influe, à divers degrés, sur la capacité des participantes d'être tout à fait honnêtes au sujet de leurs expériences. Toutefois, trois des cinq intervenantes ont déclaré que ce problème n'est observé qu'au début du programme.

Dans l'ensemble, bon nombre des participantes (32% ou 9 sur 28) ont déclaré qu'il leur avait été facile de partager leurs sentiments et leurs expériences avec les autres en raison des liens et de la confiance qui s'étaient créés dans le groupe. D'autres (57 % ou 16 sur 28) ont indiqué qu'elles avaient éprouvé des difficultés à échanger au début, mais qu'avec le temps elles s'étaient senties plus à l'aise et que les échanges étaient devenus faciles. Seulement deux répondantes auraient préféré les échanges individuels aux échanges en groupe. Avant et après le programme, les participantes ont été invitées à indiquer, sur une échelle de Likert en cinq points, si cela était/avait été une bonne chose de parler de leurs expériences personnelles en groupe. La mesure dans laquelle les participantes avaient coté positivement les échanges en groupe avait considérablement augmenté entre le début et la fin du programme (Mavant = 4,3, écart type = 0,7, Maprès = 4,8, écart type = 0,4; t (24) = -3,93, p<0,001).

De manière plus générale, des effets imprévus aussi bien positifs que négatifs ont été signalés. Bon nombre des participantes au programme (62 % ou 16 sur 26) ont mentionné des effets imprévus, notamment la solidité des liens et l'ouverture d'esprit au sein du groupe (44 %), une plus grande compréhension des relations interpersonnelles et des comportements (25 %) ainsi que des sentiments et des émotions plus agréables (19 %). Trois répondantes ont signalé des conflits et des incidents inattendus. De plus, quatre des six intervenantes ont fait état d'effets imprévus, dont deux effets négatifs, et les autres ont mentionné des effets positifs. Les effets négatifs comprenaient les actions fautives d'une intervenante et la résistance à l'apprentissage de l'histoire des Autochtones. Cependant, les effets positifs englobaient les séances plus longues que prévu et le pouvoir irrésistible des composantes spirituelles du programme.

Améliorations : Comment le programme pourrait-il être amélioré ?

Les participantes et les intervenantes ont été invitées à suggérer des façons d'améliorer le programme. Les principaux aspects mentionnés pour l'amélioration du programme étaient l'environnement et la durée du programme, les intervenantes du programme ainsi que le contenu et les activités du programme. Le Tableau 8 indique la fréquence de la réponse des intervenantes et des participantes pour chaque aspect.

Toutes les intervenantes du programme, mais seulement la moitié des participantes, ont fait des suggestions pour améliorer le programme. La première amélioration suggérée concernait la durée du programme; les répondantes réclamaient plus de temps pour les séances de groupe, les rencontres individuelles avec les intervenantes ou les Aînés et les soins personnels. Des changements au contenu du programme ont également été recommandés, notamment l'ajout d'exercices (c.-à-d. les vidéos et les conférenciers invités), d'activités (c.-à-d. la fabrication de bracelets et la peinture), de cérémonies (c.-à-d. le bain de cèdre) et les séances de groupe (c.-à-d. l'autorévélation d'un crime). En ce qui concerne les améliorations à l'environnement du programme, les participantes ont discuté de la nécessité de créer une atmosphère plus intime autour du programme, tandis que les intervenantes ont parlé de l'importance d'accroître la capacité de respecter l'intégralité des cérémonies culturelles. Enfin, les répondantes ont évoqué l'importance de choisir des Aînés et des intervenantes qui sont dynamiques, compétents, compréhensifs et bien informés.

Les intervenantes ont également rappelé l'importance de continuer de Passablee preuve de souplesse dans l'exécution du programme afin de répondre aux besoins culturels et personnels des membres des groupes.

Tableau 8 : Aspects du programme qui pourraient être améliorés
Aspect Intervenantes (n=6) Participantes (n=15)
Durée du programme 2 11
Contenu du programme 2 2
Environnement du programme 2 2
Sélection des Aînés et des intervenantes 1 3

CONCLUSION

La dernière section de ce rapport contient un résumé des résultats, expose les limites de l'évaluation et recommande des améliorations au programme.

Résumé des résultats

Justification du programme

Les entrevues réalisées avec les intervenantes du programme et les participantes ont permis de constater que le programme Esprit du guerrier poursuivait des objectifs uniques pour les délinquantes autochtones et avait donné des résultats nettement supérieurs à ceux d'autres programmes. Le programme était décrit comme original et bénéfique en raison de son approche axée principalement sur les échanges en groupe, la spiritualité autochtone et les questions fondamentales.

Selon les intervenantes du programme, les critères de sélection sont basés sur les antécédents de violence ainsi que sur la participation aux activités spirituelles autochtones. Le croisement de ces critères avec le profil d'infraction des femmes qui ont complété le programme semble indiquer que les participantes ont été bien choisies; une seule d'entre elles était incarcérée pour une infraction sans violence. Toutes les participantes, sauf deux, étaient autochtones; toutefois, c'est la participation à la spiritualité autochtone et non la descendance autochtone qui constituait le critère d'inclusion dans le programme.

Ressources

En ce qui concerne la formation des intervenantes, certaines d'entre elles ont suggéré des modifications au contenu et à la terminologie du guide préparé pour le programme Esprit du guerrier. Outre les modifications suggérées au contenu du programme, les intervenantes ont dit avoir besoin d'une formation plus longue pour se familiariser avec les leçons et être en mesure de les enseigner. Dans l'ensemble, les intervenantes ont accordé une note élevée à la formation reçue pour ce programme. Pour leur part, la majorité des participantes ont reconnu que les intervenantes étaient suffisamment formées pour exécuter le programme.

Tant les intervenantes que les participantes étaient d'accord pour dire que les atouts des intervenantes étaient au nombre de quatre. Les intervenantes compétentes possèdent une bonne connaissance et une bonne compréhension de la culture autochtone, des aptitudes à bien animer le programme, des expériences de vie semblables à celles des participantes au programme et des traits de personnalité tels que l'honnêteté et le respect.

L'appui extérieur au programme, c'est-à-dire l'appui consenti aux intervenantes et aux participantes par le personnel des établissements, était modéré. Mais des incidents ont été signalés concernant des membres du personnel des établissements qui s'attendaient à ce que les participantes soient ailleurs durant l'exécution du programme. Selon les intervenantes, le degré d'appui au programme dépendait des postes occupés par les membres du personnel, le plus élevé venant des directrices d'établissements et des Aînés. Une certaine résistance au programme a été signalée tant par les intervenantes du programme que par des membres du personnel des établissements eux-mêmes.

Mise en œuvre

Dans l'ensemble, la durée et le contenu des séances étaient suffisants. Certaines répondantes ont suggéré d'apporter des modifications au contenu du programme, par exemple en ajoutant des sujets comme la prostitution, les mécanismes de défense, la résistance, la honte et la culpabilité.

Le programme bénéficiait manifestement de solides appuis internes sous forme de soutien entre les intervenantes du programme et les participantes. Le soutien, la coopération et la confiance entre les participantes et les intervenantes ont obtenu des cotes très élevées. Les participantes ont décrit leurs relations avec les intervenantes comme positives, surtout concernant la disponibilité des intervenantes pour les rencontrer sur demande.

Efficacité

L'efficacité des huit composantes du programme a été mieux cotée par les participantes au programme et par les intervenantes que par le personnel des établissements (ou les membres du personnel non affectés au programme). Selon les cotes attribuées par les intervenantes et les participantes, les composantes les plus efficaces, ou les composantes qui ont obtenu les cotes les plus élevées, sont la conscience de soi, la sensibilisation à la colère et la sensibilisation à la culture.

L'instrument d'évaluation utilisé par les intervenantes a permis de détecter des changements importants dans la guérison globale des participantes entre le début et la fin du programme. Des améliorations importantes ont été constatées chez les délinquantes dans les composantes mentale, émotive, physique et spirituelle de la guérison, le changement le plus marqué s'étant produit dans le domaine émotif. Les résultats des entrevues avec les participantes ont confirmé ces constatations quantitatives; toutes les intervenantes ont signalé une progression dans la guérison des participantes, et la vaste majorité des participantes ont signalé des changements eu égard aux quatre éléments. Là encore, c'est dans le domaine émotif que le plus fort pourcentage de participantes ont indiqué avoir changé.

Toutes les participantes et intervenantes ont déclaré qu'un changement était survenu dans la capacité des participantes de réfléchir et de comprendre les situations et les personnes; de plus, les deux groupes ont signalé des améliorations dans les capacités de résoudre des problèmes et de s'adapter. La majorité des membres du personnel non affectés au programme ont confirmé cette impression. En outre, les relations des participantes avec les autres se sont grandement améliorées, y compris leurs relations avec le personnel affecté au programme, avec les autres participantes au programme, avec le personnel non affecté au programme et avec les délinquantes en général.

Afin de déterminer les changements survenus dans les domaines de l'estime de soi, de la colère et de la provocation, de l'efficacité personnelle et de l'influence interpersonnelle, trois tests normalisés ont été administrés aux participantes, au début et à la fin du programme. Les résultats obtenus à l'aide de l'Échelle d'évaluation de l'estime de soi de Rosenberg ont montré que les participantes avaient une plus grande estime de soi après avoir participé au programme. Les résultats obtenus à l'aide de l'Échelle de la colère de Novaco ont révélé une réduction du type et de l'intensité de la colère chez les participantes, après avoir suivi le programme. La Batterie de mesure des sphères d'influence a permis de détecter une augmentation importante du locus de contrôle interne chez les participantes, à l'issu de leur participation au programme.

Des analyses de corrélation entre les scores du post-test et du pré-test et les variables des antécédents ont donné des résultats intéressants. Par exemple, des degrés plus élevés d'estime de soi lors du pré-test étaient liés à des niveaux supérieurs de locus de contrôle interne et d'efficacité personnelle lors du post-test. Les participantes ayant déclaré posséder de grandes habiletés en communications interpersonnelles ainsi qu'une bonne compréhension de la culture autochtone, lors du pré-test, exerçaient une plus forte influence interpersonnelle à la fin du programme, comme l'a révélé le post-test. De plus courtes périodes d'incarcération étaient en corrélation étroite avec des degrés supérieurs d'estime de soi chez les délinquantes qui avaient terminé le programme.

De plus, certains facteurs de risque et de besoins avant le programme affichaient une corrélation avec les scores obtenus lors du test administré à la fin du programme. À titre d'exemple, des cotes indiquant un potentiel élevé de réinsertion sociale étaient étroitement liées à des scores inférieurs sur l'échelle de la colère après le traitement. Une motivation élevée était en corrélation avec une plus grande influence interpersonnelle une fois le programme complété. L'examen des sept catégories de besoins au moment de l'admission a révélé l'existence d'une corrélation entre de faibles besoins sur les plans familial et conjugal et une plus grande influence interpersonnelle, entre des besoins élevés au chapitre du fonctionnement dans la collectivité et des degrés supérieurs de colère, et entre des besoins élevés sur le plan des attitudes et des degrés supérieurs de colère, à la fin du programme.

D'autres analyses corrélationnelles ont montré des relations importantes entre les scores de différence des tests et certaines mesures pré-test et variables des antécédents. Premièrement, des scores plus faibles au chapitre de l'efficacité personnelle, lors du pré-test, présentaient une forte corrélation avec une plus grande amélioration en ce qui concerne le degré de colère. Deuxièmement, de plus courtes périodes d'incarcération étaient associées à des niveaux supérieurs de locus de contrôle interne et d'influence interpersonnelle. Troisièmement, des cotes positives concernant le partage des expériences personnelles en groupe, lors du pré-test, étaient liées à une amélioration moindre sur le plan de colère. Quatrièmement, les participantes chez lesquelles avaient été reconnus de plus grands besoins dans le domaine des attitudes affichaient une amélioration moindre de leur estime de soi, mais une plus grande amélioration de leur efficacité personnelle. Enfin, les participantes cotées à haut risque de récidive avaient moins progressé eu égard à l'estime de soi.

Effets imprévus

Bien qu'il ait tout d'abord été présumé qu'elle serait probablement un motif de préoccupation, la capacité de partager des expériences en groupe n'a pas été signalée comme un problème par la majorité des participantes et des intervenantes. Bon nombre des participantes ont mentionné des effets positifs, notamment la solidité des liens et l'ouverture d'esprit au sein du groupe, une plus grande compréhension des relations interpersonnelles et des comportements ainsi que des sentiments et des émotions plus agréables. Les effets positifs signalés par les intervenantes comprenaient les séances plus longues que prévu et le pouvoir irrésistible de la spiritualité. Seulement trois participantes ont fait état d'effets négatifs imprévus tel qu'un conflit. Deux intervenantes ont également relevé des effets négatifs.

Améliorations recommandées au programme

Les améliorations suggérées par les intervenantes et les participantes touchent quatre aspects communs. Ces aspects sont le prolongement de la durée du programme, l'ajout de séances au programme, la création d'une atmosphère plus intime autour du programme et l'adoption de mesures pour assurer une sélection adéquate des intervenantes et des Aînés. Toutefois, la mise en œuvre de ces améliorations pourrait nécessiter une légère restructuration du contenu du programme et une nouvelle affectation de ressources au programme. Bien entendu, l'intégrité de tout programme peut être compromise lorsque la sélection des intervenantes et des Aînés est inadéquate. De plus, compte tenu du contenu très émotif du programme, la sélection d'intervenantes et d'Aînés compétents est de la plus haute importance pour assurer son intégrité.

En somme, les conclusions de cette évaluation préliminaire se révèlent positives et encourageantes. Même si le contenu du programme et la formation des intervenantes posent certains problèmes de logistique et que l'appui au programme est un peu faible, l'efficacité du programme, c'est-à-dire sa capacité d'atteindre ses objectifs et de répondre aux besoins des participantes, est extrêmement prometteuse. Le programme semble également bénéficier d'un solide appui interne et d'un bon équilibre sur le plan de la guérison holistique. Des améliorations ont également été constatées chez les participantes échantillonnées aux chapitres de l'estime de soi, du contrôle interne et de la colère; cependant, compte tenu du degré de fiabilité de ces instruments de mesure, pour une population de délinquantes autochtones, il faudrait peut-être envisager le recours à des instruments différents, mieux adaptés à la culture autochtone.

Comme lors d'études antérieures sur les programmes destinés aux délinquants autochtones (Johnston, 1997; Moore, Low et Berland, 2002; Wormith et Oliver, 2002), ces résultats rappellent une fois de plus l'importance d'adapter les programmes culturels au sexe et à la culture des participants. L'intégration d'éléments de la culture et de l'histoire autochtones dans un programme de prévention de la violence permet aux participants de se sentir plus à l'aise par rapport au contenu du programme et par rapport aux personnes qui en assurent l'exécution (les intervenantes et les Aînés). La recherche continue de démontrer l'importance des facteurs nuancés selon le sexe et la culture; cependant, des indicateurs plus tangibles et plus révélateurs de l'efficacité doivent être analysés.

Limites de l'étude

Échantillon

Deux séances du programme n'ont pas été correctement évaluées par les intervenantes, au début et à la fin du programme. Les données provenant de l'évaluation des intervenantes n'ont donc été analysées que pour deux séances (Établissement d'Edmonton pour femmes et Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci). La taille de l'échantillon (n = 15) pour ce volet de la recherche était relativement petite compte tenu du nombre global de femmes qui ont terminé le programme. De plus, il se peut que les intervenantes aient donné des réponses socialement souhaitables, en faveur d'un changement chez les participantes – cette possibilité n'a pas été évaluée dans le cadre de la présente étude. Il faut donc interpréter avec prudence cette section des résultats, en rapport avec les répercussions des changements signalés par les intervenantes chez les participantes au programme.

Étant donné la brièveté de la période consacrée à la collecte de données en prévision des entrevues (de septembre 2004 à mars 2005), il n'a pas été possible d'interviewer toutes les participantes au programme parce qu'un certain nombre de femmes avaient été mises en liberté ou transférées à l'époque des visites sur place.

Des entrevues ont été réalisées avec six des dix personnes qui ont animé le programme Esprit du guerrier à ce jour. L'évaluation n'a donc pas pris en compte la gamme complète des expériences vécues par les intervenantes du programme.

Très peu de membres du personnel ont répondu au questionnaire d'évaluation. Il a donc été impossible d'obtenir une représentation adéquate du personnel des établissements qui ont offert le programme Esprit du guerrier. Cependant, des taux élevés de réponses aux sondages menés auprès du personnel sont une anomalie dans la recherche sur les délinquants en général; cela peut donc indiquer un problème méthodologique plutôt qu'un problème lié au programme lui-même.

Instruments de mesure

Trois instruments de mesure normalisés (RSES, NAS, SCS), choisis en fonction de leur alignement avec les buts et objectifs du programme, ont été utilisés dans les sondages menés auprès des délinquantes avant et après leur participation au programme. En règle générale, il existe très peu d'instruments de mesure élaborés spécifiquement pour les délinquantes autochtones et tenant compte de leurs caractéristiques propres. Dans le cadre de cette étude, seule la RSES possédait des données normatives pour une population de femmes autochtones. En l'absence de données normatives sur les délinquantes autochtones pour la NAS et la SCS, il est important de tenir compte des limites de ces échelles en regard de leur adaptation à la culture et, partant, de la fiabilité de leurs résultats pour la population présentement étudiée. En dépit de ces limites, il faut souligner qu'aucun instrument de mesure valide, adapté à la culture, n'était disponible à l'époque de l'élaboration du cadre d'évaluation.

L'outil d'évaluation des intervenantes était le seul instrument de mesure conçu expressément pour cibler les buts et objectifs du programme. Dans la présente étude, il a été constaté que cet outil possédait une bonne cohérence interne. Toutefois, tel que susmentionné, ce questionnaire n'a été rempli que par un petit nombre de participantes au programme, rendant difficile l'évaluation des changements attribuables au programme dans les éléments spirituel, émotif, physique et mental de la guérison.

Recommandations

L'examen approfondi du programme Esprit du guerrier a permis de cerner les aspects du programme qui pourraient être améliorés. Voici une liste des recommandations suggérées.

Recommandation 1 : Critères de sélection

Les critères de sélection devraient continuer de cibler les femmes à risque moyen ou élevé qui ont des antécédents de violence. Compte tenu du petit nombre de personnes dans les groupes et des contraintes budgétaires pour l'exécution de ce programme, il faudrait accorder la préférence et donner priorité à cette population cible.

Recommandation 2 : Formation des intervenantes

Bien que le programme Esprit du guerrier soit inspiré du programme En quête du guerrier en vous, à l'intention des délinquants, il est recommandé d'utiliser le manuel du programme Esprit du guerrier pour la formation des intervenantes. C'est l'efficacité même du programme qui dépend de cette décision, car la formation doit incorporer les éléments du programme s'adressant expressément aux femmes et recourir à des approches qui leur sont adaptées. Il est également recommandé de revoir le contenu du programme afin de déterminer s'il y a lieu d'y ajouter des sujets propres aux femmes (c.-à-d. les bandes de femmes, la prostitution, la sexualité saine). Il faudrait aussi envisager d'ajouter à la formation actuelle un volet axé tout particulièrement sur l'acquisition de compétences en animation et co-animation. Cet aspect devrait être pris en compte lors de la sélection des intervenantes, car les personnes qui suivent la formation pour exécuter ce programme devraient déjà posséder de solides compétences en animation.

Recommandation 3 : Sélection des intervenantes

Étant donné le contenu émotionnel du programme, il est très important de bien choisir les intervenantes. Il est recommandé d'élaborer des critères de sélection pour les intervenantes du programme en tenant compte à la fois des expériences professionnelles et personnelles des candidates éventuelles. À titre d'exemple, les critères suivants devraient être suggérés : solides aptitudes à l'animation, bonnes stratégies d'adaptation et de gestion des émotions, connaissance et mise en pratique de la spiritualité autochtone et traits de personnalité tels que la compassion, l'honnêteté et le respect. Cette recommandation représente une tâche complexe puisqu'il faut d'abord repérer ou concevoir des outils adéquats pour évaluer ces expériences et caractéristiques.

Recommandation 4 : Appui et communication

Il semble que les intervenantes du programme Esprit du guerrier et les participantes au programme aient bénéficié d'un appui interne favorable et efficace. Ce programme bénéficie d'un appui important des chefs spirituels et des directeurs et directrices d'établissement, mais il faudrait mettre sur pied un meilleur réseau de communication et de soutien entre le personnel de première ligne et le personnel du programme. Il est donc recommandé d'organiser des séances de sensibilisation obligatoires pour le personnel de première ligne afin de promouvoir la reconnaissance du programme et un appui général à celui-ci, ce qui englobe un soutien personnel aux intervenantes et participantes. Ces séances devraient contenir de l'information sur la méthode d'exécution et le contenu du programme, sur l'importance de l'autonomie et sur les stratégies de suivi post-programme.

Recommandation 5 : Objectifs du programme

Le manuel du programme Esprit du guerrier décrit brièvement les quatre sections et les huit composantes du programme (voir l'Introduction). Afin de mesurer le changement chez les participantes au programme, il est recommandé de mettre au point une batterie permanente d'évaluation qui serait administrée avant et après chaque séance du programme.

Pour montrer clairement le changement survenu chez les participantes, il faut élaborer des instruments de mesure plus tangibles et concrets pour chacun des objectifs du programme. Ainsi, les composantes du programme sensibilisation à la colère et sensibilisation à la violence touchent les croyances, les attitudes, les sentiments et les expériences liées à la colère et à la violence. Les indicateurs éventuels pourraient comprendre une meilleure connaissance des éléments déclencheurs généraux et personnels, la présence atténuée de croyances et attitudes empreintes de violence, le nombre réduit d'incidents violents, un risque moindre de récidive ou un taux inférieur de récidive violente. Ces indicateurs peuvent être mesurés par une série d'instruments, y compris un questionnaire sur les connaissances, une enquête attitudinale et une base de données informatisée utilisant des données extraites du SGD.

Pour ce qui est de l'élaboration d'échelles pour les nouveaux instruments de mesure, tels qu'un questionnaire sur les connaissances ou une enquête attitudinale, il faut tenir compte des rôles respectifs du SCC et du Native Counseling Services of Alberta (NCSA) ainsi que de la critique de l'approche utilisée. Il est proposé que la Division des programmes de réinsertion sociale du SCC et le NCSA unissent leurs efforts pour élaborer conjointement les échelles requises.

Il est recommandé que l'outil d'évaluation des intervenantes mis au point par le Native Counseling Services of Alberta fasse partie de cette batterie. Mais dans l'outil d'évaluation des intervenantes, les éléments de l'échelle doivent tout d'abord être clairement rattachés aux buts et objectifs du programme décrits dans le manuel.

Recommandation 6 : Rôle des Aînés

Étant donné l'importance d'offrir un encadrement spirituel et de Passablee découvrir l'histoire et les cérémonies autochtones, l'Aîné joue un rôle de tout premier plan dans le programme. L'exécution du programme a déjà été confiée à des Aînés à temps partiel et à temps plein ou à un Aîné exceptionnel qui a joué à la fois le rôle d'Aîné et d'animateur. De par sa conception, le programme doit être exécuté par une intervenante, une co-intervenante et un Aîné à temps plein. Récemment, la Division des programmes de réinsertion sociale, du Service correctionnel du Canada (SCC, 2004), a accepté trois solutions de rechange au rôle de l'Aîné. Premièrement, elle a permis que le programme soit exécuté par deux intervenantes, à condition que l'une des intervenantes possède une expérience des services des Aînés. Deuxièmement, l'exécution du programme peut être confiée à une intervenante et à un Aîné, à condition que l'Aîné soit formé et ait des compétences en vue d'animer le programme. Troisièmement, s'il n'est pas possible de retenir les services d'un Aîné à temps plein, l'exécution du programme peut être confiée à deux intervenantes formées. Dans ce cas, l'Aîné responsable des services spirituels dans l'établissement doit fournir une aide à temps partiel pour la prestation des services spirituels que prévoit le programme. En raison de l'intensité mentale et émotive du programme, et du suivi considérable dont ont besoin les participantes et les intervenantes une fois le programme terminé, il est recommandé que la norme d'une intervenante, d'une co-intervenante et d'un Aîné soit respectée.

Recommandation 7 : Améliorations globales

Les différentes suggestions pour améliorer la durée et le contenu du programme doivent être présentées au SCC et au NCSA lors d'une séance de rétroaction. Les modifications au programme sont la responsabilité du NCSA. Toutes les améliorations à l'environnement du programme demeureront la responsabilité des établissements. Les intervenantes ont souligné l'importance de la flexibilité et de l'adaptabilité du programme. La rigidité n'est pas encouragée dans l'exécution des programmes correctionnels, mais il faut aussi mentionner que cette flexibilité et cette adaptabilité ne peuvent Passablee en sorte que le programme soit modifié au point de dévier des normes ou des objectifs définis.

Orientations futures

Selon les résultats de l'évaluation, il est évident que le programme Esprit du guerrier a de bonnes chances de répondre aux besoins des délinquantes autochtones qui ont des antécédents de violence. La rétroaction favorable des intervenantes du programme, des participantes et du personnel des établissements vient renforcer l'importance et la nécessité d'un programme qui cible les tendances à la colère et à la violence de cette population carcérale. L'adaptation à la culture autochtone du programme Esprit du guerrier est une raison de plus de continuer de l'offrir, de le financer et de l'appuyer.

La collecte continue de données, et par conséquent le contrôle des progrès faits par les participantes au programme, est la prochaine étape pour assurer la réussite du programme. Il sera important d'évaluer plus rigoureusement les résultats, tels que l'incidence du programme sur les taux de récidive des participantes, afin de déterminer l'impact global du programme sur la réinsertion des délinquantes dans les collectivités ainsi que sur la sécurité publique.

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ANNEXES

ANNEXE A : SONDAGE MENÉ AUPRÈS DES PARTICIPANTES

Consentement éclairé

La présente étude a pour but d'évaluer le programme Esprit du guerrier auquel vous allez participer. L'évaluation tentera de déterminer dans quelle mesure le programme a réussi à répondre à vos besoins et si les objectifs du programme sont atteints. Cette évaluation est importante pour cerner les forces et les faiblesses du programme, et tenter ainsi d'en accroître l'efficacité au maximum.

Votre participation consistera à répondre à un bref sondage et à quatre questionnaires. L'enquête porte sur des questions telles que vos objectifs personnels et vos attentes face au programme, comment vous en êtes venue à participer au programme, et vos perceptions de vous-même. Les quatre questionnaires abordent des sujets comme celui-ci : comment vous interagissez avec les autres et comment vous réagissez à différentes situations.

Vous devrez répondre à deux questionnaires différents. Vous allez répondre au premier dès maintenant. Le second questionnaire vous sera administré à la fin du programme. Il faut tout au plus une heure et demie pour répondre à chacun des questionnaires.

Droit de participation et de désistement

Nous tenons à vous souligner que vous n'êtes aucunement tenue de participer à cette étude. Vous avez le droit de vous désister à tout moment et de ne pas répondre à certaines questions. Si vous décidez de ne pas participer à l'étude ou de vous désister, aucune sanction ne vous sera imposée. Vous ne gagnerez rien et ne perdrez rien en participant à cette étude. Votre participation est cependant essentielle au succès de l'étude.

Confidentialité

Toutes vos réponses seront tenues strictement confidentielles. Seuls les membres de l'équipe chargée de mener l'étude auront accès aux questionnaires remplis. Les renseignements personnels recueillis durant l'étude ne seront divulgués à aucun autre employé du SCC. Après avoir rempli tous les questionnaires, insérez-les ainsi que ce consentement éclairé dans l'enveloppe fournie et cachetez l'enveloppe. Cette enveloppe scellée sera envoyée à la Direction de la recherche.

Consentement éclairé

En apposant ma signature ci-dessous, j'atteste avoir lu la description de l'étude ci-dessus, et je confirme en comprendre entièrement les conditions et le but. Je connais également mes droits en ce qui a trait à la confidentialité des renseignements divulgués, à ma participation volontaire et à mon désistement. Par les présentes, j'accepte de participer au projet de recherche.

Nom (en lettres moulées) : _______________________________

Signature : __________________________________ Date :____________________

Sondage mené auprès des participantes au début du programme

Afin de comprendre comment le programme Esprit du guerrier est exécuté et trouver des façons de l'améliorer, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir répondre à ce questionnaire et nous dire ce que vous pensez du programme.

Vos réponses demeureront entièrement confidentielles et vous garderez l'anonymat.

  1. Quel âge avez-vous ? ______
  2. Quelle est la durée de la peine que vous purgez actuellement ? ________
  3. Depuis combien de temps êtes-vous incarcérée ? _________
  4. Depuis combien de temps êtes-vous dans cet établissement ? _________
  5. Étiez-vous inquiète à l'idée de participer au programme ?

    Si oui, pourquoi étiez-vous inquiète ? (Cochez toutes les réponses qui s'appliquent à vous)

    ________ vous n'étiez pas vraiment intéressée ?

    ________ vous étiez engagée dans un autre programme ou dans un travail ?

    ________ vous ne pensiez pas en avoir besoin ?

    ________ vous ne pensiez pas que vous vous sentiriez à l'aise dans un groupe ?

    ________ vous étiez préoccupée par ce que les autres participantes pourraient penser ?

    ________ vous étiez préoccupée par ce que les autres détenues pourraient penser ?

    ________ vous étiez préoccupée par ce que les membres du personnel pourraient penser ?

  6. Qu'espérez-vous retirer de votre participation au programme ? Quels sont vos objectifs personnels ? _______________________
  7. Selon vous, dans quelle mesure le programme Esprit du guerrier vous aidera-t-il à atteindre vos objectifs personnels ?
    1 2 3 4 5
    Pas du tout Un peu Moyennement Passablement Extrêmement
  8. Comment coteriez-vous la compréhension que vous avez de votre comportement et des motifs de vos actes ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  9. Comment coteriez-vous votre capacité de vous aider vous-même ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  10. Pensez-vous que ce sera une bonne chose de partager vos expériences dans un groupe ?
    1 2 3 4 5
    Pas du tout Un peu Moyennement Passablement Extrêmement
  11. Comment coteriez-vous votre capacité de prendre des décisions ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  12. Comment coteriez-vous le contrôle que vous avez sur votre comportement ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
  13. Comment coteriez-vous vos compétences interpersonnelles ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  14. Comment coteriez-vous votre compréhension de la culture et du mode de vie autochtones ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  15. Dans quelle mesure les cérémonies et la spiritualité autochtones sont-elles importantes pour vous ?
    1 2 3 4 5
    Pas du tout Un peu Moyennement Passablement Extrêmement
  16. Entrevoyez-vous des problèmes avec le programme Esprit du guerrier ?

    ___________ Oui _____________ Non

    Veuillez les décrire : _________________

  17. Que pensez-vous aimer le plus dans le programme Esprit du guerrier ? _________________
  18. Que pensez-vous aimer le moins dans le programme Esprit du guerrier ? _________________
  19. Selon vous, comment le programme Esprit du guerrier se compare-t-il avec d'autres programmes auxquels vous avez participé ?

    (veuillez encercler un chiffre)

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    Pourquoi êtes-vous de cet avis ? _________________

Sondage mené auprès des participantes à la fin du programme

Le programme Esprit du guerrier est un programme intensif de traitement, conçu spécialement pour répondre aux besoins des délinquantes autochtones. Il cible expressément les problèmes de violence. Afin de comprendre comment ce programme agit et les changements qu'il provoque, et pour trouver des façons de le rendre encore plus efficace, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir répondre à ce questionnaire et nous dire ce que vous avez pensé du programme Esprit du guerrier.

Vos réponses demeureront entièrement confidentielles et vous garderez l'anonymat.

  1. Qu'avez-vous retiré de votre participation au programme ? Avez-vous atteint des objectifs personnels ? _________________
  2. Dans l'ensemble, le programme vous a-t-il aidé à atteindre vos objectifs personnels ?
    1 2 3 4 5
    Pas du tout Un peu Moyennement Passablement Extrêmement
  3. Comment coteriez-vous la compréhension que vous avez de votre comportement et des motifs de vos actes ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  4. Comment coteriez-vous votre capacité de vous aider vous-même ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  5. Pensez-vous que cela a été une bonne chose de partager vos expériences dans un groupe ?
    1 2 3 4 5
    Pas du tout Un peu Moyennement Passablement Extrêmement
  6. Comment coteriez-vous votre capacité de prendre des décisions ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  7. Comment coteriez-vous le contrôle que vous avez sur votre comportement ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
  8. Comment coteriez-vous vos compétences interpersonnelles ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  9. Comment coteriez-vous votre compréhension de la culture et du mode de vie autochtones ?
    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyenne Bonne Très bonne
  10. Dans quelle mesure les cérémonies et la spiritualité autochtones sont-elles importantes pour vous ?
    1 2 3 4 5
    Pas du tout Un peu Moyennement Passablement Extrêmement
  11. Avez-vous des plaintes générales à formuler au sujet du programme Esprit du guerrier ?

    ___________ Oui _____________ Non

    Veuillez expliquer : _________________

  12. Le programme Esprit du guerrier a-t-il répondu à vos attentes ?

    (Veuillez encercler un chiffre)

    1 2 3 4 5
    Pas du tout Un peu Moyennement Passablement Extrêmement

    Si oui, de quelle façon ? _________________

    Si non, pourquoi ? _________________

  13. Quelle cote attribueriez-vous au programme Esprit du guerrier en comparaison avec les autres programmes auxquels vous avez participé ?

    (Veuillez encercler un chiffre)

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

ANNEXE B : ÉVALUATION DES INTERVENANTES

Outil d'évaluation des intervenantes

Nom de la participante : ___________________________________________ Date :___________________

Nom de l'agente qui a répondu au test : _______________________________

COMPOSANTE PHYSIQUE

Objectif 1: Acquérir de l'autodiscipline
Définition : L'autodiscipline fait référence à la capacité d'une personne de réfléchir aux conséquences de ses gestes avant d'agir. L'acquisition de l'autodiscipline aide les délinquantes à résister au désir de mal agir, à censurer le comportement inapproprié (dans la collectivité et dans l'établissement) et constitue également une méthode de « monitorage de soi » (Appleford, 1989). Les participantes apprennent à agir en respectant les lois du Canada et les valeurs sociales de leur collectivité. Indicateurs de réussite :
  • La participante réfléchit :
  • Avant de causer un dommage corporel à une autre personne ou un dommage physique à un objet;
  • Avant d'utiliser la violence verbale, et choisit un comportement plus approprié;
  • Elle peut être en colère sans devenir violente.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS AU CHAPITRE DE L'AUTODISCIPLINE Pose régulièrement des gestes d'hostilité et d'agression; ne semble pas réfléchir avant d'agir. A fréquemment des moments de réactions négatives et d'hostilité. Réfléchit à ses comportements après coup. Comprend les liens entre la pensée et le comportement et se montre capable de réfléchir comme il se doit avant d'agir. Est manifestement capable de réfléchir avant d'agir – n'utilise pas l'agression physique et se livre rarement à des déferlements verbaux. Peut encore éprouver des difficultés à choisir une action positive. Réfléchit toujours avant d'agir – maîtrise entièrement ses fortes envies de poser des gestes d'hostilité et d'agression. Réagit avec respect et bonté.
Objectif 2 : Élaborer des stratégies d'autonomie
Définition : Les participantes doivent élaborer un plan d'autonomie qu'elles mettent en pratique pendant toute la durée du programme. (Ce plan est comparable au plan de prévention des rechutes, mais est de nature holistique). Le plan doit être de nature holistique et comporter des stratégies dans les quatre dimensions. Il a pour but d'aider la participante à maintenir un mode de vie sain et équilibré et à poursuivre sa démarche de développement personnel. Indicateurs de réussite :
  • La participante peut traverser une crise sans avoir de comportement destructeur.
  • La participante possède un plan d'autonomie ou a manifestement un mode de vie équilibré qui touche les quatre dimensions de sa personne.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN MATIÈRE D'AUTONOMIE Ne voit aucune relation entre son mode de vie et son comportement criminel et inacceptable. N'est pas intéressée à apprendre et à élaborer des stratégies pour devenir autonome. Ne fait preuve que d'une compréhension partielle ou superficielle de ce qu'est un mode de vie sain; montre peu d'intérêt pour trouver des stratégies pour devenir autonome. Témoigne d'une compréhension claire des concepts d'autonomie et de la façon dont ils peuvent conduire à un mode de vie sain dans la collectivité. Peut expliquer son plan d'autonomie; s'efforce de maintenir un mode de vie équilibré; a fréquemment mais pas constamment recours aux stratégies énoncées. Le plan d'autonomie a été intégré dans sa vie en général; elle maintient un mode de vie équilibré; utilise la relaxation et d'autres stratégies pour maîtriser un comportement inapproprié.
Objectif 3: Développer des aptitudes à communiquer
Définition : Dans le programme Esprit du guerrier, il est important que les participantes développent des aptitudes à communiquer qui sont des moyens d'expression non destructeurs et non manipulateurs (Appleford, 1989). Les aptitudes à communiquer augmentent la capacité des participantes de maîtriser calmement, sans violence ou agression, la colère et les situations stressantes. Indicateurs de réussite :
  • Peut communiquer de façon non violente.
  • Peut exprimer ses sentiments de manière ouverte et honnête.
  • Écoute activement les autres (langage corporel, donne des incitations verbales pour indiquer qu'elle écoute, peut poser des questions).
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN CE QUI CONCERNE LES APTITUDES À COMMUNIQUER Ne communique pas, sauf en cas de nécessité; phrases d'un ou deux mots. Aucune communication touchant les sentiments.

Le seul sentiment qui est communiqué est la colère; ne porte pas attention aux autres personnes qui expriment leurs sentiments – aucune capacité d'écoute.

Peut communiquer ce qu'elle ressent sans hostilité ou colère; peut écouter les autres personnes qui expriment leurs sentiments.

Peut exprimer ouvertement ses sentiments; écoute souvent les autres personnes qui expriment leurs sentiments – est en train de développer une capacité d'écoute, mais est parfois distraite.

Peut échanger de l'information ouvertement et honnête-ment, de manière bienveillante. Écoute bien les autres personnes qui partagent leurs sentiments – Excellente aptitude à l'écoute active.

Objectif 4: S'abstenir de consommer de l'alcool et des drogues
Définition : Le fait de s'abstenir de consommer des drogues et de l'alcool est important parce que la plupart des délinquantes ont une grande accoutumance aux drogues, à l'alcool ou aux deux. La consommation de drogues et d'alcool est liée au comportement criminel et s'avère extrêmement destructive dans la vie des délinquantes. Bien que le programme Esprit du guerrier ne soit pas un programme de traitement de la toxicomanie ou de prévention des rechutes, les participantes doivent s'abstenir de consommer des drogues et de l'alcool pendant toute la durée du programme. Indicateurs de réussite :
  • S'abstient volontairement de consommer des drogues et de l'alcool, sans contrainte de l'extérieur ou de l'intérieur de l'établissement
  • Comprend comment les drogues et l'alcool sont liés à un mode de vie criminel et à un comportement inapproprié
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT L'ABSTENTION DE DROGUES ET D'ALCOOL Continue de consommer des drogues et (ou) de l'alcool et désire parfois accroître sa consommation. Consomme occasionnellement des drogues en compagnie de ses pairs; cherche activement d'autres occasions de consommation. S'abstient de consommer des drogues ou de l'alcool uniquement en présence de contrôles externes. S'abstient; peut avoir des rechutes, mais est en train de développer une aptitude à prévenir une autre rechute. Ne consomme pas de drogues et (ou) d'alcool – n'a pas besoin de contrôle externe pour rester sobre.
Objectif 5: Acquérir la capacité d'agir de manière autonome
Définition : L'autonomie est la capacité d'une personne d'examiner une situation et de choisir une action qui est indépendante et dont les conséquences sont positives. Nombreuses sont les délinquantes violentes qui ne sont pas conscientes qu'elles peuvent choisir leur comportement; elles peuvent jeter le blâme sur quelqu'un d'autre, prétendre qu'une autre personne les a « incitées à le faire » ou se sentir incapables de modifier leur situation. Le comportement autonome fait partie du processus de guérison, car il permet à la participante de réfléchir et d'agir indépendamment des autres détenues de l'établissement, et de le faire avec un jugement sûr. L'autonomie renvoie également au droit d'établir des frontières acceptables entre soi et les autres, en sachant à quel moment prendre ses distances de mauvaises relations et à quel moment rester émotionnellement à distance de ceux et celles qui ne traitent pas la personne avec respect (Wolin et Wolin, 1993). Indicateurs de réussite :
  • Démontre une aptitude à agir sans être influencée par ses camarades.
  • Démontre une aptitude à prendre des décisions qui ont un résultat positif.
  • Démontre une aptitude à s'éloigner de camarades qui ont un esprit négatif et de personnes qui la traitent de manière irrespectueuse.
  • Cherche activement à se faire de bonnes amies dans l'établissement et dans la collectivité.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS AU CHAPITRE DE L'AUTONOMIE Toutes ses actions sont motivées par les camarades; aucune aptitude à agir de manière indépendante; entièrement soumise à des influences négatives. A tenté d'agir de manière indépendante, mais perd habituellement tous ses moyens devant ses camarades. Démontre une aptitude à prendre des décisions indépendamment de ses camarades. Se montre capable de prendre des décisions indépendantes; certaines décisions donnent de bons résultats; peut prendre ses distances de camarades qui ont une influence négative. Prend toutes ses décisions de manière indépendante; les décisions qu'elle prend donne de bons résultats; aucun lien avec des camarades qui l'influencent négativement.
Objectif 6: Se constituer un bon réseau de soutien
Définition : De nombreuses ex-délinquantes ont constaté que le fait de se recentrer sur la famille facilitait la stabilité et la réinsertion sociale. De plus, des membres du personnel correctionnel proches d'elles (ou d'autres personnes) ont eu une influence favorable sur les participantes en les aidant et en les incitant à effectuer de réels changements dans leur vie (Heckbert et Hodgson, 1995). Un bon réseau de soutien joue un rôle important dans la guérison des délinquantes et leur adoption durable d'un mode de vie sain, en leur dispensant des encouragements, en leur proposant des modèles de comportement et en leur fournissant l'aide dont elles ont besoin pour effectuer des changements dans leur vie. Indicateurs de réussite :
  • La participante cherche activement aide et appui auprès de personnes qui l'influencent positivement.
  • La participante fait des tentatives pour renouer avec les membres de sa famille.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT LE RÉSEAU DE SOUTIEN N'a pas un bon réseau de soutien; fréquente exclusivement des camarades qui exercent sur elle une influence négative. Se montre hostile à l'endroit du personnel qui lui offre soutien et respect. Fait peu d'effort pour changer de réseau; peut se sentir incapable de le faire; juge inutile d'établir de bons rapports avec les membres du personnel. Peut reconnaître une personne capable de lui venir en aide et rencontre cette personne périodiquement. Bénéficie de l'appui positif de deux personnes au sein d'un réseau d'amies; fait des tentatives pour obtenir l'appui du groupe ou établir des relations avec le personnel ou a renoué avec un membre de sa famille, qui exerce sur elle une influence positive. Bénéficie de l'appui favorable de plus de trois personnes dans la vie; appartient à un groupe de soutien qui se rencontre à intervalles réguliers; est intéressée à tisser de nouveaux liens avec une personne qui exerce sur elle une influence positive (membre du personnel ou autre).
COMPOSANTE ÉMOTIVE
Objectif 7: Élaborer de bonnes stratégies pour exprimer sa colère
Définition : L'un des principaux objectifs du programme de guérison Esprit du guerrier est d'amener les participantes à prendre conscience de la différence entre la colère et la rage. La colère peut être un puissant précurseur de la violence; mais elle peut aussi faire partie de l'aptitude d'une délinquante à cerner et exprimer positivement une gamme complète d'émotions. La capacité de faire la distinction entre la colère (une émotion naturelle) et la rage (perte de contrôle / violence) est un élément essentiel du programme de guérison Esprit du guerrier et du développement personnel. Indicateurs de réussite :
  • Comprend la différence entre la colère et la rage; accepte que la colère fasse partie de sa vie.
  • élaboré de bonnes stratégies pour exprimer sa colère (c.-à-d. marquer un temps d'arrêt et libération de son stress en groupe / personne de confiance).
  • Lorsqu'elle est en colère et évoque des incidents, elle est capable de comprendre l'enjeu « fondamental » : la peur, la honte ou la souffrance.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN CE QUI CONCERNE L'EXPRESSION POSITIVE DE LA COLÈRE La colère est souvent et régulièrement annonciatrice d'un comportement violent. Ne semble pas du tout comprendre le lien entre les deux. Est habituellement incapable de maîtriser sa colère; a peur de se mettre en colère, car elle n'est pas certaine du résultat. Compréhension partielle ou incomplète de la relation entre les deux. Comprend comment la colère mal maîtrisée débouche sur le comportement violent. Démontre une aptitude à se fâcher sans devenir violente. La colère est une émotion contrôlable; a élaboré de bonnes stratégies pour exprimer sa colère et les utilise régulièrement. Commence à comprendre les enjeux fondamentaux. La colère est une émotion positive et utile. Comprend l'enjeu fondamental qui est derrière la colère – la honte, la peur ou la souffrance. A des stratégies pour gérer l'enjeu principal.
Objectif 8: Développer une identité autochtone positive
Définition : Les questions d'identité jouent un rôle assez central dans le processus général de réadaptation. Comme les questions d'identité sont fermement enracinées dans l'expérience coloniale de l'oppression et les politiques d'assimilation, il est préférable de les aborder dans un cadre autochtone. Une bonne partie du travail des Aînés et des chefs spirituels autochtones en milieu carcéral vise à résoudre le conflit d'identité et à développer, chez les détenus en détresse, la fierté d'être Autochtones (Waldram, 1997, p. 67). De plus, les Aînés « estiment que pour bon nombre de délinquants, leur manque de connaissance de soi, de dignité et de fierté sont des facteurs importants qui contribuent à leur comportement criminel… Selon les Aînés, une personne qui comprend ses traditions et son rôle spirituel dans la vie en tant qu'Autochtone sera moins susceptible de récidiver. » (Ellerby et Ellerby, 1998; p. 40). Indicateurs de réussite :
  • Comprend et accepte l'histoire générale des peuples autochtones au Canada.
  • Est fière de ce patrimoine.
  • A déjà cherché ou cherche activement à connaître l'histoire de sa famille.
  • Est plus à l'aise et plus honnête lorsqu'elle parle d'elle-même en tant qu'Autochtone.
  • Prend plaisir à échanger et à établir des liens de camaraderie avec d'autres Autochtones.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT LE DÉVELOPPEMENT D'UNE IDENTITÉ AUTOCHTONE POSITIVE Refuse d'admettre qu'elle a des ancêtres autochtones; a une opinion négative ou stéréotypée des Autochtones. Reconnaît ses origines autochtones, mais ce fait la gêne ou la met en colère. Ne possède aucune connaissance de l'histoire. Se sent visible-ment à l'aise avec son origine ethnique autochtone, possède des notions de base de l'histoire autochtone canadienne. Accepte bien son origine ethnique; désire se rensei-gner sur les activités culturelles et spirituelles autochtones et y prendre part. Très à l'aise; très fière d'être qui elle est; est un Excellent modèle d'identification pour les autres; se sent proche d'autres Autochtones.
Objectif 9: Développer sa conscience émotionnelle
Définition : La conscience émotionnelle est définie comme la capacité de déterminer et comprendre l'origine des émotions et d'exprimer correctement une vaste gamme d'émotions. La conscience émotionnelle aide la participante à prendre ses distances par rapport à une optique involontaire consistant à « savoir ce qu'elle fait et la raison pour laquelle elle le fait ». Cette conscience aide la participante à comprendre comment les émotions affectent ou motivent les types de comportement, et à modifier le comportement en cause. La conscience de soi aide également la participante à accepter les autres en s'acceptant elle-même. Indicateurs de réussite :
  • Exprime ses émotions de manière indiquée – peut exprimer une émotion avec confiance.
  • Comprend comment les incidents du passé sont liés à ses comportements et aux problèmes qu'elle a en ce moment, et peut faire état des principaux sentiments qu'elles éprouvent face à ces problèmes.
  • Reconnaît qu'elle possède à la fois des traits de personnalité masculins et féminins (la métaphore du guerrier intérieur).
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT LA CONSCIENCE ÉMOTIONNELLE Ne voit aucun rapport entre la conscience de soi et son comportement violent. A une certaine compréhension d'elle-même, mais ne voit pas la nécessité de changer ou de travailler sur d'autres aspects. Comprend l'importance de la conscience de soi; a évoqué un incident du passé, a pris conscience des émotions liées à cet incident et de l'incidence de celles-ci sur ses comportements actuels. Voit clairement comment les expériences du passé sont liées au comportement présent et comprend vaguement comment ces questions évoluent. Se sent à l'aise d'exprimer une émotion de base. Comprend très bien les problèmes qui engendrent un comportement violent et cherche activement à effectuer des changements personnels. Exprime ses sentiments avec confiance; encourage les autres à en faire autant.
Objectif 10: Développer son empathie et sa compassion
Définition : L'empathie est la capacité de comprendre les sentiments et l'expérience d'une autre personne et de ressentir ces émotions en se mettant à sa place. De nombreux Aînés affirment que les remords et l'empathie sont des indicateurs de changement (Ellerby et Ellerby, 1998, p. 70). L'un d'entre eux a déclaré que les gens devaient être capables d'évaluer leurs actions non seulement d'un point de vue intellectuel, mais aussi sous un angle émotionnel (p. 71) Indicateurs de réussite :
  • Comprend comment sa violence personnelle a affecté d'autres personnes.
  • Peut évoquer le traumatisme émotionnel vécu en tant que victime et le relier aux victimes de sa propre violence.
  • Fait preuve de compassion et s'intéresse aux opinions et sentiments des autres.
  • A fait l'effort de présenter des excuses pour son comportement violent.
  • anifeste une profonde compréhension des opinions des autres personnes du groupe.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN MATIÈRE D'EMPATHIE ET DE COMPASSION* Ne comprend pas le tort causé aux victimes, pense que les victimes n'ont subi aucun préjudice ou qu'elles ont pris plaisir à être violentées. Comprend qu'un tort a été causé à la victime, mais rationnalise son geste; la victime le méritait ou a bien réagi. Témoigne une véritable empathie aux victimes de son infraction. Témoigne une totale empathie. Comprend le tort mental ou physique causé à la victime. Témoigne une totale empathie ou compréhension. Souhaite réparer le tort causé à long terme.
Objectif 11: Demander pardon et pardonner
Définition : La capacité et le désir de demander pardon sont un volet important de la guérison dans la collectivité autochtone. Le fait de pardonner est également important pour la participante. Lorsque la participante peut pardonner aux personnes qui l'ont maltraitée en tant qu'enfant et adulte, elle peut par la suite se pardonner elle-même son comportement violent. Durant sa démarche, la participante peut exprimer son désir de changement ainsi que la colère engendrée par les mauvais traitements subis, pour en arriver ensuite aux phases de l'acceptation et de la guérison. Indicateurs de réussite :
  • Souhaite demander pardon aux victimes de sa violence personnelle.
  • A exprimé sa colère face à la personne qui l'a maltraitée alors qu'elle était enfant et peut comprendre le point de vue de l'auteur de ces mauvais traitements.
  • Peut formuler des paroles de pardon.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN MATIÈRE DE PARDON Refuse de pardon-ner à la personne qui l'a maltraitée durant son enfance; souhaite encore infliger de la souffrance à l'auteur de ces sévices. N'a pas l'impression de devoir être pardonnée pour quoi que ce soit. Aimerait pardonner à la personne qui l'a maltraitée durant son enfance, mais n'y parvient pas en raison de la colère, de la honte ou du désespoir qui l'envahit. Ressent trop de honte pour demander pardon. Désire demander pardon pour le crime à l'origine de son incarcération actuelle. Pardonne à la personne qui l'a maltraitée durant son enfance; désire demander pardon pour tous ses comportements inacceptables. Pardonne aux agresseurs; comprend leur manière de voir les choses; désire demander pardon pour sa propre violence.
Objectif 12 : Développer son sens de l'humour
Définition : L'humour estidentifié comme un élément important de la résilience individuelle. L'humour fait partie de l'acquisition de comportements prosociaux – c'est-à-dire les comportements qui augmentent la capacité d'une personne d'établir et maintenir de bonnes relations avec les autres (Benard, 1991). L'humour est nécessaire pour réagir de manière créatrice aux situations diffi-ciles; l'humour peut être utilisé pour apaiser les tensions et rendre une situation difficile plus acceptable (Wolin et Woli, 1993). L'humour a de nombreux effets physiologiques, psychologiques, sociaux et spirituels et est également utile pour faire face au stress et pour intervenir auprès des patients (James, 1995).

L'humour fait partie intégrante de la vie de nombreuses collecti-vités autochtones; il a aidé les Autochtones à gérer le stress de l'oppression et les difficultés quotidiennes liées à la pauvreté et à la marginalisation. De nombreux Autochtones croient que l'humour a contribué, à ce jour, à la sauvegarde de plusieurs cultures autochtones au Canada.

Indicateurs de réussite :
  • Est capable de rire ouvertement et naturellement.
  • Manifeste une capacité de rire d'elle-même et des situations dans lesquelles elle se trouve.
  • Peut utiliser l'humour pour gérer une situation tendue ou désamorcer une situation potentiellement dangereuse.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS AU CHAPITRE DE L'HUMOUR Utilise un humour amer et très sarcastique, habituellement pour blesser quelqu'un. Un certain humour sarcastique ou une incapacité de voir l'aspect comique d'une situation. Est capable de rire naturellement et au moment opportun. A un bon sens de l'humour, peut relier entre elles, de façon appropriée, des expériences présen-tant des aspects comiques; peut utiliser l'humour pour se sortir d'une situation difficile. A un grand sens de l'humour; peut mettre les gens à l'aise; peut rire d'elle-même; utilise l'humour comme un outil d'interaction positive et de gestion des situations.
Objectif 13: rendre conscience de sa propre valeur
Définition : Selon Benard (1991), la personne résiliente, c'est-à-dire celle qui croit pouvoir changer sa situation, doit posséder un haut niveau de confiance en soi et d'estime de soi. Prise isolément, une plus grande confiance en soi ne débouche évidemment pas nécessairement sur un mode de vie dénué de criminalité. Mais à titre d'élément d'un programme holistique de guérison, l'acquisition d'une bonne estime de soi fait partie de la démarche de quiconque désire devenir une personne saine, c'est-à-dire une personne qui n'a pas besoin de commettre des crimes avec violence.
L'estime de soi est définie comme une opinion réaliste et positive de soi, qui s'appuie sur la conscience de sa propre valeur, sur l'acceptation de l'amour et sur la croissance constructive.
Indicateurs de réussite :
  • La participante a l'impression qu'elle mérite d'avoir une vie agréable (amour, joie, emploi, etc.)
  • La participante a l'impression de faire de précieuses contributions dans un groupe et dans la vie en général.
  • N'a pas besoin d'approbation ou de rétroaction constante – est capable de reconnaître elle-même sa valeur.
  • Peut participer à des activités de croissance personnelle sans éprouver de honte ou de désespoir.
  • Peut faire preuve de bonté et de respect envers les autres.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT LA CONSCIENCE DE SA PROPRE VALEUR Très piètre opinion d'elle-même, incapacité de parler de soi-même de manière positive; dégoût de soi; possibilité d'automutilation; pas de participation en groupe. Piètre opinion d'elle-même; passablement sur la défensive ou honteuse d'elle-même; faible confiance, habituellement accompagnée d'une vision peu réaliste d'elle-même. Se reconnaît quelques traits de personnalité positifs. Manifeste une certaine confiance dans le groupe et dans ses interactions avec les autres. Est bonne pour elle-même et pour les autres; peut faire valoir énergiquement et de manière saine ses propres opinions et améliorations. Manifeste un très grand respect d'elle-même et des autres; est une participante confiante dans un groupe; est engagée dans une démarche de croissance personnelle.
COMPOSANTE MENTALE
Objectif 14: Comprendre le cycle de la violence
Définition : Les enfants qui se voient proposer (surtout dans leur famille) des modèles d'identification comportant des comportements violents peuvent devenir des adultes violents. Il est donc essentiel de comprendre, dans le processus de guérison, que la violence est un cycle et qu'elle se transmet d'une génération à l'autre. Les participantes peuvent ainsi découvrir l'origine de la violence qu'elles ont subie durant leur enfance et comment cette violence influence leur comportement aujourd'hui. Elles ont alors plus de facilité à accepter la responsabilité de leurs propres actions, sans avoir honte de leur comportement violent. Indicateurs de réussite :
  • Peux expliquer comment le cycle de la violence a affecté sa vie (c.-à-d. en utilisant le portrait tracé de la famille).
  • Affirme qu'elle veut briser le cycle de la violence dans sa famille – qu'elle choisira l'interaction non violente.
  • Opte pour un comportement non violent dans l'établissement.
NOTATION -2 -1 0 1 2
CHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT LE CYCLE DE LA VIOLENCE Refuse d'admettre que sa violence est autre chose qu'un moyen pour atteindre une fin ou une réaction à une situation. Ne peut reconnaître le cycle de la violence dans sa vie; affirme qu'elle ne peut se souvenir ou que le concept ne s'applique qu'en partie à son expérience. Comprend le cycle de la violence et comment il influence sa vie et son comportement. Reconnaît le cycle de la violence dans sa vie passée et comment il a influencé son comportement; voudrait empêcher le cycle de la violence de se poursuivre ou le modifier. Voit clairement le cycle de la violence dans sa vie; fait des efforts pour empêcher le cycle de la violence de se poursuivre en cherchant un mode de vie non violent.
Objectif 15: Comprendre les déclencheurs de la rage
Définition : L'une des pierres angulaires du programme Esprit du guerrier est la reconnaissance d'une différence entre colère et rage. La compréhension des événements qui « déclenchent » un processus de transformation d'une saine colère en rage incontrôlée joue un rôle important dans la maîtrise du comportement violent. En augmentant sa capacité d'arrêter ce processus et de réfléchir à ce qui se passe, la participante peut consciemment opter pour une action non violente. Indicateurs de réussite :
  • Reconnaît les déclencheurs émotionnels (inquiétude, peur, dépression, jalousie, déception).
  • Reconnaît les déclencheurs cognitifs (dénigrement de soi).
  • Reconnaît les déclencheurs environnementaux (environnements à haut risque, problèmes conjugaux).
  • Reconnaît les déclencheurs kinesthésiques (c.-à-d. la nausée, la perte d'appétit, l'insomnie, la fatigue, etc.).
  • Manifeste une aptitude à contrôler ses gestes au cours d'une dispute ou d'une conversation émotive.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT LA RECONNAISSANCE DES DÉCLENCHEURS DE LA RAGE Ne voit aucun rapport entre les signaux (les déclencheurs) et la rage; ne voit pas la nécessité de changer. Comprend comment les déclencheurs précèdent la rage, mais ne peut en identifier aucun. Comprend parfaitement comment les déclencheurs ou signaux précèdent l'apparition de la rage. Accepte qu'elle porte des déclencheurs en elle-même. Peut en nommer au moins un. Peut nommer au moins un des déclencheurs cognitifs, kinesthésiques, environnementaux et émotionnels. A une bonne emprise sur ses déclencheurs personnels; utilise cette connaissance pour éviter de vivre une expérience de rage.
Objectif 16: Assumer la responsabilité de sa propre violence
Définition : Il est important que les participantes cessent de rationaliser et de justifier leur comportement violent et adoptent un mode de vie honnête et responsable. Le processus de guérison englobe la divulgation des actes de violence commis, l'acceptation de la responsabilité de ses actes et la progression vers l'avant. Les Aînés décrivent souvent l'honnêteté et la responsabilité comme deux facteurs importants dans l'évaluation des progrès et changements chez les délinquantes. Ce niveau d'ouverture et d'honnêteté est perçu comme un besoin de dépassement. Indicateurs de réussite :
  • Comprend comment elle contribue elle-même à ses problèmes.
  • Accepte la responsabilité des crimes dont elle a été accusée et des comportements inacceptables dont elle n'a jamais été accusée.
  • Accepte les règles du groupe et de l'établissement ainsi que la responsabilité de toute infraction à ces règles.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN MATIÈRE DE RESPONSABILITÉ Nie toute responsabilité ou n'accepte qu'une part minime de responsabilité; blâme les victimes, les circonstances ou les autres; ne voit aucun problème dans ses agissements. Accepte une certaine responsabilité, mais la victime ou les circonstances doivent aussi être blâmées pour son comportement. Accepte l'entière responsabilité de l'infraction violente dont elle a été accusée et de son comportement. Accepte l'entière responsabilité de l'infraction dont elle a été accusée ainsi que de tous les comportements violents de sa vie; comprend qu'elle a besoin d'aide pour modifier son comportement. Accepte l'entière responsabilité de tous ses comportements et fait des efforts pour modifier son comportement dans le futur.
Objectif 17: Développer ses aptitudes à résoudre des problèmes
Définition : Souvent, au début de leur processus de guérison, les participantes manifestent de piètres capacités de raisonnement critique, font preuve de peu de jugement et sont incapables de résoudre des problèmes. L'aptitude à résoudre des problèmes fait référence à la capacité de trouver de bonnes façons de les aborder qui ont des conséquences favorables dans la vie.
Les aptitudes bien développées à résoudre des problèmes comprennent la capacité d'élaborer des plans, l'ingéniosité et le sens de l'initiative (Benard, 1991) – des qualités particulièrement importantes si l'on veut que les participantes trouvent de nouvelles façons de gérer les vieilles situations.
Indicateurs de réussite :
  • Peut trouver des solutions constructives à ses problèmes personnels.
  • Démontre que les compétences qu'elle a acquises influencent les décisions qu'elle prend.
  • Agit conformément aux attentes de sa collectivité d'origine (par opposition à la collectivité de l'établissement).
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN MATIÈRE DE RÉSOLUTION DE PROBLÈMES Continue de résoudre des problèmes selon des décisions non planifiées et de mauvaises influences – aucun désir de changer. Résolution incohérente des problèmes; incapacité de voir la différence entre un bon et un mauvais plan d'action. Aimerait changer, mais ne sait absolument pas comment s'y prendre. A démontré la capacité de trouver des solutions à des problèmes, qui ont de bonnes conséquences pour elle-même. Capacité de résoudre les problèmes de manière positive. Peut tenir compte de la façon dont sa solution affecte d'autres personnes. Trouve des solutions constructives; tient compte des autres; peut aider une autre personne à résoudre un problème.
Objectif 18: Développer son locus de contrôle interne
Définition : Un élément important du processus de guérison consiste à développer l'impression d'exercer un contrôle sur les situations personnelles – c'est-à-dire de toujours avoir le choix de ses agissements. Les personnes qui ont le sentiment d'avoir le contrôle sur ce qui leur arrive sont plus enclines à accepter la responsabilité de leurs actions et à effectuer des changements dans leur vie (Ellerby et Ellerby, 1998, p. 41-42). Indicateurs de réussite :
  • Est motivée.
  • Se fixe des objectifs à court et à long terme.
  • Aime relever des défis et travailler à l'atteinte d'un objectif.
  • Peut déterminer les choix qui s'offrent à elle dans chacune des situations – sait qu'elle n'est pas obligée d'agir contre son gré.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT LE LOCUS DE CONTRÔLE INTERNE Se sent totalement impuissante dans sa situation; est apathique; est menée par les autres. Dit qu'elle veut exercer un contrôle, mais ne voit pas les options ou les choix qui s'offrent à elle. Croit avoir un certain contrôle sur sa situation; se rend compte que des options et des choix s'offrent à elle. Sait qu'elle a un certain contrôle; se fixe des objectifs à court et à long terme. ime relever des défis et travailler à l'atteinte d'objectifs; voit l'avantage de planifier le futur.
Objectif 19: Développer sa capacité de faire confiance
Définition : Le concept et la pratique de la confiance – la confiance en toutes les formes de vie – font partie intégrante du paradigme autochtone. Avant d'avoir des démêlés avec le système de justice pénale, de nombreuses délinquantes autochtones avaient perdu la capacité d'avoir confiance en quiconque, y compris en elles-mêmes. Au cours du processus de guérison, il est important de développer la capacité de faire confiance à quelqu'un d'autre. En apprenant à faire confiance, la participante peut aussi tendre vers l'honnêteté, l'acceptation de soi et la prise en main de sa vie. Les Aînés ont également souligné l'importance de la confiance, à titre d'indicateur d'un changement positif et de progrès (Ellerby et Ellerby, 1998). La confiance renvoie aussi à la confiance qu'a la participante dans le processus ou le plan dans lequel elle est engagée – et peut-être dans l'existence d'une force supérieure qui peut l'aider lorsqu'elle traverse une période difficile ou de crise. Indicateurs de réussite :
  • Peut établir une relation de confiance avec des personnes saines.
  • A confiance en sa capacité de « faire la bonne chose » et fait confiance au processus ou au plan dans lequel elle est engagée – est consciente que sa démarche s'inscrit dans le cadre de son incarcération. Fait confiance au plan et travaille en collaboration avec les autres (agents ou agentes chargés du cas, Aînés, intervenants ou intervenantes) à préparer sa mise en liberté.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DE LA CONFIANCE Ne fait confiance à personne – y compris elle-même. Ne veut pas faire confiance. Tout le monde lui veut du mal. Estime que sa situation est désespérée et ne sait pas à qui faire confiance. Fait confiance à des pairs qui exercent sur elle une influence négative, ce qui a généralement des conséquences négatives. Comprend qu'il y a des avantages à faire confiance à des personnes qui peuvent l'aider. Est prête à échanger de l'information de base. Comprend le plan mis en place pour la durée de son incarcération. Veut travailler à la préparation de sa mise en liberté. Est capable d'établir une relation saine et de confiance avec les gens qui jouent un rôle positif dans sa vie. Est en lien avec un membre du personnel (SCC ou autochtone) qui l'accompagne sur le sentier de la guérison ou dans sa préparation à la mise en liberté. A établi de nombreuses relations saines, fondées sur la confiance, à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement. Prépare activement sa mise en liberté avec le personnel du Centre.
COMPOSANTE SPIRITUELLE
Objectif 20: Améliorer son sens de la spiritualité
Définition : Un paradigme autochtone traditionnel indique que la spiritualité joue un rôle important dans la guérison traditionnelle. Nombreux sont les Aînés qui croient que la spiritualité est le fondement de toutes choses. Dès que les détenues découvrent leur spiritualité, toute leur vie peut changer – elles deviennent des personnes bonnes, respectueuses, honnêtes et prêtes à partager (Ellerby et Ellerby, 1998). Une ex-délinquante a déclaré ce qui suit : « C'est la partie spirituelle de ce programme qui m'a aidée dans ma sobriété… Je sais que je me suis trouvée. C'est moi et je sais aussi que je ne boirai plus jamais. » (Heckbert et Hodgson, 1995) Indicateurs de réussite :
  • L'intérêt.
  • Le respect.
  • La participation.
  • La détermination (dans quelle mesure est-ce important ?).
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN MATIÈRE DE SPIRITUALITÉ N'a aucun respect pour toutes les formes d'expression spirituelle. Est assez intéressée, mais la spiritualité n'est pas une priorité pour elle. Peut ne pas se sentir prête ou digne d'entreprendre un voyage spirituel. Montre du respect pour l'expression spirituelle; manifeste de l'intérêt pour la croissance ou l'expression spirituelle (c.-à-d. l'Église). Respecte les cérémonies autochtones traditionnelles (ou pratique une autre forme de spiritualité) et il lui arrive d'y participer. Respecte les activités spirituelles (autochtones traditionnelles ou autres), y participent activement et fait preuve d'une profonde détermination.
Objectif 21: Élaborer un système de croyances et de valeurs stables et positives
Définition : L'engagement religieux ou spirituel est l'un des apanages de la personne résiliente, car celle-ci y trouve un système stable de croyances (Benard, 1991). La spiritualité aide les participantes à adopter des philosophies qui sont en harmonie avec celles de la collectivité et des croyances qui vont faciliter leur réinsertion sociale.
Dans Heckbert et Hodgson (1995), une ex-délinquante affirme ce qui suit : « … les Aînés m'ont appris que mes traditions sont… un mode de vie et c'est quelque chose que j'essaie d'intégrer pour moi, mes enfants, ma famille tous les gens que je connais » (p.42).
Indicateurs de réussite :
  • Manifeste une compréhension des enseignements et des valeurs (traditionnelles autochtones ou autres).
  • Peut expliquer ses valeurs (c.-à-d. l'honnêteté, le partage, la compassion, la bonté et le respect).
  • Cette compréhension peut influencer son comportement.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS CONCERNANT LE SYSTÈME DES VALEURS Affirme que rien n'a d'importance à ses yeux. Son comportement indique que son système de valeurs n'est pas compatible avec un comportement acceptable. Peut parler des valeurs positives, mais son comportement ne cadre pas avec ces valeurs. Manifeste une certaine compréhension des valeurs prosociales de base. Peut au moins intégrer certaines des valeurs dans son mode de vie quotidien. Peut expliquer quelles sont ses valeurs; ses valeurs correspondent à son mode de vie. Est un modèle d'identification pour les autres car elle possède un solide système de valeurs et intègre ces valeurs dans tous les aspects de sa vie – peut enseigner aux autres à faire la même chose.
Objectif 22: Développer un sentiment d'utilité et d'appartenance à la collectivité
Définition : En se familiarisant davantage avec les traditions et le mode de vie traditionnel, les participantes découvrent leur identité, à titre d'Autochtones, et leur place dans la collectivité autochtone. Voici les propos d'un ex-délinquant : « J'étais immergé dans la culture elle-même et cela m'a vraiment donné un sentiment d'appartenance et d'identité, et j'ai surtout été capable de comprendre que j'étais un « homme doué » (Heckbert et Hodgson, 1995, p.42) [TRAD]. Indicateurs de réussite :
  • Établit des rapports avec les autres de manière naturelle et agréable.
  • Est capable de s'identifier à une communauté spirituelle.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN CE QUI A TRAIT À L'APPARTENANCE Est périodiquement isolée, seule; n'a pas d'amis ou de liens intimes. Cherche un sentiment d'appartenance de manière destructive – par exemple l'influence d'un gang ou un comportement inapproprié motivé par les pairs. Est capable d'entrer en lien avec d'autres personnes de manière agréable et appropriée. S'identifie d'une certaine façon à une communauté de personnes. S'identifie à une collectivité spirituelle. Entretient d'étroites relations avec des membres de cette communauté. Peut communiquer avec les autres membres d'une collectivité spirituelle de manière naturelle et honnête. Repère des façons de faire des contributions à cette collectivité.
Objectif 23: Cultiver l'espoir, la persévérance et la motivation
Définition : Une personne résiliente est une personne qui poursuit un but bien précis et qui est tournée vers l'avenir; la notion de résilience comprend la motivation à atteindre des objectifs intéressants, la conviction qu'il existe un avenir et qu'il est atteignable, la capacité d'avoir de saines attentes et un désir de continuer de s'améliorer soi-même (Benard, 1991). Le développement de l'être spirituel en soi facilite ce processus par l'acquisition d'un sentiment d'espoir en un avenir meilleur.
De plus, certains Autochtones croient que la spiritualité est l'essence même des Autochtones, ce qui renforce leur désir de continuer dans l'adversité. Ils estiment que la spiritualité est au cœur de leur survie. De nombreux éducateurs et éducatrices autochtones sont d'avis que la spiritualité a été la pierre angulaire de la survie des Autochtones pendant des générations d'adversité et d'oppression (HeavyRunner et Morris, sans date).
Indicateurs de réussite :
  • Fait des plans pour le futur.
  • Se fixe des objectifs valables et atteignables.
  • Est un modèle d'identification pour les autres.
  • Manifeste le désir et la capacité d'effectuer des changements positifs dans sa vie.
NOTATION -2 -1 0 1 2
ÉCHELLE DE RÉALISATION DES OBJECTIFS EN MATIÈRE D'ESPOIR ET DE MOTIVATION* Aucunement motivée à changer; affirme que le changement n'est pas nécessaire. Sa motivation va et vient ou la raison pour laquelle elle veut changer est inappropriée. Est motivée à changer de comportement. Est motivée à changer de comportement; estime ce changement nécessaire pour sa famille et sa collectivité. Manifeste une volonté constante de changement et travaille activement à changer; est un modèle d'identification pour les autres.

ANNEXE C : ENTREVUE AVEC LES PARTICIPANTES

Consentement éclairé

Ce formulaire vise à vérifier que vous êtes consciente de vos droits concernant la participation à cette évaluation et que vous êtes suffisamment bien informée pour être en mesure de décider si vous souhaitez participer. Veuillez lire attentivement ce qui suit et signer ci-dessous pour indiquer que vous comprenez vos droits à titre de participante volontaire à cette évaluation.

Je sais que la présente évaluation porte sur le programme Esprit du guerrier et que cette entrevue a pour but de discuter de mes expériences de participation au programme. Par exemple, on me posera des questions générales sur la mise en œuvre du programme et je pourrai dire tout ce je pense du programme.

Je suis prête à participer à une entrevue d'une durée d'environ une heure. Je sais que je peux refuser de répondre à certaines questions ou que je peux me retirer à tout moment au cours de l'entrevue, pour quelque raison que ce soit, sans aucune sanction. Je sais également que je ne recevrai aucune récompense si je choisis de participer à cette étude et que je ne serai pas non plus pénalisée si je refuse d'y participer.

Je sais que mon nom n'apparaîtra d'aucune façon sur le document d'entrevue et que ma participation restera anonyme. Les données recueillies seront tenues strictement confidentielles et ne seront utilisées que pour les besoins de la recherche décrits ci-dessus. Je sais également que tout renseignement que je pourrais divulguer au sujet de plans élaborés par une personne pour se blesser elle-même ou pour blesser quelqu'un d'autre sera communiqué aux membres du personnel.

Date : __________________________

Signature de la participante : ____________________________________

Signature du chercheur : ________________________________________

J'ai accepté de participer à une entrevue et je connais mes droits à titre de participante volontaire à la présente évaluation. J'accepte que cette entrevue soit enregistrée sur bande sonore et je sais que les enregistrements resteront confidentiels et ne seront utilisés que pour les besoins de cette évaluation. Je sais que mon nom n'apparaîtra d'aucune façon sur le présent enregistrement et que mon anonymat est ainsi préservé. Je sais également que j'ai le droit de refuser que cette entrevue soit enregistrée, sans qu'aucune sanction ne me soit imposée.

Date : ___________________________________

Signature de la participante : _________________________________

Signature du chercheur : _____________________________________

Guide d'entrevue avec les participantes au programme

Numéro de la répondante : ___________ Date : ___________________

Endroit où le programme a été offert : _____________________

Date d'exécution du programme : __________________

Établissement actuel : ________________________

Le programme
  1. Comment en êtes-vous venue à participer au programme Esprit du guerrier (c.-à-d. vous êtes-vous renseignée vous-même sur le programme ou celui-ci vous a-t-il été recommandé par des membres du personnel ou d'autres femmes) ?

    Je sais que le programme Esprit du guerrier est divisé en quatre sections : Introduction, Enfance, Adolescence et Vie adulte/Alternatives à la violence. Ces quatre sections sont de nouveau divisées en 92 séances. Chaque séance explore un sujet ou un domaine différent.

  2. Avez-vous l'impression que le programme couvre un nombre suffisant de sujets au cours des différentes séances ? Si non, qu'est-ce qui manque selon vous ? Si vous jugez que les thèmes sont trop nombreux, quels sont ceux qui ne sont pas nécessaires ?
  3. Le temps consacré à chaque domaine ou sujet était-il suffisant ? Si non, à quels sujets faudrait-il consacrer plus de temps ?
  4. Est-ce que toutes les séances étaient menées à bonne allure et faciles à comprendre ? Si non, comment aurait-on pu les améliorer ?
  5. Pouvez-vous me décrire une journée typique du programme (c.-à-d. l'horaire, la présentation, la structure du programme) ?
  6. À quelle fréquence les séances avaient-elles lieu ?
  7. Pouvez-vous décrire l'atmosphère ou l'environnement dans lequel le programme était offert (c.-à-d. privé, tranquille, sécurisant, spirituel, sûr par opposition à dérangeant, bruyant, tendu, restrictif) ?
  8. Pensez-vous que cette atmosphère ou cet environnement était approprié ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
  9. Comment avez-vous trouvé le fait de partager vos sentiments et vos expériences dans un groupe ? Auriez-vous préféré un échange personnel ?
  10. Vous êtes-vous sentie forcée, à un moment ou à un autre, de partager vos expériences de vie avec le groupe, alors que vous n'étiez pas à l'aise de le Passablee ? Si oui, comment avez-vous réagi ?
  11. En quoi ce programme est-il différent des autres programmes que vous avez suivis ?

    Maintenir un équilibre entre le programme et les autres activités
  12. Votre participation au programme était-elle soutenue par des membres du personnel non affectés au programme ?

    Pas du tout Moyennement Entièrement

    Pas du tout Moyennement Entièrement
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  13. À un moment ou l'autre de l'exécution du programme, des membres du personnel non affectés au programme s'attendaient-ils à ce que vous soyez ailleurs ou engagée dans une autre activité ? Si oui, veuillez expliquer.
  14. Dans quelle mesure avez-vous trouvé facile de faire concorder le programme avec un autre programme que vous suiviez, vos études ou votre travail ?
    Très difficile Très facile
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  15. Dans quelle mesure étiez-vous satisfaite de l'aide reçue pour faire concorder le programme avec un autre programme que vous suiviez, vos études ou le travail que vous deviez accomplir ?
    Pas du tout Moyennement Très
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    Intervenantes

  16. Pensez-vous que les intervenantes du programme Esprit du guerrier reçoivent une formation suffisante ?
  17. Comment décririez-vous votre relation avec les intervenantes du programme ?
  18. Comment évalueriez-vous le niveau de soutien entre vous-même et les intervenantes du programme Esprit du guerrier ?
    Médiocre Modéré Excellent
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  19. Comment évalueriez-vous le degré de confiance entre vous-même et les intervenantes du programme Esprit du guerrier ?
    Médiocre Modéré Excellent
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  20. Comment évalueriez-vous le niveau de coopération entre vous-même et les intervenantes du programme Esprit du guerrier ?
    Médiocre Modéré Excellent
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  21. Dans quelle mesure étiez-vous satisfaite de la disponibilité des intervenantes du programme pour vous recevoir en consultation lorsque vous en ressentiez le besoin ?
    Pas du tout Moyennement Très
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  22. Dans quelle mesure avez-vous trouvé les intervenantes efficaces ?

    Quelles étaient leurs forces ?

    Quelles étaient leurs forces ?

  23. Comment le rôle des intervenantes pourrait-il être amélioré ?

    Aînés
  24. Comment décririez-vous votre relation avec l'Aîné ou les Aînés ?
  25. Dans l'ensemble, dans quelle mesure étiez-vous satisfaite de votre relation avec l'Aîné ou les Aînés ?
    Pas du tout Moyennement Très
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  26. Dans quelle mesure étiez-vous satisfaite de la disponibilité de l'Aîné pour vous recevoir en consultation lorsque vous en ressentiez le besoin ?
    Pas du tout Moyennement Très
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  27. Dans quelle mesure avez-vous trouvé l'Aîné efficace ?

    Quelles étaient ses forces ?

    Quelles étaient ses faiblesses ?

  28. Comment le rôle de l'Aîné pourrait-il être amélioré ?

    Relations
  29. Dans quelle mesure étiez-vous satisfaite de vos relations avec les autres participantes au programme ?
    Pas du tout Moyennement Très
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  30. Dans quelle mesure étiez-vous satisfaite de vos relations avec les autres femmes qui ne participaient pas au programme ?
    Pas du tout Moyennement Very
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  31. Votre relation (c.-à-d. attitude et comportement) avec le personnel du programme a-t-elle changé (positivement ou négativement) en raison de votre participation au programme ? Si oui, comment ?
  32. Votre relation (c.-à-d. attitude et comportement) avec le personnel non affecté au programme a-t-elle changé (positivement ou négativement) en raison de votre participation au programme ? Si oui, comment ?
  33. Votre relation (c.-à-d. attitude et comportement) avec les autres participantes au programme a-t-elle changé (positivement ou négativement) en raison de votre participation au programme ? Si oui, comment ?
  34. Votre relation (c.-à-d. attitude et comportement) avec les femmes qui ne participaient pas au programme a-t-elle changé (positivement ou négativement) en raison de votre participation au programme ? Si oui, comment ?


    Efficacité
  35. Dans l'ensemble, dans quelle mesure le programme vous a-t-il semblé utile ?

    Pas du tout Moyennement Très

    Pas du tout Moyennement Very
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  36. Dans l'ensemble, dans quelle mesure étiez-vous satisfaite du programme ?
    Pas du tout Moyennement Very
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    Comme vous le savez déjà, le programme Esprit du guerrier est fondé sur la guérison globale. Cela signifie qu'il est centré sur les éléments spirituel, physique, psychologique et émotif de la santé.

  37. Avez-vous l'impression d'avoir changé dans l'un ou l'autre de ces domaines de santé grâce à votre participation au programme ? Si oui, dans quels domaines et comment ?

    Le programme cible également huit composantes principales.

  38. Veuillez noter, sur une échelle de 1 à 5, 1 représentant une « faible efficacité » et 5 une « très bonne efficacité », le degré d'efficacité de chaque composante du programme pour vous.

    (a) Accroître votre niveau de sensibilisation à la colère : Cette composante du programme définit la colère, examine les croyances et attitudes entourant la colère, les sentiments et expériences par rapport à la colère ainsi que les déclencheurs de la colère.

    Faible Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (b) Accroître votre niveau de sensibilisation à la violence : Cette composante du programme définit la violence, examine les expériences liées à la violence, les facteurs qui influencent la violence (médias, racisme, abandon), le cycle et les conséquences de la violence.

    Faible Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (c) Accroître votre niveau de sensibilisation aux origines familiales : Cette composante du programme s'intéresse aux expériences de l'enfance, aux membres et aux rôles de la famille, aux relations familiales et à leur influence sur soi, et aux origines des conflits familiaux.

    Faible Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (d) Accroître votre conscience de vous-même : ette composante du programme s'intéresse à l'enfant intérieur, à l'expression des sentiments, aux relations interpersonnelles, aux expériences de l'adolescence, à l'abandon, à l'identité culturelle autochtone ainsi qu'aux frontières et limites personnelles.

    Faible Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (e) Accroître votre niveau d'acquisition individuelle de compétences : Cette composante du programme traite de l'élaboration d'un plan d'autonomie, de la prise de conscience et de l'expression des sentiments, de la responsabilité, de l'appropriation de son pouvoir, de l'empathie, du monologue intérieur, de la maîtrise de soi et du deuil.

    Faible Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (f) Accroître votre niveau d'acquisition individuelle de compétences : Cette composante traite des attentes par rapport au programme, de l'élaboration d'objectifs personnels, de la création d'un environnement sûr et réconfortant grâce à la confiance et à la révélation de soi.

    Faible Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (g) Accroître votre niveau de sensibilisation à la culture : Cette composante du programme traite du rôle de la spiritualité dans le processus de guérison, de l'importance de la cérémonie, de la roue de médecine, de l'utilisation de rituels et de symboles adaptés à la culture, et du rôle de l'Aîné.

    Faible Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (h) Accroître votre niveau d'apprentissage cognitif : Cette composante du programme traite de l'autonomie, du processus de changement, de la rédaction d'un journal intime, de l'enfant intérieur, des frontières, de l'estime de soi et des effets de l'étiquetage, du racisme, des préjugés et des stéréotypes.

    Faible Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  39. Votre façon de comprendre ou de considérer les situations ou les personnes a-t-elle changé (c.-à-d. le processus cognitif) grâce au programme ? Si oui, de quelles façons? Si non, comment le programme pourrait-il mieux cibler ce domaine ?
  40. Trouvez-vous que votre participation au programme Esprit du guerrier a changé votre façon de Passablee face aux problèmes que vous rencontrez dans votre vie ? Pouvez-vous me donner un exemple de la manière dont vous abordiez un problème auparavant et de l'approche que vous utiliseriez (ou que vous avez utilisée) aujourd'hui pour régler ce même problème ?
  41. Pensez-vous que le programme améliore le comportement des participantes en établissement (en particulier la violence physique et verbale) ? Veuillez expliquer.
  42. Personnellement, avez-vous l'impression que votre propre comportement en établissement (en particulier la violence physique et verbale) s'est amélioré à la suite de votre participation au programme ? Si oui, de quelles façons ? Si non, comment le programme pourrait-il mieux cibler ce domaine ?
  43. Attribuez-vous d'autres résultats positifs ou négatifs au fait d'avoir participé au programme ?
  44. Quel a été l'effet principal du programme sur vous ? Veuillez expliquer.
  45. Qu'avez-vous aimé le plus du programme ?
  46. Qu'avez-vous aimé le moins du programme ?
  47. Le programme a-t-il produit des résultats positifs ou négatifs autres que ceux voulus ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

    Effets imprévu
  48. Quelles étaient vos attentes par rapport au programme ? Vos attentes ont-elles été comblées ? Que s'est-il produit de semblable ou de différent de ces attentes ?
  49. Votre participation au programme a-t-elle eu des effets imprévus (événements positifs ou négatifs qui étaient inattendus) ?


    Recommandations
  50. Avez-vous des suggestions à formuler pour améliorer le programme (c.-à-d. la durée du programme, le contenu du programme, les ressources du programme, l'environnement du programme) ?
  51. Avez-vous d'autres observations ou commentaires au sujet du programme Esprit du guerrier ?

ANNEXE D : ENTREVUE AVEC LES INTERVENANTES

Consentement éclairé

Ce formulaire vise à vérifier que vous êtes consciente de vos droits concernant la participation à cette évaluation et que vous êtes suffisamment bien informée pour être en mesure de décider si vous souhaitez participer. Veuillez lire attentivement ce qui suit et signer ci-dessous pour indiquer que vous comprenez vos droits à titre de participante volontaire à cette évaluation.

Je sais que la présente évaluation porte sur le programme Esprit du guerrier et que cette entrevue a pour but de discuter de mes expériences dans le cadre de ce programme. Par exemple, on me posera des questions générales sur la mise en œuvre du programme et je pourrai dire tout ce je pense du programme.

Je suis prête à participer à une entrevue d'une durée d'environ une heure. Je sais que je peux choisir de ne pas répondre à certaines questions ou que je peux me retirer à tout moment au cours de l'entrevue, pour quelque raison que ce soit.

Je sais que mon nom n'apparaîtra d'aucune façon sur le document d'entrevue et que l'anonymat m'est ainsi garanti. Les données recueillies seront tenues strictement confidentielles et ne seront utilisées que pour les besoins de la recherche décrits ci-dessus.

Date :__________________________

Signature de la participante : _________________________________

Signature du chercheur : ____________________________________

J'ai accepté de participer à une entrevue et je connais mes droits à titre de participante volontaire à la présente évaluation. J'accepte que cette entrevue soit enregistrée sur bande sonore et je sais que les enregistrements resteront confidentiels et ne seront utilisés que pour les besoins de cette évaluation. Je sais que mon nom n'apparaîtra d'aucune façon sur le présent enregistrement et que mon anonymat est garanti.

Date : ___________________________________

Signature de la participante : __________________________________

Signature du chercheur : _____________________________________

Guide d'entrevue avec l'intervenante du programme

Numéro de la répondante : ___________ Date : ___________________

Endroit où le programme a été offert : __________________________

Date d'exécution du programme : _______________________

Établissement actuel : _____________________________

Description générale du programme
  1. Veuillez décrire votre rôle dans le programme.
  2. Quels sont les buts et objectifs du programme ?
  3. En quoi ce programme est-il différent des autres programmes ?
  4. Avez-vous l'impression que le programme couvre un nombre suffisant de sujets au cours des différentes séances ? Si non, qu'est-ce qui manque selon vous ? Si vous jugez que les thèmes sont trop nombreux, quels sont ceux qui ne sont pas nécessaires ?
  5. Le temps estimé pour chaque phase du programme est-il suffisant ?
  6. À quelle fréquence les séances avaient-elles lieu ?
  7. Existe-t-il un nombre idéal de participantes par groupe ? Si oui, ce nombre idéal a-t-il été atteint ?
  8. Pouvez-vous décrire l'atmosphère ou l'environnement dans lequel le programme était offert (c.-à-d. privé, tranquille, réconfortant, spirituel, sûr par opposition à dérangeant, bruyant, tendu, restrictif) ?
  9. Pensez-vous que cette atmosphère ou cet environnement était approprié ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
  10. Y a-t-il eu une cérémonie de remise des diplômes à la fin du programme ? Si oui, en quoi cet événement contribue-t-il à l'atteinte des objectifs du programme ?

    Sélection des participantes
  11. Y a-t-il une sélection initiale des participantes éventuelles ?

    Si oui, quels critères de sélection sont utilisés ?

    Qui procède à la sélection ?

  12. Une personne peut-elle participer au programme plus d'une fois ?
  13. Pensez-vous que les personnes qui ont eu la possibilité de participer au programme étaient celles qui en avaient besoin ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
  14. Pensez-vous que certaines catégories de participantes pourraient profiter davantage du programme ? Si oui, quelles catégories et pourquoi ?
  15. Quels sont les éléments qui permettent d'affirmer que le programme convenait plus ou moins aux femmes participantes ?

    Le programme Esprit du guerrier s'adresse aux femmes autochtones très colériques et très violentes.

  16. Compte tenu de l'intention du programme, pensez-vous que ce sont des femmes de ce type qui sont ciblées et choisies pour participer au programme ? Si non, quelle est la situation et croyez-vous qu'il faudrait la modifier ?


    Formation des intervenantes
  17. Avez-vous reçu une formation officielle pour le programme Esprit du guerrier ? Quand ?
  18. Comment la formation a-t-elle été offerte ? Par exemple, s'agissait-il d'une formation expérientielle (pratique, interactive, participantes actives) ou théorique (approche intellectuelle, en classe, cours magistraux, participantes passives) ?
  19. Pensez-vous que le mode de prestation de la formation influe sur votre capacité d'animer efficacement le programme ? Pourquoi ou pourquoi pas?
  20. Avez-vous l'impression que la formation couvre tous les sujets nécessaires ? Si non, qu'est-ce qui manque ?
  21. Le temps consacré à chaque sujet était-il suffisant ?
  22. Existe-t-il un manuel de formation pour le programme Esprit du guerrier ?

    Si oui, avez-vous l'impression que le manuel est complet et facile à suivre ? Si non, que faut-il changer ?

    Si non, pensez-vous qu'il devrait y avoir un manuel ?

  23. Si non, pensez-vous qu'il devrait y avoir un manuel ?
    Pas du tout Moyennement Très
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    Caractéristiques et opinions des intervenantes

  24. Quelles sont vos forces à titre d'intervenante (c.-à-d. vos caractéristiques, votre méthode d'enseignement, votre expérience) ?
  25. Combien d'expérience avez-vous du travail auprès des femmes en général ? Du travail auprès des délinquantes ? Du travail auprès des délinquantes autochtones ?
  26. Quelles sont les expériences de vie qui font de vous une bonne intervenante pour ce programme ?
  27. Y a-t-il des domaines dans lesquels vous pourriez, selon vous, profiter d'autres occasions de formation ou de perfectionnement ?
  28. Comment évalueriez-vous le niveau de soutien entre vous-même et les participantes au programme Esprit du guerrier ?

    Faible Modéré Excellent

    Médiocre Modéré Excellent
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  29. Comment évalueriez-vous le niveau de confiance entre vous-même et les participantes au programme Esprit du guerrier ?
    Médiocre Modéré Excellent
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  30. Comment évalueriez-vous le niveau de coopération entre vous-même et les participantes au programme Esprit du guerrier ?
    Médiocre Modéré Excellent
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?


    Appui au programme

  31. Avez-vous l'impression que le programme Esprit du guerrier est perçu comme important par les membres suivants du personnel de l'établissement ?
    Pas du tout Moyennement Très
    Professionnels de la santé mentale 1 2 3 4 5
    Intervenants de première ligne 1 2 3 4 5
    Directrice 1 2 3 4 5
    Chefs spirituels (Aînés, agents de liaison autochtone) 1 2 3 4 5
    Agents de libération conditionnelle 1 2 3 4 5
  32. Dans l'ensemble, dans quelle mesure êtes-vous satisfaite du soutien que vous avez reçu du personnel non affecté au programme ?
    Pas du tout Moyennement Très
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  33. Avez-vous remarqué une certaine résistance au programme Esprit du guerrier, soit chez les détenues soit chez les membres du personnel ? Si oui, veuillez expliquer.
  34. Comment percevez-vous la réceptivité des autres membres du personnel au programme Esprit du guerrier ?
  35. Comment percevez-vous la réceptivité des participantes au programme Esprit du guerrier ?


    Établir un équilibre entre le programme et les autres activités
  36. Les participantes assistaient-elles au programme Esprit du guerrier avec le soutien du personnel non affecté au programme ?

    Pas du tout Moyennement Tout à fait

    Pas du tout Moyennement Tout à fait
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  37. À un moment ou l'autre de l'exécution du programme, des membres du personnel non affectés au programme s'attendaient-ils à ce que les participantes soient ailleurs ou engagées dans une autre activité ? Si oui, veuillez expliquer.

    Rôle des Aînés
  38. Un Aîné était-il présent aux séances du programme auxquelles il devait assister ?
  39. Quel était le rôle de l'Aîné dans le programme Esprit du guerrier ?
  40. En quoi la présence de l'Aîné a-t-elle facilité l'exécution du programme ?
  41. Quels étaient les avantages et les inconvénients de sa présence ? Veuillez expliquer.

    Efficacité
  42. Dans l'ensemble, quel a été le niveau d'engagement dans le programme de la plupart des participantes ?

    Faible Très élevé

    Faible Très élevé
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    Comme vous le savez déjà, le programme Esprit du guerrier est fondé sur la guérison globale. Cela signifie qu'il est centré sur les éléments spirituel, physique, psychologique et émotif de la santé.

  43. Avez-vous l'impression que le programme a permis à la majorité des participantes d'effectuer des changements dans certains ou dans tous ces domaines de la santé ? Si oui, dans quels domaines et comment ?

    Le programme cible également huit composantes principales.

  44. Veuillez noter, sur une échelle de 1 à 5, 1 représentant une « faible efficacité » et 5 une « très bonne efficacité », le degré d'efficacité de chaque composante du programme pour la majorité des participantes.

    (a) Accroître le niveau de sensibilisation des participantes à la colère : Cette composante du programme définit la colère, examine les croyances et attitudes entourant la colère, les sentiments et expériences par rapport à la colère ainsi que les déclencheurs de la colère.

    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (b) Accroître le niveau de sensibilisation des participantes à la violence : Cette composante du programme définit la violence, examine les expériences liées à la violence, les facteurs qui influencent la violence (médias, racisme, abandon), le cycle et les conséquences de la violence.

    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (c) Accroître le niveau de sensibilisation des participantes aux origines familiales : Cette composante du programme s’intéresse aux expériences de l’enfance, aux membres et aux rôles de la famille, aux relations familiales et à leur influence sur soi, et aux origines des conflits familiaux.

    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (d) Accroître le niveau de conscience d’elles-mêmes des participantes : Cette composante du programme s’intéresse à l’enfant intérieur, à l’expression des sentiments, aux relations interpersonnelles, aux expériences de l’adolescence, à l’abandon, à l’identité culturelle autochtone ainsi qu’aux frontières et limites personnelles.

    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (e) Accroître le niveau d'acquisition individuelle de compétences des participantes : Cette composante du programme traite de l'élaboration d'un plan d'autonomie, de la prise de conscience et de l'expression des sentiments, de la responsabilité, de l'appropriation de son pouvoir, de l'empathie, du monologue intérieur, de la maîtrise de soi et du deuil.

    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (f) Accroître le niveau d'acquisition de compétences en groupe des participantes : Cette composante traite des attentes par rapport au programme, de l'élaboration d'objectifs personnels, de la création d'un environnement sûr et réconfortant grâce à la confiance et à la révélation de soi.

    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (g) Accroître le niveau de sensibilisation à la culture des participantes : Cette composante du programme traite du rôle de la spiritualité dans le processus de guérison, de l'importance de la cérémonie, de la roue de médecine, de l'utilisation de rituels et de symboles adaptés à la culture, et du rôle de l'Aîné.

    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

    (h) Accroître le niveau d'apprentissage cognitif des participantes : Cette composante du programme traite de l'autonomie, du processus de changement, de la rédaction d'un journal intime, de l'enfant intérieur, des frontières, de l'estime de soi et des effets de l'étiquetage, du racisme, des préjugés et des stéréotypes.

    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ?

  45. Pour la majorité des participantes, avez-vous observé des changements (positifs ou négatifs) dans leur relation (c.-à-d. attitudes et comportement) avec le personnel du programme? Si oui, quel genre de changement ?
  46. Pour la majorité des participantes, avez-vous observé des changements (positifs ou négatifs) dans leur relation (c.-à-d. attitudes et comportement) avec le personnel non affecté programme ? Si oui, quel genre de changement ?
  47. Pour la majorité des participantes, avez-vous observé des changements (positifs ou négatifs) dans leur relation (c.-à-d. attitudes et comportement) avec les autres participantes au programme ? Si oui, quel genre de changement ?
  48. Pour la majorité des participantes, avez-vous observé des changements (positifs ou négatifs) dans leur relation (c.-à-d. attitudes et comportement) avec les femmes qui ne participaient pas au programme ? Si oui, quel genre de changement ?
  49. Pensez-vous que le programme améliore le comportement des participantes en établissement (en particulier en ce qui concerne la violence physique ou verbale) ? Si oui, de quelles façons ? Si non, comment le programme pourrait-il mieux cibler ce domaine ?
  50. Pensez-vous que le programme change la façon dont les participantes comprennent ou considèrent les situations ou les personnes (c.-à-d. le processus cognitif) ? Si oui, de quelles façons ? Si non, comment le programme pourrait-il mieux cibler ce domaine ?
  51. Le programme a-t-il produit des résultats positifs ou négatifs autres que ceux voulus ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
  52. Pensez-vous que le programme aura des répercussions à long terme (positives ou négatives) sur les participantes ? Si oui, comment ?

    Effets imprévus
  53. Le programme a-t-il eu des effets imprévus (événements positifs ou négatifs qui étaient inattendus) ? Si oui, veuillez expliquer.
  54. Pensez-vous que l'exécution du programme dans un contexte de groupe influe sur la capacité des participantes d'être tout à fait honnêtes au sujet de leurs expériences ? Pourquoi ou pourquoi pas ?


    Recommandations
  55. Y a-t-il quoi que ce soit que vous trouveriez utile pour améliorer l'animation du programme (c.-à-d. les ressources, le matériel, la durée, etc.) ?
  56. Avez-vous des suggestions à formuler pour améliorer le programme (c.-à-d. la durée du programme, son contenu, les ressources du programme, l'environnement du programme) ?
  57. Avez-vous d'autres observations ou commentaires au sujet du programme Esprit du guerrier ?

ANNEXE E : SONDAGE MENÉ AUPRÈS DU PERSONNEL

Consentement éclairé

La présente étude a pour but d'évaluer le programme Esprit du guerrier. L'évaluation tentera de déterminer dans quelle mesure le programme a réussi à répondre aux besoins des participantes et si les objectifs du programme sont atteints. Cette évaluation est importante pour cerner les forces et les faiblesses du programme, et tenter ainsi d'en accroître l'efficacité au maximum.

Votre participation consistera à répondre à un sondage d'une durée approximative de 30 minutes. Ce sondage porte sur vos perceptions du programme, y compris sa raison d'être, le soutien reçu de l'établissement et ses différents effets.

Droit de participation et de désistement

Nous tenons à vous souligner que vous n'êtes aucunement tenue de participer à cette étude. Vous avez le droit de vous désister à tout moment et de ne pas répondre à certaines questions. Si vous décidez de ne pas participer à l'étude ou de vous désister, aucune sanction ne vous sera imposée. Vous ne gagnerez rien et ne perdrez rien en participant à cette étude. Votre participation est cependant essentielle au succès de l'étude.

Confidentialité

Toutes vos réponses seront tenues strictement confidentielles. Seuls les membres de l'équipe chargée de mener l'étude auront accès aux questionnaires remplis et votre participation restera tout à fait anonyme. Les renseignements personnels recueillis durant l'étude ne seront divulgués à aucun autre employé du SCC. Après avoir rempli le questionnaire, insérez-le ainsi que le formulaire de consentement éclairé dans l'enveloppe fournie et cachetez l'enveloppe. Cette enveloppe scellée sera envoyée à la Direction de la recherche.

Consentement éclairé

En apposant ma signature ci-dessous, j'atteste avoir lu la description de l'étude ci-dessus, et je confirme en comprendre entièrement les conditions et le but. Je connais également mes droits en ce qui a trait à la confidentialité des renseignements divulgués, à ma participation volontaire et à mon désistement. Par les présentes, j'accepte de participer au projet de recherche.

Nom (en lettres moulées) : _________________________

Signature : __________________________________

Date :____________________

Sondage auprès du personnel

Ce questionnaire est conçu pour évaluer l'efficacité du programme Esprit du guerrier du point de vue du personnel en poste à l'établissement où le programme est offert.

Vous nous rendriez service en répondant aux questions ci-dessous. Vos perceptions et vos impressions de ce programme sont d'une grande importance pour son évaluation.

  1. Connaissez-vous le programme Esprit du guerrier (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non (ne répondez pas au reste du questionnaire)

    Si oui, comment avez-vous découvert le programme Esprit du guerrier ? ____________________

  2. Combien de femmes avec lesquelles vous êtes en interaction ont participé au programme Esprit du guerrier ? ____________ (si vous répondez aucune (0), passez à la question 4)
  3. Quelle est l'étendue de vos interventions auprès des femmes qui ont participé au programme ? ____________________
  4. Connaissez-vous les objectifs du programme (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, quels sont ces objectifs selon vous ? ____________________

  5. En quoi ce programme est-il différent des autres programmes ? ____________________
  6. Veuillez donner votre opinion sur le plus grand nombre de sujets possible parmi les suivants.

    Veuillez noter, sur une échelle de 1 à 5, 1 représentant une « faible efficacité » et 5 une « très bonne efficacité », le degré d'efficacité de chaque composante du programme pour la majorité des participantes.

    (a) Accroître le niveau de sensibilisation des participantes à la colère : Cette composante du programme définit la colère, examine les croyances et attitudes entourant la colère, les sentiments et expériences par rapport à la colère ainsi que les déclencheurs de la colère.

    N'encerclez qu'un seul chiffre.

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    (b) Accroître le niveau de sensibilisation des participantes à la violence : Cette composante du programme définit la violence, examine les expériences liées à la violence, les facteurs qui influencent la violence (médias, racisme, abandon), le cycle et les conséquences de la violence.

    N'encerclez qu'un seul chiffre.

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    (c) Accroître le niveau de sensibilisation des participantes aux origines familiales : Cette composante du programme s'intéresse aux expériences de l'enfance, aux membres et aux rôles de la famille, aux relations familiales et à leur influence sur soi, et aux origines des conflits familiaux.

    N'encerclez qu'un seul chiffre.

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    (d) Accroître le niveau de conscience d'elles-mêmes des participantes : Cette composante du programme s'intéresse à l'enfant intérieur, à l'expression des sentiments, aux relations interpersonnelles, aux expériences de l'adolescence, à l'abandon, à l'identité culturelle autochtone ainsi qu'aux frontières et limites personnelles.

    N'encerclez qu'un seul chiffre.

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    (e) Accroître le niveau d'acquisition individuelle de compétences des participantes : Cette composante du programme traite de l'élaboration d'un plan d'autonomie, de la prise de conscience et de l'expression des sentiments, de la responsabilité, de l'appropriation de son pouvoir, de l'empathie, du monologue intérieur, de la maîtrise de soi et du deuil.

    N'encerclez qu'un seul chiffre.

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    (f) Accroître le niveau d'acquisition de compétences en groupe des participantes : Cette composante traite des attentes par rapport au programme, de l'élaboration d'objectifs personnels, de la création d'un environnement sûr et réconfortant grâce à la confiance et à la révélation de soi.

    N'encerclez qu'un seul chiffre.

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    (g) Accroître le niveau de sensibilisation à la culture des participantes : Cette composante du programme traite du rôle de la spiritualité dans le processus de guérison, de l'importance de la cérémonie, de la roue de médecine, de l'utilisation de rituels et de symboles adaptés à la culture, et du rôle de l'Aîné.

    N'encerclez qu'un seul chiffre.

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    (h) Accroître le niveau d'apprentissage cognitif des participantes : Cette composante du programme traite de l'autonomie, du processus de changement, de la rédaction d'un journal intime, de l'enfant intérieur, des frontières, de l'estime de soi et des effets de l'étiquetage, du racisme, des préjugés et des stéréotypes.

    N'encerclez qu'un seul chiffre.

    1 2 3 4 5
    Médiocre Passable Moyen Bon Très bon

    Le programme Esprit du guerrier s'adresse aux femmes autochtones très colériques et très violentes.

  7. Compte tenu de l'intention du programme, pensez-vous que ce sont des femmes de ce type qui sont ciblées et choisies pour participer au programme ?

    Oui (passez à la question 8) Non (passez aux questions suivantes)

    Si non, quelle est la situation ? ____________________

    Pensez-vous que la situation actuelle pourrait être modifiée ? Pourquoi et comment ? ____________________

  8. Les participantes assistaient-elles au programme Esprit du guerrier avec le soutien du personnel non affecté au programme ?

    Pas du tout Moyennement Tout à fait

    Pas du tout Moyennement Tout à fait
    1 2 3 4 5

    Pourquoi ou pourquoi pas ? ____________________

  9. À un moment ou l'autre de l'exécution du programme, des membres du personnel non affectés au programme s'attendaient-ils à ce que les participantes soient ailleurs ou engagées dans une autre activité ?

    Oui Non

    Si oui, veuillez expliquer. ____________________

  10. Avez-vous remarqué des changements dans l'atmosphère générale de l'établissement qui seraient attribuables au programme (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    i oui, quel genre de changements ? ____________________

  11. Avez-vous remarqué des changements dans la relation entre les participantes au programme et le personnel non affecté au programme, qui seraient attribuables au programme (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, quel genre de changements ? ____________________

  12. Avez-vous remarqué, dans la relation entre les participantes au programme et les femmes qui ne participaient pas au programme, des changements qui pourraient être attribués au programme (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, quel genre de changements ? ____________________

  13. Avez-vous remarqué, dans le comportement (en particulier la violence physique et verbale) des délinquantes en établissement, des changements qui pourraient être attribués au programme (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, quel genre de changements ? ____________________

  14. Avez-vous remarqué, dans la façon dont les participantes comprennent ou considèrent les situations ou les personnes (c.-à-d. le processus cognitif), des changements qui pourraient être attribués programme (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, quel genre de changements ? ____________________

  15. Avez-vous observé d'autres changements chez les femmes qui ont participé au programme (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, quel genre de changements ? ____________________

  16. Le programme a-t-il produit des résultats ou des effets positifs (cochez une seule réponse) ?

    Yes No

    Si oui, lesquels ? _________________

  17. Le programme a-t-il produit des résultats ou des effets négatifs (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, lesquels? ____________________

  18. Le programme a-t-il produit des résultats positifs ou négatifs autres que ceux voulus ?

    Oui Non

    Si oui, de quelles façons ? ____________________

  19. Le programme a-t-il eu des effets imprévus (événements positifs ou négatifs qui étaient inattendus) ?

    Oui Non

    Si oui, de quelles façons ? ____________________

  20. Le programme Esprit du guerrier a-t-il déjà été à l'origine d'une crise ou d'un problème (cochez une seule réponse) ?

    Oui (passez aux questions suivantes) Non (passez à la question 21)

    Si oui, quand et pourquoi? ____________________

    ne solution a-t-elle été trouvée ?

    Oui Non

    Si oui, comment ? ____________________

  21. Avez-vous remarqué une certaine résistance au programme soit chez les détenues soit chez les membres du personnel (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, quel genre de résistance ? ____________________

  22. Croyez-vous que le programme Esprit du guerrier est parfois utilisé à d'autres fins (par exemple, pour bavarder, pour éviter le travail, etc.) (cochez une seule réponse) ?

    Oui Non

    Si oui, comment ? ____________________

  23. Avez-vous d'autres observations ou commentaires au sujet du programme Esprit du guerrier ? ____________________


    Veuillez répondre aux questions suivantes si vous vous sentez à l'aise de le Passablee; dans le cas contraire, sentez-vous libre de les sauter.
  24. Quel poste occupez-vous dans l'établissement ? _____________________________
  25. Depuis quand occupez-vous ce poste ? _____________________________
  26. Depuis quand intervenez-vous auprès de délinquantes ? ________________
  27. Depuis quand intervenez-vous auprès de délinquantes autochtones ? ______________

Après avoir rempli le questionnaire, insérez-le ainsi que le formulaire de consentement éclairé dans l'enveloppe fournie et cachetez l'enveloppe. Cette enveloppe scellée sera envoyée à la Direction de la recherche.

UN GRAND MERCI POUR LA COOPÉRATION DONT VOUS AVEZ FAIT PREUVE EN ACCEPTANT DE RÉPONDRE À CE SONDAGE !

Footnotes

1 La majorité des renseignements fournis dans cette description du programme proviennent du guide à l'intention des intervenantes du programme Spirit of a Warrior (Esprit du guerrier), rédigé par le Native Counseling Services of Alberta (NCSA, 2001).

2 Phyllis Nault, en consultation avec le Native Counseling Service of Alberta, a coanimé le premier programme Esprit du guerrier en Saskatchewan et a apporté des changements préliminaires au modèle adapté pour que ce dernier réponde mieux aux besoins des femmes incarcérées.

3 La partie B est une version abrégée de l'échelle de cinq points, le Novaco Provocation Inventory (inventaire de Novaco sur les provocations) (Novaco, 1988).

4 Pour deux séances du programme Esprit du guerrier, des questionnaires d'évaluation destinés aux intervenantes ont été remplis par erreur par des participantes. Les données ainsi obtenues ont donc été jugées invalides et impropres à l'analyse.

5 La collecte de données pour les entrevues des participantes a débuté en septembre 2004 pour se terminer en mars 2005; des visites ont été effectuées à l'Établissement d'Edmonton pour femmes, au Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci et à l'Établissement de la vallée du Fraser pour femmes. Durant les visites sur place effectuées au cours de l'exercice 2004-2005, des anciennes participantes au programme ont été remises en liberté dans la collectivité, sous surveillance fédérale, ou à la suite de l'expiration de leur mandat.

6 La collecte des données pour les sondages auprès des participantes et les évaluations des intervenantes a commencé en octobre 2003 pour se terminer en février 2005.

7 La délinquante a terminé le programme avec succès tant sur le plan de l'assistance aux séances que des progrès attribuables au traitement.

8 La délinquante a vu son inscription au programme annulée en raison de problèmes de discipline ou de la piètre qualité de sa participation.

9 La délinquante n'a pas terminé le programme ou en a été exclue, habituellement parce qu'elle a été placée en isolement, parce que l'infraction qu'elle avait commise n'était pas visée par le programme ou parce qu'elle devait se présenter devant un tribunal ou être hospitalisée à l'extérieur.

10 La délinquante a terminé le programme, mais ne semble pas avoir fait de progrès attribuables au traitement.

11 Seulement 11 des 22 répondantes ont expliqué pourquoi elles jugeaient la formation des intervenantes insuffisante.

12 Voir, dans l'Introduction, la description des huit composantes du programme.

13 Des scores plus faibles sur la RSES indiquent des degrés supérieurs d'estime de soi.

14 Les condamnées à perpétuité étaient exclues.

15 Cette question a été posée à l'aide d'une échelle de Likert en cinq points au cours des sondages menés avant et après la participation au programme.

16 Onze femmes, soit 39 % des participantes, se sont senties forcées de partager leurs expériences. Seulement 10 femmes ont indiqué comment elles avaient réagi à cette pression. Certains des renseignements fournis n'ont pas pu être regroupés par thème.