Mobilisation de la collectivité : Comment les entreprises sociales créent des emplois pour les délinquants

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Narrateur  :  À l'angle des rues Military et Monkstown, au cœur de St. John’s, Terre-Neuve, se trouve un petit café haut de gamme qui sert une variété de savoureux sandwichs servis sur du pain artisanal, des soupes-maison et une multitude de pâtisseries et de gâteaux alléchants.


Melissa Cox : C’est vraiment du « haut de gamme », genre de la ganache triple chocolat que nous devons décorer d’une petite fleur. La garniture est vraiment délicieuse avec son pouding enrobé de sauce au caramel sur le dessus. C’est vraiment de la bonne bouffe  : un vrai régal!


Narrateur  :  L’endroit s’appelle le « Hungry Heart Café » et a pris la place de l’ancienne épicerie de W.J Murphy, un point d’intérêt local qui existait depuis près de 100 ans. Le café se situe au carrefour de Rawlins Cross, une porte d’entrée au lieu historique Georgetown, où a été érigé le premier feu de circulation de la ville.  


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Mobilisation de la collectivité : Comment les entreprises sociales créent des emplois pour les délinquants


Gale : Je m’appelle Gale. J’habite de l'autre côté de la rue, en diagonale du rond-point, et j’y viens depuis son ouverture, même avant cela. Parce que c’est un lieu historique, les gens s’inquiétaient quand Stella Burry a décidé de s’y installer parce que c’était anciennement une épicerie qui existait depuis des années et des années. Nous étions nerveux.


Melissa Cox : Un jour, je me suis disputée avec une femme que je connais et qui s'est retrouvée avec deux côtes brisées et un poumon perforé. J’ai été accusée de voies de fait graves et d'une infraction.


Denise Hillier : Le Hungry Heart Café est un exemple d’occasion d’entreprise sociale mise à la disposition des personnes faisant l’objet d’une libération conditionnelle dans leur collectivité à St John’s. Il s’agit d’un programme qui offre jusqu’à six mois de formation pratique. Les participants débutent par une formation de quelques heures en salle de classe avant de suivre une formation sur place au Hungry Heart Café. Un certain nombre de personnes qui y ont suivi une formation ont ensuite été embauchées par le café ou ont trouvé un autre emploi dans la collectivité. L’objectif est de donner la chance à des délinquants qui seront mis en liberté de continuer à travailler après leur expérience auprès de notre organisme et de faire en sorte que des employeurs les embauchent dans la région de St. John’s ou dans d'autres collectivités où ils vivront.

Melissa Cox : Oh, mon Dieu! Le fait de travailler nous fait sentir tellement bien. Surtout quand on sait qu’on est bon dans quelque chose. Avant d’être incarcérée, je venais ici. Je suis une mère et c'est du boulot! Mais je n'avais pas beaucoup de compétences pour faire un métier et travailler dans la collectivité, alors c’est d’autant plus satisfaisant d’en avoir l’occasion et de sentir que je fais partie de la société. Je sens que je peux faire plaisir à quelqu’un. Des clients viennent pour acheter un morceau de gâteau ou autre et je peux les regarder et savoir qu'ils adorent ce que je viens de cuisiner. Et je vois qu’ils en raffolent!


Narrateur  :  Des études ont révélé qu’un des plus grands facteurs de réussite pour la réinsertion sociale des délinquants est l’obtention d’un emploi valorisant et bien rémunéré à temps plein. Le fait de travailler à temps plein aide non seulement à empêcher que les délinquants reprennent le chemin de la criminalité, mais cela les aide à sentir qu’ils font partie de la société et qu’ils sont des membres à part entière de leur collectivité.


Melissa Cox : Quand j’étais en prison, je ne pensais pas que je pourrais vraiment obtenir de l’aide ni me sentir comme la personne que je suis devenue maintenant. Je n’aurais jamais cru que je serais la personne que je suis aujourd’hui. Ce café a fait cela pour moi, tout comme la maison d’Emmanuel et les gens qui m’entourent. Stella Burry a eu cet impact dans ma vie. Ils m’ont donné confiance en moi. Ils m’ont aidée. Ils m’ont donné tout ce dont j’avais besoin pour devenir la belle personne que je suis et pour leur confectionner ces belles et bonnes choses. Ils m’ont aidée à devenir une meilleure mère et un membre productif de la société.


Narrateur  :  Une des façons dont le Service correctionnel du Canada aide les délinquants à avoir un emploi valable à temps plein dans la collectivité est en créant des partenariats dynamiques avec des organismes comme le Stella’s Circle.


Denise Hillier:  Le Stella’s Circle a établi un partenariat solide avec quelques-uns de nos partenaires fédéraux au fil des années, notamment avec le Service correctionnel du Canada. Je pense que ce partenariat existe depuis plus de 20 ans. Cet organisme a fourni des places dans le cadre de son programme de traitement résidentiel aux délinquants parce qu’il n’y avait pas de maison de transition à St. John’s. À ce jour, ce partenariat avec le SCC perdure.


Narrateur  : Reconnaissant que l’emploi est un facteur essentiel pour aider les ex‑délinquants sans abri à trouver un logement stable et à se réinsérer dans la société, le gouvernement du Canada a formé un partenariat interne entre le Service correctionnel du Canada et le ministère de l’Emploi et du Développement social, anciennement RHDCC. Ce dernier a fourni plus de 500 000 $ à cinq organismes sans but lucratif pour établir des entreprises sociales et offrir une formation et une expérience de travail utiles à ces clients. 


Jennifer Oades  : Je suis très heureuse que nous ayons établi ce partenariat. Il nous a permis d’obtenir un soutien pour huit initiatives d’entreprises sociales différentes avec quelques-unes de nos ONG dans l’ensemble du Canada. RHDCC nous a offert un soutien incroyable. En contribuant à la réalisation de notre mandat de sécurité publique, nous les aidons aussi à s’acquitter de leur propre mandat qui est de réduire et de prévenir l’itinérance.


Tim Foran  : Nous avons vraiment été très heureux de travailler avec le Service correctionnel du Canada sur ces projets en matière d’entreprise sociale. Nous les considérons comme réellement innovateurs et comme une possibilité d’aider ceux qui sont vulnérables dans la société.


Narrateur  :  Le Hungry Heart Café est un exemple unique de la forme prise par ce genre de partenariats. Créé en 2007 et exploité par le Stella’s Circle, ce partenariat est un heureux mélange d’entreprise et de programme social. La combinaison des deux forme une entreprise sociale.


Rob McLennan : Il ne fait aucun doute qu’une entreprise sociale a deux objectifs. D’abord les indicateurs commerciaux, notamment les frais de nourriture, les ventes, etc. Et, dans notre cas, une mission sociale qui vise à aider les gens à acquérir des compétences afin de décrocher un emploi dans le secteur de la restauration. Ces deux objectifs sont donc liés de très près.


Tim Foran  : Les initiatives d’entreprise sociale telles que celles organisées par Stella Burry sont des initiatives qui permettront aux Canadiens vulnérables d’obtenir une certaine expérience de travail, de perfectionner utilement leurs compétences, d’acquérir une expérience de travail qui leur donnera des outils qui les aideront à stabiliser leur vie.


Rob McLennan : Par exemple, l’utilité de l’expérience de formation pour le stagiaire est telle qu’il n’y a aucune place pour la condescendance. La formation est liée à un produit qui doit être aussi bon que tout produit qu'on peut trouver dans un autre restaurant. Il doit être servi frais, chaud, à temps et procurer une valeur.


Narrateur  :  Outre le Hungry Heart Café, le Stella’s Circle offre des occasions de formation aux délinquants dans le cadre de deux autres initiatives. Son programme d’aide de corps de métier permet aux participants d’acquérir une expérience pratique dans à peu près tous les aspects des métiers de la construction.


Et son programme CleanStart fournit une formation en cours d’emploi dans le domaine du nettoyage et de l’entretien de bureaux.  


Rob McLennan : Un des aspects très positifs d’un modèle d’entreprise sociale consistant à travailler avec des gens dans le cadre d’une expérience en milieu de travail est qu’un tel modèle permet à des ex-délinquants de faire une transition vers le marché du travail et d’acquérir des compétences professionnelles valables qui peuvent leur servir dans d’autres milieux de travail, en plus de gagner de la confiance et de croire en leurs capacités. Ceux qui ont la chance d’y participer ont l’occasion d’abandonner un mode de vie néfaste en pouvant travailler avec d’autres gens qui sont motivés par les mêmes buts et qui veulent transformer leur vie.


Narrateur  :  Le modèle d’entreprise sociale n’existe pas seulement à St. John’s. Outre le Hungry Heart Café, d’autres modèles existent. À Toronto, une initiative semblable consiste à aider les délinquantes à acquérir des compétences utiles dans le secteur de la torréfaction de cafés fins.


Lisa-Marie Olsen : J’ai passé 16 ans de ma vie dans un établissement fédéral. J’ai eu beaucoup de mal à trouver un emploi. Cela m’a pris plus d’un an avant de décrocher un emploi. C’était très décourageant et je commençais à perdre espoir. Je crois aussi que je ne pouvais pas trouver d’emploi parce que j’avais un casier judiciaire.


Christine Lam, Agent de libération conditionnel, SCC : Avant que Lisa commence à travailler à Reunion Island, nous étions inquiets parce qu'elle était très bouleversée par le fait qu’elle ne pouvait pas trouver de travail. Elle commençait à être découragée.


Lisa-Marie Olsen : C’est mon agente de libération conditionnelle qui m’a parlé de l’occasion d’emploi à Reunion Island et qui m’a dirigée vers le programme Klink. Au départ, j’hésitais et je tergiversais pour finalement me dire que je devais au moins tenter ma chance.


Narrateur  :  Créé et exploité par la Société Saint-Léonard à Toronto, Klink est une entreprise sociale qui se concentre sur deux objectifs  : trouver un emploi durable aux délinquants et vendre du café. Tous les profits de la vente de café ont pour but d’appuyer son objectif principal de surmonter les obstacles qui empêchent souvent les délinquants de trouver un emploi dans la collectivité.


Sonya Spencer, Société Saint-Léonard à Toronto : Les délinquants qui retournent dans leur collectivité en font partie intégrante, que la collectivité le veuille ou non, et que le client ou le délinquant sente qu’il en fait partie ou non. La réalité est que les délinquants en font bel et bien partie. Ce n’est pas un enjeu qui touche uniquement le gouvernement fédéral. Ni un enjeu qui touche seulement le secteur bénévole. C’est vraiment un enjeu qui touche la collectivité dans son ensemble et qui doit être réglé dans un esprit de collaboration.


Jennifer Oades, Service Correctionnel du Canada  : Je suis convaincu que pour assurer la sécurité publique à long terme, nous devons vraiment travailler ensemble, tous les secteurs, le gouvernement, les organismes non gouvernementaux, le secteur privé, et qu’il s’agit d’une initiative merveilleuse dans le cadre de laquelle des partenariats formidables s’établissent dans tout le pays.


Tim Foran, Emploi et développement social Canada  : Le gouvernement fédéral ne se contente pas d’établir des partenariats seulement avec des organismes non gouvernementaux ou des partenaires fournisseurs de services comme la Société Saint-Léonard à Toronto, il en forme aussi avec des entreprises du secteur privé.


Narrateur  :  Le moyen par lequel la Société Saint-Léonard à Toronto encourage ce niveau de collaboration communautaire est bien entendu Klink, une marque-maison qui a été le fruit d’une très importante entreprise de marketing de Toronto.


Sonya Spencer : Genesis XD est une entreprise de commercialisation et de stratégie de marque située rue Queen’s Quay, à Toronto. Nous avions la capacité de les rémunérer pour une partie de leur travail, mais cette entreprise s’investissait tellement dans notre cause et était tellement emballée par ce que nous essayions d'atteindre dans le cadre de ce programme que ses responsables ont décidé de s’impliquer  : ils ont accompli un travail incroyable pour nous.


Harry Cornelius, Genesis XD : Un « klink » est une expression familière qui signifie une cellule de prison, mais qui fait aussi référence au son agréable qu'on entend lorsqu'on porte un toast. Quand nous avons organisé un sondage auprès des groupes cibles, nous avions ces deux éléments en tête. Il y avait une composante de célébration et le fait que le programme visait le secteur des services correctionnels. Nous aurions pu adopter n’importe quelle marque, mais nous voulions que celle-ci appartienne vraiment au monde dans lequel on évoluait plutôt qu’à tout autre monde.


Narrateur  :  Avec le programme Klink en place, la société St. Leonard’s était maintenant prête à exécuter son plan visant à faire participer la collectivité, et ses responsables l’ont fait d’une façon tout à fait différente et innovante. Graham Lewis, un ancien dirigeant d’entreprise, était à l’avant-garde de cette initiative. Graham consacrait désormais ses efforts à vendre l'idée auprès de dirigeants d’entreprise de l’utilité d'embaucher des délinquants aux niveaux les plus élevés.


Graham Lewis,  la Société Saint-Léonard à Toronto : Il voulait changer les choses à partir du sommet. Il voulait lutter contre la stigmatisation et encourager les dirigeants à participer à l’initiative et les convaincre qu’il fallait cesser d’ostraciser un segment particulier de la société puisqu’on y trouve des employés extrêmement compétents et motivés. Il tenait à ce que les dirigeants examinent son programme.


Adam Pesce, Reunion Island, : Nous avions vraiment besoin de quelqu’un comme lui pour expliquer pourquoi nous étions tous concernés. Il est évident que des préjugés existent. Je pense que nous avons tous en tête le « portrait type » d’un délinquant. Mais nous sommes très loin de la réalité.


Lisa-Marie Olsen : J’ai fait mon stage à Reunion Island. J’y ai travaillé durant trois semaines. J’ai eu l’occasion de travailler dans un environnement d’usine et d’acquérir de nouvelles compétences.


Adam Pesce : Dès son arrivée, Lisa a tout de suite été une employée productive dans le cadre du programme. Nous avons parlé d'elle et avons abouti à la conclusion que nous n'aurions pu trouver une meilleure personne pour le poste.


Lisa-Marie Olsen : Quand on m’a dit qu’on allait m’embaucher à temps plein, j’ai pleuré. J’étais tellement heureuse. Comme je l’ai dit, je ne pouvais pas trouver de mots pour exprimer comment je me suis sentie ce jour-là. J’étais au septième ciel parce que quelqu’un me donnait la chance de faire mes preuves et aussi de pouvoir travailler, gagner ma vie et avancer dans la vie, parce qu’il est très important d’aller de l’avant. Mon passé est passé  :  il ne définit pas la personne que je suis aujourd’hui.


Adam Pesce : Chaque employé de Reunion Island a vécu un moment très fort. Nous ne nous attendions pas vraiment à avoir ce genre d’échange émotionnel, mais je pense que nous avons tous été bouleversés de voir combien Lisa était heureuse. Nous étions enchantés d’avoir une autre excellente employée parmi nous et c’était vraiment une belle journée pour nous. Nous avons vécu un de ces moments très forts qui n’arrivent pas souvent dans une vie. On ignorait comment le simple geste de donner la chance à quelqu’un de commencer une nouvelle vie en lui offrant un emploi pouvait apporter tant de bonheur et de soulagement. 


C’est un moment dont nous nous souviendrons longtemps et j'ai su que le programme serait un succès avec l’embauche de

Lisa. Nous nous sommes demandés comment nous allions aller de l'avant pour reproduire ce succès.


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Le gouvernement du Canada tient à remercier tous ceux qui ont participé à la production de cette vidéo, y compris : 

  • Stella’s Circle, Terre-Neuve St. John
  • La Société Saint-Léonard à Toronto
  • Reunion Island Coffee Ltd, Oakville, Ontario
  • Genesis XD, Toronto, Ontario