Le retour des petits-enfants : La présence des Aînés dans les établissements correctionnels fédéraux

Le rôle des Aînés dans les établissements et le travails qu’ils font avec les délinquants autochtones.

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Le retour des petits-enfants : La présence des Aînés dans les établissements correctionnels fédéraux

Tom McCAllum : Les histoires que nous racontons nous ont été léguées par nos ancêtres.

Lorsque nous sommes assis en cercle, l'histoire que je suis censé raconter à ces hommes me viendra à l'esprit.

Sarah Anala : La première fois qu'ils me voient, le soulagement apparaît sur leur visage et leur corps se détend; ils sont tellement reconnaissants de voir quelqu'un des leurs.

Gilbert Sanipass : Parfois, je demande aux hommes : « Qu'est-ce que je représente pour vous, qui suis-je pour vous »? Vous êtes un père, vous nous dites des choses, vous nous parlez et vous prenez le temps d'écouter. Il a dit : « Nous n'avons jamais connu cela quand nous étions à la maison ».

Lisa Allgaier : Les Aînés sont au cœur de nos activités en ce qui concerne les services spirituels et culturels que nous offrons. Ils sont vraiment l'élément central, et, à vrai dire, sans les Aînés, nous ne serions en mesure d'offrir aux délinquants autochtones rien qui aurait une signification culturelle ou spirituelle pour eux.

Dakota : Le fait d'avoir le soutien d'un Aîné est un élément déterminant dans la vie des personnes qui s'efforcent de changer leur mode de vie. Si je n'avais pas d'Aîné pour m'aider et pour me guider, et pour me dire « Écoute, ce n'est pas de cette façon que ton peuple vit », je pense que je serais toujours dans un établissement à sécurité maximale, je consommerais toujours de la drogue, je ferais toujours toutes ces choses que je ne dois pas faire, parce que les Aînés jouent un rôle tellement important pour nous remettre sur pied, mais aussi pour nous aider à nous relever nous-mêmes en même temps.

Victoria Whelan : Beaucoup de gens sont vraiment perdus, les délinquants aussi. Beaucoup d'entre eux ont un sentiment de culpabilité et de honte, et ils ont grandi avec ce sentiment.

Bonnie Spencer : Ils sont dans un état de stress traumatique, et à cause de leur passé traumatique, ils ont projeté leurs expériences vers le monde extérieur.

George Harris : Une chose qui m'étonne vraiment, c'est à quel point nos détenus sont coupés de leur famille, de leur collectivité, de leur nation, de leur culture, de leur langue, de leurs cérémonies sacrées ainsi que de leur mode de vie traditionnel.

Fred Campiou : Nous n'avions pas le droit de pratiquer nos cérémonies. C'était interdit par les lois canadiennes. On a démonisé nos Aînés. On s'en est pris à nos chefs spirituels. Voilà où nous en sommes aujourd'hui, et nous sommes probablement les seuls à pouvoir aider à le réparer.

Mike Couchie : Le fait d'aller à la suerie ou de participer à la cérémonie de la suerie leur donne une idée de quelque chose qui parle de leur histoire, de qui ils sont, et constitue un lien avec ce mode de vie.

Dale Sylliboy : Dans les établissements, je travaille principalement avec des petits-enfants. Ils ignorent pourquoi ils sont comme ils sont, ou comment ils le sont devenus. Ça s'est transmis de génération en génération, et tout le monde le considérait comme normal.

Sarah : Je pense que les expériences vécues par mes grands-parents ont provoqué chez eux de la colère qu'ils ont transmise à leurs enfants et à leurs petits-enfants. Il faut que ça s'arrête à un certain moment. Moi, je veux l'arrêter dans ma génération, avant d'avoir mes propres enfants. Je veux être capable d'arrêter le cycle de violence dans ma famille.

Marjorie Wright : Je leur dis qu'ils peuvent le faire, que cela est possible parce que j'en ai été témoin. J'ai vu les gens y arriver et je j'y suis arrivé moi-même.

Titre : Actuellement, plus de 100 Aînés travaillent dans des établissements correctionnels fédéraux partout au Canada.

Grâce à leur travail, les délinquants inuits, métis et issus des Premières Nations réintègrent leurs collectivités de façon sécuritaire.