Par Honora Johannesen, coordonnatrice du programme de bénévolat, bureau de libération conditionnelle de Victoria
Le tintement des ustensiles sur la vaisselle, l'odeur alléchante des différents plats et le bourdonnement d'une conversation animée. Une réception ? Une soirée dans un bon restaurant ? Sans doute serez-vous surpris d'apprendre qu'il s'agit en fait d'une activité mise en œuvre dans le cadre d'une séance de formation à l'église St. John the Divine pour un groupe de bénévoles du programme Community Adult Mentoring and Support (CAMS) (programme de mentorat et de soutien dans la collectivité).
Une des importantes composantes du CAMS est une séance appelée « Making the Change from Prison to the Community » (la transition entre la prison et la collectivité). Au cours de cette séance, deux libérés conditionnels viennent rencontrer les bénévoles pour parler de leurs attentes et leur expliquer les réalités de la vie dans la collectivité après une longue période d'incarcération. Les bénévoles ont ainsi l'occasion d'apprendre comment ces délinquants ont réussi, à force de courage, à trouver leur place dans la société et à mener une vie enrichissante en assumant leurs responsabilités. Leur objectif n'est pas de nous attendrir. Ils sont là pour dire la vérité, en toute simplicité et sans fioritures. Les hommes qui participent à cette formation sont fiers du rôle qu'ils jouent et de leur capacité à décrire les difficultés associées à la réinsertion sociale. L'un d'entre eux, un condamné à perpétuité, a participé à la formation de tous les bénévoles du CAMS. Un autre, qui a été incarcéré pendant plus de 30 ans, a participé à la formation de quatre des six groupes de bénévoles formés depuis 2001.
Que viennent faire la vaisselle, les nappes et les bons repas dans cette séance de formation, me direz-vous ? Depuis la toute première séance de formation sur le CAMS, les bénévoles ont tenu à souligner les efforts de ces hommes qui n'hésitent pas à s'ouvrir et à raconter franchement leur histoire personnelle. Partager avec eux un bon repas, dans une atmosphère conviviale, est une excellente façon de les remercier. Autour d'une table, les obstacles tombent et la conversation est plus facile, ce qui favorise les échanges. Lors de la dernière séance, un homme a invité son employeur, sa conjointe et son agent de libération conditionnelle pour leur témoigner sa reconnaissance.
Vous connaissez tous le proverbe africain selon lequel il faut tout un village pour élever un enfant. Eh bien, au bureau de libération conditionnelle de Victoria, nous appliquons ce proverbe à la formation des bénévoles. Tout le monde a un rôle à jouer : les agents de libération conditionnelle, les délinquants, les organismes partenaires, les psychologues et plusieurs autres personnes. Une formation pratique, appropriée et pertinente est essentielle au succès de tout programme de bénévolat - et quoi de mieux qu'un bon repas pour y ajouter une touche personnelle !