Participation des bénévoles au Service correctionnel du Canada
Manuel de référence
Orientation et formation
Les séances d’orientation et de formation organisées à l’intention des bénévoles du Service correctionnel du Canada (SCC) sont obligatoires. Le SCC souhaite que les bénévoles puissent se familiariser avec ses politiques, ses procédures, les buts qu’il poursuit, sa philosophie, son mandat et ses objectifs. Les coordonnateurs des bénévoles s’efforceront, dans la mesure du possible, de programmer les séances de formation au moment qui conviendra le mieux à tous les intéressés. Ils seront également en mesure d’adapter une séance selon que les présentations s’adressent à un groupe ou à une seule personne. L’orientation et la formation contribueront à doter les bénévoles de bonnes connaissances sur le SCC, tout en assurant qu’ils débutent tous sur une note positive et acquièrent un sentiment d’appartenance. Il est très important que tous les bénévoles comprennent clairement le mandat du SCC, son fonctionnement et les attentes de la population canadienne à son égard.
Avant de s’engager
Avant de devenir bénévole, en fonction du niveau d’engagement et du type d’activité, vous devrez :
- remplir un formulaire de candidature au bénévolat – au dossier avec les coordonnateurs des bénévoles;
- assister à une séance d’orientation sur les services bénévoles;
- remplir un formulaire d’enquête de sécurité sur le personnel, consentement et autorisation (attestation de fiabilité) ou autoriser une vérification de votre casier judiciaire auprès du Centre d’information de la police canadienne (CIPC);
- fournir des références qui auront été vérifiées;
- obtenir l’approbation des gestionnaires de l’établissement;
- faire faire une carte d’identité avec photo.
D’autres informations seront requises si vous allez effectuer des escortes pour des motifs non reliés à la sécurité :
- copie de votre permis de conduire;
- copie de votre attestation d’assurance;
- copie de votre dossier de conducteur.
En outre, il est possible que vous ayez à fournir des renseignements supplémentaires, comme des problèmes de santé. Nous vous encourageons à faire connaître vos éventuels problèmes de santé dont le SCC devrait avoir connaissance, comme les allergies aux piqûres d’abeilles, aux arachides, une intolérance à la fumée, aux parfums, etc.
Sachez en outre que certaines activités bénévoles exigeront une formation supplémentaire avant que vous ne puissiez entreprendre vos tâches.
Qu’attendre de la séance d’orientation?
- d’autres bénévoles ayant de l’expérience au SCC parleront de leur contribution;
- des membres du personnel parleront de la manière dont les bénévoles ont eu une influence positive sur leur travail et de la mesure dans laquelle ils les aident;
- un bref exposé portera sur la mission du SCC et sur son lien avec les activités bénévoles au sein du Service;
- les questions de nature juridique liées au bénévolat, comme l’assurance-accident, etc., seront abordées;
- les résultats attendus de la formation seront décrits;
- des précisions seront données sur les attentes du SCC à l’égard de ses bénévoles;
- on discutera des attentes des bénévoles à l’égard du SCC;
- un bref exposé portant sur l’historique du SCC et la structure du système canadien de justice pénale sera présenté;
- on demandera aux bénévoles de remplir une demande et un formulaire d’enquête de sécurité;
- on évoquera la valeur que le SCC accorde au travail des bénévoles.
Identification
Les bénévoles sont tenus de porter sur eux une carte d’identité officielle du SCC que leur fournira l’établissement ou le bureau de district. Le processeur d’identification visuelle (PIV) permet de produire des cartes d’identité pour les bénévoles dont la couleur de fond caractéristique est le bleu. Les différentes couleurs de fond permettent de distinguer les bénévoles des membres du personnel. Les mots « Bénévole—ANB » sont également imprimés sur la carte, démontrant ainsi que la personne qui la porte fait partie de l’Association nationale des bénévoles du SCC.
Description de travail
- assurez-vous d’obtenir une copie de la description de travail correspondant au service que vous fournissez auprès du coordonnateur des bénévoles ou du membre du personnel qui vous parraine;
- familiarisez-vous avec la liste des fonctions figurant sur cette description et utilisez-la comme guide de vos activités. Cette description de travail a été élaborée en collaboration avec le secteur où vous intervenez afin de répondre à des besoins particuliers;
- si vous avez des questions ou des sujets de préoccupation, parlez-en au membre du personnel qui vous parraine, à l’agent de liaison ou au coordonnateur des bénévoles; ces personnes se feront un plaisir de vous aider dans toute la mesure du possible.
Formation et supervision
Le membre du personnel qui vous parraine, l’agent de liaison des bénévoles ou le coordonnateur des bénévoles dans votre secteur sont chargés de vous former, en fonction de la description du travail ou du service qui vous est confié. Il se peut également que vous ayez la possibilité de bénéficier de séances de formation « de perfectionnement ». Si vous pensez que vous avez besoin d’approfondir ce que vous avez appris, n’hésitez pas à communiquer avec la personne qui vous a formé. Une fois votre formation terminée, vous devrez signer une « liste de contrôle de la formation » et la remettre au responsable des programmes bénévoles dans le secteur où vous intervenez (voir la Feuille de travail – Formation des bénévoles, à la fin de ce document).
Il incombe au personnel du secteur où vous êtes placé de vous superviser et de diriger vos interventions. Cette supervision peut prendre la forme d’une brève mise à jour portant sur le secteur et les tâches précises qui vous sont confiées, à chacune de vos arrivées. Si vous hésitez à vous charger de certaines tâches, parlez-en au membre du personnel qui vous parraine ou à l’agent de liaison des bénévoles. Informez toujours le personnel si vous quittez le secteur où vous intervenez pour prendre une pause ou pour une autre raison, de façon à ce qu’il puisse vous retrouver en cas de besoin.
Gestion du bénévolat au Service correctionnel du Canada
Le SCC souhaite que tous ses bénévoles puissent travailler dans un milieu où ils se sentent accueillis et appréciés, et qu’ils aient la possibilité de faire une contribution utile. À cause de la nature de leur travail, les bénévoles doivent se conformer à des normes rigoureuses. Les éléments suivants visent à vous faire connaître quelques-unes des responsabilités générales que doivent assumer les bénévoles qui contribuent au système correctionnel fédéral.
Pourquoi devons-nous faire enquête sur nos bénévoles?
La Politique du gouvernement sur la sécurité prescrit que toutes les personnes qui ont accès aux renseignements et aux biens du gouvernement doivent être fiables et dignes de confiance. Par conséquent, avant d’entrer en fonction, toute personne qui va avoir accès aux renseignements et aux biens du gouvernement doit subir une vérification de sécurité et faire établir sa cote de fiabilité ou obtenir une attestation de sécurité du CIPC. Le Manuel des procédures de sécurité ministériel du SCC stipule en outre que cela s’applique à tous les employés du Service, aux entrepreneurs qu’il engage et à leurs employés, et aux bénévoles.
Les renseignements vous concernant sont recueillis dans le cadre d’une enquête de sécurité, menée en vertu de la Politique du gouvernement sur la sécurité, et sont protégés par les dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels. La collecte de ces renseignements est obligatoire : vous ne pourrez pas faire établir votre cote de fiabilité ou obtenir une attestation de sécurité du CIPC si vous refusez de fournir l’information requise (y compris : nom, adresse et date de naissance; renseignements pertinents sur les études ou les compétences professionnelles ou les antécédents professionnels; nom du précédent employeur et références).
Les renseignements requis doivent être transmis aux autorités correctionnelles pour être traités au moins une semaine avant le début de l’activité prévue. En outre, dans certains cas, il se peut que, pour établir formellement l’identité d’une personne, il soit nécessaire de prendre ses empreintes digitales. Toutes ces informations sont conservées dans le Fichier ordinaire de renseignements sur les employés fédéraux, POE 921.
Gestion du risque – De quoi s’agit-il?
La gestion du risque est une méthode éprouvée pour réduire la fréquence et la gravité des incidents. Ce processus se déroule en deux étapes :
1. Évaluation du risque
À ce stade, on repère et on classe par ordre de priorité les risques liés aux activités d’un bénévole. On évalue également l’efficacité des mesures de contrôle du risque qui sont en vigueur.
2. Gestion du risque
On désigne ainsi le processus de prise de décisions qui sert à gérer les risques, ainsi que la mise en place et la réévaluation périodique de ce processus pour en déterminer l’efficacité.
Les bénévoles seront fréquemment mis au courant des risques que peuvent comporter leurs activités dans chaque unité opérationnelle. Nous nous assurerons que tout sera fait pour protéger les bénévoles, les détenus, le personnel et le public lors des activités auxquelles participeront des bénévoles.
Assurance
Le Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT) est un organisme central du gouvernement dont le rôle est de conseiller et de guider les ministères fédéraux. L’objectif du SCT est de contribuer à la prestation régulière d’un service de grande qualité qui répond aux besoins des Canadiens et des Canadiennes. Le SCT focalise son activité sur la gestion des ressources financières et humaines du gouvernement fédéral, et sur les services offerts à la population canadienne.
La Politique sur les bénévoles du SCT facilite l’établissement et la gestion de programmes relatifs aux bénévoles, dans le but de protéger les bénévoles et l’État contre les risques auxquels ils peuvent être exposés. Tous les bénévoles sont couverts, dans le cadre du Programme du gouvernement du Canada à l’intention des bénévoles, par une assurance tous risques accident et responsabilité. Cette politique garantit que les bénévoles jouissent d’une protection contre les risques semblable à celle qui est accordée aux employés des ministères fédéraux. Les bénévoles n’ont pas à remplir de formulaire, sauf en cas de réclamation pour laquelle ils ont besoin d’aide.
Protection des renseignements personnels
La Loi sur la protection des renseignements personnels protège les renseignements personnels de toute personne, y compris les délinquants, les employés et les bénévoles, qui sont détenus par un ministère. Cette Loi définit qui peut avoir accès aux renseignements personnels et à quelles fins; par conséquent, elle influe sur ce que vous pouvez dire à propos des délinquants en dehors de vos activités de bénévole. Les renseignements ne peuvent être recueillis qu’au nom d’un ministère dans le cadre des programmes et des activités de celui-ci. Tout renseignement recueilli ne peut être utilisé qu’aux fins énoncées, à moins d’avoir obtenu le consentement de la personne concernée. Pour terminer, la Loi sur la protection des renseignements personnels régit la façon dont les ministères fédéraux recueillent, gèrent, conservent et disposent de ces renseignements.
Normes de conduite et de sécurité pour les bénévoles
Le SCC a établi des normes de conduite très rigoureuses pour son personnel. Nous nous attendons à ce que nos bénévoles fassent également preuve de professionnalisme et qu’ils adoptent un comportement éthique. Le personnel du SCC doit respecter des normes strictes d’honnêteté et d’intégrité, et le bénévolat au sein du Service doit émaner d’une volonté d’ouverture, d’équité et de coopération. Nous demandons à nos bénévoles d’adopter des attitudes et des méthodes professionnelles, et de suivre les règles et les règlements que respecte le personnel du SCC. Les membres du personnel expliqueront d’ailleurs clairement aux bénévoles les limites dans lesquelles doivent s’inscrire leurs activités. La préoccupation qui est toujours prépondérante est la sécurité du personnel, des bénévoles et des délinquants.
Relations avec le personnel
Établissez et maintenez de bonnes communications avec le personnel. Apprenez à connaître des employés à tous les niveaux. Ils peuvent vous fournir des renseignements de base et vous donner des précisions sur les procédures en vigueur dans l’établissement ou sur le personnel. N’ayez pas peur de poser des questions!
Assurez-vous de bien comprendre en quoi consiste votre rôle avant d’entrer en fonction. Sachez également ce que sont vos responsabilités et les limites que vous ne devez pas franchir. Votre esprit d’initiative sera apprécié, mais ne faites rien qui aille au-delà du rôle que vous devez assumer sans consulter auparavant votre superviseur. Les buts que vous poursuivez devraient s’inscrire dans la ligne de ceux du personnel et non aller à contre-courant.
Au fur et à mesure que vous passez du temps avec certains délinquants, il se peut que vous ayez l’impression qu’ils s’attendent à ce que vous perceviez le personnel de la même manière qu’eux. Cela risque de vous poser des problèmes, mais ils seront plus faciles à résoudre si vous avez établi de bonnes relations avec les membres du personnel, peu importe les informations que peut vous fournir tel ou tel détenu. Suivez les directives du personnel. Si quelque chose vous préoccupe, tirez les choses au clair avec un membre de la direction ou appelez votre coordonnateur des bénévoles.
Les délinquants doivent savoir que toute information transmise à un bénévole et qui concerne la sécurité du personnel, de l’établissement, de la collectivité ou d’autres détenus sera communiquée au personnel. Le bénévole qui reçoit de l’information ou qui fait l’expérience d’une situation présentant un risque de compromettre la sécurité des personnes a la responsabilité d’en informer immédiatement le personnel de son secteur d’activité. Il y a moins de risque que des situations problématiques ne se produisent si, dès le début de la relation, il est clair pour le délinquant qu’on s’attend à ce que le bénévole fournisse régulièrement de la rétroaction au personnel.
Relations avec les délinquants
Lorsque vous établissez des relations avec un délinquant dans un établissement ou lorsque vous intervenez dans la collectivité auprès d’un délinquant, il est important, dès le départ, d’établir les limites du rôle de soutien que vous allez jouer. Nous demandons à tous nos bénévoles d’encourager et d’aider activement les délinquants, y compris ceux qui sont mis en liberté sous condition dans la collectivité, à devenir des citoyens respectueux des lois. Le SCC s’attend à ce que vous établissiez avec les délinquants une relation productive, caractérisée par l’honnêteté et l’intégrité, dont le but est toujours de faciliter une réinsertion sociale réussie. Le SCC s’attend à ce que chaque bénévole évite les conflits d’intérêts avec les délinquants et leur famille. Nous nous attendons enfin à ce que tous nos bénévoles respectent l’identité culturelle, les origines raciales et ethniques, et les croyances religieuses des délinquants, ainsi que leurs libertés fondamentales et les droits que leur reconnaît la loi.
Profil général des délinquants
Tous les délinquants n’ont pas le même profil, mais il y a entre eux certaines similarités. La vie en prison va affecter le comportement d’un détenu. Au fil du temps, vous allez vous rendre compte que l’incarcération augmente le sentiment d’isolement d’un délinquant, à cause des relations qu’il ne peut entretenir et des perspectives qu’il ne peut exploiter. Voici quelques traits communs de la population carcérale que vous pourriez constater si vous faites du bénévolat auprès des délinquants :
- un manque marqué de soutien dans la collectivité; les délinquants sont moins susceptibles de pouvoir compter sur des collègues, des amis respectueux des lois et d’autres personnes qui peuvent les guider, les aider et leur donner un sentiment d’appartenance;
- un manque de mécanismes de contrôle internes, ex. caractère impulsif;
- c’est à un très jeune âge qu’ils ont commencé à adopter un comportement criminel, et parfois, ils ont commis nombre d’actes criminels graves alors qu’ils étaient encore adolescents;
- ils ont grandi dans un environnement familial perturbateur;
- ils ont eu des difficultés d’apprentissage et habituellement, leur formation scolaire présente des lacunes;
- ils ont une piètre estime d’eux-mêmes et peuvent avoir une attitude qui révèle un sentiment d’impuissance;
- ils manquent d’aptitudes professionnelles monnayables, et leurs antécédents professionnels sont caractérisés par l’instabilité;
- ils n’envisagent pas leurs problèmes de manière lucide et sont portés à rationaliser leur comportement;
- leurs aptitudes à résoudre les problèmes, leurs aptitudes sociales et leurs connaissances de base nécessaires pour faire face à la vie quotidienne sont lacunaires;
- ils ont des antécédents de toxicomanie ou d’alcoolisme;
- de façon générale, ils ont une attitude négative et un système de valeurs qui leur est propre.
Comprendre la frustration des délinquants et les limites qui leur sont imposées
Les détenus, en particulier, vivent en milieu fermé et éprouvent beaucoup de frustration et de stress. Voici quelques exemples de ce que vivent les détenus :
- moins d’occasions d’exprimer leur indépendance et leur individualité;
- plus de pressions pour les amener à adopter des valeurs criminelles;
- moins d’intimité;
- leur vie est organisée selon une routine qui change rarement et se déroule dans un décor qui reste le même;
- les possibilités d’entretenir des relations et d’avoir des contacts avec des membres de leur famille et leurs amis sont limitées, car les visites de ces derniers et les appels téléphoniques sont restreints;
- obligation de vivre sans pouvoir avoir accès à beaucoup de biens et de services qui sont facilement disponibles à l’extérieur de la prison.
Ne vous laissez pas rebuter par la prépondérance que l’on accorde souvent aux traits négatifs lorsqu’on dresse un profil général des délinquants. Tous les bénévoles doivent savoir que les détenus sont des êtres humains qui ont des problèmes, des besoins et, avec un peu de chance, des buts. Le comportement criminel n’est pas héréditaire. Si de nombreux délinquants avaient eu la possibilité de jouir de certaines choses fondamentales – milieu familial stable, estime de soi, sentiment d’appartenance et d’engagement vis-à-vis la collectivité, et sécurité financière, par exemple – il est moins probable qu’ils auraient commis un crime. Un délinquant a besoin d’entretenir une relation étroite avec au moins un être humain à qui il peut faire confiance, tout en étant sûr que cette relation ne sera pas utilisée à mauvais escient. À titre de bénévole, vous pouvez nouer avec un délinquant une relation fondée sur la fiabilité et la confiance mutuelle. Vous pouvez être sûr que cette relation donnera au détenu une meilleure estime de lui-même et contribuera au succès de sa réinsertion sociale dans la collectivité.