Participation des bénévoles au Service correctionnel du Canada
Manuel de référence
Santé des délinquants et impact sur la collectivité
Bon nombre des délinquants qui arrivent dans un établissement fédéral sont atteints d’affections physiques et psychologiques qui représentent un risque pour eux mêmes, les employés et toute autre tierce personne. Vous trouverez ci dessous, un aperçu des affections les plus courantes dans le milieu correctionnel.
Dans les établissements, certains délinquants sont considérés comme présentant un risque élevé de contracter une maladie infectieuse comme le VIH/sida, l’hépatite A, B et C ainsi que la tuberculose. Les recherches indiquent que de nombreux délinquants ont un problème de toxicomanie et que certains souffrent de troubles mentaux graves qui nécessitent un traitement spécialisé.
Maladies infectieuses 2
On ne connaît pas le taux exact de maladies infectieuses au sein de la population carcérale, car les tests de dépistage du VIH et de l’hépatite B et C sont volontaires, comme c’est d’ailleurs le cas dans la société canadienne. Toutefois, des études effectuées en 2007 ont révélé une augmentation du taux de maladies infectieuses chez les détenus : on compterait de 7 à 10 fois plus de porteurs de VIH chez les détenus que dans l’ensemble de la population canadienne, et environ 30 fois plus de cas d’hépatite C.
De nombreux délinquants sont plus vulnérables à ces maladies étant donné leur style de vie à haut risque, aussi bien avant que pendant leur incarcération. Ces comportements à haut risque sont, par exemple, la consommation de drogues injectables, l’échange de seringues, le « piercing », les tatouages et les relations sexuelles non protégées. Dans les établissements, il y a également un relativement plus grand nombre de personnes qui risquent d’être atteintes de la tuberculose, notamment parmi les Autochtones, les délinquants nés à l’étranger et les consommateurs de drogues injectables. La tuberculose se transmet par inhalation d’organismes aéroportés. L’aération limitée des locaux et le fait qu’un grand nombre de personnes vivent confinées dans un espace relativement restreint augmentent le risque de transmission de cette maladie dans les établissements.
Traitements et interventions du Service correctionnel du Canada pour lutter contre les maladies infectieuses
Le Service correctionnel du Canada (SCC) a conclu un partenariat avec Santé Canada dans le cadre de la Stratégie canadienne sur le VIH/sida. Les programmes du SCC relatifs à cette maladie sont axés sur l’éducation, la prévention, le traitement et le soutien. Tous les détenus ont accès à des médicaments, et des spécialistes sont disponibles pour effectuer des évaluations et du suivi. Le SCC a mis en place un programme de vaccination volontaire contre l’hépatite A et B. En ce qui concerne l’hépatite C et le VIH, des tests de dépistage sont effectués sur une base volontaire. Dans le cas de la tuberculose, le SCC administre un test cutané en deux étapes aux délinquants qui y consentent lors de leur admission, et une cuti-réaction annuelle à tous les délinquants. Dans toutes les régions du SCC, les délinquants atteints de cette maladie ou considérés comme susceptibles de la contracter peuvent être transportés dans des pièces/installations où des précautions sont prises pour améliorer l’activité respiratoire.
Le dépistage et la surveillance de la tuberculose chez le personnel du Service relèvent de Sécurité et santé au travail, SCC. Le Programme de santé au travail et de sécurité du public de Santé Canada fournit des conseils et du personnel pour effectuer le dépistage et la surveillance au nom du SCC. Les tests de dépistage chez le personnel sont réalisés de façon volontaire. L’évaluation comprend les antécédents concernant la tuberculose, le facteur de risque et les symptômes, ainsi qu’un test cutané à la tuberculine (si requis).
Les bénévoles et entrepreneurs doivent présenter au SCC de la documentation sur leur statut de base à l’égard de la tuberculose avant de commencer à travailler dans un établissement du SCC. Des évaluations additionnelles, comme un test de dépistage annuel, peuvent également être requises pour les personnes qui ont un contact direct et continu avec les délinquants.
Toxicomanie et alcoolisme 3
La consommation abusive de certaines substances par les délinquants sous responsabilité fédérale pose un grave problème. On observe une augmentation de la prévalence de cas de toxicomanie et d’alcoolisme, c’est-à-dire qu’environ quatre délinquants sur cinq qui arrivent maintenant dans les établissements fédéraux font face à de graves problèmes de consommation abusive de substances nocives, dont un sur deux a commis le crime pour lequel il est incarcéré sous l’influence de drogues, d’alcool ou d’une autre substance intoxicante. Tous les services correctionnels du monde font face à ce problème. Le SCC a adopté une politique de « tolérance zéro » en ce qui concerne la présence ou la consommation de drogue dans ses établissements, étant donné que la toxicomanie a un impact négatif sur les efforts de réinsertion sociale, menace la sécurité d’un établissement et contribue à la propagation de maladies infectieuses.
Dans la collectivité, ce problème représente une menace particulièrement grave à la sécurité du public, étant donné qu’il est souvent lié à la perpétration de crimes et à la transmission de maladies infectieuses.
Traitements et interventions du Service correctionnel du Canada pour lutter contre la toxicomanie
La stratégie antidrogue du SCC se fonde sur la « Stratégie canadienne antidrogue », et elle a pour objectif l’élimination de la consommation de drogue dans les établissements correctionnels, par le biais de la diminution de l’offre et de la demande. Une telle stratégie permet également de lutter contre la propagation des maladies parmi les délinquants. Le but est d’aider le délinquant à réussir sa réinsertion sociale et à devenir un citoyen respectueux des lois. S’il parvient à réduire sa consommation abusive de drogue ou d’alcool, le délinquant a beaucoup plus de chances de vivre de manière productive dans la collectivité.
Les initiatives suivantes sont en cours au SCC pour tenter de réduire l’offre de drogue :
- fouille discrète de tous les visiteurs pénétrant dans les établissements, à l’aide de détecteurs de métal, de détecteurs ioniques et de chiens détecteurs;
- fouille régulière des cellules, des bâtiments et du terrain, ainsi que des délinquants;
- mise en oeuvre d’un programme national d’analyses aléatoires qui permet de tester, tous les mois, des échantillons d’urine prélevés sur 5 % de la population carcérale.
Les initiatives suivantes sont en cours au SCC pour tenter de réduire la demande de drogue :
- programmes de lutte contre la toxicomanie et l’alcoolisme à l’intention des délinquants (programmes d’intensité moyenne et faible);
- programmes d’intensité élevée pour aider les délinquants ayant les problèmes de toxicomanie et d’alcoolisme les plus graves;
- possibilité, pour les délinquants qui veulent cesser de consommer de la drogue pendant leur incarcération, d’être logés dans des unités de soutien intensif;
- traitement d’entretien à la méthadone;
- ouverture du Centre de recherche en toxicomanie pour focaliser toutes les recherches sur la consommation de drogue et d’alcool menées au SCC.
Troubles de santé mentale
Les délinquants qui souffrent de troubles de santé mentale ont des difficultés à s’adapter à la vie en prison. Ils risquent davantage de tenter de se suicider ou de s’automutiler. Généralement, il leur faut une aide plus intensive pour mener à bien le processus de réinsertion sociale, car ils ont souvent besoin davantage de services de soutien dans la collectivité, par exemple, un logement spécialisé et des séances de counseling additionnelles. Malheureusement, il existe peu de services communautaires conçus pour ces délinquants, et c’est un obstacle à leur admissibilité à la mise en liberté sous condition.
Environ 38 % des détenus (12 % des hommes et 26 % des femmes) souffrent, à leur arrivée dans le système carcéral, d’un trouble mental susceptible d’exiger une intervention spécialisée. Lorsqu’ils arrivent dans un établissement du SCC, les détenus sont évalués afin de déterminer l’endroit où ils devraient être placés.
Traitements et interventions du Service correctionnel du Canada à l’intention des délinquants qui souffrent de troubles de santé mentale
- les délinquants qui sont atteints de troubles mentaux graves, par exemple les psychotiques et les schizophrènes, bénéficient de soins intensifs (aigus) dans les centres régionaux de traitement et centres psychiatriques;
- des soins intermédiaires et le type de soins que l’on réserve aux malades chroniques sont administrés aux délinquants qui souffrent de troubles de santé mentale ne nécessitant que des interventions en cas de crise et un traitement transitoire. Des programmes et des services de santé mentale sont dispensés dans les établissements ordinaires par des unités dotées de professionnels de la santé mentale.
Des soins ambulatoires sont fournis aux délinquants qui ont connu des épisodes de troubles de santé mentale au cours de l’année écoulée, mais qui ne sont pas à un stade aigu de leur maladie.
2 Données tirées du Rapport du Comité d’examen du Service correctionnel du Canada paru en octobre 2007, Feuille de route pour une sécurité publique accrue.
3 Données tirées du Rapport du Comité d’examen du Service correctionnel du Canada paru en octobre 2007, Feuille de route pour une sécurité publique accrue.