Guide d'information pour les entrepreneurs Module 1

Entrepreneurs qui travaillent en milieu communautaire

1.0 TABLE DES MATIÈRES

2.0 DESTINATAIRES DU PRÉSENT MODULE

Le présent module s'adresse aux entrepreneurs qui effectuent des travaux dans la collectivité, ainsi qu’à leurs employés et à leurs sous-traitants.

3.0 MÉTHODE EMPLOYÉE

Les renseignements fournis dans le présent module ont été recueillis auprès de diverses sources. Il s'agit de renseignements essentiels qui vous permettront, en tant qu'entrepreneur, d'être mieux préparé à travailler dans un établissement carcéral ou dans des installations du SCC ou un bureau du gouvernement, au moment où vous arriverez sur les lieux de travail. Les renseignements proviennent entre autres de diverses trousses d'orientation et de formation destinées aux employés et bénévoles du SCC. Ils ont aussi été recueillis dans le cadre d'entrevues avec d'anciens entrepreneurs pour le SCC qui se sont appuyés sur leur expérience personnelle pour faire part des renseignements dont pourraient profiter les nouveaux entrepreneurs s'ils en prenaient connaissance avant d'entreprendre les travaux prévus dans le contrat avec le SCC. Divers spécialistes ont ensuite vérifié le contenu du présent module afin de s'assurer que l'information qui y figure est pertinente pour un entrepreneur qui a pour la première fois un contrat avec le SCC.

4.0 OBJECTIFS DU MODULE

À la fin du présent module, vous connaîtrez:

  • la définition de ce qu'est le milieu non carcéral;
  • le profil des délinquants;
  • les types de contacts avec les délinquants;
  • les enjeux et les stratégies en matière de sécurité dans un milieu non carcéral;
  • le code des délinquants et la sous-culture carcérale;
  • les façons d'interagir de façon professionnelle avec les délinquants et d'éviter d'être manipulé;
  • les risques pour la santé liés au travail avec les délinquants;
  • la gestion des urgences, des crises et des différends dans un milieu non carcéral.

5.0 MILIEU NON CARCÉRAL

Le milieu non carcéral, aussi appelé milieu correctionnel communautaire dans le présent module, désigne toutes les installations et tous les lieux de travail où des personnes travaillent avec des délinquants ou près des délinquants mis en liberté et qui purgent le reste de leur peine ou leur ordonnance de surveillance de longue durée (OSLD) dans la collectivité. Mentionnons, par exemple, un bureau de libération conditionnelle, les industries CORCAN dans la collectivité, et les établissements résidentiels communautaires (ERC) et les centres correctionnels communautaires (CCC). Mentionnons aussi les bureaux régionaux ou nationaux, et les collèges du personnel.

Il faut savoir que les centres correctionnels communautaires (CCC) sont des établissements à sécurité minimale, mais sont tout de même situés dans la collectivité1.

5.1 Délinquants qui résident dans la collectivité

Un délinquant qui est mis en liberté dans la collectivité et qui se voit dans l’obligation de demeurer à un endroit précis peut se retrouver dans deux (2) types principaux d'établissements résidentiels : un centre correctionnel communautaire (CCC) ou un établissement résidentiel communautaire (ERC). Les ERC (aussi appelés maisons de transition) comprennent des établissements plus traditionnels, comme des foyers, des maisons privées et d’autres types d’établissements résidentiels.

5.2 Gestion des cas

La gestion des cas consiste en un processus visant la réinsertion des délinquants dans la collectivité à titre de citoyens respectueux des lois. Chaque délinquant fait partie d'une équipe de gestion des cas (EGC) composée du délinquant, d'un agent de libération conditionnelle et, parfois, d’autres membres du personnel, comme un psychologue, un travailleur social, un conseiller en emploi, etc. Chaque membre de l'équipe doit jouer son rôle afin d'aider le délinquant à devenir un citoyen respectueux des lois et de réduire le risque qu'il peut présenter pour le grand public.

L'EGC a pour mandat de recueillir de l'information sur le délinquant, de cerner et d’évaluer les facteurs qui enclenchent le cycle de criminalité chez lui, d'analyser l'information afin d'aider le délinquant à réduire les risques qu'il présente pour la société et d'aider le délinquant à se réinsérer dans la société en toute sécurité.

Il s'agit d'un processus continu qui commence le jour où le délinquant est placé sous responsabilité fédérale et qui se poursuit jusqu’au jour où le délinquant a purgé sa peine ou son ordonnance de surveillance de longue durée en entier, mis à part les cas où les délinquants purgent une peine d'une durée indéterminée ou une peine d'emprisonnement à perpétuité. Dans ces cas, le processus de gestion des cas se poursuit jusqu'à ce que le risque que présente le délinquant soit réduit au minimum, ou que le délinquant décède.

5.3 Volets de la gestion des cas

Le processus de gestion des cas compte trois volets:

  1. planification de la réinsertion sociale;
  2. intervention;
  3. prise de décisions.
5.3.1 Planification de la réinsertion sociale

Le processus de réinsertion sociale commence en même temps que la peine du délinquant. Il suppose l’évaluation préliminaire, l’évaluation communautaire postsentencielle et l'élaboration d'une stratégie ou d'un plan correctionnel pour la surveillance du délinquant pour toute la durée de sa peine. Dans le cadre de ce volet, on recueille et analyse des renseignements sur le délinquant et on évalue ses besoins et le risque qu’il présente. On peut ainsi classer le délinquant au bon niveau de sécurité et l'affecter aux programmes qui lui permettront de cibler les facteurs qui le poussent à adopter un comportement criminel.

5.3.2 Intervention

Une intervention constitue toute activité qui peut avoir une incidence sur les facteurs et qui permet de réduire les risques que présente le délinquant ou d'améliorer ses possibilités de réinsertion sociale. Les interventions utilisées dans le cas d'un délinquant doivent avoir un lien avec les facteurs qui poussent le délinquant à adopter un comportement criminel et qui sont définis dans son plan correctionnel. Parmi les stratégies d'intervention, mentionnons la modification des processus cognitifs ou de réflexion, p. ex. le renforcement des aptitudes sociales, la modification des valeurs et la modification des comportements de passage à l’acte.

Il existe plusieurs organes d'intervention, dont des programmes structurés et des programmes correctionnels, des consultations psychologiques, des groupes de soutien, des activités professionnelles, et des formations générales et professionnelles.

Le SCC s’appuie sur certains facteurs statistiquement reconnus pour évaluer un délinquant et pour mesurer son risque de récidive, qu'il s'agisse d'une récidive avec violence ou non, et son risque d'évasion. Le SCC utilise les trois outils d'évaluation des risques suivants: (1) les facteurs de risque statiques, (2) les facteurs de risque dynamiques et (3) les facteurs de risque contributifs.

  • Les facteurs de risque statiques sont ceux qui sont liés au passé d'un délinquant. Il est important d'examiner le comportement antérieur d'un délinquant, puisqu'il a été établi que « le comportement antérieur permet de prévoir le comportement futur». Parmi les facteurs de risque statiques, mentionnons le passé de violence du délinquant, l'instabilité au travail et dans les relations affectives, les indicateurs physiques et psychologiques, comme la toxicomanie ou l'alcoolisme ou les troubles de la personnalité, et le crime pour lequel le délinquant est condamné.
  • Les facteurs de risque dynamiques renvoient aux valeurs et aux croyances du délinquant. Les comportements du délinquant considérés comme acceptables sur le plan social entraînent une diminution du risque dynamique que présente un délinquant, tandis que les comportements négatifs d'un délinquant non acceptables sur le plan social ou de nature criminelle entraînent une augmentation de ce risque. Parmi les exemples de facteurs de risque dynamiques, mentionnons l'état matrimonial du délinquant, son attitude, son emploi et son cercle d'influence (fréquentations sociales et antisociales).
  • Les facteurs de risque contributifs sont ceux qui entraînent le comportement criminel du délinquant, ou qui ont une influence sur ce comportement. Par exemple, un délinquant peut avoir un problème de toxicomanie et d'alcoolisme mais avoir surtout tendance à commettre des crimes quand il a consommé de la drogue. Dans ce cas, la consommation de drogues constituerait un facteur de risque contributif pour le délinquant, tandis que la consommation d'alcool ne le serait pas. Le personnel du SCC s'intéresse particulièrement à ce type de risque.

De nombreux facteurs dynamiques importants entrent en jeu pendant la phase d'intervention et permettent de réduire le risque que pose un délinquant pour le grand public et de favoriser sa réinsertion sociale dans la collectivité. Parmi ces éléments dynamiques, mentionnons l'influence positive d'un conjoint ou d'un membre de la famille, le soutien de la collectivité ou un contact avec des membres de celle-ci, le soutien d'un leader spirituel ou ethnique, le soutien de groupes au sein de l'établissement et au sein de la collectivité, le soutien de bénévoles, et le soutien de divers employés du SCC, par exemple un psychologue, un psychiatre, une infirmière, un médecin, un bibliothécaire, un agent responsable de la prestation des programmes, un animateur d'atelier ou un superviseur en milieu de travail, et tout autre membre de l'équipe du SCC ayant des rapports positifs avec le délinquant.

5.3.3 Programmes correctionnels

Les programmes correctionnels jouent un rôle important dans la réinsertion sociale d'un délinquant. Le SCC offre un certain nombre de programmes de réinsertion sociale des délinquants conçus pour répondre aux divers besoins criminogènes de la population de délinquants. Il convient de souligner que la qualité des programmes du SCC menant à une réinsertion sociale en toute sécurité des délinquants est reconnue partout dans le monde.

On compte cinq catégories de programmes correctionnels:

  • les programmes correctionnels;
  • programmes de santé mentale;
  • les programmes d'éducation;
  • les programmes d'emploi;
  • les programmes sociaux.

Voici une brève définition de chaque catégorie de programmes:

Programmes correctionnels

Les programmes correctionnels visent essentiellement à aider les délinquants à réussir une réinsertion sociale dans la collectivité en toute sécurité. Ces programmes incluent des interventions visant les facteurs entraînant directement un comportement criminel; ils ont des objectifs clairement définis, des critères de sélection des participants, un processus d'évaluation des progrès réalisés par les participants, et un processus d'évaluation de l'efficacité du programme. Les programmes correctionnels sont offerts par des psychologues, ou par des agents de programmes, tous formés et qualifiés.

Programmes de santé mentale

Les programmes de santé mentale sont des interventions thérapeutiques visant à éliminer les comportements criminels des délinquants et à répondre à leurs besoins essentiels en matière de santé mentale.

Programmes d'éducation

Les programmes d'éducation aident à préparer les délinquants à participer aux programmes d'emploi et aux programmes correctionnels. Pour ce faire, ils renforcent leur instruction, leur compréhension et leur pensée critique afin de leur permettre de tirer profit au maximum des interventions. Ces programmes sont offerts par des enseignants formés et accrédités qui satisfont aux exigences des ministères provinciaux de l'éducation de qui ils relèvent.

Programmes d'emploi

Les programmes d'emploi sont des interventions qui visent à préparer les délinquants à occuper un emploi. La formation préparatoire à l'emploi, les programmes de formation professionnelle et les affectations à un emploi en établissement sont toutes des façons de combler les lacunes importantes qui ont été décelées concernant les délinquants et l’emploi. Les programmes d'emploi sont au cœur des efforts déployés par le SCC pour inciter activement les délinquants à devenir des citoyens respectueux des lois.

Programmes sociaux

Les programmes sociaux sont des interventions qui mettent l'accent sur la réinsertion sociale des délinquants en toute sécurité. Ces programmes aident les délinquants à adopter un mode de vie prosocial de façon à ce qu’ils soient en mesure de choisir des activités dans lesquelles ils s'engageront et qui leur permettront de devenir des membres plus productifs de la collectivité, ainsi que des citoyens respectueux des lois. Les programmes sociaux favorisent et renforcent aussi le transfert des compétences acquises dans le cadre des programmes correctionnels.

5.3.4 Prise de décisions

La prise de décisions concernant la forme de mise en liberté à adopter se fait à la suite de la préparation et de la présentation du cas d'un délinquant à un décideur. La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) ou le directeur de l'établissement peuvent jouer le rôle de décideur, selon le type de mise en liberté sous condition. Pour prendre une décision, le décideur s'appuie sur une évaluation de la mesure dans laquelle les stratégies d'intervention ont permis de réduire le degré de risque que pose le délinquant à un point où sa mise en liberté dans la collectivité ou son transfèrement dans un établissement à niveau de sécurité moindre constitue la mesure de contrôle la moins restrictive et la plus appropriée si l'on tient compte de la protection du public, des employés du SCC et du délinquant lui-même.

6.0 DÉFINITIONS DES TYPES DE CONTACTS AVEC LES DÉLINQUANTS

Pendant la durée de votre contrat, vous aurez peut-être à entrer en contact avec des délinquants par l'entremise de contacts périphériques, occasionnels ou même réguliers, selon l’endroit où vous travaillerez:

  • Un contact périphérique signifie que vous pouvez voir le délinquant, mais qu'il n'y a aucune interaction physique ni verbale entre lui et vous. Par exemple, vous pourriez être appelé à accomplir des tâches administratives dans un bureau et vous retrouver à proximité d’un délinquant qui fait l’objet d’une entrevue.
  • Un contact occasionnel signifie que vous pourriez entrer occasionnellement en contact avec un délinquant, dans des situations où vous pourriez interagir verbalement avec le délinquant ou vous trouver près de lui physiquement.
  • Un contact régulier signifie que vous avez des contacts réguliers et directs avec un délinquant. Par exemple, vous pourriez être appelé à offrir un programme destiné aux délinquants dans la collectivité, ou à travailler ou offrir votre aide dans un établissement résidentiel communautaire.

Quel que soit le type de contact que vous aurez avec les délinquants, il est important que vous compreniez les questions en matière de sécurité qui sont associées à ce contact.

7.0 QUESTIONS DE SÉCURITÉ

Le fait de travailler auprès de délinquants suppose toujours un risque. Il existe donc certaines règles immuables que vous devez respecter si vous voulez protéger le caractère professionnel de vos interactions avec les délinquants, et protéger votre sécurité, celle du personnel du SCC et celle du grand public.

7.1 Sécurité dynamique

Les entrepreneurs qui travaillent en milieu carcéral, leurs employés et leurs sous-traitants travaillent au sein d'un environnement sécurisé où la sécurité dynamique occupe une place primordiale. On peut définir la sécurité active comme suit:

  • Toute activité qui favorise un milieu correctionnel sûr et sécurisé en favorisant des relations constructives et en faisant mieux connaître les facteurs qui font qu'un environnement est plus ou moins sûr et sécurisé.

Cela signifie aussi qu'il faut demeurer attentif aux problèmes possibles de sécurité en observant et en écoutant activement les délinquants, et en interagissant avec eux. Le fait d’être attentif permet souvent d’agir en temps opportun pour garantir la sécurité et le bien-être de tous.

En tant qu'entrepreneur, votre participation à la sécurité dynamique permet de renforcer la sécurité. Si vous portez attention à ce qui vous entoure, vous pourriez voir ou entendre des choses auxquelles vous ne vous attendiez pas et ne pas savoir comment réagir. Dans un tel cas, vous devez toujours consulter un employé du SCC.

7.2 Stratégies de sécurité

Comme vous risquez de travailler auprès de délinquants dans la collectivité, de façon périphérique, directe ou occasionnelle, vous devrez adopter certaines stratégies de sécurité importantes afin d'éviter de vous retrouver dans une situation dangereuse ou compromettante. Le tableau suivant inclut certaines stratégies particulières que vous pouvez adopter pour participer à la sécurité active2:

Attitude
  • Quel que soit le poste que vous occupez, l'une des vos obligations aux termes de votre contrat est de favoriser un environnement sûr et sécurisé. Le fait de favoriser un tel environnement vous permet d’effectuer vos autres fonctions.
  • La sécurité N'EST PAS la responsabilité des autres. C'est VOTRE responsabilité.
  • Adoptez un comportement professionnel.
Observation et signalement
  • Signalez ou documentez tout ce qui pourrait vous sembler « inhabituel ».
  • Soyez constamment conscient de ce qui se trouve dans votre environnement immédiat.
  • Apprenez à connaître le comportement normal ou habituel des délinquants que vous côtoyez, et signalez tout comportement inhabituel (celui-ci peut vous sembler anodin, mais peut être très important pour d'autres employés).
Conscience de ce qui vous entoure
  • Quand vous vous déplacez dans votre milieu de travail, servez-vous de vos sens pour recueillir de l'information.
Conduite personnelle
  • Votre conduite devrait refléter une attitude professionnelle.
  • Acquittez-vous de vos tâches adéquatement. Les délinquants savent qui sont ceux qui font leur travail adéquatement, et qui sont ceux qui ne le font pas, et s’intéressent à ces derniers pour tenter de les manipuler.
  • Ne courez pas, sauf en cas de nécessité absolue; le personnel croirait alors qu'il y a un problème.
  • Si vous devez avoir en votre possession un médicament d'ordonnance pendant que vous travaillez avec un détenu (médicament requis pour votre propre santé), dites-le au personnel.
Tenue vestimentaire
  • Les délinquants apprendront des choses à votre sujet en observant votre façon de vous vêtir (attitude professionnelle, attitude négligée, tenue sexy ou inappropriée, etc.).
  • Portez des chaussures confortables qui vous permettent de vous déplacer rapidement.
Travail d'équipe
  • Communiquez avec les autres; transmettez-leur l'information importante par écrit ou verbalement.
  • Si vous êtes témoin ou si vous vous retrouvez au cœur d’une urgence, demandez de l'aide.
  • Si une empoignade survient entre des délinquants, demandez de l'aide.
  • Si vous travaillez dans un endroit isolé, ayez recours à un système de surveillance mutuelle pour accroître votre sécurité personnelle.
  • Si les tâches qui vous sont imparties l'exigent, ayez toujours avec vous votre dispositif d'alarme personnel.
Sécurité en voiture
  • Stationnez toujours votre véhicule dans le stationnement, et verrouillez toutes les portes.
  • Regardez à l'intérieur de votre voiture avant d'y entrer pour voir si quelqu'un s'y cache.
  • Une fois dans votre voiture, verrouillez les portes afin que personne ne puisse les ouvrir et entrer dans la voiture avant que vous n'ayez démarré.
  • Ne laissez aucun objet de valeur ni renseignements personnels à la vue de tous dans le véhicule.
Contrôle des clés
  • Surveillez toujours vos clés; faites-en une habitude.
  • Gardez vos clés sur vous, ou rangez-les dans un coffre-fort mural.
  • Ne laissez jamais vos clés dans une porte.
  • Ne donnez jamais vos clés à un délinquant.
  • Ne faites jamais glisser vos clés sur le plancher d’un corridor, comme s'il s'agissait d'une boule de quille, pour les remettre à un employé.
  • Si vous possédez plusieurs clés, sachez quelles portes chacune d'entre elles permet d'ouvrir (vous pourriez devoir ouvrir ou fermer rapidement une porte en cas d'urgence).
  • Si vous égarez vos clés, signalez-le immédiatement. N’oubliez pas que, dans un tel cas, la sécurité est compromise.
Contrôle des outils
  • Ne donnez ni ne prêtez en aucun cas un outil à un détenu qui n'a pas obtenu une autorisation à cette fin.
  • Signalez immédiatement tout outil manquant.
Communication avec le personnel
  • Si vos obligations contractuelles l'exigent, ayez toujours avec vous votre dispositif d'alarme personnel.
  • Vérifiez-en le fonctionnement chaque jour au début de votre quart de travail.
  • Informez-vous afin de savoir s'il s'agit d'un modèle statique ou d'un modèle portatif.
  • Apprenez comment utiliser votre dispositif d'alarme personnel ou votre radio.
  • Un bon travail d'équipe suppose une bonne communication.
  • Sachez ce que font les autres services. Vous serez ainsi en mesure de leur transmettre des renseignements qui leur seront utiles.
  • Quand vous discutez de renseignements personnels ou de renseignements sur un délinquant, assurez-vous qu'aucun autre délinquant ne peut entendre.
  • Affichez les numéros d'urgence (comme celui du bureau de la sécurité, du bureau du superviseur, etc.) à un endroit visible près de votre téléphone.
Communication et relations avec les délinquants
  • Faites preuve de professionnalisme.
  • Il est important que les relations avec les délinquants demeurent professionnelles en tout temps. Vous pouvez vous montrer amical dans le cadre d'une interaction avec un délinquant, mais VOUS NE POUVEZ devenir ami avec un délinquant. Il y a une distinction à faire. Ne vous engagez jamais dans une relation personnelle avec un délinquant, que cette relation soit de nature platonique ou non.
  • N'échangez jamais de renseignements personnels avec un délinquant. Il n'est pas souhaitable qu'un délinquant sache où vous vivez, à quelle école vont vos enfants, etc. De tels renseignements pourraient lui permettre de vous placer dans une situation compromettante.
  • Montrez-vous ferme mais juste.
  • Agissez de la même façon avec tous (évitez d'avoir des chouchous).
  • Évitez toute confrontation avec un détenu (si vous cherchez la confrontation, le détenu risque de vouloir sauver les apparences et la rechercher lui aussi).
  • Acquérez les compétences qui vous permettront de désamorcer les situations à problème.
  • Ne discutez pas de la situation ou des problèmes d'un délinquant avec d'autres délinquants.
  • Sachez que certains délinquants sont très habiles pour lire à l'envers (pendant qu’ils vous parlent, ils peuvent lire les documents qui se trouvent sur votre bureau).
  • Ayez conscience du risque de manipulation, et demeurez attentif à cette possibilité.
  • N'apporter rien pour un délinquant à l’extérieur ou à l’intérieur de l’établissement (« il n'y a rien qui entre et rien qui sort »), même si cela vous semble anodin, à moins d'obtenir au préalable une approbation écrite d'un employé du SCC.
  • N’acceptez pas de cadeaux et ne remettez aucun objet en signe d’appréciation aux délinquants.
  • Si un délinquant tente de vous inciter à apporter de la drogue ou tout autre objet dans votre milieu de travail ou vous menace à ce sujet, il veut vous mettre à l'essai, ou vous vous êtes déjà placé dans une situation compromettante. Signalez immédiatement la situation au personnel.
Sécurité informatique
  • Ne donnez jamais vos mots de passe aux autres employés ni aux délinquants.
  • N'affichez pas vos mots de passe sur votre babillard; en fait, n'écrivez pas vos mots de passe.
  • Ayez conscience du fait qu'un délinquant peut être présent ou vous observer quand vous ouvrez une session sur votre ordinateur.
  • Une fois connecté au réseau, ne laissez pas votre bureau sans surveillance.
  • Si vous devez quitter votre bureau, déconnectez-vous du réseau.
  • Ne laissez jamais un délinquant utiliser votre ordinateur. Il n'y a pas d'exception possible.
  • Placez vos disques informatiques et vos cartes de mémoire flash dans un endroit verrouillé.
  • Si vous pensez que quelqu'un a utilisé de façon illicite votre équipement informatique, signalez-le immédiatement à la sécurité et au service de TI.
  • Examinez bien la disposition des meubles et de votre ordinateur dans votre bureau. Assurez-vous qu’aucun délinquant ne peut voir (et lire) votre écran pendant que vous travaillez.
Équipement électronique
  • Laissez tout votre équipement électronique (cellulaire, Palm Pilot, BlackBerry, etc.), dans votre voiture ou dans un casier (si vous en avez) avec vos autres effets personnels. Si possible, laissez-les à la maison.
Dispositifs de contrôle passif
  • Les portes permettent de contrôler et de limiter les déplacements. Ne laissez jamais votre bureau sans surveillance si des délinquants peuvent se promener dans le secteur.
  • Une porte verrouillée est une porte sécurisée.
  • Si vous croyez que quelqu'un a tenté d'ouvrir ou de déverrouiller votre porte, signalez-le.
Biens et renseignements personnels
  • N’apportez pas une grande quantité d'argent ou des objets de valeur dans l'établissement ou dans le milieu communautaire où vous travaillez dans le cadre du contrat.
  • Ne laissez pas votre sac à main, votre portefeuille ou tout autre article contenant des renseignements personnels à votre sujet dans un endroit auquel les délinquants ont accès. Mettez ces articles sous clé, ou évitez de les apporter avec vous.
  • Déterminez les renseignements personnels que vous êtes prêt à divulguer à un délinquant, et ceux que vous préférez taire. Vous devez tracer une limite.
  • Sachez que les délinquants peuvent en apprendre beaucoup à votre sujet à partir des photos qui se trouvent dans votre bureau, des dessins d'enfants que vous affichez sur le mur, etc. Déterminez ce que vous jugez acceptable, et soyez conscient des conséquences possibles.
Autres conseils
  • Signalez immédiatement toute conduite inappropriée d'un délinquant (tentative de contact physique, menace, avances sexuelles, lettres d'amour, etc.).
  • Les renseignements peuvent être de nature délicate. Ils peuvent être classés comme Protégé A, B ou C. Faites attention quand vous manipulez, entreposez et transportez des renseignements de cette nature (voir le module 1 pour vous rafraîchir la mémoire à ce sujet).
  • Veillez à connaître et à respecter les politiques, les horaires et les procédures du SCC.
  • N’accordez pas de « faveurs » à des détenus, même s’il s’agit de choses mineures. Les délinquants sont capables d’utiliser ces faveurs pour vous manipuler ou vous forcer à faire quelque chose. Faites votre travail, mais n'accordez votre préférence à personne.
Recherche d'aide ou de conseils
  • Si vous ne connaissez pas la routine ou la procédure, ou si vous hésitez à ce sujet, DEMANDEZ de l'aide à un membre du personnel du SCC.
  • Ne soyez pas mal à l’aise ni craintif à l’idée de poser une question à des membres du personnel ou à leur signaler une conversation ou une situation inhabituelle. Un détenu peut utiliser une telle situation pour obtenir de vous un renseignement important ou pour vous placer dans une situation compromettante.

Si vous respectez ces stratégies en matière de sécurité, vous contribuerez grandement à votre propre protection dans le cadre de votre travail ou de vos interactions avec les délinquants.

7.3 Objets non autorisés et objets interdits

Bien souvent, certaines conditions s'appliquent à la mise en liberté sous condition des délinquants qui se trouvent dans la collectivité, ce qui signifie qu'ils n'ont pas toujours le droit de posséder ou d'utiliser certains objets. Demandez au responsable du projet ou au personnel du SCC si certains objets sont non autorisés ou ce qui est considéré comme des objets interdits dans votre environnement de travail.

Il existe deux catégories d'objets que les délinquants pourraient vous demander d’obtenir pour eux: il s'agit des « objets interdits » et des « objets non autorisés ».

  • Les objets interdits incluent les substances intoxicantes (comme l'alcool), les armes ou les munitions, les dispositifs explosifs ou leurs composantes, l'argent et les drogues de toutes sortes. Tout autre objet non mentionné mais qui pourrait nuire à la sécurité du milieu correctionnel ou de toute personne peut-être considéré comme un objet interdit.
  • Les objets non autorisés constituent tout objet qu'un délinquant n'est pas autorisé à avoir en sa possession, ou qu'il pourrait être autorisé à posséder, mais qu'il obtient ou tente d'obtenir par d'autres moyens que les moyens approuvés. Parmi les objets non autorisés, on trouve des objets insignifiants comme des cigarettes et d’autres produits du tabac, des timbres et du papier pour écrire, des livres et des magazines, des vêtements, des bijoux ou des aliments camelote. Les délinquants peuvent vous demander n'importe quel objet. Il ne s'agit là que de quelques exemples.

Toute personne qui fournit ou tente de fournir à un délinquant un objet interdit pourrait se voir imposer un casier judiciaire, une peine d’emprisonnement, une amende, ou les trois. Le fait de fournir ou de tenter de fournir à un délinquant un objet non autorisé ou un objet interdit constitue une infraction très grave qui peut entraîner d'importantes conséquences.

Si vous constatez qu’un délinquant est en possession d’un objet interdit ou d’un objet non autorisé, vous devez communiquer immédiatement avec un employé du SCC et suivre les consignes qui vous seront transmises, et ce, même si vous ne savez pas à qui appartient l’objet en question.

Rappelez-vous que vous ne pouvez décider de ce qu’il convient ou de ce qu’il ne convient pas de fournir à un délinquant. N’oubliez pas que les délinquants dans la collectivité ont les ressources nécessaires pour subvenir à leurs besoins et qu’ils peuvent demander de l’aide à leur agent de libération conditionnelle. Signalez tout cas de délinquant qui vous fait une telle demande.

8.0 CODE DES DÉLINQUANTS ET SOUS-CULTURE CARCÉRALE

Même si les délinquants que vous pourriez côtoyer dans le cadre des travaux prévus dans le contrat se trouvent dans la collectivité, ils font encore partie d'une sous-culture carcérale. Cela signifie donc qu'ils respectent encore, au moins en partie, le code des délinquants. La plupart des personnes qui n'ont jamais travaillé en milieu correctionnel ne connaissent pas du tout les caractéristiques et la dynamique de cette sous-culture.

Afin de vous protéger à titre d'entrepreneur, vous devez connaître le code des délinquants et la sous-culture carcérale. Cela vous permettra de reconnaître les situations qui pourraient entraîner un risque pour votre sécurité et celle des gens qui vous entourent.

8.1 Sous-culture carcérale3

La sous-culture carcérale est un code de conduite non écrit respecté par les délinquants qui se trouvent en établissement, un peu comme les normes sociales qui régissent de façon officieuse la vie au sein d'une collectivité. Cependant, dans le cas de la sous-culture carcérale, bon nombre des valeurs et des croyances sur lesquelles elle s'appuie proviennent en fait de la culture de la « rue ». Quand ils arrivent en prison, les délinquants apportent avec eux leurs comportements influencés par la criminalité, leurs valeurs, leurs fréquentations, leur structure sociale, leur jargon, leurs règles, leurs sanctions, etc. De plus, la sous-culture carcérale continue de les influencer, au moins partiellement, quand ils retournent dans la collectivité.

La forme que prend la culture carcérale évolue d'un jour à l'autre selon ce qui se passe ce jour-là, et selon les pressions internes et celles qui sont exercées de l'extérieur. Ce code non écrit occupe une plus grande place dans les établissements à sécurité maximale, et devient plus difficile à percevoir à mesure que le niveau de sécurité d'un établissement diminue, ce qui signifie qu'il est plus difficile à percevoir dans un établissement à sécurité minimale ou dans un milieu non carcéral. Les délinquants ne sont pas toujours conscients de l'existence de ce code, mais le respectent intuitivement.

Selon le code carcéral, un délinquant:

  • s'occupe de ses affaires, et ne se mêle pas de ce que font les autres délinquants;
  • ne dénonce jamais les activités d'un autre détenu aux autorités, dans quelque situation que ce soit;
  • est un dur et accepte tout ce qui lui arrive pendant la durée de sa peine;
  • ne s'énerve jamais dans le cadre de ses interactions avec les autres détenus;
  • considère le personnel du SCC avec suspicion ou mépris, ou se contente de le tolérer;
  • rembourse toujours ses dettes (p. ex. quand il doit de l'argent, de la drogue ou un service à un autre délinquant).

Dans un établissement, les détenus de divers groupes ethniques, raciaux et sociaux interagissent rarement les uns avec les autres, et se regardent souvent avec une certaine défiance. Cependant, parfois, les membres de ces groupes interagissent les uns avec les autres si cela est profitable pour un des groupes, ou pour tous les groupes.

8.2 Hiérarchie entre les délinquants

Comme on l'a mentionné dans la section précédente, les délinquants respectent un code de conduite. On trouve aussi, dans chaque établissement, une hiérarchie entre les délinquants, hiérarchie qui régit l'établissement. On trouve habituellement, au sommet de la hiérarchie, un ou plusieurs délinquants, qui sont considérés comme les leaders. Leurs conseillers et les « gros bras » les appuient et s'occupent des « suiveux » et de la classe moyenne des délinquants. Un petit nombre de délinquants sont non alignés, et, plus bas dans la hiérarchie, se trouvent les marginaux, qui sont rejetés ou discrédités, ainsi que les exclus.

Un statut, du pouvoir et une influence variables sont associés à chaque niveau de la hiérarchie. Les personnes qui se trouvent à chaque niveau profitent aussi de certains droits et privilèges, d'une certaine protection et de récompenses, mais ils présentent certaines failles. Cette structure sociale, ainsi que les normes de conduite qui y sont associées, ont une incidence sur le type de relations qui se nouent entre les délinquants, et la nature de ces relations.4

Un leader est habituellement un délinquant qui a des contacts utiles au sein de l'établissement et à l'extérieur de celui-ci, et qui peut, par ses propres moyens, acquérir des biens auprès d'autres délinquants ou de membres du public sur lesquels il exerce un certain contrôle. Parmi les biens qu'il peut obtenir, mentionnons de la drogue, de l'argent et des armes, mais aussi des biens d’usage courant qui lui permettent d'améliorer son propre confort ou celui de ses conseillers et de ses « gros bras ».

Pour acquérir ces biens, les leaders et leurs « suiveux » utiliseront tous les moyens requis pour manipuler, contrôler ou forcer une autre personne, habituellement un délinquant non aligné ou un exclu, à obtenir les objets convoités, de gré ou de force.

Cela signifie malheureusement que les autres personnes, comme le personnel et toutes les personnes qui travaillent en milieu carcéral ou communautaire, sont susceptibles d'être manipulées par un délinquant qui souhaite obtenir des biens si elles ne savent pas comment se protéger.

9.0 TACTIQUES DE MANIPULATION

Toute personne qui travaille dans un milieu correctionnel doit comprendre la dynamique de la manipulation par les délinquants et demeurer vigilante afin de reconnaître les comportements manipulateurs. Les entrepreneurs sont susceptibles d'être victime de manipulation de la part des délinquants, particulièrement s'ils travaillent pour la première fois en milieu correctionnel. Même les entrepreneurs expérimentés qui ont déjà travaillé en milieu carcéral peuvent être victimes de manipulation de la part des délinquants.

Vous devez savoir comment s'y prennent les délinquants pour vous manipuler afin de vous inciter à faire quelque chose que vous ne devriez pas faire. La devise à retenir est la suivante: Si cela vous semble incorrect, ça l'est probablement. Examinons maintenant plus en détail ce qu'est la manipulation et les moyens que vous pouvez prendre pour vous protéger.

La manipulation se définit comme suit:

  • exercer une influence ou exploiter de façon insidieuse et détournée, particulièrement à son propre avantage;
  • utiliser ou contrôler une personne par des moyens rusés ou indirects, à son propre avantage.

Rappelez-vous que certains délinquants sont des manipulateurs hors pair. De plus, la manipulation se déroule en plusieurs étapes, et ne prend souvent pas la forme d'un incident unique. La manipulation suppose une série d'étapes qui peuvent éveiller vos soupçons si vous connaissez le déroulement d'une mise en place.

Une mise en place fonctionne parce que le délinquant a recueilli des renseignements à votre sujet et utilise des techniques de manipulation qui exploitent l'une de vos failles. Il peut s'agir d'une faille de nature physique, émotive, spirituelle ou financière. Il est donc très important que vous compreniez l'évolution de la manipulation et que vous sachiez de quelle façon réagir pour réduire vos risques d'être victime de manipulation.

9.1 Les cinq étapes d'une mise en place

Un délinquant qui tente de manipuler une victime franchira cinq étapes:

  1. observer,
  2. choisir une victime,
  3. tester les limites,
  4. ébranler la victime et trouver une faille, et
  5. commettre l'arnaque.

Voici un tableau qui illustre les cinq étapes :

LES CINQ ÉTAPES D'UNE MISE EN PLACE

LES CINQ ÉTAPES D'UNE MISE EN PLACE

Étape un : Observer

Dans le cadre de cette étape, le délinquant vous observe. Il s'attarde particulièrement à votre façon d'interagir avec le personnel et avec les autres délinquants, et il tente de cerner l'une de vos failles afin de l'utiliser à son avantage.

Étape deux : Choisir une victime

Dans le cadre de cette étape, le délinquant recueille et analyse de l'information sur la victime et discute de son plan d'action avec toutes les personnes qui participent à la mise en place.

Étape trois : Tester les limites

Dans le cadre de cette troisième étape, un ou plusieurs délinquants acceptent d'exploiter les failles de la victime. Cette étape se divise en sous-étapes progressives, au fil desquelles le délinquant cible constamment les failles de sa victime. Il souhaite ébranler la victime et trouver la faille qui lui permettra de profiter d'elle.

Un délinquant pourra avoir recours à plusieurs mécanismes de manipulation pour vous placer dans une situation compromettante. Voici quelques-uns de ces mécanismes. (Soulignons que ces techniques prennent diverses formes, et qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive) :

  • Le système de soutien : Cette méthode fonctionne bien quand la victime souhaite fortement que les autres l'apprécient, et qu'elle aimerait s'entendre avec tous. Le délinquant se servira de cette particularité pour inciter la victime à le percevoir comme un pair plutôt que comme un délinquant.
  • L'effet de sympathie : Un délinquant utilise cette technique pour tenter de susciter des sentiments de pitié, de compassion ou de sympathie chez la victime. Il peut aussi se servir d'une crise ou d'une expérience émotive qu'a vécue la victime récemment.
  • L'appel à l'aide : Le délinquant utilisera cette technique si la victime a une grande volonté d'aider les autres; il peut combiner cette technique à l'effet de sympathie.
  • Le syndrome Nous/ Eux : Cette technique fonctionne quand le délinquant a constaté que la victime a de la difficulté à se faire accepter par les personnes qui l'entourent. Le délinquant tentera de séparer la victime de ses pairs et de l'isoler de leur protection.
  • L'offre de protection : Cette technique est employée pour créer un sentiment de protection face aux autres délinquants. Le délinquant inventera délibérément un scénario dans le cadre duquel la victime jugera qu'il vaut mieux, pour elle, profiter de la protection du délinquant.
  • Les sous-entendus sexuels : Il s'agit d'une technique de manipulation exploratrice qui vise à savoir si la victime pourrait accepter d'autres avances, comme des attouchements sexuels ou une relation sexuelle. Cette technique est habituellement suivie du test de l'attouchement.
  • La création de rumeurs : Cette technique sert essentiellement à isoler la victime de ses pairs et à la marginaliser de façon à ce qu'elle soit vulnérable à d'autres formes de manipulation. Un délinquant créera une rumeur et la fera circuler par l'entremise des membres du personnel.
Étape quatre: Ébranler la victime et trouver une faille

Dans le cadre de la quatrième étape, la victime est ébranlée un peu plus chaque fois qu’elle est manipulée. Tout au long du processus, la victime est appelée à enfreindre progressivement des règles, des politiques et des règlements de plus en plus importants, et même la loi. Le délinquant renforcera son emprise sur la victime en recueillant suffisamment de preuves contre elle jusqu'à ce qu'il sente qu'il dispose de suffisamment d'éléments pour entreprendre la dernière étape de la manipulation.

Étape cinq: Commettre l'arnaque

La dernière étape, celle de l'arnaque, a lieu au moment où le délinquant sait qu'il a trouvé une véritable faille chez la victime. Il expliquera à la victime la situation qu'il a créée, et décrira les preuves qu'il possède contre elle. Le délinquant menacera ensuite la victime de tout divulguer si celle-ci ne satisfait pas à ses exigences. En général, le délinquant présente à la victime un choix sous forme d'ultimatum: la victime a le choix de satisfaire aux exigences du délinquant, ou de voir son mauvais comportement divulgué, ce qui la forcera à faire face aux conséquences.

9.2 Stratégies pour prévenir la manipulation

Diverses raisons peuvent pousser un délinquant à adopter un comportement de manipulation. Comme vous connaissez les étapes de la manipulation, vous pouvez en reconnaître les signes et faire preuve de prudence.

Vous disposez de plusieurs stratégies pour décourager toute tentative de manipulation.

  • Indices paraverbaux
    • Vous devez utiliser un ton de voix ferme mais non menaçant
    • Le ton de votre voix devrait refléter une grande confiance.
  • Indices non verbaux
    • Votre langage corporel doit exprimer la confiance: adoptez une attitude ferme mais non conflictuelle.
    • Évitez de faire des mouvements qui traduisent votre nervosité, comme presser vos mains l'une contre l'autre, croiser et décroiser les bras, transférer votre poids d'un pied à l'autre, etc.
    • Établissez un contact visuel, mais éviter de fixer.
    • Évitez de regarder au loin ou de baisser les yeux.
    • Votre voix et votre posture doivent soutenir votre message verbal. Indiquez clairement que vous respectez les règles et qu'il n'y a là rien de regrettable. Ne déplorez pas la situation, et évitez de dire « Je m'excuse ».
  • Message clair
    • Transmettez un message clair, sans vous placer en conflit ni en opposition.
    • Dites au délinquant que ce qu'il demande ou ce qu'il fait est inapproprié, et que vous ne tolérerez pas un tel comportement.
    • Le message que vous voulez transmettre est « NON »; assurez-vous qu’il soit clair. Évitez des phrases comme:
      • « J'aimerais bien, mais je ne peux vraiment pas...  »
      • « Pas maintenant...  »
      • « Je ne pense pas que ce soit correct...  »
      • « Je m'excuse mais...  »
      • « J'aimerais beaucoup, mais les règles l'interdisent...  »
      • « Je n'ai pas le droit de faire cela...  »
    • Utilisez vos aptitudes en communication pour les orienter vers des solutions (dites, p. ex. « Non, je ne mettrai pas ta lettre à la poste sur le chemin du retour à la maison. Tu sais que c'est interdit. Tu pourras la mettre à la poste demain matin. »
    • Si vous pensez qu'un délinquant vous met à l'essai, dites quelque chose. Vous pouvez dire, par exemple, « Tu sais que je ne peux pas faire ça!» d'une voix étonnée. Changez ensuite de sujet, et abordez un sujet plus approprié.
    • Rappelez-vous que le fait de ne pas répondre ou de ne pas agir constitue un incitatif pour le délinquant.
  • Comportement
    • Ne faites jamais ce qu'un délinquant vous demande de faire si vous savez que le règlement l'interdit, ou si vous sentez que c'est inapproprié, même si aucune règle ne l'interdit de façon précise.
    • Si vous n'êtes pas certain d'avoir le droit de faire quelque chose, vérifiez avant d'accepter. Dites, par exemple, « Je ne suis pas certain de pouvoir le faire. Je vais d'abord vérifier auprès du personnel. »
    • Ne discutez pas de vos problèmes personnels avec un délinquant. Ne permettez jamais à un délinquant de vous toucher. Vous pouvez simplement dire que vous n'aimez pas que l'on vous touche. Si un délinquant vous touche, vous devez le signaler immédiatement au personnel.
    • Signalez tout incident aux employés du SCC et discutez-en avec eux, même si le délinquant nie l'incident ou si celui-ci vous semble insignifiant.
    • Si vous vous rendez compte que vous avez agi de façon inappropriée, rappelez-vous qu'il n'est pas trop tard. Avisez le personnel immédiatement. Vous pourriez subir certaines conséquences, mais celles qui vous attendent si vous ne signalez pas la situation rapidement sont bien pires.

Rappelez-vous: si vous avez l'impression d'avoir été manipulé ou que l'on a porté atteinte à votre intégrité, parlez à un représentant du SCC. Si vous acceptez de satisfaire aux exigences du délinquant, vous ne ferez qu'empirer votre cas. Il est toujours préférable pour vous d'informer le personnel d'une situation plutôt que de laisser celle-ci se poursuivre et s'aggraver.

9.3 Avoir des nouvelles d'un délinquant

Une autre façon de prévenir la manipulation est de connaître la situation actuelle ou l'état émotif des délinquants avec lesquels vous êtes en contact, particulièrement si vous établissez une relation de travail étroite avec eux.

Examinons le cas suivant :

  • Un psychologue travaille dans un bureau privé dans le cadre d'un contrat avec le SCC. En général, le délinquant respecte la condition de la mise en liberté sous condition selon laquelle il doit consulter un psychologue régulièrement. Cependant, un jour, le délinquant arrive en colère et très agité, et se met à menacer le psychologue et à exiger des choses de lui. Le psychologue est étonné de ce comportement inattendu, et se retrouve tout à coup dans une situation compromettante.

Dans ce cas, l'ancien tuteur du délinquant, avec lequel il avait une relation positive, est mort subitement. Si l'agent de libération conditionnelle du délinquant avait été au courant de la situation et en avait informé le psychologue au préalable, ce dernier aurait été mieux en mesure de faire face à l'état émotif du délinquant. Toutefois, les rapports hiérarchiques entre le personnel du SCC et les entrepreneurs ne sont pas toujours parfaits. Dans ce cas, l'agent de libération conditionnelle était peut-être débordé ou malade, ou a peut-être simplement oublié d'informer le psychologue de la situation.

Les entrepreneurs appelés à travailler auprès des délinquants dans la collectivité devraient concevoir un système leur permettant de recevoir fréquemment des nouvelles des délinquants dont ils s’occupent avant de les rencontrer. Ils peuvent, par exemple, nouer des liens avec l’agent de libération conditionnelle du délinquant afin de s'assurer d’être mis au courant de tout renseignement pertinent qui pourrait avoir une incidence sur le bien-être émotif du délinquant de façon à être mieux en mesure de faire face à une crise. Ce type de renseignements peut aussi vous aider, en tant qu'entrepreneur, à éviter les tentatives de manipulation du délinquant.

Quel que soit le milieu communautaire dans lequel vous travaillerez, vous devrez vous assurer de disposer d'un système vous permettant d'avoir des nouvelles des délinquants avec lesquels vous travaillerez. Pour en savoir plus sur les façons d'obtenir ces renseignements précieux, adressez-vous aux employés du SCC avec lesquels vous avez des contacts, ou au responsable du projet.

10.0 RELATIONS PROFESSIONNELLES AVEC LES DÉLINQUANTS

Dans le cadre des tâches qui vous seront imparties à titre d'entrepreneur, vous pourriez être appelé à entrer en contact avec des délinquants ou à en rencontrer. Le SCC s'attend à ce que toute interaction avec les délinquants se déroule de façon professionnelle et respectueuse. En outre, vous devez respecter l'identité culturelle, le profil ethnique et racial et les croyances religieuses des délinquants, de même que leurs droits et libertés fondamentales en vertu de la loi. De plus, le fait d'établir et de maintenir des liens professionnels avec les délinquants vous aide à vous protéger des situations compromettantes.

10.1 Comportement général des délinquants

Afin de maintenir des relations professionnelles avec les délinquants, vous devez apprendre certains traits qui caractérisent le comportement de tous les délinquants. Le fait de comprendre leurs actes pourra vous aider à savoir comment agir de façon professionnelle avec eux.

Les délinquants n'ont pas tous le même profil, mais le comportement de la plupart d'entre eux se caractérise par des traits communs puisque la vie en prison influe sur le comportement des délinquants. Voici certains des traits communs qui caractérisent le comportement des délinquants:

  • faible maîtrise de soi, ou impulsivité;
  • enfance au sein d'un foyer perturbé;
  • difficultés d'apprentissage et niveau d'instruction habituellement peu élevé;
  • faible estime de soi et, parfois, attitude désespérée;
  • manque de compétences en demande sur le marché du travail, et antécédents professionnels instables;
  • rationalisation des comportements;
  • manque d'aptitudes à la vie quotidienne, d'aptitudes sociales et de capacités de résolution de problème;
  • antécédents de toxicomanie et d'alcoolisme;
  • attitude générale négative, et ensemble de valeurs propres à la sous-culture criminelle.

10.2 Compréhension des limites et de la frustration des délinquants

Les délinquants sont enfermés et vivent beaucoup plus de frustrations et de stress que la population en général. Par exemple, les délinquants doivent faire face à :

  • moins d'occasions d'exprimer leur personnalité et d'affirmer leur indépendance;
  • plus d'incitations à adopter des valeurs criminelles;
  • moins de respect de la vie privée;
  • un horaire peu changeant, et un décor invariable;
  • un accès limité à des relations et des contacts limités avec la famille et les amis;
  • des visites et des appels limités en ce qui concerne les proches;
  • un accès limité à de nombreux biens et services facilement accessibles à l'extérieur de l’établissementn.5

Les entrepreneurs qui ont des contacts avec des délinquants, ainsi que leurs employés et leurs sous-traitants, doivent comprendre que les délinquants, comme tous les êtres humains, ont des problèmes et des besoins. Bien souvent, les délinquants n'ont pu profiter d'un foyer stable et n'ont pu acquérir une estime d'eux-mêmes et un sentiment d'appartenance ou d'engagement envers la collectivité, et n'ont pas connu la sécurité financière. Dans certains cas, ces lacunes les ont poussés à adopter un comportement criminel.

Le fait d'être conscient de ces aspects peut vous aider à agir de façon plus professionnelle avec les délinquants. Veillez à concevoir des techniques qui vous seront propres et qui vous permettront de demeurer professionnel même quand vous ferez face à un comportement négatif de la part d'un délinquant.

11.0 SANTÉ : RISQUES ET MESURES DE PRÉVENTION

La plupart des délinquants sont, à un moment ou un autre de leur peine, mis en liberté dans la collectivité. Au moment de leur arrivée dans un établissement fédéral, certains délinquants sont atteints d'un problème physique et psychologique qui peut constituer un risque pour eux, mais aussi pour les employés et pour les autres intervenants. Dans les établissements, certains délinquants présentent un risque élevé de contracter une maladie infectieuse comme le VIH/sida, l'hépatite A, B et C, et la tuberculose. Des recherches ont révélé que bon nombre des délinquants ont un problème de toxicomanie et ont de graves troubles mentaux qui exigent un traitement spécialisé.

Comme les antécédents médicaux des délinquants, que ce soit en établissement ou dans la collectivité, sont protégés par le secret professionnel du médecin, vous devriez faire preuve de prudence et prendre toutes les précautions nécessaires quand vous interagissez avec un délinquant. Afin de prendre les précautions nécessaires, vous devez connaître le milieu correctionnel et les risques pour la santé auxquels un délinquant peut être exposé, ou les problèmes de santé qu'il peut connaître.

Voici un aperçu des problèmes de santé les plus courants en milieu carcéral :

11.1 Maladies infectieuses

Les femmes et les hommes incarcérés présentent un risque élevé de contracter le VIH/sida, l'hépatite et d'autres maladies infectieuses en raison des comportements à risque élevé qu'ils adoptent avant leur incarcération et une fois en prison. Parmi les comportements à risque élevé, mentionnons l'échange de seringues, de matériel de tatouage et de piercing, de pipes à crack et de pailles (pour renifler des drogues), et les relations sexuelles non protégées. Ces maladies sont des infections transmises sexuellement et par le sang, et ne constituent pas une menace pour les personnes qui ont des simples contacts avec les personnes infectées.

Par contre, la tuberculose, elle, se transmet par l'inhalation d'organismes infectieux par voie aérienne. Le fait qu'un grand nombre de personnes partagent des locaux et vivent dans un lieu confiné, comme un établissement carcéral, favorise la transmission des maladies transmissibles par voie aérienne.

Dans certains cas, les bénévoles et les entrepreneurs doivent remettre au SCC de la documentation sur leur statut de base à l'égard de la tuberculose avant de commencer à travailler dans un établissement du SCC. Des évaluations additionnelles, comme un test de dépistage annuel, peuvent également être requises pour les personnes qui ont un contact direct et prolongé avec les délinquants.

Si vous voulez en savoir plus sur les enjeux en matière de santé, communiquez avec un représentant du SCC. Il peut vous fournir les politiques et les lignes directrices particulières qui vous permettront d'éviter de vous exposer à des maladies infectieuses dans le milieu carcéral.

11.2 Troubles mentaux

Le taux de maladies mentales est plus élevé chez les prisonniers que dans la population en général. Les délinquants qui souffrent de troubles mentaux ont des difficultés à s'adapter à la vie en prison. Ils risquent davantage de tenter de se suicider ou de s'automutiler. Généralement, il leur faut une aide plus intensive pour mener à bien le processus de réinsertion sociale car ils ont souvent besoin de services de soutien additionnels dans la collectivité, par exemple, un logement spécialisé et des séances de counseling supplémentaires. Malheureusement, il existe peu de services communautaires conçus pour ces délinquants, et c'est un obstacle à leur admissibilité à leur mise en liberté sous condition.

Environ 19% de la population de délinquants souffrent d'un trouble mental susceptible d'exiger une intervention spécialisée. Lorsqu'ils arrivent dans un établissement du SCC, les délinquants sont évalués afin que l’on puisse déterminer l'endroit où ils devraient être placés, et les traitements qui devraient leur être offerts.

Si vous avez des questions à propos des délinquants atteints de troubles mentaux, communiquez avec un représentant du SCC.

12.0 GESTION DES CONFLITS, DES CRISES ET DES SITUATIONS D'URGENCE

Pendant la période de votre contrat, vous pourriez faire face à une situation de crise ou d'urgence qui exigera la mise en pratique des mesures de gestion des conflits. Vous devez donc apprendre les règles et les règlements, ainsi que les procédures suivies par les employés pour limiter les dégâts et mettre fin à la situation en toute sécurité. Le fait de bien comprendre les enjeux en matière de sécurité dans le milieu correctionnel vous permettra de voir à votre propre protection en général, ainsi qu'à celle du personnel et des délinquants.

12.1 Gestion des situations d'urgence

Même en milieu non carcéral, une situation d’urgence peut survenir. Elle peut être le résultat des gestes d’un délinquant ou non. Ces situations peuvent inclure des troubles importants ou peu importants, des agressions et des prises d'otages, et des situations de siège. Devant de telles situations, le SCC prend des mesures qui ont les objectifs suivants :

  • isoler et contenir la source de l'urgence dès que possible;
  • voir à la sécurité des personnes;
  • empêcher les évasions, s'il y a lieu;
  • réduire au minimum les dommages matériels;
  • résoudre la situation en ayant recours le moins possible à la force;
  • rétablir l'ordre dès que possible.

Le personnel du SCC a reçu une formation sur la gestion de crises et sait comment réagir en situation d'urgence. Si une telle situation survient, tous les entrepreneurs doivent obéir aux directives que leur donnera le personnel et demeurer dans les endroits qui leur sont assignés, à moins d'indication contraire.

Si vous êtes seul au moment où vous faites face à la situation, par exemple parce que vous vous trouvez seul avec un délinquant dans un bureau privé ou à un autre endroit dans la collectivité, diverses stratégies peuvent vous permettre de vous protéger.

12.1.1 Utilisation des dispositifs d'alarme fixes

Ce type de dispositif est:

  • un appareil installé en permanence dans un endroit stratégique de l'établissement.

Demandez à votre représentant du SCC si un dispositif d'alarme fixe est installé à l'endroit où vous travaillerez et, le cas échéant, où il se trouve. Vous devez utiliser ce dispositif uniquement en cas d'urgence, ou au besoin, à des fins de vérification, puisque toute alarme sera considérée comme fondée.

12.2 Gestion des crises et des conflits

Un conflit interpersonnel se définit comme un conflit entre les intérêts, les valeurs, les actes ou les attitudes de deux personnes ou plus. Les conflits interpersonnels font partie de la vie et sont inévitables.

Pendant la durée de votre contrat, vous pourriez être témoin ou victime d'un comportement agressif ou hostile de la part d'un délinquant. Vous devrez être en mesure de réagir efficacement, tout en limitant les risques de blessure. Vous devrez aussi absolument rester calme, que vous soyez témoin de l'incident ou touché par celui-ci. En outre, si vous obtenez des renseignements ou si vous êtes témoin d'une situation qui risque de compromettre la sécurité d'une personne, vous devez en aviser immédiatement le personnel. Dans la plupart des cas, le personnel fera tout en son pouvoir pour désamorcer la situation.

Cependant, si vous être seul et qu'il n'y a pas de membres du personnel à proximité, vous devrez régler la situation vous-même.

Si l'incident implique un délinquant qui semble en crise au point d'être incapable de raisonner, vous pouvez, si vous le jugez opportun, désamorcer la situation efficacement et en toute sécurité, et de façon professionnelle. Pour ce faire, vous aurez besoin de compétences et de stratégies efficaces d'intervention en situation de crise.

Une fois que vous aurez désamorcé la situation, vous pourrez commencer à gérer le conflit qui a entraîné le comportement émotif. Pour ce faire, vous devrez utiliser efficacement des aptitudes de résolution de problème. Le fait de réussir à désamorcer les émotions d'une autre personne peut aider à s'allier cette personne dans le processus de résolution de problème.

12.2.1 Étapes du cycle de crise

Pour désamorcer efficacement une situation, vous devez connaître les diverses étapes du cycle de crise. Une fois que vous aurez déterminé à quelle étape vous êtes rendu, vous pourrez choisir la meilleure stratégie pour désamorcer la situation:

Début de l'étape défensive
  • claquer les portes
  • adopter un ton de voix négatif
  • faire des commentaires verbaux négatifs
  • afficher des signes non verbaux de colère
Plus loin dans l'étape défensive - perte de la rationalité
  • crier
  • provoquer des interactions enflammées
Étape défensive : intimidation
  • blasphémer
  • défier l'autorité
  • jeter le blâme sur les autres
  • afficher des signes verbaux et paraverbaux plus agressifs
Étape à la limite de la crise
  • se préparer à combattre ou à fuir
  • afficher des signes non verbaux (langage corporel) qui révèlent que la situation pourrait rapidement se dégrader à un niveau physique
12.2.2 Comportements qui peuvent envenimer une situation

De nombreux comportements sont à éviter si l'on ne veut pas qu'une crise s'envenime et dégénère en affrontement physique. Il s'agit des comportements suivants:

  • ne pas tenir compte des premiers signes de colère chez le délinquant;
  • menacer immédiatement le délinquant;
  • ne pas écouter ce que le délinquant a à dire;
  • interrompre le délinquant;
  • transmettre des messages verbaux et paraverbaux provocateurs;
  • pointer du doigt;
  • adopter des comportements non verbaux menaçants et intimidants;
  • perdre la maîtrise de soi et le bon sens, et se montrer irrationnel;
  • entrer dans la bulle du délinquant;
  • adopter l'attitude selon laquelle le délinquant doit faire ce qu'on lui dit puisque « les délinquants doivent faire ce qu'on leur dit »;
  • adopter l'attitude générale qui consiste à « obliger » le délinquant à faire quelque chose, puisqu'il risque de se buter encore plus et de se montrer peu collaboratif.
12.2.3 Comportements qui permettent de désamorcer efficacement une situation de crise

Si vous vous retrouvez face à un délinquant en crise ou sur le point de l'être, vous pouvez adopter diverses stratégies pour le calmer pour réduire les risques de confrontation physique :

  • garder une distance de sécurité et adopter une posture ferme;
  • intervenir verbalement pour désamorcer une confrontation verbale;
  • éviter les contacts physiques ou les manipulations inutiles;
  • au moment d'énoncer les limites, les exprimer de façon à ce que les conséquences, pour le délinquant, s'il continue à crier et à se montrer agressif soient claires ET que les conséquences, pour le délinquant, s'il met fin à ce comportement soient claires et beaucoup plus acceptables;
  • énoncer les limites que doit respecter le délinquant de façon non menaçante;
  • permettre au délinquant de décider lui-même de cesser de crier et d'être agressif;
  • adopter une attitude qui prouve que l'on sait écouter (attention physique et verbale, réponses en miroir, reformulation et résumé);
  • donner l'exemple du comportement approprié (messages verbaux, paraverbaux et non verbaux qui sont tous des exemples acceptables d'une conversation normale);
  • retirer la source du conflit ou de la colère de l'environnement du délinquant, si possible. Par exemple, si le délinquant est en colère contre une personne qui se trouve dans la pièce, éloigner le délinquant de cette personne;
  • écouter le délinquant. Lui demander d'expliquer pourquoi il est en colère, et éviter de porter un jugement pendant le processus.

12.3 Prise d'otages et séquestration

Les prises d'otages peuvent se produire dans un établissement ou dans la collectivité. Il s'agit d'un événement plutôt rare, mais vous devez savoir comment agir en cas de prise d'otages. Vous apprendrez, dans les paragraphes qui suivent, comment appliquer des stratégies préventives afin de réduire les risques de prises d'otages et de séquestration, et comment adopter des comportements appropriés qui vous permettront efficacement de survivre en cas de prise d'otages et de séquestration.

12.3.1 Mobiles des prises d'otages et des séquestrations

Un délinquant qui décide de prendre quelqu'un comme otage peut le faire pour de nombreuses raisons, mais celles qui reviennent le plus souvent sont les suivantes:

  • la volonté de s'évader ou de recouvrer la liberté pour le preneur d'otages ou pour d'autres délinquants;
  • un désir de reconnaissance, d'attention et de sensations fortes;
  • la volonté d'apporter des changements ou de faire valoir une cause.
12.3.2 Principales stratégies de survie en cas de prise d'otages

Si vous êtes pris comme otage, vous devez adopter les stratégies suivantes:

  • évitez de résister;
  • évitez les gestes ou les mouvements brusques, et les bruits intenses;
  • montrez-vous collaboratif et suivez les ordres;
  • projetez une image de calme;
  • apaisez le sentiment d'anxiété chez les preneurs d'otages;
  • si l'on vous offre l'occasion de communiquer, parlez plus doucement et plus lentement que le preneur d’otages;
  • soyez attentif à l'effet de vos actes. Évitez de provoquer le délinquant;
  • montrez votre côté humain (p. ex. dites que vous avez peur, que vous êtes fatigué, que vous avez faim, etc.);
  • si le preneur d'otage vous offre de discuter, profitez de l'occasion;
  • tentez d'établir un lien avec le preneur d'otages;
  • n'essayez pas de vous enfuir, à moins d'être convaincu de réussir;
  • dites au preneur d'otages que vous avez des problèmes de santé ou que vous avez besoin de médicaments;
  • tentez de rester avec les autres otages;
  • tentez de rester à un seul endroit, si possible;
  • montrez-vous honnête et évitez de mentir. Si le preneur d'otages apprend que vous lui avez menti, cela risque d'éveiller son hostilité.

Ces stratégies pourraient vous sauver la vie si vous vous retrouvez un jour pris comme otage.

12.3.3 Prévenir la séquestration et les agressions sexuelles

La séquestration à des fins sexuelles constitue une situation différente de la prise d'otages. Dans le cas d'un délinquant qui séquestre une personne à des fins sexuelles, on se sert habituellement de l'information suivante :

  • habituellement, le délinquant n'a aucune requête particulière;
  • toute requête semble spontanée et est formulée sous l'impulsion du moment;
  • le délinquant peut avoir été condamné pour agression sexuelle contre une femme;
  • le délinquant a des antécédents de violence envers les femmes;
  • le délinquant correspond au profil du délinquant qui séquestre à des fins sexuelles.

Des recherches ont révélé que l'agression sexuelle survient habituellement dans les 20 minutes qui suivent le début d'une séquestration si celle-ci est effectuée à des fins sexuelles. Le SCC essaie donc de mettre fin à l'incident avant que l'agression sexuelle ne survienne, ou que le délinquant soit en mesure de commettre une deuxième agression sexuelle.

12.3.4 Profil d'un délinquant qui séquestre à des fins sexuelles

Bien souvent, mais ce n'est pas toujours le cas, les délinquants qui séquestrent des victimes à des fins sexuelles correspondent au profil suivant:

  • Antécédents connus d'infraction sexuelle contre des femmes
  • Antécédents d'agression avec violence contre des femmes
  • Peut avoir illégalement séquestré ou agressé sexuellement une personne dans un environnement protégé
  • Purge une longue peine (pas de mise en liberté imminente)
  • Peut recevoir ou tenter de recevoir un traitement ou des médicaments pour réduire les pulsions sexuelles
  • Vit actuellement des situations stressantes (incarcération récente, refus de la mise en liberté sous condition, etc.)
  • A parfois prémédité son geste (ciblé la victime)
  • Homme de 30 à 50 ans

Si vous travaillez auprès de délinquants qui correspondent à ce profil, une grande prudence est de mise.

12.3.5 Stratégies permettant d'éviter d'être séquestrée à des fins sexuelles

L'agression sexuelle d'un membre du personnel dans la collectivité est un phénomène rare et n'est commise que par une faible minorité de délinquants. Cependant, une seule de ces agressions peut avoir des effets dévastateurs. Si vous vous retrouvez dans une position qui vous pousse à craindre qu'un délinquant tente de vous séquestrer à des fins sexuelles, vous pouvez utiliser diverses stratégies pour éviter que cela ne se produise. Voici ces stratégies:

  • ayez conscience de votre environnement (portes, sorties, situations où vous êtes seule ou isolée, etc.), et soyez particulièrement attentive aux mouvements des délinquants;
  • soyez consciente de la présence d'autres employés et de l'endroit où ils se trouvent;
  • respectez les procédures de sécurité et les consignes de poste;
  • faites votre travail adéquatement;
  • sachez que les autres employés font leur travail adéquatement (p. ex. fouilles);
  • sachez où se trouvent les dispositifs d'alarme fixes ou les boutons d'alarme;
  • dans votre bureau, disposez les meubles de façon à ce que vous ne puissiez être prise au piège dans la pièce (si possible);
  • aidez les autres employés à surveiller les activités des délinquants;
  • signalez toute activité inhabituelle d'un délinquant (harcèlement, lettres d'amour, conduite inappropriée, etc.);
  • soyez attentive aux comportements inhabituels d'un délinquant;
  • ne laissez pas les délinquants entrer dans les zones interdites;
  • ne laissez pas les délinquants vous inciter à enfreindre les procédures de sécurité;
  • si un délinquant est très agité, ne tentez pas de le raisonner seule; obtenez de l'aide d'autres employés;
  • aux premiers signes de problème, demandez de l'aide ou rendez-vous à un endroit où se trouvent d'autres employés;
  • faites du bruit (particulièrement si le délinquant ferme et verrouille la porte);
  • si vous vous sentez menacée, demandez l'aide d'un employé;
  • si vous travaillez dans une zone isolée, renseignez-vous sur le profil des délinquants qui se trouvent dans cette zone. Discutez avec l'agent de libération conditionnelle;
  • préoccupez-vous de la sécurité en tout temps;
  • si un délinquant tente de vous toucher, établissez clairement les limites, ou mettez fin à l'interaction avec le délinquant;
  • informez les les employés du SCC de vos préoccupations à propos de l'état émotif d'un délinquant AVANT de poursuivre votre travail auprès du délinquant;
  • demandez à un autre employé du SCC ou entrepreneur de vérifier régulièrement si vous allez bien;
  • faites part de vos préoccupations aux autres employés à ce moment;
  • profitez de la présence d'un autre employé ou d'un autre entrepreneur pour mettre fin à la discussion avec le délinquant puisque vous pouvez profiter de leur appui;
  • si la situation s'envenime et que vous n'avez pas accès à un dispositif d'alarme personnel portatif ni un dispositif d'alarme fixe, n'hésitez pas à utiliser le téléphone;
  • servez-vous du bureau ou de tout autre élément comme obstacle pour gagner du temps, puis faites du bruit pour signaler le problème aux autres employés; n'essayez pas de passer près du délinquant puisqu'il pourrait en profiter pour vous maîtriser.

Il s'agit d'exemples de mesures et de comportements que vous pouvez adopter pour réduire les risques d'être séquestrée. Rappelez-vous surtout que tant que le délinquant n'a pas la maîtrise de votre personne, vous pouvez résister plus activement (faire du bruit ou appeler à l'aide, appuyer sur votre dispositif d'alarme personnel portatif, utiliser le téléphone, etc.).

12.3.6 Comportements de survie à adopter si vous êtes séquestrée

Si vous êtres séquestrée à des fins sexuelles, vous pouvez adopter certaines stratégies pour éviter d'être blessée davantage ou agressée de nouveau en attendant de l'aide ou une occasion de vous enfuir. Il s'agit des stratégies suivantes:

  • adoptez un ton de voix et un langage corporel le plus calme possible;
  • adoptez une attitude non agressive et non menaçante;
  • faites ressortir votre côté humain;
  • n'exprimez pas votre colère (pour éviter de provoquer le délinquant);
  • tentez d'établir des liens et de vous montrer empathique avec le délinquant;
  • établissez un contact visuel avec le délinquant;
  • formulez de rares requêtes, et faites-le tout en douceur;
  • adoptez une voix douce;
  • n'abordez pas de sujets pouvant susciter des émotions fortes;
  • tentez de raisonner le délinquant et de vous attirer sa sympathie (dites p. ex. que vous avez des enfants et que vous devez aller les chercher à la garderie).

Cependant, si le délinquant vous menace avec une arme ou un couteau, vous devrez faire des choix difficiles. Par exemple, si le délinquant vous menace avec un couteau, vous devrez faire le choix suivant:

  • n'offrir aucune résistance afin d'éviter d'être blessée ou coupée;
  • résister afin d'éviter d'être violée.

Si le délinquant n'a pas de couteau ou s'il ne vous maîtrise pas physiquement, vous pouvez avoir d'autres réactions; vous pouvez, par exemple, crier, hurler, vous réfugier derrière le bureau, utiliser un objet pour vous défendre, discuter avec le délinquant de ses intentions, etc.

Si le délinquant s'apprête à vous agresser sexuellement, dites-lui clairement que vous ne voulez pas être agressée. Changez de sujet, par exemple en demandant de l'eau ou une cigarette, en demandant d'aller à la toilette, en pleurant, en faisant mine de vous évanouir ou en vous débattant, selon les circonstances.

12.3.7 Au moment où l'aide arrive

Quand l’aide arrive sur les lieux, vous devez vous laisser tomber sur le sol à l'endroit où vous vous trouvez, et ne pas tenter de vous sauver ou de vous cacher.

Rappelez-vous que la prévention demeure votre meilleure défense.

12.3.8 Quand l'incident est terminé

Les personnes qui survivent à une prise d'otage et à une séquestration peuvent présenter divers symptômes par la suite, dont:

  • de l'anxiété;
  • une hyper-vigilance;
  • des troubles du sommeil;
  • de l'hostilité;
  • un sentiment d'impuissance;
  • un état de choc;
  • des peurs et des phobies;
  • un sentiment d'isolement;
  • des cauchemars.

Les survivants présentent bien souvent plusieurs de ces symptômes. Cependant, bon nombre d'entre eux retournent au travail après quelques semaines, et la plupart, dans les 12 mois qui suivent.

Le soutien de la famille, des amis, des collègues et de l'administration peuvent favoriser la guérison psychologique. Sachez que le SCC dispose d'une politique d'aide après un incident critique, et que les entrepreneurs, comme les employés, peuvent profiter du Programme d'aide aux employés (PAE), dans le cadre duquel ils peuvent recevoir des services de counseling à court terme à propos de divers enjeux, et se voir recommander du counseling à long terme. Les membres de la famille immédiate des employés et des entrepreneurs (conjoints et enfants) ont aussi accès à ces services.

Rappelez-vous : Chaque fois que vous faites face à une situation d'urgence, de crise ou de conflit, demandez l'aide d'un employé, ou informez-en un employé le plus rapidement possible.

13.0 CONSEILS GÉNÉRAUX À RETENIR

Sécurité

  • Soyez attentif à ce qui vous entoure. Si vous voyez ou entendez quelque chose d'inhabituel, informez-en le personnel.
  • Quand vous interagissez avec un délinquant, votre jugement peut vous protéger et protéger les personnes qui vous entourent.
  • Certains délinquants cherchent constamment à savoir s'ils peuvent vous manipuler. Sachez comment reconnaître la manipulation et comment réagir adéquatement.
  • Imprimez la liste des stratégies de sécurité énoncée dans le présent module, et passez-la en revue fréquemment.
  • Adoptez un comportement professionnel.
  • Adoptez une tenue vestimentaire professionnelle et portez des chaussures confortables.
  • Sachez en tout temps où se trouvent vos clés.
  • Sachez en tout temps où se trouvent vos outils.
  • Ne donnez jamais vos mots de passe.
  • Débranchez-vous toujours du réseau quand vous n'utilisez pas votre ordinateur.
  • Verrouillez toujours la porte de votre bureau, et ne laissez jamais votre bureau déverrouillé s'il est sans surveillance.
  • N'apportez pas de quantité importante d'argent ou de biens de valeur dans votre milieu de travail.
  • N'apportez rien pour les délinquants dans l'établissement, et n'emportez rien à l'extérieur de l'établissement, surtout s'il s'agit d'objets non autorisés ou interdits.
  • Signalez toute conduite inappropriée de la part d'un délinquant.
  • Soyez prudent avec les renseignements classés Protégé A, B ou C.
  • Comprenez la sous-culture carcérale.
  • Adoptez des stratégies qui empêcheront les délinquants de vous manipuler.
  • Sachez quoi faire en cas d'urgence ou de crise.
  • Transportez avec vous votre dispositif d'alarme personnel portatif, s'il y a lieu, ou sachez où sont situés les boutons d'alarme.
  • Rappelez-vous que la sécurité active demeure la responsabilité de tous.

Tactiques de manipulation

  • Apprenez à connaître les cinq étapes d'une mise en place.
  • Élaborez des stratégies qui vous permettront de faire face aux tentatives de manipulation de la part de délinquants.
  • Tenez-vous au courant des changements qui surviennent dans la vie des délinquants avec lesquels vous entrez en contact étroit.
  • Si vous pensez qu'un délinquant a tenté de vous manipuler, parlez-en immédiatement à un représentant du SCC. Faites de même si vous pensez avoir commis un geste inapproprié. Mettez fin à la manipulation avant de perdre la maîtrise de la situation.

Communication

  • Communiquez avec les membres du personnel et des autres équipes.
  • Acquérez les compétences qui vous permettront de désamorcer les situations.
  • Collaborez avec le personnel du SCC pour vous tenir au courant de ce qui se passe dans la vie des détenus auprès desquels vous travaillez.

Relations professionnelles avec les délinquants

  • Établissez des limites convenables avec les délinquants.
  • Agissez de façon professionnelle et respectueuse.
  • Montrez-vous compréhensif en ce qui concerne les frustrations que vivent les délinquants; cela pourrait vous aider à agir de façon professionnelle auprès d'eux.
  • Respectez les différences entre les délinquants.
  • Ne devenez pas ami avec les délinquants.
  • Ne discutez pas du cas d'un délinquant avec un autre délinquant.
  • Ne divulguez pas de renseignements personnels à un délinquant.

Santé

  • Soyez conscient des risques possibles pour la santé, et prenez les précautions nécessaires.
  • Apprenez les protocoles concernant les questions de santé dans un établissement.
  • Si vous avez des préoccupations concernant des questions de santé, comme les maladies infectieuses ou le fait de travailler auprès de délinquants ayant des troubles mentaux, parlez-en à votre représentant du SCC.

Conflit

  • Si vous êtes témoin d'une situation de crise ou d'urgence, demeurez calme et écoutez les directives données par le personnel du SCC. Si l'on ne réclame pas votre aide, n'intervenez pas.
  • Si vous êtes victime d'une situation de crise ou d'urgence, gardez votre calme. Écoutez les directives du personnel, s'il y a lieu, et n'intervenez pas sauf si on vous le demande.
  • Si vous êtes seul pendant la situation de crise ou d'urgence, vous devez désamorcer la situation vous-même de façon efficace et en toute sécurité. Vous devez ensuite informer le personnel le plus rapidement possible.

Obtention d'aide ou de conseils

  • Apprenez à connaître les politiques, les procédures et les horaires du SCC.
  • Si vous ne connaissez pas la procédure ou la marche à suivre, ou si vous avez une incertitude à de sujet, demandez l'aide d'un représentant du SCC ou d'un employé chevronné. Un membre du personnel du SCC se fera un plaisir de vous aider.

1 Pour une description des CCC et des autres milieux communautaires du SCC, voir le module 1, section 6.6.

2 Il est important de souligner que cette liste n'est d'aucune façon exhaustive et qu'elle ne contient que quelques éléments. Votre jugement joue un rôle crucial quand vient le temps d'interagir avec des délinquants dans la collectivité et de garantir votre sécurité, ainsi que celle de votre milieu de travail, des employés qui vous entourent et du grand public. Faites part de toutes vos questions et préoccupations à votre représentant du SCC, au responsable du projet ou à un employé chevronné du SCC.

3 Pour plus de détails sur la sous-culture carcérale, voir le module 3.

4 Si vous souhaitez en savoir plus sur la hiérarchie carcérale et sur son incidence sur les activités quotidiennes d'un établissement, consultez le module 3 qui s'adresse aux entrepreneurs travaillant en milieu carcéral et qui contient plus de détails à ce sujet. Le présent module, pour sa part, aborde la question seulement de façon générale.

5 Même si cette liste s’applique surtout aux délinquants incarcérés, certaines de ces limites s’appliquent aussi aux délinquants dans la collectivité, plus particulièrement s’ils résident dans un CCC ou si leur mise en liberté sous condition est assortie de conditions strictes.