Le présent module est destiné à tous les entrepreneurs qui travaillent en milieu carcéral ainsi qu'à leurs employés et à leurs sous-traitants.
Les renseignements fournis dans le présent module ont été recueillis auprès de diverses sources. Il s'agit de renseignements essentiels qui vous permettront, en tant qu'entrepreneur, d'être mieux préparé à travailler dans un établissement carcéral ou dans des installations du SCC ou un bureau du gouvernement, au moment où vous arriverez sur les lieux de travail. Les renseignements proviennent entre autres de diverses trousses d'orientation et de formation destinées aux employés et bénévoles du SCC. Ils ont aussi été recueillis dans le cadre d'entrevues avec d'anciens entrepreneurs pour le SCC qui se sont appuyés sur leur expérience personnelle pour faire part des renseignements dont pourraient profiter les nouveaux entrepreneurs s'ils en prenaient connaissance avant d'entreprendre les travaux prévus dans le contrat avec le SCC. Divers spécialistes ont ensuite vérifié le contenu du présent module afin de s'assurer que l'information qui y figure est pertinente pour un entrepreneur qui a pour la première fois un contrat avec le SCC.
À la fin du présent module, vous connaîtrez :
Le terme « milieu carcéral » désigne tout établissement fédéral ou pénitencier qui héberge des délinquants purgeant une peine de deux ans ou plus. Il existe des établissements fédéraux de tous les niveaux de sécurité, que ce soit des unités spéciales de détention (USD), des établissements à niveaux de sécurité multiples ou des établissements à sécurité maximale, moyenne et minimale.
Chaque établissement possède son propre horaire et ses propres politiques, mais ils doivent tous respecter, dans le cadre de leurs activités, les procédures et les politiques régissant le Service correctionnel du Canada1.
Un établissement peut être comparé à une petite collectivité puisqu'il compte des logements pour les délinquants (cellules ou chambres), une cuisine, un hôpital, des lieux de travail, un magasin (cantine), une ou plusieurs chapelles, une ou plusieurs unités familiales (pour les visites familiales privées), une grande cour, une salle d'exercices et une bibliothèque. Certains établissements comptent même des micro-collectivités au sein desquelles de huit à dix délinquants possèdent leur propre logement et partagent une cuisine, un salon et une salle de bain. Dans ce type de milieu, les délinquants doivent collaborer avec les autres délinquants de leur unité pour préparer les repas et faire le ménage.
Certains établissements sont situés au sein d'autres établissements et partagent des services. Par exemple, le Centre régional de traitement de la région de l'Ontario se trouve à l'intérieur de la structure du Pénitencier de Kingston. Le Centre régional de traitement est un établissement autonome, mais il partage des services avec le Pénitencier de Kingston, par exemple la préparation des repas, le nettoyage des vêtements, et certains services médicaux et hospitaliers. Il a aussi accès, à des heures précises, à la grande cour du pénitencier quand les délinquants ne l'utilisent pas.
Chaque établissement dispose d'une structure de sécurité périmétrique. Dans un établissement à sécurité moyenne et maximale, le périmètre sera délimité par des murs ou des barrières doubles surmontés de barbelés à lames. Habituellement, on trouvera aussi des systèmes de détection de mouvement et des caméras visant à réduire les possibilités d'évasion, ainsi que des tours dotées d'effectif, des patrouilles motorisées, ainsi qu'un poste principal de contrôle des communications (PPCC) à partir duquel sont contrôlés les systèmes de détection de mouvement, les caméras et les radios.
Les établissements à sécurité minimale sont structurés de façon à refléter la vie en collectivité, et les détenus peuvent circuler plus librement entre l'établissement et l'extérieur s'ils en ont la permission.
Dans chaque établissement, la journée des délinquants est réglée par un horaire. Il existe habituellement deux types d'horaires pour le jour : un horaire pour les jours de la semaine, et un horaire pour les jours de la fin de semaine. L'horaire du soir est toujours le même, que ce soit un jour de semaine, de fin de semaine ou un jour férié.
Voici un exemple de ce à quoi peut ressembler un horaire d'établissement. Rappelez-vous toutefois que l'horaire et la structure des activités varient d'un établissement à l’autre et en fonction du niveau de sécurité. Les délinquants doivent respecter l'horaire de leur établissement, ainsi que tout changement apporté à celui-ci.
Voici un exemple général d'un horaire de jour normal pour la semaine (du lundi au vendredi).
| Heure | Activité |
|---|---|
| 6 h | Les personnes qui travaillent à la cuisine tôt le matin entrent sur leur lieu de travail. |
| 7 h | Les cellules sont déverrouillées, et on annonce le déjeuner. |
| 7 h 10 | Les diabétiques peuvent se rendre au service de santé de l'établissement. |
| 7 h 40 | Les délinquants qui ont besoin de médicaments peuvent se rendre au service de santé pour aller les chercher. |
| 8 h | On annonce le début du quart de travail : les délinquants se rendent à leurs cours ou à leur programme de travail; les délinquants qui ne travaillent pas, qui sont exemptés ou sans emploi doivent rester dans leur cellule verrouillée. |
| 8 h | Toutes les portes des cellules sont verrouillées, sauf celles qui peuvent rester ouvertes en raison d'une permission accordée. |
| 10 h 30 | Les cellules sont déverrouillées. |
| 11 h 20 | Les délinquants reviennent de leur lieu de travail. |
| 12 h | On fait le dénombrement des délinquants. |
| 12 h 15 | Une fois le dénombrement terminé, on annonce le dîner. |
| 13 h | On annonce le retour au travail. Les délinquants qui ne travaillent pas, qui sont exemptés ou qui sont sans emploi demeurent dans leur cellule verrouillée. |
| 15 h 30 | Les cellules sont déverrouillées. |
| 16 h | On effectue le dénombrement des délinquants. |
| 16 h 15 | Une fois le dénombrement terminé, on annonce le souper. |
Le soir, des échanges d’activités ou des déplacements ont lieu et permettent aux délinquants de rester dans leur cellule ou de se rendre dans la cour, à la salle d'exercice, à la bibliothèque, à un programme du soir ou à d'autres activités autorisées.
On parle d’échange d’activités ou de déplacements pour désigner le processus au cours duquel les cellules sont déverrouillées à divers intervalles afin de permettre aux délinquants de se rendre de leur cellule à l'aire récréative et vice versa. Une fois que l'on annonce le verrouillage des cellules, les délinquants doivent demeurer là où ils sont jusqu'à la prochaine relève ou au prochain déplacement.
À 22 h, on vide la cour, puis à 22 h 30, on vide la salle d'exercice et tous les autres lieux où se rendent les détenus pour leurs loisirs, leurs programmes ou leur travail. À 23 h, on effectue le dénombrement de tous les délinquants pour la dernière fois de la journée, et ceux-ci demeurent dans leur cellule verrouillée pour la nuit.
Voici un exemple général d'un horaire de jour pour la fin de semaine ou les jours fériés.
| Heure | Activité |
|---|---|
| 7 h | Les cellules sont déverrouillées, et on annonce le déjeuner. |
| 8 h | Les activités récréatives commencent. Les délinquants peuvent quitter leur cellule pour se rendre à leurs activités, que ce soit dans la cour ou à la salle d'exercice. Les déplacements des délinquants sont régis par des relèves ou des déplacements. |
| 12 h | On effectue le dénombrement des délinquants. |
| 12 h 15 | On annonce le dîner une fois le dénombrement terminé. |
| 13 h | Les activités récréatives et les déplacements vers celles-ci commencent. Ces déplacements sont régis par des relèves ou des déplacements. |
| 16 h | On effectue le dénombrement des délinquants. |
| 16 h 15 | On annonce le souper une fois que le dénombrement est terminé. |
Il est important de souligner que les déplacements des délinquants sont contrôlés étroitement au sein des unités spéciales de détention (USD), mais qu'ils le sont de moins en moins à mesure que le niveau de sécurité de l'établissement ou du centre communautaire diminue.
Il existe trois types de dénombrements : les dénombrements officiels, non officiels et les dénombrements dans un CCC.
Un dénombrement officiel est un processus visant à confirmer qu'un délinquant est vivant et se porte bien. Dans les établissements à niveaux de sécurité multiples, à sécurité maximale et à sécurité moyenne, les délinquants se trouvent habituellement dans leur cellule pour le dénombrement. Dans les établissements à sécurité minimale et dans les établissements dotés de chambres au lieu de cellules, il n'est pas nécessaire que les délinquants soient dans leur cellule ou dans leur chambre pour le dénombrement, mais ils doivent être visibles et ne pas se déplacer.
Chaque jour, quatre dénombrements officiels sont effectués, de même qu'un dénombrement debout. Dans le cadre d’un dénombrement debout, les détenus doivent se tenir debout, dans leur cellule, face à l'agent qui effectue le dénombrement afin que celui-ci puisse les identifier grâce à leur physionomie et qu'il puisse s’assurer qu’ils sont vivants et qu’ils respirent.
Dans la plupart des établissements, les dénombrements officiels ont lieu à minuit, 5 h, 12 h, 16 h et 23 h. Les dénombrements debout peuvent avoir lieu à 12 h ou 16 h. Cet horaire peut varier en fonction de l'horaire interne de l'établissement.
Un dénombrement non officiel est un processus qui consiste à compter individuellement les délinquants sans interrompre leurs activités. Ces dénombrements ont habituellement lieu pendant les patrouilles; par exemple, un agent ou un membre du personnel entre dans une rangée ou dans un lieu de travail, vérifie si l'ordre y règne et compte le nombre de délinquants qui s'y trouvent. Les dénombrements non officiels peuvent avoir lieu pendant que les détenus effectuent divers types d'activités, par exemple pendant qu'ils dorment, qu'ils se promènent, qu'ils font de l'exercice, etc.
Un dénombrement dans un CCC est un processus utilisé dans un centre correctionnel communautaire et qui consiste à utiliser une feuille de signatures pour compter les délinquants. Contrairement aux dénombrements officiels, les résidents d'un CCC n'ont pas à être tous présents au moment d'un dénombrement. Le dénombrement peut être effectué si l'on sait où se trouve chacun des délinquants, par exemple au travail, dans la collectivité, ou dans le centre.
Pendant les heures de travail, les délinquants doivent porter une tenue vestimentaire approuvée. Voici une liste des vêtements que les délinquants peuvent habituellement porter à n'importe quel moment de la journée de travail (les articles disponibles peuvent varier d’un établissement à un autre) :
Pendant les heures de loisirs, les délinquants peuvent porter leurs propres vêtements. Soulignons que les délinquantes peuvent porter leurs vêtements personnels approuvés au préalable au sein de l'établissement, au lieu des vêtements fournis par l'établissement, que ce soit pendant les heures de travail ou de loisirs.
La population carcérale compte des délinquants purgeant leur première peine de ressort fédéral, des délinquants purgeant une peine de longue durée, et des délinquants « récidivistes », c.-à-d. ceux qui se sont retrouvés dans le milieu carcéral fédéral à plus d'une occasion pour purger plus d'une peine.
Les délinquants incarcérés dans des établissements fédéraux purgent des peines allant de deux ans plus un jour à des peines d'emprisonnement à perpétuité. Ils ont commis des infractions allant d'une infraction mineure à des infractions plus graves, comme l'homicide volontaire ou involontaire, en passant par l'entrée par effraction, l'agression et la possession de drogues.
L'information à ce sujet vous est fournie à titre indicatif, afin de vous donner une idée des personnes que l'on trouve dans ces lieux. Cependant, la population carcérale évolue sans cesse. Le SCC fait actuellement face à une population carcérale vieillissante, en plus d’être confronté à l'arrivée de nouveaux délinquants plus jeunes qui défient sans cesse l'autorité, que ce soit le système correctionnel ou la hiérarchie qui existe traditionnellement entre les détenus. Certains délinquants qui arrivent dans les établissements ont aussi un problème de toxicomanie, un problème physique ou un problème de santé mentale2.
La gestion des cas consiste en un processus visant la réinsertion des délinquants dans la société à titre de membres de la collectivité respectueux des lois. Chaque délinquant fait partie d'une équipe de gestion des cas (EGC) composée du délinquant, d'un agent correctionnel ou d’un intervenant de première ligne, et d'un agent de libération conditionnelle. Chaque membre de l'équipe doit jouer son rôle afin d'aider le délinquant à devenir un citoyen respectueux des lois et de réduire le risque qu'il peut présenter pour le grand public.
L'EGC a pour mandat de recueillir de l'information sur le délinquant, de cerner les facteurs qui enclenchent le cycle de criminalité chez lui, d'analyser l'information afin d'aider le délinquant à réduire les risques qu'il présente pour la société et d'aider le délinquant à se réinsérer dans la société en toute sécurité.
Il s'agit d'un processus continu qui commence le jour où le délinquant est placé sous responsabilité fédérale et qui se termine le jour où le délinquant a purgé sa peine ou son ordonnance de surveillance de longue durée en entier, mis à part dans le cas des délinquants qui purgent une peine d'une durée indéterminée ou une peine d'emprisonnement à perpétuité. Dans ces cas, le processus de gestion des cas se poursuit jusqu'à ce que le risque que présente le délinquant soit réduit au minimum, ou que le délinquant décède.
Le processus de gestion des cas compte trois volets :
(1) planification de la réinsertion sociale;
(2) intervention;
(3) prise de décisions.
Le processus de réinsertion sociale commence en même temps que la peine du délinquant. Il suppose l'élaboration d'une stratégie ou d'un plan correctionnel pour la surveillance du délinquant pour toute la durée de sa peine. Dans le cadre de ce volet, on recueille et analyse des renseignements sur le délinquant et on évalue le risque qu’il présente. On peut ainsi classer le délinquant au bon niveau de sécurité et l'affecter aux programmes qui lui permettront de cibler les facteurs qui le poussent à adopter un comportement criminel.
Une intervention constitue toute activité qui peut avoir une incidence sur certains facteurs statistiquement reconnus pour évaluer un délinquant et pour mesurer son risque de récidive ou améliorer ses possibilités de réinsertion sociale. Les interventions utilisées dans le cas d'un délinquant doivent avoir un lien avec les facteurs qui poussent le délinquant à adopter un comportement criminel et qui sont définis dans son plan correctionnel. Parmi les stratégies d'intervention, mentionnons la modification des processus cognitifs ou de réflexion, p. ex. le renforcement des aptitudes sociales, la modification des valeurs et la modification des comportements de passage à l’acte.
Il existe plusieurs organes d'intervention, dont des programmes essentiels et des programmes structurés, des consultations psychologiques, des groupes de soutien, des activités professionnelles, et des formations générales et professionnelles.
Le SCC s’appuie sur certains facteurs reconnus pour évaluer un délinquant et pour prouver statistiquement son risque de récidive, qu'il s'agisse d'une récidive avec violence ou non, et son risque d'évasion. Le SCC utilise les trois outils d'évaluation des risques suivants : (1) les facteurs de risque statiques, (2) les facteurs de risque dynamiques et (3) les facteurs de risque contributifs.
De nombreux facteurs dynamiques importants entrent en jeu pendant la phase d'intervention et permettent de réduire le risque que pose un délinquant pour le grand public et de favoriser sa réinsertion sociale dans la collectivité. Parmi ces éléments dynamiques, mentionnons l'influence positive d'un conjoint ou d'un membre de la famille, le soutien de la collectivité ou un contact avec des membres de celle-ci, le soutien d'un leader spirituel ou ethnique, le soutien de groupes au sein de l'établissement et au sein de la collectivité, le soutien de bénévoles, et le soutien de divers employés du SCC, par exemple un psychologue, un psychiatre, une infirmière, un médecin, un bibliothécaire, un agent responsable de la prestation des programmes, un animateur d'atelier ou un superviseur en milieu de travail, et tout autre membre de l'équipe du SCC ayant des rapports positifs avec le délinquant.
Les Interventions correctionnelles jouent un rôle important dans la réadaptation d'un délinquant. Le SCC offre un certain nombre de programmes de réinsertion sociale des délinquants conçus pour tenir compte des divers facteurs criminogènes de la population de délinquants. Il convient de souligner que la qualité des programmes du SCC et le fait qu’ils favorisent la réinsertion sociale en toute sécurité des délinquants sont reconnus partout dans le monde.
On compte cinq catégories de programmes correctionnels :
Voici une brève définition de chaque catégorie de programmes.
Interventions correctionnelles
Les programmes correctionnels visent essentiellement à aider les délinquants à réussir une réinsertion
sociale dans la collectivité en toute sécurité. Ces programmes incluent des interventions visant les facteurs
entraînant directement un comportement criminel; ils ont des objectifs clairement définis, des critères de sélection
des participants, un processus d'évaluation des progrès réalisés par les participants, et un processus
d'évaluation de l'efficacité du programme. Les programmes correctionnels sont offerts par des psychologues ou des agents
de programmes, tous formés et qualifiés.
Programmes de santé mentale
Les programmes de santé mentale sont des interventions thérapeutiques visant à éliminer les comportements
criminels des délinquants et à répondre à leurs besoins essentiels en matière de santé mentale.
Programmes d'éducation
Les programmes d'éducation aident à préparer les délinquants à participer aux programmes d'emploi
et aux programmes correctionnels. Pour ce faire, ils renforcent leur instruction, leur compréhension et leur pensée
critique afin de leur permettre de tirer profit au maximum des interventions. Ces programmes sont offerts par des enseignants formés
et accrédités qui satisfont aux exigences des ministères provinciaux de l'Éducation de qui ils relèvent.
Programmes d'emploi
Les programmes d'emploi sont des interventions qui visent à préparer les délinquants à occuper un emploi.
La formation préparatoire à l'emploi, les programmes de formation professionnelle et les affectations à un emploi
en établissement sont toutes des façons de combler les lacunes importantes qui ont été décelées
concernant l’emploi des délinquants. Les programmes d'emploi sont au cœur des efforts déployés par
le SCC pour inciter activement les délinquants à devenir des citoyens respectueux de la loi.
Programmes sociaux
Les programmes sociaux sont des interventions qui mettent l'accent sur la réinsertion sociale des délinquants en toute
sécurité. Ces programmes aident les délinquants à adopter un mode de vie prosocial qui les aidera à choisir
des activités dans lesquelles ils s'engageront et qui leur permettront de devenir des membres plus productifs de la collectivité,
ainsi que des citoyens respectueux de la loi. Les programmes sociaux favorisent et renforcent aussi le transfert des compétences
acquises dans le cadre des programmes correctionnels.
La prise de décisions se fait à la suite de la préparation et de la présentation du cas d'un délinquant à un décideur, afin que celui-ci détermine la forme de mise en liberté qui convient. La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) (dans le cas des libérations conditionnelles ou des libérations d'office) ou le directeur de l'établissement (dans le cas des permissions de sortir à court terme) peuvent jouer le rôle de décideur. Pour prendre une décision, le décideur s'appuie sur une évaluation de la mesure dans laquelle les stratégies d'intervention ont permis de réduire le degré de risque que pose le délinquant à un point ou sa mise en liberté dans la collectivité ou son transfèrement dans un établissement à niveau de sécurité moindre constitue la mesure de contrôle la moins restrictive et la plus appropriée si l'on tient compte de la protection du public, des employés du SCC et du délinquant lui-même.
Pendant la durée de votre contrat, vous aurez à entrer en contact avec des délinquants par l'entremise de contacts périphériques, occasionnels ou même réguliers et directs, selon le type d'établissement dans lequel vous travaillerez.
Un contact périphérique signifie que vous pouvez voir le délinquant, mais qu'il n'y a aucune interaction physique ni verbale entre lui et vous. Par exemple, vous pourriez être appelé à faire du travail de bureau dans l'édifice de l'administration, et un délinquant pourrait se trouver à portée de vue. Cependant, la distance qui vous séparerait de lui rendrait toute conversation improbable.
Un contact occasionnel signifie que vous pourriez entrer occasionnellement en contact avec un délinquant, dans des situations où vous pourriez interagir verbalement avec le délinquant ou vous trouvez près de lui physiquement. Par exemple, vous pourriez travailler dans l'édifice de l'administration, et un délinquant pourrait être responsable du ménage dans votre secteur. Il pourrait donc pénétrer sur votre lieu de travail pour vider les poubelles, laver le plancher, etc.
Un contact régulier signifie que vous avez des contacts réguliers ou directs avec un délinquant. Par exemple, vous pourriez être un enseignant qui donne des conseils et des directives à un délinquant qui poursuit sa formation scolaire, ou vos services pourraient être retenus pour animer un programme pour délinquants.
Vous devez absolument avoir conscience des enjeux en matière de sécurité auxquels vous serez inévitablement confronté dans votre lieu de travail quand vous accomplirez des tâches en établissement, quel que soit de degré de contact que vous aurez avec les délinquants.
Il existe certaines règles immuables que vous devez respecter si vous voulez protéger le caractère professionnel de vos interactions avec les délinquants, et protéger votre sécurité, celle du personnel du SCC et celle du grand public.
Les entrepreneurs qui travaillent en établissement travaillent au sein d'un environnement sécurisé où la sécurité dynamique occupe une place primordiale. On peut définir la sécurité dynamique comme suit :
Cela signifie aussi qu'il faut demeurer attentif aux problèmes de sécurité en observant et en écoutant activement les délinquants, et en interagissant avec eux. Un personnel attentif peut souvent agir en temps opportun pour garantir la sécurité et le bien-être de tous.
En tant qu'entrepreneur, votre participation à la sécurité dynamique permet de renforcer la sécurité générale de l'établissement. Si vous portez attention à ce qui vous entoure, vous pourriez voir ou entendre des choses auxquelles vous ne vous attendiez pas et ne pas savoir comment réagir. Dans une telle situation, consultez toujours un employé du SCC.
Comme vous serez appelé à interagir de façon périphérique, occasionnelle ou directe avec des délinquants au sein d'un établissement, vous devrez adopter certaines stratégies de sécurité importantes afin d'éviter de vous retrouver dans une situation dangereuse ou compromettante. Le tableau suivant inclut certaines stratégies particulières que vous pouvez adopter pour participer à la sécurité dynamique3.
| ASPECTS GÉNÉRAUX | CONSEILS |
|---|---|
| Attitude |
|
| Observation et signalement |
|
| Conscience de ce qui vous entoure |
|
| Tenue vestimentaire |
|
| Travail d'équipe |
|
| Sécurité en voiture |
|
| Conduite personnelle |
|
| Contrôle des clés |
|
| Contrôle des outils |
|
| Communication avec le personnel |
|
| Communication et relations avec les délinquants |
|
| Sécurité informatique |
|
| Équipement électronique |
|
| Dispositifs de contrôle passif |
|
| Biens et renseignements personnels |
|
| Autres conseils |
|
| Recherche d'aide ou de conseils |
|
Le fait de respecter ces stratégies de sécurité devrait grandement vous aider à vous protéger quand vous travaillerez auprès de délinquants.
Les délinquants incarcérés ont un accès limité à certains biens et sont prêts à beaucoup pour en obtenir davantage. Ces biens sont très recherchés au sein d'un établissement et peuvent servir de monnaie d'échange sur le marché noir de l'établissement.
Pour tenter d'obtenir un objet qui les intéresse, mais qu'ils ne sont pas censés avoir en leur possession, les détenus peuvent vous demander de le leur fournir. Vous devez donc comprendre comment sont classés ces objets, ainsi que les conséquences négatives que vous risquez de subir si vous accédez aux demandes des délinquants.
Il existe deux catégories d'objets que les délinquants pourraient vous demander de leur fournir : il s'agit des objets interdits et des objets non autorisés.
Toute personne qui fournit ou tente de fournir à un délinquant un objet interdit pourrait se voir imposer un casier judiciaire, une peine d’emprisonnement, une amende, ou les trois. Le fait de fournir ou de tenter de fournir à un délinquant un objet non autorisé ou un objet interdit constitue une infraction très grave qui peut entraîner d'importantes conséquences.
Rappelez-vous que vous ne pouvez décider de ce qu’il convient ou de ce qu’il ne convient pas de fournir à un délinquant. Rappelez-vous qu'il y a une raison qui explique pourquoi les délinquants qui se trouvent en établissement ont des ressources limitées et doivent passer par les voies approuvées pour obtenir des objets. Il n'est, dans aucun cas, convenable qu'un délinquant vous demande de lui fournir quelque chose. Signalez tout cas de délinquant qui vous fait une telle demande.
En établissement, les délinquants font partie d'une sous-culture et respectent un code de conduite des délinquants. Le fonctionnement et la dynamique de cette sous-culture peuvent paraître vraiment étranges à la plupart des personnes qui n'ont jamais travaillé en milieu correctionnel.
Afin de vous protéger à titre d'entrepreneur, vous devez connaître le code des délinquants et la culture de l’établissement. Cela vous permettra de reconnaître les situations qui pourraient entraîner un risque pour votre sécurité et celle des gens qui vous entourent.
La sous-culture carcérale constitue un code de conduite non écrit respecté par les délinquants qui se trouvent en établissement, un peu comme les normes qui régissent officieusement la vie en société au sein d'une collectivité. Cependant, dans le cas de la sous-culture carcérale, bon nombre des valeurs et des croyances sur lesquelles elle s'appuie proviennent en fait de la culture de la « rue ». Quand ils arrivent en établissement, les délinquants apportent avec eux leurs comportements influencés par la criminalité, leurs valeurs, leurs fréquentations, leur structure sociale, leur jargon, leurs règles, leurs sanctions, etc. De plus, la sous-culture carcérale continue de les influencer, au moins partiellement, quand ils retournent dans la collectivité.
La forme que prend la culture carcérale évolue d'un jour à l'autre selon ce qui se passe ce jour-là, et selon les pressions qui sont exercées à partir de l'externe. Ce code non écrit occupe une plus grande place dans les établissements à sécurité maximale, et devient plus difficile à percevoir à mesure que le niveau de sécurité d'un établissement diminue, ce qui signifie qu'il est plus difficile à percevoir dans un établissement à sécurité minimale ou dans un milieu non carcéral. Les délinquants ne sont pas toujours conscients de l'existence de ce code, mais le respectent intuitivement.
Selon le code carcéral, un délinquant :
Le fait d'enfreindre une de ces règles peut avoir des conséquences désastreuses. Par exemple, le délinquant peut :
Le code pousse aussi les délinquants à se méfier des personnes avec lesquelles ils s'associent. Par exemple, la sous-culture carcérale apprend aux délinquants à :
Avec l'arrivée de nouveaux jeunes délinquants, ce code de conduite n'est plus aussi strictement appliqué. En conséquence, les règles du code carcéral actuelles semblent surtout faire l’objet de « belles paroles ». Dans le milieu carcéral actuel, il convient donc de plus en plus de « donner l'impression » de respecter le code, et non de le respecter véritablement. Par exemple, un délinquant peut se montrer hostile envers un employé du SCC ou se quereller avec lui devant les autres délinquants, mais se montrer agréable avec cet employé pendant une escorte à l'extérieur. Les délinquants sont toujours préoccupés de l'image qu'ils projettent, et souhaitent sauver les apparences quand ils sont en présence de leurs pairs.
Une hiérarchie unique s'établit entre les délinquants de chaque établissement. Cette hiérarchie existe malgré les stratégies et les efforts déployés par le SCC pour éliminer les influences criminelles négatives. Chaque délinquant trouve sa place dans la structure sociale, et celle-ci dicte le comportement des délinquants. La hiérarchie permet aussi de déterminer les peines qui seront infligées aux délinquants qui violent les normes acceptées et les règles en matière de comportement. La hiérarchie oblige les délinquants à définir leur identité par rapport aux autres, qu'ils le veuillent ou non.
La sous-culture qui prend naissance au sein d'un établissement provient actuellement essentiellement de la « rue ». Les délinquants apportent avec eux dans le milieu carcéral leurs comportements influencés par la criminalité, leurs valeurs, leurs fréquentations, leur structure sociale, leur jargon, leurs règles et leurs sanctions. La sous-culture carcérale ou le système social constitue en fait un prolongement logique de la vie des délinquants dans la collectivité. Une fois à l'intérieur, les délinquants dont le comportement est influencé par la criminalité tentent de créer et de maintenir une infrastructure qui correspond à leurs besoins, valeurs et attitudes.
La structure sociale et la hiérarchie qui prennent naissance, qui sont acceptées et qui sont alimentées sont celles qui correspondent le mieux aux besoins, intérêts et valeurs des membres, particulièrement des membres qui détiennent le pouvoir et qui exercent une grande influence
La hiérarchie entre les délinquants prend habituellement la forme suivante :
Voici une description des rôles de chacun des types de délinquants de la hiérarchie :
On trouve habituellement, au sommet de la hiérarchie, un (1) délinquant, mais parfois deux (2) délinquants ou plus, qui exerce la plus grande influence ou le plus grand pouvoir. Il s'agit habituellement de délinquants qui jouent un rôle important dans le contrôle général de l'économie et de la population carcérales. Il arrive, à l'occasion, que les leaders les plus imposants s'allient pour exercer plus de pouvoir. Ces leaders constituent à eux seuls un problème pour le personnel puisqu'ils ont recours aux services des « suiveux », qui prennent tous les risques associés à des activités criminelles. Les leaders donnent l’impression de respecter les règlements de l'établissement et évitent habituellement de confronter inutilement le personnel.
Tout de suite après les leaders viennent les groupes qui les appuient. Ils sont composés des conseillers et des gros bras. Les conseillers participent au maintien et à l'organisation des activités criminelles entre les détenus et les délinquants « dans la rue ». Il peut s'agir simplement de manipulateurs habiles qui peuvent organiser et contrôler les « suiveux ». Les gros bras, pour leur part, sont surtout des délinquants qui utilisent l'intimidation et la violence pour aider les leaders à atteindre leurs buts.
Les « suiveux » et la classe moyenne des délinquants constituent le groupe le plus important de délinquants. Ils respectent habituellement les règles fondamentales de l'établissement et participent à divers degrés aux programmes correctionnels afin de profiter des possibilités de mise en liberté sous condition. Pour éviter les sanctions disciplinaires officielles, les membres de ce groupe se comportent habituellement de façon à ne pas attirer délibérément l'attention sur eux.
Ce sont habituellement les membres de ce groupe qui font vivre l'économie souterraine de l'établissement. Certains membres jouent aussi un rôle mineur dans les activités des leaders (p. ex. passer de la drogue, surveiller les autres, posséder ou cacher des armes pour les gros bras, surveiller le personnel du SCC).
Divers types de délinquants jouent ce rôle au sein de la hiérarchie. Il peut s'agir de nouveaux délinquants qui ne connaissent pas les règles et la structure sociale. Ils sont donc souvent ciblés et exploités, particulièrement par des délinquants qui occupent un niveau supérieur dans la structure sociale.
Les jeunes délinquants, durs à cuire et violents, qui cherchent un groupe avec lequel s'associer, entrent aussi habituellement dans cette catégorie. En raison de leur comportement, ils sont moins susceptibles d'être exploités ou de devenir des victimes. C'est aussi dans ce groupe que l'on trouve les solitaires, qui paient parfois pour qu'on les laisse tranquilles, ainsi que les délinquants plus âgés qui ont vieilli, mais qui ont encore suffisamment de pouvoir, et dont la réputation ou le statut leur permet de rester à part.
Dans cette catégorie entrent les délinquants qui ont enfreint le « code » ou les règles tacites de la sous-culture carcérale, ou ceux qui ont joué le rôle d'informateur auprès du personnel. On trouve aussi souvent, dans cette catégorie, les délinquants qui sont perçus comme ayant des liens trop étroits avec le personnel, ainsi que les délinquants qui ont des problèmes de santé mentale ou des besoins particuliers.
En général, ce groupe est composé des délinquants rejetés, différents ou discrédités. Ils sont généralement mis à l’écart par les autres délinquants, ils n'ont ni pouvoir, ni statut particulier. En conséquence, il s'agit du groupe de délinquants le plus exploité et le plus souvent victime de violence.
Tout au bas de la hiérarchie se trouvent les exclus. Les membres de ce groupe font rarement partie de la population carcérale en général, ou en font partie de façon temporaire. Ils sont habituellement en isolement protecteur afin de garantir leur propre protection. Il s'agit souvent de délinquants qui purgent une peine pour des crimes inacceptables, comme un infanticide ou meurtre d'un enfant, un acte de pédophilie ou une agression sexuelle sur un enfant, ou de délinquants qui ont violé à répétition le code des délinquants ou qui sont d'anciens agents d'exécution de la loi. Un délinquant qui fait partie de ce groupe et qui souhaite améliorer sa position dans la hiérarchie doit blesser ou tuer un membre de son groupe.
De nombreux facteurs ont une incidence sur la place qu'occupe une personne dans la hiérarchie. Cette place n'est pas fixe. Tous les délinquants peuvent monter ou descendre dans la hiérarchie, selon leur comportement dans l'établissement. Certains actes, certains comportements ou certains facteurs sont considérés par le reste de la population carcérale, particulièrement par les leaders, comme des éléments permettant d'améliorer le statut ou d’empirer le statut.
De nombreux facteurs peuvent améliorer le statut d'un délinquant au sein d'un établissement.
Tout comme les facteurs qui améliorent le statut d'un délinquant au sein d'un établissement, il existe des facteurs qui peuvent empirer le statut d'un délinquant.
Lorsqu'un délinquant est transféré d'un établissement à un autre ou mis en liberté dans la collectivité, il se crée un vide au sein de la hiérarchie de l'établissement qu'il quitte. S'il est transféré dans un autre établissement, sa place dans la hiérarchie du nouvel établissement dépendra du statut et du pouvoir qu'il aura acquis au préalable. Le statut d'un délinquant n'est pas transférable automatiquement.
Des changements dans la hiérarchie peuvent aussi survenir à la suite de luttes de pouvoir entre leaders ou gangs rivaux. Selon les résultats du conflit, une importante restructuration de la hiérarchie de l’établissement pourrait avoir lieu.
Lorsqu'il se crée un vide dans la hiérarchie, le délinquant qui part peut avoir déjà formé son remplaçant, qui est habituellement prêt à assumer ses nouveaux rôles et ses nouvelles responsabilités avant même le départ du délinquant.
La monnaie d'échange sur laquelle repose l'économie carcérale est constituée de biens que les délinquants n'ont pas le droit d'avoir en leur possession ou de biens accessibles en quantité limitée. En établissement, les délinquants ne peuvent avoir accès facilement à certains types d'amusement et de loisirs dont ils profitaient quand ils vivaient en collectivité.
Le fait d’être incarcéré n’empêche pas un délinquant de vouloir certains biens ou services. L'économie carcérale existe pour répondre aux exigences nombreuses et variées des délinquants, qui jouent le rôle de consommateurs.
Le SCC doit fournir aux délinquants les biens de première nécessité dont ils ont besoin pour vivre, comme de la nourriture, un toit, des vêtements et des soins médicaux. Les délinquants reçoivent aussi une allocation ou une paie qui leur permet de s'acheter des biens personnels, comme des gâteries provenant de la cantine, des objets dont ils ont besoin pour leurs travaux manuels, ou d'autres objets personnels qu'ils utiliseront dans leur cellule.
L'économie carcérale va au-delà des biens et des services fournis par le SCC et des objets que les délinquants se procurent grâce à leur paie. Dans le milieu carcéral, une personne qui a le sens des affaires peut faire du profit et améliorer sa situation dans la hiérarchie.
Comme les délinquants incarcérés ne peuvent avoir de l'argent en leur possession, sauf dans les établissements à sécurité minimale, la monnaie d'échange est composée des biens ou des services qui ont de la valeur pour un autre délinquant. Pour acheter quelque chose, un délinquant peut fournir un bien qu'il possède, offrir un service, ou mettre une de ses compétences à la disposition du vendeur. Les biens personnels regroupent tous les biens qu'un délinquant peut avoir en sa possession. Un délinquant peut aussi mettre à la disposition du vendeur une compétence en particulier qu'il possède, par exemple faire un tatouage, fabriquer de l'alcool de façon artisanale, fournir un conseil juridique, fabriquer une arme, etc. Pour rendre un service, un délinquant peut faire des courses pour le vendeur, conserver ou entreposer des objets interdits ou non autorisés, offrir des faveurs sexuelles, etc.
Les articles les plus recherchés sont la drogue, l'alcool de fabrication artisanale ou l'alcool frelaté (que l'on appelle aussi « moonshine »), ainsi que les cigarettes et les produits du tabac. Pour se procurer ces articles, les délinquants offrent habituellement en échange des articles provenant de la cantine, des articles utilisés pour les travaux manuels et des biens personnels, ce qui fait que ces éléments ont aussi une grande valeur. Les biens personnels et certains articles utilisés pour les travaux manuels appartiennent toujours à une personne en particulier. Si les autorités apprennent que le délinquant qui a l'un de ces articles en sa possession n'en est pas le véritable propriétaire, elles confisquent l'article et retrouvent son véritable propriétaire. Si elles sont incapables de le retrouver, l'article devient un bien de la Couronne, et il est aliéné.
Maintenant que nous avons décrit le fonctionnement de l'économie carcérale, nous examinerons son incidence sur la sécurité d'un établissement, sur la population carcérale et sur les employés et toutes les autres personnes qui travaillent dans un établissement carcéral ou dans ce milieu.
De nombreux délinquants sont exploités dans le cadre de cette économie. Les délinquants qui consomment et distribuent les biens au cœur de l'économie carcérale subissent des pressions pour effectuer des paiements et verser des intérêts, ce qui peut entraîner d'importants problèmes pour les délinquants, mais aussi pour l'établissement.
Si un délinquant contracte une dette, il doit rembourser le capital et les intérêts dans la semaine qui suit, ou avant une date bien précise. S'il échoue, il se voit imposer un taux d'intérêt de 100 % par semaine, ce qui fait augmenter sa dette rapidement et le rend finalement incapable de la rembourser.
Les délinquants qui ont des problèmes à rembourser leurs dettes ont parfois recours à des solutions qui les poussent à voler auprès de délinquants plus faibles ou à se bagarrer avec eux, à participer au trafic de drogue (y compris à exercer des pressions sur leur conjoint et les membres de leur famille pour qu'ils leur apportent de la drogue ou de l'argent), à devenir informateurs pour l'établissement, à demander d'être placés en isolement protecteur, et même à demander l'aide de délinquants plus puissants ou à s'adresser à des usuriers, ce qui fait d’eux des membres encore plus actifs de la sous-culture carcérale.
Un délinquant qui vit ces difficultés ne peut se concentrer sur son plan correctionnel, ni participer à des programmes. Le SCC ne peut donc jouer son rôle, qui consiste à aider le délinquant à devenir un citoyen respectueux des lois et à l'aider à participer à des programmes qui réduiront le risque qu’il présente pour la société.
Il n'y a pas que les délinquants qui peuvent subir de l'intimidation et de la manipulation. Les employés de l'établissement et les autres personnes qui y travaillent, les bénévoles, et même les conjoints et les membres des familles des délinquants peuvent aussi subir de l'intimidation ou de la manipulation de la part d'un délinquant incapable de rembourser ses dettes, ou d'un délinquant qui se trouve au sommet de la hiérarchie.
Un délinquant qui souhaite obtenir de la drogue ou d'autres biens dispose de plusieurs méthodes pour parvenir à ses fins. Le SCC dispose aussi de méthodes et de techniques pour empêcher ce trafic, mais celles-ci ne sont pas absolument sûres. Parmi les méthodes et les outils employés pour détecter et intercepter la drogue, mentionnons les détecteurs ioniques, les chiens-détecteurs de drogue, les fouilles et l'observation par le personnel. Les délinquants informateurs peuvent aussi fournir de l'information au personnel, mais cette information et ses sources doivent constamment faire l'objet d'une vérification. S'il existe des motifs raisonnables de croire qu'un délinquant peut avoir de la drogue sur lui ou à l'intérieur de lui, ou qu'il en cache dans l'établissement, le SCC peut avoir recours aux cellules nues5, à des fouilles et, dans certains cas, à des radiographies effectuées sous l’autorité d’un professionnel de la médecine pour retrouver la drogue.
Un délinquant qui souhaite obtenir de la drogue dispose de divers moyens pour le faire. Un article, comme une balle de tennis ou une flèche contenant de la drogue, peut être lancé par-dessus le mur. Des visiteurs peuvent emporter de la drogue dans le cadre d'une visite, d'une visite familiale privée (VFP), ou d'un événement social ou familial. Les employés, les entrepreneurs, les bénévoles et toutes les personnes qui travaillent en milieu carcéral peuvent aussi être forcés de fournir de la drogue à un délinquant, ou manipulés à cette fin.
Vous devez donc savoir, en tant qu'entrepreneur, que cette situation existe. Le fait d’ignorer cette situation pourrait faire de vous et de tout membre du personnel ou bénévole au sein du SCC l'objet de tactiques de manipulation de la part d'un délinquant.
Toute personne qui travaille dans un établissement doit comprendre la dynamique de la manipulation par les délinquants et demeurer vigilante afin de reconnaître les comportements manipulateurs. Les entrepreneurs sont susceptibles d'être victime de manipulation de la part des délinquants, particulièrement s'ils travaillent pour la première fois en milieu carcéral. Même les entrepreneurs expérimentés qui ont déjà travaillé en milieu carcéral peuvent faire l'objet de manipulation de la part des délinquants.
Vous devez savoir comment s'y prennent les délinquants pour vous manipuler afin de vous inciter à commettre un geste contre votre gré. La devise à retenir est la suivante : Si cela vous semble incorrect, ça l'est probablement. Examinons maintenant plus en détail ce qu'est la manipulation et les moyens que vous pouvez prendre pour vous protéger.
La manipulation se définit comme suit :
Rappelez-vous que certains délinquants sont des manipulateurs hors pair. De plus, la manipulation se déroule en plusieurs étapes, et ne prend souvent pas la forme d'un incident unique. La manipulation suppose une série d'étapes qui peuvent éveiller vos soupçons si vous connaissez le déroulement d'une mise en place.
Une mise en place fonctionne parce que le délinquant a recueilli des renseignements à votre sujet et utilise des techniques de manipulation qui exploitent l'une de vos failles. Il peut s'agir d'une faille de nature physique, émotive, spirituelle ou financière. Il est donc très important que vous compreniez l'évolution de la manipulation et que vous sachiez de quelle façon réagir pour réduire vos risques d'être victime de manipulation.
Un délinquant qui tente de manipuler une victime franchira cinq étapes :
Voici un tableau qui illustre les cinq étapes :
LES CINQ ÉTAPES D'UNE MISE EN PLACE
Étape un : Observer
Dans le cadre de cette étape, le délinquant vous observe. Il s'attarde particulièrement à votre façon d'interagir avec le personnel et avec les autres délinquants, et il tente de cerner l'une de vos failles afin de l'utiliser à son avantage.
Étape deux : Choisir une victime
Dans le cadre de cette étape, le délinquant recueille et analyse de l'information sur la victime et discute de son plan d'action avec toutes les personnes qui participent à la mise en place.
Étape trois : Tester les limites
Dans le cadre de cette troisième étape, un ou plusieurs délinquants acceptent d'exploiter les failles de la victime. Cette étape se divise en sous-étapes progressives, au fil desquelles le délinquant cible constamment les failles de sa victime. Il souhaite ébranler la victime et trouver la faille qui lui permettra de profiter d'elle.
Un délinquant pourra avoir recours à plusieurs mécanismes de manipulation pour vous placer dans une situation compromettante. Voici quelques-uns de ces mécanismes. (Soulignons que ces techniques prennent diverses formes, et qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive) :
Étape quatre : Ébranler la victime et trouver une faille
Dans le cadre de la quatrième étape, la victime est ébranlée un peu plus chaque fois qu’elle est manipulée. Tout au long du processus, la victime est appelée à enfreindre progressivement des règles, des politiques et des règlements de plus en plus importants, et même la loi. Le délinquant renforcera son emprise sur la victime en recueillant suffisamment de preuves contre elle jusqu'à ce qu'il sente qu'il dispose de suffisamment d'éléments pour entreprendre la dernière étape de la manipulation.
Étape cinq : Commettre l'arnaque
La dernière étape, celle de l'arnaque, a lieu au moment où le délinquant sait qu'il a trouvé une véritable faille chez la victime. Il expliquera à la victime la situation qu'il a créée, et décrira les preuves qu'il possède contre elle. Le délinquant menacera ensuite la victime de tout divulguer si celle-ci ne satisfait pas à ses exigences. En général, le délinquant présente à la victime un choix sous forme d'ultimatum : la victime a le choix de satisfaire aux exigences du délinquant, ou de voir son mauvais comportement divulgué, ce qui la forcera à faire face aux conséquences.
Diverses raisons peuvent pousser un délinquant à adopter un comportement de manipulation. Comme vous connaissez les étapes de la manipulation, vous pouvez en reconnaître les signes et faire preuve de prudence.
Vous disposez de plusieurs stratégies pour décourager toute tentative de manipulation.
Indices paraverbaux
Indices non verbaux
Message clair
Comportement
Rappelez-vous : si vous avez l'impression d'avoir été manipulé ou que l'on a porté atteinte à votre intégrité, parlez à un représentant du SCC. Si vous acceptez de satisfaire aux exigences du délinquant, vous ne ferez qu'empirer votre cas. Il est toujours préférable pour vous d'informer le personnel d'une situation que de laisser celle-ci se poursuivre et s'aggraver.
Une autre façon de prévenir la manipulation est de connaître la situation actuelle ou l'état émotif des délinquants avec lesquels vous entrez en contact, particulièrement si vous établissez une relation de travail étroite avec eux.
Par exemple, si un délinquant avoue avoir vécu récemment une grande déception (p. ex. il s’est vu refuser une libération conditionnelle, ou il a d'importantes dettes dans l'établissement), il pourrait avoir un comportement changeant ou imprévisible. Il est donc à votre avantage de connaître les changements survenus récemment dans la vie des délinquants avec lesquels vous travaillez, particulièrement si vous devez travailler auprès d'eux dans des établissements.
Des entrepreneurs appelés à travailler auprès des délinquants dans des établissements devraient concevoir un système leur permettant de recevoir fréquemment des nouvelles des délinquants. Ils pourraient, par exemple, nouer des liens avec les membres de l'équipe de gestion des cas qui s'occupent de la libération conditionnelle du délinquant afin de s'assurer d’être mis au courant de tout renseignement pertinent qui pourrait avoir une incidence sur le bien-être émotif du délinquant de façon à être mieux en mesure de faire face à une crise. Ce type de renseignement peut aussi aider l'entrepreneur à éviter les tentatives de manipulation du délinquant.
Quel que soit l'établissement dans lequel vous travaillerez, vous devrez vous assurer, de disposer d'un système vous permettant d'avoir des nouvelles des délinquants avec lesquels vous travaillerez. Pour en savoir plus sur les façons d'obtenir ces renseignements précieux, adressez-vous aux employés du SCC avec lesquels vous avez des contacts, ou au responsable du projet.
Dans le cadre des tâches qui vous seront imparties à titre d'entrepreneur travaillant en milieu carcéral, vous serez appelé à entrer en contact avec des délinquants. Le SCC s'attend à ce que toute interaction avec les délinquants se déroule de façon professionnelle et respectueuse. En outre, vous devez respecter l'identité culturelle, le profil ethnique et racial et les croyances religieuses des délinquants, de même que leurs droits et libertés fondamentales en vertu de la loi. De plus, le fait d'établir et de maintenir des liens professionnels avec les délinquants vous aide à vous protéger des situations compromettantes.
Afin de maintenir des relations professionnelles avec les délinquants, vous devez apprendre certains traits qui caractérisent le comportement de tous les délinquants. Le fait de comprendre leurs actes pourra vous aider à savoir comment agir de façon professionnelle avec eux.
Les délinquants n'ont pas tous le même profil, mais le comportement de la plupart d'entre eux se caractérise par des traits communs puisque la vie en établissement influe sur le comportement des délinquants. Voici certains des traits communs qui caractérisent le comportement des délinquants :
Les délinquants sont enfermés et vivent beaucoup plus de frustrations et de stress que la population en général. Par exemple, les délinquants doivent faire face à :
Les entrepreneurs qui ont des contacts avec des délinquants, ainsi que leurs employés et leurs sous-traitants, doivent comprendre que les délinquants, comme tout être humain, ont des problèmes et des besoins. Bien souvent, les délinquants n'ont pu profiter d'un foyer stable et n'ont pu acquérir une estime d'eux-mêmes et un sentiment d'appartenance ou d'engagement envers la collectivité, et n'ont pas connu la sécurité financière. Dans certains cas, ces manques les ont poussés à adopter un comportement criminel.
Le fait d'être conscient de ces aspects peut vous aider à agir de façon plus professionnelle avec les délinquants. Veillez à concevoir des techniques qui vous seront propres et qui vous permettront de demeurer professionnel même quand vous ferez face à un comportement négatif de la part d'un délinquant.
Afin de prendre les précautions nécessaires, vous devez connaître le milieu correctionnel et les risques pour la santé auxquels un délinquant peut être exposé, ou les problèmes de santé qu'il peut connaître.
Certains délinquants sont atteints, au moment de leur arrivée dans un établissement fédéral, d'un problème physique et psychologique qui peut constituer un risque pour eux, mais aussi pour les employés et pour les autres intervenants. Dans les établissements, certains délinquants présentent un risque élevé de contracter une maladie infectieuse comme le VIH/sida, l'hépatite A, B et C, et la tuberculose. Des recherches ont révélé que bon nombre des délinquants ont un problème de toxicomanie et ont de graves troubles mentaux qui exigent un traitement spécialisé.
Les antécédents médicaux des délinquants sont protégés par le secret professionnel du médecin.
Voici un aperçu des problèmes de santé les plus courants en milieu carcéral.
Les femmes et les hommes incarcérés présentent un risque élevé de contracter le VIH/sida, l'hépatite et d'autres maladies infectieuses en raison des comportements à risque élevé qu'ils adoptent avant leur incarcération et une fois en établissement. Parmi les comportements à risque élevé, mentionnons l'échange de seringues, de matériel de tatouage et de piercing, de pipes à crack et de pailles (pour renifler des drogues), et les relations sexuelles non protégées. Ces maladies sont des infections transmises sexuellement et par le sang, et ne constituent pas une menace pour les personnes qui ont des contacts occasionnels avec les personnes infectées.
Par contre, la tuberculose, elle, se transmet par l'inhalation de germes par voie aérienne. Le fait qu'un grand nombre de personnes partagent des locaux et vivent dans un lieu confiné, comme un établissement carcéral, favorise la transmission des maladies transmissibles par voie aérienne.
Dans certains cas, les bénévoles et les entrepreneurs doivent remettre au SCC de la documentation sur leur statut de base à l'égard de la tuberculose avant de commencer à travailler dans un établissement du SCC. Des évaluations additionnelles, comme un test de dépistage annuel, peuvent également être requises pour les personnes qui ont un contact direct et prolongé avec les délinquants.
Si vous voulez en savoir plus sur les enjeux en matière de santé, communiquez avec un représentant du SCC. Il peut vous fournir les politiques et les lignes directrices particulières qui vous permettront d'éviter de vous exposer à des maladies infectieuses dans le milieu carcéral.
Le taux de maladies mentales est plus élevé chez les prisonniers que dans la population en général. Les délinquants qui souffrent de troubles mentaux ont des difficultés à s'adapter à la vie en établissement. Ils risquent davantage de tenter de se suicider ou de s'automutiler. Généralement, il leur faut une aide plus intensive pour mener à bien le processus de réinsertion sociale car ils ont souvent besoin de services de soutien additionnels dans la collectivité, par exemple, un logement spécialisé et des séances de counseling supplémentaires. Malheureusement, il existe peu de services communautaires conçus pour ces délinquants, et c'est un obstacle à leur admissibilité à leur mise en liberté sous condition.
Environ 19 % des délinquants souffrent d'un trouble mental susceptible d'exiger une intervention spécialisée. Lorsqu'ils arrivent dans un établissement du SCC, les délinquants sont évalués afin que l’on puisse déterminer l'endroit où ils devraient être placés, et les traitements qui devraient leur être offerts.
Si vous avez des questions à propos des délinquants atteints de troubles mentaux, communiquez avec un représentant du SCC.
Pendant la période de votre contrat, vous pourriez faire face à une situation de crise ou d'urgence qui exigera la mise en pratique des mesures de gestion des conflits. Vous devez donc apprendre les règles et les règlements en vigueur dans l'établissement dans lequel vous travaillerez, ainsi que les procédures suivies par les employés pour limiter les dégâts et mettre fin à la situation en toute sécurité. Le fait de bien comprendre les enjeux en matière de sécurité dans le milieu correctionnel vous permettra de participer à votre propre protection en général, ainsi qu'à celle du personnel et des délinquants.
Si vous travaillez dans un établissement carcéral, vous pourriez être témoin de situations d'urgence, qui pourront découler d'actes commis par les délinquants ou non. Ces situations peuvent inclure des troubles importants ou peu importants, des agressions et des prises d'otages, et des situations de siège. Devant de telles situations, le SCC prend des mesures qui ont les objectifs suivants :
Le personnel du SCC a reçu une formation sur la gestion de crises et sait comment réagir en situation d'urgence. Si une telle situation survient, tous les entrepreneurs doivent obéir aux directives que leur donnera le personnel et demeurer dans les endroits qui leur sont assignés, à moins d'indication contraire.
Si vous êtes seul au moment où vous faites face à la situation, par exemple parce que vous vous trouvez seul avec un délinquant dans un bureau privé, diverses stratégies peuvent vous permettre de vous protéger.
Certains entrepreneurs et employés du SCC utilisent un dispositif d'alarme personnel portatif. Ce type de dispositif est :
Si les tâches qui vous sont imparties exigent que vous portiez sur vous un dispositif d'alarme personnel portatif, vous devez en vérifier le fonctionnement au début de chaque quart de travail. La vérification doit être effectuée à l'endroit de l'affectation de chaque dispositif, et les résultats doivent être consignés. Soulignons que les dispositifs d'alarme personnels portatifs qui sont désignés pour des endroits en particulier ne devraient être déplacés qu'en cas de défaillance.
Il est INTERDIT aux délinquants d'avoir en leur possession un dispositif d'alarme personnel portatif. Tout cas doit être signalé immédiatement aux autorités du SCC.
Si vous devez être équipé d'un dispositif d'alarme personnel portatif, celui-ci doit être ouvert en tout temps pendant votre quart de travail. Soulignons aussi que toutes les alarmes seront considérées comme fondées. Vous devez donc utiliser l'alarme uniquement en cas d'urgence fondée, ou aux fins de la vérification au début de votre quart de travail.
Si vous n'avez pas à être équipé d'un dispositif d'alarme personnel portatif, il pourrait vous être utile de savoir quels sont les personnes qui vous entourent et qui en possèdent un. Si l'une de ces personnes se trouve près de vous à un moment où vous êtes témoin d’une situation d'urgence, vous pourrez l'aviser.
On trouve, au sein des établissements, des dispositifs d'alarme fixes situés à divers endroits. Ce type de dispositif est :
Demandez à votre représentant du SCC si un dispositif d'alarme fixe est installé à l'endroit où vous travaillerez et, le cas échéant, où il se trouve. Vous devez utiliser ce dispositif uniquement en cas d'urgence, ou au besoin, à des fins de vérification, puisque toute alarme sera considérée comme fondée.
Un conflit interpersonnel se définit comme un conflit entre les intérêts, les valeurs, les actes ou les attitudes de deux personnes ou plus. Les conflits interpersonnels font partie de la vie et sont inévitables. Dans un établissement, où des délinquants agissent souvent de façon imprévisible, le fait de savoir comment gérer adéquatement un conflit interpersonnel peut vous aider à vous protéger, à protéger le personnel du SCC et à protéger les délinquants.
Pendant la durée de votre contrat, vous pourriez être témoin ou victime d'un comportement agressif ou hostile de la part d'un délinquant. Vous devrez être en mesure de réagir efficacement, tout en limitant les risques de blessure. Vous devrez aussi absolument rester calme, que vous soyez témoin de l'incident ou touché par celui-ci. En outre, si vous obtenez des renseignements ou si vous êtes témoin d'une situation qui risque de compromettre la sécurité d'une personne, vous devez en aviser immédiatement le personnel. Dans la plupart des cas, le personnel fera tout en son pouvoir pour désamorcer la situation.
Cependant, si vous être seul et qu'il n'y a pas de membres du personnel à proximité, vous devrez régler la situation vous-même.
Si l'incident implique un délinquant qui semble en crise au point d'être incapable de raisonner, vous pouvez, si vous le jugez opportun, désamorcer la situation efficacement et en toute sécurité, et de façon professionnelle. Pour ce faire, vous aurez besoin de compétences et de stratégies efficaces d'intervention en situation de crise.
Une fois que vous aurez désamorcé la situation, vous pourrez commencer à gérer le conflit qui a entraîné le comportement émotif. Pour ce faire, vous devrez utiliser efficacement des aptitudes de résolution de problème. Le fait de réussir à désamorcer les émotions d'une autre personne peut aider à s'allier cette personne dans le processus de résolution de problème.
Une fois l'incident réglé, vous devez le signaler au personnel du SCC.
Pour désamorcer efficacement une situation, vous devez connaître les diverses étapes du cycle de crise. Une fois que vous aurez déterminé à quelle étape vous êtes rendu, vous pourrez choisir la meilleure stratégie pour désamorcer la situation.
| Étapes du cycle de crise | Signaux d'avertissement |
|---|---|
| Début de l'étape défensive |
|
| Plus loin dans l'étape défensive - perte de la rationalité |
|
| Étape défensive : intimidation |
|
| Étape à la limite de la crise |
|
De nombreux comportements sont à éviter si l'on ne veut pas qu'une crise s'envenime et dégénère en affrontement physique. Il s'agit des comportements suivants :
Si vous vous retrouvez face à un délinquant en crise ou sur le point de l'être, vous pouvez adopter diverses stratégies pour le calmer pour réduire les risques de confrontation physique :
Les prises d'otages peuvent se produire dans un établissement ou dans la collectivité. Il s'agit d'un événement plutôt rare, mais vous devez savoir comment agir en cas de prise d'otages. Vous apprendrez, dans les paragraphes qui suivent, comment appliquer des stratégies préventives afin de réduire les risques de prises d'otages et de séquestration, et comment adopter des comportements appropriés qui vous permettront efficacement de survivre en cas de prise d'otages et de séquestration.
Un délinquant qui décide de prendre quelqu'un comme otage peut le faire pour de nombreuses raisons, mais celles qui reviennent le plus souvent sont les suivantes :
Si vous êtes pris comme otage, vous devez adopter les stratégies suivantes :
Ces stratégies pourraient sauver votre vie si vous vous retrouvez un jour pris comme otage.
La séquestration à des fins sexuelles constitue une situation différente de la prise d'otages. Dans le cas d'un délinquant qui séquestre une personne à des fins sexuelles, on se sert habituellement de l'information suivante :
Des recherches ont révélé que l'agression sexuelle survient habituellement dans les 20 minutes qui suivent le début d'une séquestration si celle-ci est effectuée à des fins sexuelles. Le SCC essaie donc de mettre fin à l'incident avant que l'agression sexuelle ne survienne, ou que le délinquant soit en mesure de commettre une deuxième agression sexuelle.
Bien souvent, mais ce n'est pas toujours le cas, les délinquants qui séquestrent des victimes à des fins sexuelles correspondent au profil suivant :
Si vous êtes une femme et que vous travaillez auprès de délinquants qui correspondent à ce profil, vous devriez être particulièrement prudente.
L'agression sexuelle d'un membre du personnel d'un établissement carcéral est un phénomène rare et n'est commis que par une faible minorité de délinquants. Cependant, une seule de ces agressions peut avoir des effets dévastateurs.
Si vous vous retrouvez dans une position qui vous pousse à craindre qu'un délinquant tente de vous séquestrer à des fins sexuelles, vous pouvez utiliser diverses stratégies pour éviter que cela ne se produise. Voici ces stratégies :
Il s'agit d'exemples de mesures et de comportements que vous pouvez adopter pour réduire les risques d'être séquestrée. Rappelez-vous surtout que tant que le délinquant n'a pas la maîtrise de votre personne, vous pouvez résister plus activement (faire du bruit ou appeler à l'aide, appuyer sur votre dispositif d'alarme personnel portatif, utiliser le téléphone, etc.).
Si vous êtres séquestrée à des fins sexuelles, vous pouvez adopter certaines stratégies pour éviter d'être blessée davantage ou agressée de nouveau en attendant de l'aide ou une occasion de vous enfuir. Il s'agit des stratégies suivantes :
Cependant, si le délinquant vous menace avec une arme ou un couteau, vous devrez faire des choix difficiles. Par exemple, si le délinquant vous menace avec un couteau, vous devrez faire le choix suivant :
Si le délinquant n'a pas de couteau ou s'il ne vous maîtrise pas physiquement, vous pouvez avoir d'autres réactions; vous pouvez, par exemple, crier, hurler, vous réfugier derrière le bureau, utiliser un objet pour vous défendre, discuter avec le délinquant de ses intentions, etc.
Si le délinquant s'apprête à vous agresser sexuellement, dites-lui clairement que vous ne voulez pas être agressée. Changez de sujet, par exemple en demandant de l'eau ou une cigarette, en demandant d'aller à la toilette, en pleurant, en faisant mine de vous évanouir ou en vous débattant, selon les circonstances.
Si une équipe d'intervention en cas d'urgence est envoyée sur les lieux, vous devez vous laisser tomber sur le sol à l'endroit
où vous vous trouvez et ne tenter de vous sauver ou de vous cacher.. Il pourrait y avoir beaucoup de bruit, et des gaz lacrymogènes pourraient être employés.
Des personnes devraient vous retirer de l'endroit rapidement et vous laisser prendre une douche et vous laver, et consulter du personnel
médical.
Rappelez-vous que la prévention demeure votre meilleure défense.
Les personnes qui survivent à une prise d'otage et à une séquestration peuvent présenter divers symptômes par la suite, dont :
Les survivants présentent bien souvent plusieurs de ces symptômes. Cependant, bon nombre d'entre eux retournent au travail après quelques semaines, et la plupart, dans les 12 mois qui suivent.
Le soutien de la famille, des amis, des collègues et de l'administration peuvent favoriser la guérison psychologique.
Sachez que le SCC dispose d'une politique d'aide après un incident critique, et que les entrepreneurs, comme les employés,
peuvent profiter du Programme d'aide aux employés (PAE), dans le cadre duquel ils peuvent recevoir des services de counseling à court
terme à propos de divers enjeux, et se voir recommander du counseling à long terme. Les membres de la famille immédiate
des employés et des entrepreneurs (conjoints et enfants) ont aussi accès à ces services.
Rappelez-vous : Chaque fois que vous faites face à une situation d'urgence, de crise ou de conflit, demandez l'aide d'un employé, ou informez-en un employé le plus rapidement possible.
| ASPECTS GÉNÉRAUX | CONSEILS |
|---|---|
| Milieu carcéral |
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| Sécurité |
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| Code des délinquants et sous-culture carcérale |
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| Tactiques de manipulation |
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| Communication |
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| Relations professionnelles avec les délinquants |
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| Santé |
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| Conflit |
|
| Obtention d'aide ou de conseils |
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1 Pour connaître en détail la structure des établissements du SCC, voir le module 1, section 6.6 « Milieux physiques du SCC ».
2 Pour en savoir plus sur le profil des délinquants, voir le module 1, section 6.7.
3 Il est important de souligner que cette liste n'est d'aucune façon exhaustive et qu'elle ne contient que quelques éléments. Votre jugement joue un rôle crucial quand vient le temps d'interagir avec des délinquants dans un établissement et de garantir votre sécurité, ainsi que celle de votre milieu de travail, des employés qui vous entourent et du grand public. Faites part de toutes vos questions et préoccupations à votre représentant du SCC, au responsable du projet ou à un employé chevronné du SCC.
4 Soulignons que l'explication de la hiérarchie entre les délinquants fournie dans le présent document constitue uniquement un outil visant à illustrer un phénomène social très complexe. Il ne s'agit absolument pas d'une analyse approfondie de la question.
5 Une cellule nue est une forme d'installation sanitaire qui permet au personnel du SCC de recueillir et d'examiner les matières fécales d'un délinquant afin de trouver de la drogue ou des articles que le délinquant aurait préalablement ingérés.
6 Pour de plus amples renseignements, voir la Directive du commissaire 567-2 « Utilisation des dispositifs d'alarme et intervention en cas d'alarme », qui se trouve sur l'Infonet du SCC, ou que le responsable de votre projet peut vous fournir sur demande.