Caractéristiques des délinquants inscrits aux programmes de formation scolaire
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Une récente étude américaine a mis en évidence des différences
intéressantes entre les détenus inscrits et non inscrits aux programmes de formation en
milieu carcéral. Entre autres, les détenus inscrits à ces cours sont
généralement plus âgés, ils sont souvent célibataires et purgent
une peine de moins de cinq ans.
Des 230 répondants admis en établissement sans diplôme d'études
générales équivalent, ou sans diplôme d'études secondaires, 64 %
d'entre eux avaient obtenu ce diplôme d'études générales équivalent
après leur admission, 5 % suivaient des cours de niveau primaire ou secondaire et 31 % ne
suivaient aucun cours. Aux fins de l'étude, ceux qui avaient obtenu leur diplôme
d'études générales équivalent en établissement et ceux qui
suivaient présentement des cours avaient été regroupés pour former le
groupe des « détenus en formation » (nombre: 159). Ceux qui ne possédaient
pas de diplôme d'études générales équivalent et ne suivaient aucun
cours composaient le groupe témoin (nombre : 71). Graphique ![]() Environ 80 % des détenus inscrits aux cours étaient âgés de 25 ans ou plus comparativement à 57,1 % de ceux qui ne fréquentaient pas l'école. Plus des trois quarts des détenus en formation n'étaient pas mariés comparativement à 63,4 % du groupe témoin, et quelque 83 % des détenus du premier groupe avaient un ou deux enfants, comparativement à 69 % chez le groupe témoin. Au sujet du statut des prisonniers, plus des deux tiers de ceux qui fréquentaient l'école avaient passé plus de cinq ans en prison alors que la majorité du groupe contrôle était incarcérée depuis cinq ans ou moins. En règle générale, les détenus en formation étaient plus susceptibles d'avoir également participé à des programmes autres que les programmes scolaires, dont le programme de lutte contre la violence, mis en relief de façon notoire par les statistiques. Près de la moitié de ceux qui fréquentaient l'école avaient participé à ce programme comparativement à 16,4 % des membres du groupe témoin. Peut-être faut-il conclure que les détenus qui fréquentent l'école sont en général mieux disposés à profiter de tous les programmes qu'offre un établissement. En ce qui a trait au soutien familial et aux altitudes, 55,8 % des détenus qui fréquentaient l'école indiquaient recevoir beaucoup de soutien de leurs amis et 91 % jugeaient le soutien familial important. Les statistiques équivalentes pour le groupe témoin étaient également élevées, quoique bien inférieures à celles du groupe expérimental. Il semble donc que pour accroître le degré de participation des détenus aux programmes de formation, il faille tenter d'y intéresser les jeunes détenus et ceux qui en sont à leur premier contact avec le système carcéral. De plus, au moment de l'étude, il était possible de gagner dix fois plus d'argent en travaillant pour l'industrie en milieu carcéral de l'État de New York qu'en participant à des programmes de formation. Il a donc été suggéré d'offrir les mêmes avantages financiers à ceux qui suivent des cours de formation afin d'accroître le nombre d'inscriptions. Dans les établissements du Service correctionnel du Canada, les échelles de salaire s'appliquent au travail et aux études, ce qui permet au détenu de gagner autant d'argent dans l'un ou l'autre domaine. La rémunération se fonde non pas sur le genre de travail mais sur la qualité du travail accompli. À la lumière des constatations de la présente étude, il semble que la politique consistant à offrir les mêmes avantages financiers puisse inciter une plus grande proportion de détenus ayant des obligations financières à poursuivre ou compléter leur formation tout en purgeant leur peine. (Glover, J.W. et Lotze, E.W. (1989). Prison Schooling: Who Gets Educated?, Journal of Correctional Education, 40, n° 3, 108-114.) |