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Caractéristiques des délinquants inscrits aux programmes de formation scolaire

Une récente étude américaine a mis en évidence des différences intéressantes entre les détenus inscrits et non inscrits aux programmes de formation en milieu carcéral. Entre autres, les détenus inscrits à ces cours sont généralement plus âgés, ils sont souvent célibataires et purgent une peine de moins de cinq ans.

À des fins de comparaison, un échantillon de 230 détenus, de l'établissement correctionnel d'Eastern New York a été divisé en deux groupes. Le premier groupe était composé des détenus présentement inscrits à un cours de formation de base des adultes ou à un programme d'études générales équivalent ou encore des détenus qui avaient obtenu leur diplôme d'études générales équivalent (GED) en établissement. Le second groupe était formé de détenus qui n'avaient pas obtenu leur diplôme d'études générales équivalent et qui ne suivaient aucun cours académique.

Des détenus choisis comme interviewers ont administré le questionnaire de groupe et en ont fait une lecture explicative. Les deux groupes étudiés ont fait l'objet de comparaisons portant sur certaines caractéristiques démographiques, sur le nombre de peines purgées antérieurement, sur la peine qui restait à purger, sur la peine qu'ils devaient encore purger avant de pouvoir se présenter devant la Commission des libérations conditionnelles, sur le dossier disciplinaire établi par l'établissement, sur la participation à d'autres programmes offerts en établissement, sur le réseau de soutien social ainsi que sur les attitudes à l'égard de la formation et de l'emploi.

L'échantillon était représentatif de la population carcérale de l'établissement ainsi que de la population carcérale de l'État en regard des caractéristiques telles que l'âge, la race, l'état matrimonial et la religion.

Résultats de l'enquête

Des 230 répondants admis en établissement sans diplôme d'études générales équivalent, ou sans diplôme d'études secondaires, 64 % d'entre eux avaient obtenu ce diplôme d'études générales équivalent après leur admission, 5 % suivaient des cours de niveau primaire ou secondaire et 31 % ne suivaient aucun cours. Aux fins de l'étude, ceux qui avaient obtenu leur diplôme d'études générales équivalent en établissement et ceux qui suivaient présentement des cours avaient été regroupés pour former le groupe des « détenus en formation » (nombre: 159). Ceux qui ne possédaient pas de diplôme d'études générales équivalent et ne suivaient aucun cours composaient le groupe témoin (nombre : 71).

Comme l'indique le graphique, les détenus qui fréquentaient l'école étaient en général plus âgés, célibataires et sans enfant, avaient passé plus de cinq ans en détention (incluant les peines purgées antérieurement), avaient participé au programme de lutte contre la violence offert par l'établissement, bénéficiaient du soutien de leurs amis et jugeaient important d'obtenir l'appui de leur famille.



Graphique
Graphique
Environ 80 % des détenus inscrits aux cours étaient âgés de 25 ans ou plus comparativement à 57,1 % de ceux qui ne fréquentaient pas l'école. Plus des trois quarts des détenus en formation n'étaient pas mariés comparativement à 63,4 % du groupe témoin, et quelque 83 % des détenus du premier groupe avaient un ou deux enfants, comparativement à 69 % chez le groupe témoin.

Au sujet du statut des prisonniers, plus des deux tiers de ceux qui fréquentaient l'école avaient passé plus de cinq ans en prison alors que la majorité du groupe contrôle était incarcérée depuis cinq ans ou moins. En règle générale, les détenus en formation étaient plus susceptibles d'avoir également participé à des programmes autres que les programmes scolaires, dont le programme de lutte contre la violence, mis en relief de façon notoire par les statistiques. Près de la moitié de ceux qui fréquentaient l'école avaient participé à ce programme comparativement à 16,4 % des membres du groupe témoin. Peut-être faut-il conclure que les détenus qui fréquentent l'école sont en général mieux disposés à profiter de tous les programmes qu'offre un établissement.

En ce qui a trait au soutien familial et aux altitudes, 55,8 % des détenus qui fréquentaient l'école indiquaient recevoir beaucoup de soutien de leurs amis et 91 % jugeaient le soutien familial important. Les statistiques équivalentes pour le groupe témoin étaient également élevées, quoique bien inférieures à celles du groupe expérimental.

Il semble donc que pour accroître le degré de participation des détenus aux programmes de formation, il faille tenter d'y intéresser les jeunes détenus et ceux qui en sont à leur premier contact avec le système carcéral. De plus, au moment de l'étude, il était possible de gagner dix fois plus d'argent en travaillant pour l'industrie en milieu carcéral de l'État de New York qu'en participant à des programmes de formation. Il a donc été suggéré d'offrir les mêmes avantages financiers à ceux qui suivent des cours de formation afin d'accroître le nombre d'inscriptions.

Dans les établissements du Service correctionnel du Canada, les échelles de salaire s'appliquent au travail et aux études, ce qui permet au détenu de gagner autant d'argent dans l'un ou l'autre domaine. La rémunération se fonde non pas sur le genre de travail mais sur la qualité du travail accompli. À la lumière des constatations de la présente étude, il semble que la politique consistant à offrir les mêmes avantages financiers puisse inciter une plus grande proportion de détenus ayant des obligations financières à poursuivre ou compléter leur formation tout en purgeant leur peine.



(Glover, J.W. et Lotze, E.W. (1989). Prison Schooling: Who Gets Educated?, Journal of Correctional Education, 40, n° 3, 108-114.)