La surveillance immédiate et la surveillance indirecte au sein des établissements correctionnels
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Les établissements correctionnels qui ont recours aux méthodes de surveillance
immédiate rapportent des contacts plus fréquents et moins hostiles entre le personnel
et les détenus, révèle une récente étude comparative des
établissements à surveillance immédiate et des établissements à
surveillance indirecte aux États-Unis. En outre, les établissements à
surveillance immédiate étaient plus souvent aménagés en milieux
correctionnels « doux » et « normalisés ». L'aménagement des établissement à surveillance indirecte
Le plus souvent, les établissements à surveillance indirecte sont pourvus d'un poste de
contrôle fermé en position centrale qui donne sur une salle commune entourée de
cellules individuelles (aménagement modulaire) ou de cellules ou dortoirs à multiple
occupation. Les cellules modulaires comptent normalement entre 48 et 60 lits qui sont répartis
en quatre ou cinq sous-unités. Les installations, les accessoires et la finition sont
durables; ils résistent aux dégradations par malveillance et sont fréquemment
utilisés, de même que les systèmes de communication et de verrouillage. L'aménagement des établissements à surveillance immédiate
L'aménagement des établissements à surveillance immédiate est comparable
à celui des établissements à surveillance indirecte, quoique des
matériaux de finition plus doux, comme des tapis et des meubles capitonnés, sont
fréquemment utilisés dans les établissements à surveillance
immédiate où les employés sont postés dans les unités
résidentielles mêmes, à proximité des détenus. Les établissements hybrides Certains établissements qui combinent la surveillance immédiate et indirecte sont dits hybrides. Par exemple, certains établissements sont dotés de postes de contrôle mais des agents sont également postés directement dans l'unité résidentielle; la finition et les accessoires peuvent être « doux » et résidentiels, ou plus « stricts » et institutionnels. La surveillance immédiate se distingue par la présence constante de l'agent de correction dans l'unité résidentielle. Le plan d'enquête La présente étude se penche sur divers aspects clés qui distinguent les établissements à surveillance immédiate de ceux à surveillance indirecte, à savoir la construction et les coûts de fonctionnement, la sûreté et la sécurité, l'incidence du milieu sur le comportement (par exemple, le taux de vandalisme lorsque la finition et les meubles sont « doux » ) et les questions d'aménagement (par exemple, la cellule individuelle comparée à la cellule à occupation multiple, les meubles et la finition). Les données ont été recueillies par le biais d'une enquête postale auprès des administrateurs d'établissements correctionnels et à la suite d'études de cas de pénitenciers et de prisons à surveillance immédiate et indirecte. L'enquête postale
Un questionnaire détaillé a été expédié aux administrateurs
de divers établissements à surveillance immédiate et indirecte, dont des
pénitenciers et des prisons. Il visait à recueillir des renseignements sur
l'établissement, sur son aménagement et son fonctionnement ainsi que de l'information
subjective, comme le degré de satisfaction au sein de l'établissement, les
problèmes et les fonctions du personnel. Les résultats de l'enquête postale
Les administrateurs ont coté les établissements à surveillance immédiate
beaucoup plus favorablement au chapitre de la sûreté, du degré de surveillance
exercée sur les détenus et du bien-fondé du recours à la surveillance
immédiate, des meubles « confortables » et non fixés et de la
quantité d'agréments dans lés cellules. Étonnamment, les administrateurs
des établissements à surveillance immédiate sont plus portés à
admettre les portes à barreaux, qui pourtant vont à l'encontre de la théorie du
milieu « normalisé » Les études de cas
Des études de cas approfondies ont été entreprises pour sept
établissements à sécurité moyenne (soit des pénitenciers et des
prisons à surveillance immédiate et indirecte). On a tenté de comparer des
échantillons d'établissements analogues (du point de vue de l'âge de
l'établissement, des effectifs, des programmes, etc.). On a également tenté de
contrôler d'autres variables comme le nombre d'employés par rapport au nombre de
détenus, l'hospitalité ou l'inhospitalité du milieu, la disponibilité des
ressources et la composition de la population carcérale.
Les résultats des études de cas Enquête sur le milieu physique
Aucune différence marquée n'a été notée quant aux dimensions des
cellules, à la répartition du personnel et au degré de confort (par exemple, la
température, les niveaux de bruit) au sein des établissements étudiés. Le
nombre d'employés par rapport au nombre de détenus semble dépendre des
programmes mis en oeuvre au sein de l'établissement, et non du type de surveillance. Le contrôle du comportement
Des données sur les contacts entre le personnel et les détenus n'ont été
recueillies que dans cinq des sept établissements étudiés (deux
pénitenciers à surveillance immédiate, deux prisons à surveillance
immédiate et une prison à surveillance indirecte). Il n'a pas été
possible d'obtenir de données à cet égard dans les deux autres
établissements (un pénitencier à surveillance immédiate et un
pénitencier à surveillance immédiate-hybride). Les questionnaires
Les détenus et le personnel de correction dans les sept établissements
étudiés ont respectivement rempli 612 et 264 questionnaires. Seuls les résultats
tirés des questionnaires distribués dans les pénitenciers ont été
retenus pour le présent article. La plupart des détenus de l'échantillon
étaient des hommes âgés d'entre 22 et 40 ans qui étaient
incarcérés depuis une période allant de six mois à deux ans. Les
employés qui ont répondu au questionnaire étaient également des hommes
âgés d'entre 22 à 40 ans; ils avaient poursuivi des études
supérieures et occupaient leur poste depuis un à cinq ans. Tableau 1
Les détenus sous surveillance immédiate rapportent davantage de contacts avec les agents et le personnel et trouvent ces contacts plus agréables et moins hostiles (voir le graphique). Ils sont également d'avis que le risque d'attaques et de bagarres entre les agents et les détenus est moindre et que l'incidence de vandalisme est faible. En outre, les agents de correction interviennent plus rapidement en cas d'urgence dans les pénitenciers à surveillance immédiate. En revanche, il faut souligner que les détenus dans les établissements à surveillance immédiate ont l'impression qu'ils courent davantage le risque d'être victimes d'attaques et d'agressions sexuelles aux mains d'autres détenus. Graphique ![]() Les détenus sous surveillance immédiate se plaignent moins souvent de leur état de santé. Dans l'ensemble, ils sont généralement plus satisfaits de l'aspect et de la propreté de leur chambre et de la salle commune. Par contre, ils trouvent que l'accès à certains services, comme les loisirs, les téléphones et les télévisions, laisse à désirer. Cette insuffisance des services est en partie attribuable au surpeuplement dans les pénitenciers à surveillance immédiate. Les résultats du sondage auprès du personnel des établissements à surveillance immédiate ont été moins reluisants. En général, les employés de ces établissements se sentent moins en sécurité que le personnel des établissements à surveillance indirecte; en particulier, ils ont signalé qu'ils courent un plus fort risque d'agression sexuelle, qu'ils se sentent moins en sécurité dans l'unité résidentielle et qu'à leur avis, il est plus difficile pour un détenu de communiquer avec un agent. Par contre, ils se sont déclarés plus satisfaits de l'aménagement du poste des agents de correction et des mesures de surveillance des espaces habitables et des aires de contrôle. Ils ont aussi signalé que les échanges entre les détenus et les agents sont plus fréquents. Les employés au sein des pénitenciers à surveillance indirecte ont nettement mieux coté les établissements quant au degré d'intimité possible dans certaines circonstances (douche, toilette, conversation avec un détenu), au bien-fondé de l'agencement des lieux (dans les chambres, pour les repas, pour les téléphones) et aux services offerts. Ces résultats sont peut-être en partie dus au surpeuplement dans les pénitenciers à surveillance immédiate. Conclusion
Dans l'ensemble, les contacts entre le personnel et les détenus au sein des
établissements à surveillance immédiate sont moins hostiles, plus
agréables et plus souvent amorcés par les détenus que ce n'est le cas dans les
établissements à surveillance indirecte. Par ailleurs, les agents de correction dans
les établissements à surveillance immédiate semblent passer plus de temps en
compagnie des détenus. Par contre, au sein des établissements à surveillance
indirecte, les employés passent plus de temps entre eux. Jay Farbstein & Associates, Inc. en collaboration avec Richard Wener, (1989). "A Comparison of 'Direct' and 'Indirect' Supervision Correctional Facilities - Final Report", National Institute of Corrections - Prison Division, United States Department of Justice. |
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