Le point sur la capacité d'évaluer le risque
En pratique, l'évaluation du risque posé par les délinquants sert à
structurer bon nombre des décisions prises par les autorités correctionnelles au sujet des
cotes de sécurité et de la détention, des libérations temporaires et
conditionnelles, des exigences de surveillance et de la participation des délinquants aux
programmes. Tout programme solide de gestion du risque repose sur la prise de décisions une fois
que tous les renseignements pertinents ont été envisagés.
Toutefois, un organisme correctionnel ne peut entreprendre d'évaluations du risque formelles que
dans la mesure où ses ressources le lui permettent. Il n'est donc pas surprenant que les
procédures d'évaluation objective aux fins de classification des délinquants
criminels se sont répandues à travers l'Amérique du Nord
(1). Le
passé La plupart des instruments d'évaluation utilisés de nos jours datent de la
fin des années 1970 et du début des années 1980. C'est le cas notamment de
l'inventaire du niveau de supervision (INS)
(2), de l'échelle d'évaluation du
risque du Wisconsin
(3), de la liste type de psychopathie (PCL)
(4), de
l'échelle des facteurs prépondérants (Salient Factor Score, SFS)
(5), de
la typologie dérivée de l'inventaire multiphasique de la personnalité du Minnesota
(IMPM)
(6) et de l'échelle d'information statistique générale sur la
récidive (ISR)
(7).
Bien que tous ces instruments fassent intervenir des techniques d'évaluation objectives et des
méthodes scientifiques, le milieu correctionnel les a accueillis froidement, les a mis à
contribution inégalement et, souvent, les a carrément abandonnés. Il semble que
dès que les inventeurs d'instruments d'évaluation quittent l'établissement, se
désintéressent un peu du fruit de leur labeur ou entreprennent d'autres recherches, les
outils qu'ils avaient élaborés risquent d'être remisés aux oubliettes. Le
présent Qu'en est-il donc de la capacité d'évaluer le risque en milieu
correctionnel? La réponse sommaire à cette question: «elle est meilleure qu'il y a
dix ans».
Les inventeurs de certains instruments ont révisé le fruit de leurs efforts afin d'aider
le milieu correctionnel à mieux comprendre et prédire le comportement
criminel
(8).
Cependant, si l'on demande simplement dans quelle mesure les autorités correctionnelles peuvent
désormais, grâce à ces outils, amenuiser l'incertitude des décisions
correctionnelles, la réponse est quelque peu moins encourageante. S'il est possible de
prédire l'issue avec davantage de certitude en employant n'importe lequel des instruments
susmentionnés, la variance inexpliquée pèse toujours plus dans la balance que les
éléments qui peuvent être expliqués.
Bien que ce soit là raison suffisante pour déchanter, cette situation laisse supposer que
la prochaine génération d'instruments d'évaluation du risque en milieu
correctionnel devra envisager l'évaluation comme un processus intégré faisant
intervenir diverses méthodes. Ainsi, si l'on pose plutôt la question «qu'a-t-on
appris de l'utilisation de ces instruments», on peut peut-être envisager avec davantage
d'optimisme la perspective de procédés plus sûrs d'évaluation du risque dans
un avenir prochain.
Pour relever les enjeux correctionnels des années 1990, il faudra des nouveaux instruments
d'évaluation (c'est-à-dire des évaluations faisant intervenir plusieurs
méthodes et facteurs de prédiction) et des ré-évaluations
systématiques
(9). Ces constatations sont particulièrement vraies dans le cas du
Service correctionnel du Canada, qui a récemment lancé une ambitieuse initiative
stratégique correctionnelle
(10). Ce projet jette les fondements d'une structure qui
permettra de décider de la priorité des programmes, de mettre ceux-ci en oeuvre et
d'affecter des ressources en vue de satisfaire les besoins des délinquants. Dans la mesure
où l'accent a été remis sur la réinsertion en toute sécurité
des délinquants, le Service correctionnel a reconnu le besoin de disposer d'un processus complet
et intégré d'évaluation des délinquants au moment de leur entrée dans
un établissement fédéral. Un nouveau processus d'évaluation des
délinquants à leur entrée en établissement, conçu et
élaboré par le Service correctionnel du Canada, constitue un exemple concret de cette
nouvelle orientation.
Avant de s'étendre sur le nouveau modèle, il est important de se pencher sur les
récents progrès faits par le Service correctionnel du Canada en ce qui concerne la mise en
application d'une évaluation systématique des risques et des besoins chez les
délinquants dans la collectivité. Cette découverte a servi de base et de coup
d'envoi à l'élaboration du processus d'évaluation des risques et des besoins chez
les délinquants à leur entrée dans un établissement fédéral.
La stratégie de gestion du risque sera de procéder à une évaluation au
moment de l'entrée en prison et d'établir un rapport avec les évaluations faites
pendant la libération conditionnelle (en employant le même langage et les mêmes
mots-clés). L'échelle d'évaluation des risques et des besoins dans la
collectivité Les chercheurs ont conclu qu'il existe un lien étroit entre le facteur des
antécédents criminels et la probabilité de récidive pendant la
libération conditionnelle, qu'il existe un lien constant entre la nature et le nombre des besoins
éprouvés par les délinquants et la probabilité de
récidive
(11), et, plus encore, que l'évaluation combinée des besoins et
des risques améliore sensiblement la mesure dans laquelle il est possible de prédire la
récidive
(12).
En octobre 1988, au cours d'un test pratique des nouvelles normes de supervision des détenus en
libération conditionnelle
(13), les gestionnaires de cas du Service correctionnel du
Canada ont eu recours à une méthode systématique d'évaluation des besoins
des délinquants, du risque de récidive et d'autres facteurs susceptibles d'influencer le
succès de la réinsertion sociale. Une échelle d'évaluation des risques et
des besoins dans la collectivité fut conçue, élaborée et mise en
application; elle faisait intervenir des renseignements propres à chaque cas sur les
antécédents criminels ainsi qu'un ensemble très important de facteurs liés
aux besoins aux fins de classification des délinquants sous juridiction fédérale
libérés sous condition
(14). L'évaluation du risque d'après les
antécédents criminels Pour évaluer le risque de récidive systématique
et soutenue, les gestionnaires de cas ont recours à l'échelle ISR qui a été
officiellement adoptée par la Commission nationale des libérations conditionnelles comme
grille d'évaluation du risque lié à la libération. L'échelle ISR
comprend un examen approfondi du casier judiciaire officiel de chaque délinquant. En outre, les
gestionnaires de cas consultent deux autres sources de renseignements sur les antécédents
criminels de façon que le degré de risque d'après les antécédents
criminels puisse être calculé de façon objective, fiable et exacte. Les
gestionnaires de cas ont aussi recours à l'évaluation générale du risque de
la Commission nationale des libérations conditionnelles (c'est-à-dire risque faible ou
non) et s'en remettent à leur impression personnelle du risque d'après les
antécédents criminels suivant l'examen approfondi qu'ils font du dossier criminel du
délinquant. L'évaluation des besoins par cas Les besoins retenus pour ce volet de
l'échelle d'évaluation des risques et des besoins dans la collectivité sont
caractéristiques de ceux visés par la plupart des autres échelles
d'évaluation des besoins employées par différentes juridictions
(15). En
tout, ces besoins relèvent de 12 catégories: les études et la formation
professionnelle, l'emploi, la gestion financière, les liens conjugaux et familiaux, les
compagnons et les êtres chers, les conditions de logement, la stabilité émotionnelle
et du comportement, la consommation d'alcool, la consommation de drogues, les capacités
intellectuelles, la santé et l'attitude. Quoique chaque catégorie soit cotée selon
des lignes directrices précises, une évaluation générale des besoins est
obtenue en compilant les impressions des gestionnaires de cas en vue de déterminer le niveau de
besoins, c'est-à-dire minimal, moyen ou fort.
Tableau 1
Survol national des délinquants
en libération conditionnells:
distribution en pourcentage des risques et des besoins |
RISQUE/
BESOINS |
PÉRIODE |
Décembre 1990
(7,023) |
Juin 1991
(7,800) |
Décembre 1991
(8,189) |
Juin 1992
(8,453) |
Décembre 1992
(8,666) |
| FAIBLE-MINIMALS |
31,6 % |
30,3 % |
28,2 % |
28,6 % |
27,0 % |
| FAIBLE-MOYENS |
26,0 % |
24,9 % |
24,9 % |
26,0 % |
24,9 % |
| FAIBLE-FORTS |
2,4 % |
2,4 % |
2,8 % |
2,5 % |
3,0 % |
| ÉLEVÉ-MINIMALS |
3,0 % |
2,7 % |
2,2 % |
1,6 % |
1,5 % |
| ÉLEVÉ-MOYENS |
11,8 % |
9,5 % |
6,9 % |
7,8 % |
7,5 % |
| ÉLEVÉ-ÉLEVÉS |
26,3 % |
30,3 % |
33,2 % |
35,4 % |
36,1 % |
| |
| NON ÉVALUÉS |
1,739 |
1,298 |
942 |
664 |
752 |
La fréquence désirable des contacts avec l'agent de liberté conditionnelle est
établie en rapprochant deux types d'évaluations - l'évaluation du risque
d'après les antécédents criminels et l'évaluation des besoins par cas - sous
forme matricielle (c'est-à-dire risque élevé, besoins forts). Pour garantir que
l'échelle reflète fidèlement le besoin de surveillance dans la collectivité
de certaines catégories de délinquants (par exemple, les délinquants sexuels et les
délinquants atteints de troubles mentaux), deux autres catégories de besoins particuliers
ont été incluses. Par ailleurs, une catégorie «autres besoins» a
été créée pour les délinquants qui ne satisfont pas les
critères susmentionnés mais qui, d'après les gestionnaires de cas, méritent
une cote plus élevée.
L'essai pratique de l'échelle d'évaluation des risques et des besoins dans la
collectivité a révélé qu'en combinant simplement les évaluations des
gestionnaires de cas quant au risque établi d'après les antécédents
criminels avec les cotes générales attribuées d'après l'évaluation
des besoins par cas, jusqu'à 47,5 p. 100 des délinquants qui, d'après
l'évaluation, faisaient partie du groupe «risque élevé-besoins forts»
avaient fait l'objet d'une suspension moins de six mois après l'évaluation initiale. Par
contre, la proportion de délinquants du groupe «risque faible-besoins minimals» qui
ont été suspendus pendant qu'ils étaient en libération conditionnelle est
nettement moindre (5,1 p. 100). Fait intéressant, ce second groupe constituait le plus nombreux
des groupes formés en fonction de l'évaluation des risques et des besoins, soit 35 p. 100
de l'échantillon total de cas évalués
(16). Donc, la réduction de
la fréquence de la surveillance pour ces cas à risque moins élevé a eu des
répercussions importantes sur la réaffectation et la réorientation des ressources
de la collectivité
(17).
À l'heure actuelle, l'échelle d'évaluation des risques et des besoins dans la
collectivité est systématiquement administrée et ré-administrée aux
délinquants sous juridiction fédérale qui sont en liberté dans la
collectivité sous la surveillance des gestionnaires de cas. Le Service correctionnel du Canada a
mis au point un système informatisé de contrôle des risques et des besoins chez les
délinquants : le système d'établissement de profil de la population de
délinquants (Offender Population Profile System, ou OPPS)
(18). Grâce à
l'OPPS, les données sur les risques et les besoins recueillies depuis la mise en application de
l'échelle d'évaluation des risques et des besoins dans la collectivité sont
stockées et peuvent être compilées sous forme de relevés mensuels.
Le tableau 1 donne un aperçu national des risques et des besoins des détenus
libérés sous condition au cours des deux dernières années. Le profil de ces
délinquants a-t-il considérablement changé? Le tableau rend compte d'une tendance
à la baisse marquée du nombre de détenus jugés à «risque
faible-besoins minimals» (31,6 p. 100 à 27 p. 100) par opposition à l'augmentation
soutenue du nombre des détenus jugés à «risque élevé-besoins
forts» (25,3 p. 100 à 36,1 p. 100).
Cela signifie-t-il que le public court un danger plus grave? La réponse à cette question
demeure incertaine parce que les changements relevés pourraient n'être que le fait de la
déviation de l'évaluation du risque avec le temps. Autrement dit, il est possible que les
gestionnaires de cas surestiment le risque posé, problème qui rappelle celui de la sur
classification de nombreuses populations carcérales
(19). Cette information
révèle cependant comment le personnel sur le terrain réagit aux délinquants
en libération conditionnelle pendant une période donnée. Il est certain que si les
lignes directrices régissant la fréquence des contacts avec l'agent de libération
conditionnelle sont strictement observées, une proportion beaucoup plus importante de
délinquants font aujourd'hui l'objet d'une surveillance beaucoup plus étroite
qu'auparavant.
Tel que prévu, le fait de pouvoir dresser un profil des risques et des besoins de l'ensemble des
délinquants en libération conditionnelle s'est avéré extrêmement utile
pour éduquer le public sur la surveillance dans la collectivité, compiler des statistiques
de base sur les risques et les besoins et évaluer les répercussions sur les ressources.
Cette réalisation constitue pour le Service correctionnel un pas de plus vers la mise sur pied
d'un programme de gestion du risque efficace. Une question demeure: peut-on encore améliorer la
situation? Le processus d'évaluation des délinquants à leur entrée en
établissement En août 1991, sous les auspices de l'initiative stratégique
correctionnelle
(20), il fut décidé que les besoins d'un délinquant
devraient former la base du programme et que la prestation des services devrait être axée
sur la réussite de la réinsertion sociale. Cependant, l'instrument dont on se servait pour
mener les évaluations à l'entrée en établissement, à savoir l'analyse
des besoins en fonction des forces et des faiblesses, se prêtait mal à la
caractérisation des besoins des délinquants. Un groupe de travail national fut donc
chargé d'ébaucher un nouveau programme d'évaluation des risques et de
caractérisation des besoins au moment de l'entrée en établissement.
Le nouvel instrument a été élaboré, en toute connaissance de cause,
à partir des instruments d'évaluation existants, dont l'entrevue d'évaluation de
gestion des cas, l'analyse des besoins en fonction des forces et des faiblesses et l'échelle
d'évaluation des risques et des besoins dans la collectivité. L'objectif visé
était de tirer parti des méthodes de collecte d'information existantes, de conserver les
résultats essentiels (par exemple les catégories de délinquants) et de
compléter les programmes existants de formation en matière de gestion des cas. La
caractérisation et l'analyse des besoins par cas Le nouveau protocole de caractérisation
et d'analyse des besoins par cas a converti les 12 catégories de besoins liées à
l'échelle d'évaluation des risques et des besoins dans la collectivité en sept
nouvelles catégories ou regroupements : l'emploi, le couple et la famille, les associations et
les rapports sociaux, la toxicomanie, le fonctionnement au sein de la collectivité, l'orientation
personnelle et émotionnelle et l'attitude. Dans la foulée de la version originale du
protocole de caractérisation et d'analyse des besoins par cas, le groupe de travail a
dégagé les autres domaines d'évaluation (voir tableau 2) visés par le
processus d'évaluation des délinquants à leur entrée en
établissement.
Tableau 2
Éléments d'évaluation
des délinquants
à l'entrée en établissement |
| 1) enquéte commonautaire postsentencielle |
2) évaluation initiale
(santé mentale, sécurité, risque de suicide,
etc.) |
3) évaluation du risque criminal dossier des antécédents
criminals
dossier sur la gravité du délit
liste de contrôle des antécédents de délinquance
sexuelle
critéra de détention et échelle ISR |
4) caractérisation et analyse des besoins par cas emploi
le couple et la famille
assoications et rapports sociaux
toxicomanies
fonctionnement au sein de la collectivé
orientation personnelle et émotionelle attitude |
| 5) évaluation psychologique |
| 6) évaluation (s) supplémentaire (s) |
Des lignes directrices ont été préparées pour chacun des sept domaines
d'évaluation. Une évaluation générale des besoins consiste en la compilation
des jugements professionnels fondés sur les résultats d'une évaluation initiale
(santé physique, santé mentale, risque de suicide) et les observations ou les impressions
(c'est-à-dire le degré ou la gravité des besoins) sur les sept catégories de
besoins.
Le processus d'évaluation des délinquants à leur entrée en
établissement
(21) est la plus récente des techniques d'évaluation du
risque. Il intègre l'information recueillie de diverses sources au moyen de différentes
techniques. Alors que les mécanismes de l'ensemble du processus d'évaluation des
délinquants à leur entrée en établissement dépassent l'objet du
présent article, une étude approfondie des améliorations apportées à
l'évaluation du risque criminel pourrait en dire plus long sur la capacité
d'évaluer le risque. L'évaluation du risque criminel Au moment où un
délinquant entre dans un établissement fédéral, on lui attribue une cote de
risque criminel en se fondant sur les éléments suivants le dossier sur les
antécédents criminels, le dossier sur la gravité du délit, la liste de
contrôle des antécédents de délinquance sexuelle, le respect des
critères de détention, le résultat de l'échelle ISR et tout autre facteur de
risque consigné dans un rapport sur le profil criminel qui contient des détails sur le
crime pour lequel le détenu est incarcéré à l'heure actuelle. Le dossier des
antécédents criminels En examinant de façon systématique le dossier du
délinquant, qui contient les rapports de police, les transcriptions des témoignages et le
dossier criminel, on peut constituer un dossier des antécédents criminels. L'information
porte sur les délits antérieurs, les délits actuels, le nombre et la nature de
condamnations, les décisions du tribunal pour adolescents, les décisions du tribunal pour
adultes et les périodes sans crime. L'information est compilée en trois index du dossier
des antécédents criminels : les causes antérieures entendues par le tribunal pour
adolescents, les causes antérieures entendues par le tribunal pour adultes et le délit
actuel. Ensemble, ces données donnent un score qui rend compte de la nature et de la
gravité des démêlés du délinquant avec la justice. Le dossier sur la
gravité du délit De même, un examen systématique du dossier du
délinquant permet de compiler un dossier sur la gravité du délit. L'information que
l'on réunit porte sur les délits actuels, les délits antérieurs, la nature
des condamnations, la longueur de la peine, le nombre et la catégories de victimes, la force
exercée sur les victimes et la violence physique et psychologique employée avec les
victimes. Ces données donnent un score qui reflète la nature et la gravité de la
violence que le délinquant a infligé à la société en
général et à ses victimes en particulier. La liste de contrôle des
antécédents de délinquance sexuelle Le dossier du délinquant fait l'objet
d'un examen approfondi afin de compléter une liste de contrôle des délits sexuels
antérieurs. Cette liste de contrôle porte sur les points suivants statut du
délinquant sexuel, nature des délits sexuels antérieurs et actuels,
détermination de la violence faite aux victimes, évaluations et traitements
antérieurs et résumé. Les délinquants sont appelés délinquants
sexuels s'ils purgent une peine pour délit sexuel, est en cours dans tous les bureaux des
libérations conditionnelles et les bureaux du secteur privé de la région de
l'Ontario. Le système d'évaluation des délinquants à leur entrée en
établissement L'un des aspects les plus délicats du système d'évaluation des
délinquants à leur entrée en établissement est la nécessité
d'informatiser intégralement le processus. Un des modules prévus du nouveau système
national de gestion automatisé des détenus (SGD) est justement un système
intégré d'évaluation des délinquants à leur entrée en
établissement (OIAS). Un tel système comporterait la structure informatisée
nécessaire pour permettre la collecte systématique et l'intégration des cotes de
risque criminel et des besoins par cas.
Le projet-pilote OIAS est actuellement à l'essai sur le terrain et constituera une application
autonome pour micro-ordinateur. Une fois le perfectionnement et les essais terminés, ce
système sera intégré au réseau national SGD. L'avenir Bientôt, il sera
possible de procéder à une évaluation exhaustive, intégrée et
systématique des délinquants à leur entrée en établissement, puis de
les évaluer de nouveau aisément par la suite. Le OIAS pointe déjà à
l'horizon. En outre, on s'apprête à mettre à contribution les techniques
d'intelligence artificielle afin d'offrir au personnel un logiciel de formation en matière
d'évaluation des délinquants.
Qu'en est-il donc de la capacité d'évaluer le risque en milieu correctionnel? Et bien,
l'avenir très proche s'annonce rempli d'importantes découvertes.
(1)Andrews (D.A.), Bonta (J.) et Hoge (R.), «Classification for
Effective Rehabilitation: Rediscovering Psychology», Criminal Justice and Behavior, 17,
1990, p. 19-52.
(2)Andrews (D.A.), The Level of Supervision Inventory (LSI): The First FollowUp,
Toronto, ministère des Services correctionnels de l'Ontario, 1982.
(3)Baird (S. C. ), «Probation and Parole Classification: The Wisconsin
Model», Corrections Today, 43, 1981, p. 36-41.
(4)Hare (R.D.), «A Research Scale for the Assessment of Psychopathy in Criminal
Populations», Personality and Individual Differences, 1, 1980, p. 111-117.
(5)Hoffman (P.B.), «Screening for Risk: A Revised Salient Factor
Score», Journal of Criminal Justice, 11, 1983, p. 539-547.
(6)Megargee (E.L) et Bohn (M.J.), Classifying Criminal Offenders: A New System
Based on the MMPI, Beverly Hills, Californie, Sage, 1979.
(7)Nuffield (J.), Parole Decision-Making in Canada: Research Towards Decision
Guidelines, Ottawa, Solliciteur général du Canada, 1982.
(8)Motiuk (L.L.), «Using the LSI and Other Classification Systems to Better
Predict Halfway House Outcome», IARCA Journal on Community Corrections, 5, 1993, p.
12-13.
(9)Motiuk (L.L.), Antecedents and Consequences of Prison Adjustment: A Systematic
Assessment and Reassessment Approach. Dissertation doctorale, Université Carleton, 1991.
(10)Service correctionnel du Canada, «Proceedings of the Correctional
Strategy Conference», Ottawa, 1991.
(11)Bonta (J.) et Motiuk (L.L.), «Utilization of an Interview-Based
Classification Instrument: A Study of Correctional Halfway Houses», Criminal Justice and
Behavior, 12, 1985, p. 333-352.
(12)Bonta (J.) et Motiuk (L.L.), «The Diversion of Incarcerated Offenders to
Correctional Halfway Houses», Journal of Research in Crime and Delinquency, 24, 1987, p.
302-323.
(13)Service correctionnel du Canada et Commission nationale des libérations
conditionnelles, Normes régissant la surveillance des détenus mis en liberté
sous condition, document de travail, Ottawa, Service correctionnel du Canada et Commission nationale
des libérations conditionnelles, 1988.
(14)Motiuk (L.L.), «Identifying and Assessing Needs of Offenders Under
Community Supervision: The Conditional Release Supervision Standards Project». Document
présenté lors du Forum annuel sur la recherche correctionnelle, Ottawa, 1989.
(15)Motiuk (L.L.) et Porporino (F.J.), «Évaluation combinée des
besoins et du risque chez les détenus : Etude de mises en liberté sous
condition», Rapport R-01, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1989.
(16)Motiuk (L.L.) et Porporino (F.J.), «Essai pratique de l'échelle
d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité: étude des
libérés sous condition», Rapport R-06, Ottawa, Service correctionnel du
Canada, 1989.
(17)Motiuk (L.L.) et Bonta (J.), «Prediction and Matching in Corrections: An
Examination of the Risk Principle in Case Classification». Document présenté au
congrès annuel de la Société canadienne de psychologie, Calgary, 1991.
(18)Motiuk (L.L.) et Boe (R.), «Using SAS Software to Deliver an Offender
Population Profile System (OPPS)», compte rendu de la 17e conférence internationale
annuelle du groupe d'utilisateurs de SAS, Hawaii, 1992.
(19)Bonta (J.) et Motiuk (L.L.), «Inmate Classification», Journal of
Criminal Justice, 20, 1992, p. 343-353.
(20)Service correctionnel du Canada, «Proceedings of the Correctional Strategy
Conference».
(21)Motiuk (L.L.) et Pisapio (D.), «Correctional Strategy: Front-end
Assessment». Document présenté lors du congrès Cognitive Living Skills
Coaches Convention, Montréal (Québec), 1992.