valuation des besoins des délinquantes Éautochtones en liberté sous condition
par Craig Dowden et Ralph Serin1
Direction de la recherche, Service correctionnel du Canada
La gestion appropriée des délinquants en liberté sous condition est lune des clés du succès de leur réinsertion sociale. Par conséquent, lune des principales tâches des agents de probation et des agents de liberté conditionnelle est dévaluer les besoins des délinquants et dy répondre continuellement. LÉchelle dintervention dans la collectivité (EIC) et, linstrument précédent, lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité (EERBC), sont les instruments dévaluation du risque et des besoins quutilise le Service correctionnel du Canada pour affecter les ressources relatives à la surveillance des délinquants qui sont dans la collectivité.
La recherche précédente2 a démontré que la plupart des domaines de besoins mesurés par lEIC sont des prédicteurs presque infaillibles du succès postlibératoire des délinquants. Toutefois, on sinquiète du fait que les instruments dévaluation du risque et des besoins, qui ont été élaborés principalement pour les délinquants de race blanche, sont peut-être moins pertinents lorsquon les applique aux femmes ou aux délinquants autochtones. Le but de notre enquête était dexplorer lutilité de lEIC en vue de la gestion appropriée des délinquantes autochtones en liberté sous condition.
LEIC est un instrument dévaluation validé empiriquement et basé sur la théorie qui est surtout axé sur les principaux domaines de besoins criminogènes des délinquants3. Ce classement basé sur lentrevue est attribué à un délinquant environ une fois tous les six mois tout au long de sa période de mise en liberté sous condition. LEIC comporte sept domaines de besoins : lemploi, les relations conjugales et familiales, les fréquentations et interactions sociales, la toxicomanie, le comportement dans la collectivité, lorientation personnelle et affective et lattitude.
Des recherches antérieures4 ont démontré que la majorité des domaines de besoins examinés au moyen de lEIC sont étroitement reliés au succès de la période postlibératoire. Ainsi, des études ont indiqué que les délinquants qui ont des problèmes plus nombreux dans ces domaines étaient beaucoup plus susceptibles de voir leur liberté sous condition suspendue. Une étude récente a examiné lutilité prédictive de lEIC pour les délinquantes sous responsabilité fédérale, et a conclu que la majorité des domaines de besoins (à lexception des relations conjugales et familiales) étaient étroitement reliés à la réussite de la période postlibératoire5.
Bien que ces résultats fournissent des preuves empiriques solides qui appuient lapplication de lEIC tant aux délinquants en général quaux délinquantes, la recherche concernant lapplicabilité de cet instrument aux délinquants autochtones est inexistante. Le but notre enquête était dexplorer lutilité prédictive de lEIC pour les délinquantes autochtones.
Échantillon
Léchantillon a été extrait le 1er mai 1999 du Système de gestion des détenus du Service correctionnel du Canada, une base de données automatisée. Létude a porté uniquement sur des délinquantes autochtones qui :
Procédure
Les domaines de besoins de lEIC sont conformes à lInstrument de définition et danalyse des facteurs dynamiques, lInstrument dévaluation du risque et des besoins appliqué à tous les détenus admis dans un établissement fédéral.
LEIC, qui ressemble à linstrument précédent, lEERBC, offre un score global pour chaque délinquant en regard de chaque domaine de besoins daprès une série continue comportant quatre points. Léchelle varie de « élément de succès en vue de la réinsertion sociale » (qui ne sapplique pas aux domaines de lorientation personnelle et affective et de la toxicomanie) à « besoin considérable damélioration ». Les deux scores intermédiaires sont « aucun besoin damélioration » et « un certain besoin damélioration ». Pour notre enquête, léchelle de classement a été réduite et les scores ont été divisés en deux pour indiquer la présence ou labsence dun besoin particulier. « Élément de succès en vue de la réinsertion sociale » et « aucun besoin damélioration » ont été combinés pour indiquer labsence dun besoin particulier. Ainsi, les domaines qui ont été identifiés comme ayant « un certain besoin » ou « un besoin considérable » damélioration indiquaient la présence dun besoin.
Analyses
Dans les analyses initiales, on a étudié les caractéristiques démographiques de tout léchantillon. Les variables examinées comprenaient lâge, létat civil et le niveau global de risque à ladmission et ont fourni un aperçu assez général des délinquantes autochtones qui sont actuellement sous surveillance dans la collectivité au Canada. Ces variables ont été comparées à un échantillon non autochtone pour examiner les différences possibles entre les deux groupes6.
Des analyses subséquentes ont porté principalement sur les domaines de besoins de cet échantillon de délinquantes autochtones au cours dune période prolongée de surveillance dans la collectivité. On a évalué quatre périodes de différente durée (moins de 6 mois, de 6 à 12 mois, de 12 à 24 mois et plus de 24 mois). On a supposé quà mesure que la durée de la période dans la collectivité augmentait, la proportion de délinquantes qui avaient des problèmes dans un domaine particulier de besoins diminuerait. On a observé la présence de cette tendance dans la recherche antérieure qui portait sur les changements survenus dans les besoins des délinquants alors quils étaient sous surveillance dans la collectivité7.
Finalement, chacun des domaines particuliers de besoins a été relié à la récidive pour explorer son utilité prédictive. Autrement dit, les taux de réadmission sont-ils plus élevés parmi les délinquants qui présentaient des besoins plus élevés dans ces domaines que chez ceux qui navaient pas ces besoins ?
Résultats
Information démographique
Notre étude comprenait un sous-échantillon de 113 délinquantes autochtones sous responsabilité fédérale comprises dans le Rapport plus général sur lEIC8. La majorité (70,8 %) de ces délinquantes sidentifiaient comme des Indiennes de lAmérique du Nord. Les autres groupes autochtones étaient composés de Métis (23,9 %) et dInuits (5,3 %).
Leur âge variait de 23 à 59 ans, lâge moyen sélevant à 36 ans (ET = 7,8). Les délinquantes autochtones sous surveillance dans la collectivité étaient beaucoup plus jeunes que les délinquantes non autochtones (M = 38,4, ET = 9,7, t195=2,86, p<,01). Il ny avait aucune différence entre les délinquantes autochtones et les délinquantes non autochtones en ce qui concerne létat civil.
Niveau de risque
À ladmission, daprès une analyse globale des antécédents criminels, du risque dévasion, des besoins criminogènes et dautres facteurs pertinents, une désignation globale du risque est attribuée à chaque délinquante. Le Tableau 1 indique la ventilation du niveau de risque des délinquantes autochtones et non autochtones. De toute évidence, la majorité des délinquantes non autochtones mises en liberté conditionnelle sont classées comme présentant un faible risque (72,1 %). Il est important de souligner que seulement 49,6 % des Autochtones se classaient dans cette catégorie, soit une différence importante sur le plan statistique (c2 = 24,38, p<,001).
Tableau 1
Désignation du risque des libérées conditionnelles : Délinquantes autochtones et non autochtones |
||
Autochtones( N= 113) |
Non autochtones ( N= 520) |
|
| à faible risque |
56 (49,6%) |
375 (72,1%) |
| à risque moyen | 21 (18,6%) |
68 (13,3%) |
| à risque élevé | 36 (31,9%) |
76(14,6%) |
Domaines de besoins selon lÉchelle dintervention
dans la collectivité
LÉchelle dintervention dans la collectivité est utilisée tous les six mois environ pour les délinquantes qui sont sous surveillance dans la collectivité. Le but de cette nouvelle évaluation est de vérifier les changements qui se sont produits dans le niveau de besoins dune délinquante et de fournir un niveau de surveillance qui répond sa situation actuelle. Cette approche dynamique de lévaluation du risque offre le maximum de latitude pour gérer comme il convient une délinquante en liberté sous condition.
La proportion des délinquantes qui ont eu un problème dans chaque domaine de besoins durant les quatre périodes examinées est indiquée dans le Tableau 2. Cette conception transversale permet à une délinquante de contribuer à plus dune période. Par exemple, les délinquantes qui ont été dans la collectivité pendant 24 mois ou plus ont contribué aux analyses portant sur chacune des quatre périodes.
Tableau 2
Proportion des délinquantes autochtones ayant eu des problèmes dans chacun des domaines de besoins au cours de différentes périodes |
||||
Problème dans le domaine de besoins |
Période 1 |
Période 2 |
Période 3 |
Période 4 |
Fréquentations |
||||
Oui |
47,3% (52) |
35,7% (15) |
38,3% (23) |
37,5% (12) |
Non |
52,7% (58) |
64,3% (27) |
61,7% (37) |
62,5% (20) |
Attitude |
||||
Oui |
8,2% (9) |
7,1% (3) |
6,7% (4) |
25,0% (8) |
Non |
91,8% (101) |
92,9% (39) |
93,3% (56) |
75,0% (24) |
Comportement dans la collectivité |
||||
Oui |
55,4% (61) |
42,9% (18) |
45,0% (27) |
53,1% (17) |
Non |
44,6% (49) |
57,1% (24) |
55,0% (33) |
46,9% (15) |
Emploi |
||||
Oui |
73,6% (81) |
66,7% (28) |
55,0% (33) |
65,6% (21) |
Non |
26,4% (29) |
33,3% (14) |
45,0% (27) |
34,4% (11) |
Relations conjugales et familiales |
||||
Oui |
54,6% (60) |
42,9% (18) |
56,7% (34) |
56,2% (18) |
Non |
45,4% (50) |
57,1% (24) |
43,3% (26) |
43,8% (14) |
Personnel et affectif |
||||
Oui |
69,1% (76) |
54,8% (23) |
58,3% (35) |
71,9% (23) |
Non |
30,9% (34) |
45,2% (19) |
41,7% (25) |
28,1% (9) |
Toxicomanie |
||||
Oui |
35,4% (39) |
23,8% (10) |
26,7% (16) |
43,8% (14) |
Non |
64,6% (71) |
76,2% (32) |
73,3% (44) |
56,2% (18) |
Lexamen du Tableau 2 révèle que les délinquantes autochtones ont eu des problèmes dans différents domaines de besoins durant leur période de surveillance dans la collectivité (à lexception du domaine de lattitude). Plus précisément, dans quatre des sept domaines, la majorité des délinquantes ont eu des besoins importants. Ces femmes ont affronté de graves problèmes dans le domaine de lemploi au cours des étapes initiales de leur période de mise en liberté sous condition, alors que les problèmes dans le domaine personnel et affectif représentaient les besoins plus importants au cours des dernières étapes. Ces résultats étaient essentiellement semblables à ceux qui ont été rapportés récemment dans une étude sur lEIC appliquée à un plus grand échantillon de délinquantes9.
Même sil existait plusieurs similitudes entre les analyses portant sur tout léchantillon et léchantillon des Autochtones, il y avait une différence importante. Notamment, la proportion des délinquantes autochtones qui ont eu des problèmes dans ces domaines de besoins na pas diminué lorsquelles sont restées plus longtemps dans la collectivité. Ce résultat a été tout à fait inattendu, car la recherche antérieure a fortement laissé entendre que les niveaux de besoins des délinquantes diminuent en général lorsquelles demeurent plus longtemps dans la collectivité10. Ce résultat indique que les stratégies qui visent à gérer les besoins des délinquantes sous surveillance dans la collectivité et à répondre à ces besoins devront peut-être être révisées pour tenir compte de certaines questions comme la culture.
Scores des besoins et récidive
Les analyses susmentionnées ont fourni un aperçu global des problèmes auxquels font face les délinquantes autochtones sous responsabilité fédérale tout au long de leur période de mise en liberté sous condition. Toutefois, la relation entre ces domaines de besoins et la récidive est également importante pour la surveillance des délinquantes dans la collectivité. En conséquence, nous allons examiner lutilité des évaluations des besoins au moyen de lEIC pour prévoir le succès postlibératoire. La relation entre le score final des besoins dune délinquante et le succès postlibératoire a été examinée au moyen danalyses khi-deux. Le score final des besoins a été défini au point de vue opérationnel comme étant soit le score obtenu avant la révocation (si la liberté de la délinquante a été révoquée), soit le score le plus récent obtenu avant la date finale de létude. Nous avons pensé que cette définition devrait être la plus valide, car elle reflète lévaluation la plus proche de la situation actuelle dune délinquante.
Les analyses ont porté principalement sur la question de savoir si le fait davoir un problème dans chacun des domaines de besoins était relié au succès postlibératoire. Curieusement, les résultats ont révélé que seul le domaine de lattitude de lEIC était étroitement relié au succès postlibératoire. Plus précisément, les délinquantes autochtones qui avaient eu des problèmes dans ce domaine étaient beaucoup plus susceptibles dêtre réadmises que les délinquantes qui nen avaient pas eu. Par contre, la recherche antérieure a montré que la majorité des domaines de besoins sont étroitement liés au succès postlibératoire. Par conséquent, les résultats de la présente étude indiquent quil est nécessaire de différencier lapplication de lEIC comme un outil de gestion du risque aux délinquantes autochtones.
Dautres facteurs méritent également dêtre soulignés dans notre étude actuelle. Premièrement, le taux de base de la récidive chez les délinquantes faisant partie de léchantillon était de 21,4 %. Un taux plus élevé pourrait donner lieu à des corrélations plus étroites et plus importantes. Deuxièmement, lEIC fait partie dun processus dynamique qui permet de déterminer les interventions correctionnelles. Par conséquent, une intervention réussie (c.-à-d. le ciblage opportun dun besoin) devrait se traduire par une amélioration des résultats (c.-à-d. des taux de récidive moins élevés et donc de plus faibles corrélations). Troisièmement, cet aspect dynamique de lEIC soulève des questions concernant la stratégie de mesure à privilégier (p. ex., la première évaluation, lévaluation la plus récente ou le changement le plus marqué dans le temps)11.
Pour ces raisons, on a également tenté détablir un lien entre les changements dans les scores des besoins et la récidive. Les scores des changements ont été calculés au cours de périodes consécutives pour chacune des délinquantes évaluées plus dune fois dans la collectivité. Par la suite, on a établi une corrélation entre le score maximal des changements et le succès postlibératoire. Les résultats ont révélé que les délinquantes dont le score des besoins avait augmenté (c.-à-d. quelles avaient eu plus de problèmes) tout au long de leur mise en liberté sous condition avaient un taux de récidive deux fois supérieur (23,4 %) à celui des délinquantes dont les domaines de besoins étaient restés identiques ou sétaient améliorés (11,1 %). Ce résultat, toutefois, bien que conforme aux recherches pertinentes, nétait pas statistiquement significatif. En plus des points soulevés précédemment, la taille réduite de léchantillon pourrait également avoir été un facteur. On a également créé une variable composite des besoins qui reflétait le nombre de besoins (c.-à-d. les secteurs de problèmes) quune délinquante avait à chaque période dévaluation. Ce score composite a été ensuite relié au succès postlibératoire pour examiner si lintensité des besoins avait une plus grande utilité prédictive que le type de besoins particuliers.
Le nombre de besoins des délinquantes pour une période donnée variait de zéro au minimum à un maximum de sept. Comme on pouvait sy attendre, la variable composite des besoins était étroitement reliée au succès postlibératoire. Notamment, plus le nombre de besoins était élevé, plus la délinquante risquait de récidiver (r = ,18, p<,01). Ce résultat démontre que les besoins qui ne sont pas satisfaits dans la collectivité peuvent avoir un effet important sur le succès postlibératoire dune délinquante, même si cet effet nest pas apparent au niveau du secteur individuel. Ainsi, peut-être que les profils de besoins ainsi que le niveau du ou des besoins pourraient être pris en considération pour améliorer la surveillance dans la collectivité et la gestion du risque en général.
Conclusion
Notre étude a examiné les caractéristiques des délinquantes autochtones sous responsabilité fédérale lorsquelles sont mises en liberté sous condition. En général, ces femmes sont à la fois plus jeunes que leurs homologues non autochtones et présentent un risque plus élevé. Les résultats ont révélé que les délinquantes autochtones ont des problèmes dans la plupart des domaines de besoins (à lexception de celui des attitudes). Toutefois, contrairement à la recherche précédente, la survie dans la collectivité pendant une période plus longue nétait pas associée à une diminution connexe dans le classement des besoins. De toute évidence, le Service correctionnel du Canada devrait examiner avec un plus grand soin comment intégrer ces résultats concernant les besoins des délinquantes autochtones aux stratégies de surveillance dans la collectivité.
Notre étude met en lumière des questions concernant lutilisation de lEIC pour la gestion du risque que posent les délinquantes autochtones lorsquelles sont sous surveillance dans la collectivité. Contrairement à la recherche antérieure, seul le domaine de lattitude a été relié à la récidive. Toutefois, le niveau des besoins dans les différents domaines (ou le profil individuel dune délinquante) a été également relié au risque de récidive. Néanmoins, les résultats suggèrent que lutilisation de lEIC dune manière plus différenciée, plus sensible à des questions telles que la culture et le sexe, peut améliorer sa contribution à la surveillance dans la collectivité des délinquantes autochtones.
2. MOTIUK, L.L.Assessment Methods in Corrections. Document présenté à la 4e conférence annuelle sur la recherche de lInternational Community Corrections Association, Austin (Texas), 1996. Voir aussi MOTIUK, L.L. et PORPORINO, F.J. Essai pratique de léchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité : étude des libérés sous condition, Service correctionnel du Canada, Ottawa, 1989.
3. Les facteurs criminogènes reflètent les facteurs de risque du délinquant qui peuvent changer et, lorsquils sont modifiés, ils reflètent les changements dans les risques de récidive.
4. MOTIUK. Assessment Methods in Corrections. Voir aussi MOTIUK et PORPORINO,Essai pratique de léchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité : étude des libérés sous condition.
5. DOWDEN, C., SERIN, R. et BLANCHETTE, K. The Community Intervention Scale and Women Offenders: A Preliminary Overview. Manuscrit en préparation.
6. Léchantillon non autochtone a été tiré du Rapport de Dowden, Serin et Blanchette dont il a été question précédemment.
7. MOTIUK, L.L. « Léchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité : un outil de surveillance efficace », Forum Recherche sur lactualité correctionnelle, vol. 9, no 1, 1997, p. 8-12.
8, 9. DOWDEN, SERIN et BLANCHETTE The Community Intervention Scale and Women Offenders: A Preliminary Overview.
10. DOWDEN, SERIN et BLANCHETTE The Community Intervention Scale and Women Offenders: A Preliminary Overview. Voir aussi MOTIUK
« Léchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité : un outil de surveillance efficace ».
11. MOTIUK, L.L. « Utilisation des facteurs dynamiques pour mieux prévoir lissue de la mise en liberté », Forum Recherche sur lactualité correctionnelle, Vol. 10, no 3, 1998, p. 12-15.