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Analyse des besoins en santé mentale des délinquantes en vue de l’élaboration d’une stratégie d’intervention intensive

Donna McDonagh et Christine Noël1
Services de santé, Service correctionnel du Canada
Cherami Wichmann2
Section de la famille, des enfants et des adolescents, ministère de la Justice du Canada

Cet article résume certaines des conclusions clés découlant d’une étude entreprise conjointement par la Direction des services de santé, la Direction de la recherche et le Secteur des délinquantes du Service correctionnel du Canada (SCC). En 1990, le SCC a créé le Groupe d’étude sur les femmes purgeant une peine fédérale, chargé d’examiner la gestion des services correctionnels visant les détenues sous responsabilité fédérale et d’élaborer un plan adapté aux besoins spéciaux de ces femmes3. Ce Groupe d’étude a notamment recommandé que la Prison des femmes de Kingston, en Ontario4, soit fermée et remplacée par quatre établissements régionaux et un pavillon de ressourcement autochtone. Entre 1995 et 1997, ces nouveaux établissements ont ouvert leurs portes. Leur conception tenait compte des recommandations du Groupe d’étude, qui faisaient la promotion de concepts associés à la vie en collectivité (les détenues sont hébergées dans des maisons indépendantes regroupées derrière un bâtiment principal où se trouvent les bureaux du personnel, une infirmerie et un secteur réservé aux visites). Ces nouveaux établissements répondaient effectivement aux besoins de la plupart des délinquantes, mais pas à ceux de certaines à qui il fallait dispenser des soins de santé mentale plus intensifs (lesquels n’étaient pas offerts à l’époque par les établissements régionaux) ou au petit groupe de délinquantes dites «à sécurité maximale», pour lesquelles il faut prévoir davantage de structure et de contrôle5.

Ces dernières années, le SCC a accordé la priorité à la mise en place d’une stratégie globale à la fois réaliste et durable visant à répondre aux nombreux besoins de santé mentale de ces délin-quantes, ainsi qu’aux besoins des délinquantes dites «à sécurité maximale»6. Pour faciliter l’élabo-ration de cette stratégie, il a fallu effectuer une analyse des besoins afin d’obtenir des renseigne-ments à propos de la santé mentale, des compéten-ces psychosociales et des besoins en matière de sécurité de ces délinquantes, et de fournir davan-tage de données sur les programmes requis, la dotation, la formation du personnel, la sécurité et la nature de la surveillance et des interventions nécessaires7. Cet article se limite à décrire certaines conclusions de l’analyse des besoins relatives à la santé mentale des délinquantes visées.

Méthodologie

On a établi les critères d’inclusion à l’analyse des besoins de manière à ce qu’elle vise toutes les délin-quantes dites «à sécurité maximale», celles qui présentent de graves troubles mentaux et celles qui ont d’importantes difficultés à fonctionner dans la vie quotidienne (p. ex., celles qui ne peuvent fonctionner dans l’environnement communautaire des établisse-ments régionaux sans un soutien et une intervention considérables)8.

Dans le cadre de l’analyse des besoins, on a envoyé des questionnaires aux dix établissements accueillant des détenues qui purgeaient une peine de ressort fédéral, destinés à tous les employés et membres de l’équipe interdisciplinaire travaillant auprès des femmes qui appartenaient aux populations cibles9. Pour garantir l’uniformité dans la façon de remplir les questionnaires, les enquêteurs nationaux ont également envoyé des directives aux personnes interrogées.

Ce questionnaire, qui portait sur une grande variété de sujets (questions fermées et à réponse libre), visait à brosser un tableau national global des difficultés que connaissent ces détenues et les personnes tra-vaillant avec elles, ainsi que des besoins qui en découlent en matière de sécurité, de programmes et de formation du personnel.

En ce qui concerne les besoins en santé mentale des délinquantes, le questionnaire visait à évaluer les éléments suivants : établissement de diagnostics psychiatriques10, utilisation de médicaments traitant les troubles psychiatriques ou d’autres médicaments, comportements suicidaires, tendance à l’automutilation, toxicomanie et autres préoccupa-tions/problèmes liés à la santé mentale, et besoins de traitement et de programmes connexes.

Organisation des données

On a analysé les données à l’aide d’un guide de codage : le mode de codage n’était pas nécessaire-ment évident et les catégories étaient délimitées en fonction des réponses les plus fréquentes. L’échan-tillon était divisé en quatre sous-groupes s’excluant mutuellement, selon les critères auxquels satisfai-saient les délinquantes (voir le Tableau 1). Les don-nées ont également été analysées à l’échelle régionale.

Tableau 1

Catégories de médicaments et taux de prescription (échelle nationale)

 

Catégorie de médicaments

Prévalence selon l'étude

Antiallergiques

Médicaments injectables ou administrés par voie orale ou par inhalation et utilisés pour traiter ou prévenir les symptômes d'allergie. Les antiallergiques spécifiquement prescrits pour leurs effets sédatifs et à prendre au moment d'aller au lit ont été classés parmi les psychotropes.

18%

Médicaments contre l'anémie

Médicaments injectables ou administrés par voie orale et utilisés pour traiter les diverses formes d'anémie.

9%

Médicaments antiasthmatiques

Médicaments administrés par voie orale ou par inhalation et utilisés pour traiter ou prévenir les symptômes de l'asthme.

21%

Médicaments anticonceptionnels

Contraceptifs oraux ou injectables.

8%

Médicaments servant à l'hormonothérapie substitutive

Tous les médicaments oraux et transdermiques utilisés pour traiter ou réduire les symptômes de la ménopause.

7%

Médicaments contre la migraine

Médicaments injectables ou administrés par voie orale et utilisés pour traiter ou prévenir le processus physiopathologique de la migraine, à l'exclusion des narcotiques, de l'acétaminophène et des AINS.

7%

Narcotiques

Méthadone et analgésiques opiacés.

8%

AINS

Tous les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), y compris l'acide 2- (acétyloxy)benzoïque (Aspirine).

34%

Médicaments contre les ulcères gastroduodénaux

Antiacides, cytoprotecteurs, inhibiteurs du récepteur H2 de l'histamine, prostaglandines et inhibiteurs de la pompe à protons.

23%

Psychotropes

Tous les types d'antidépresseurs, de neuroleptiques, d'antipsychotiques, d'anxiolytiques, d'antimaniaques et d'antihistaminiques prescrits spécifiquement pour leurs effets sédatifs, ainsi que les benzodiazépines et les antiépileptiques prescrits comme régulateurs de l'humeur.

42%

Relaxants musculaires

Médicaments classés, dans le Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques, parmi les substances qui diminuent la contraction des muscles du squelette, par exemple le Norflex, le Flexeril, le Robaxacet, et le Robaxin.

7%

Résultats

Soixante-quatorze questionnaires dûment remplis ont été renvoyés11. L’âge moyen des membres des sous-groupes était de 35,3 ans (ET = 8,7); 19 détenues étaient des Autochtones (25,7 %).

Schéma des besoins

On a examiné les diagnostics psychiatriques et l’informa-tion relative au fonctionne-ment cognitif afin d’établir un schéma général des besoins basé sur les éléments suivants : maladie mentale grave (MMG, p. ex., schi-zophrénie); trouble de la personnalité (TP, p. ex., trouble de la personnalité limite); et troubles cognitifs (TC, p. ex., déficit cognitif)12. La majorité des délinquantes (77 %) s’inscrivaient dans ce schéma; chez près de la moitié (43 %), on a observé plusieurs des besoins définis (voir le Graphique 1).

Graphique 1
Schéma des besoins

Schéma des besoins par sous- groupe

Dans le Graphique 2, le schéma des besoins est examiné plus en détail pour chacun des quatre sous-groupes. Parmi les résultats les plus intéressants, on observe que, pour près de la moitié du sous-groupe Max (n = 9), aucun des besoins définis dans le schéma ne s’appliquait; en outre, aucun membre de ce sous-groupe ne souffrait d’une MMG. Près du tiers (n = 7) des délinquantes restantes du sous-groupe Max souffraient d’un trouble de la personna-lité; elles représentaient le plus fort pourcentage de TP parmi les sous-groupes restants. Chez la moitié des détenues appartenant au sous-groupe MaxBS, on a diagnostiqué une MMG ou une combinaison de MMG. En outre, chez plus de la moitié d’entre elles, on a diagnostiqué un TP (trouble de la personnalité limite/TPL). Là encore, chez la moitié des femmes appartenant au sous-groupe BS-CT, on a diagnosti-qué une MMG ou une combinaison de MMG. De plus, on a diagnostiqué un TPL chez un tiers de ces détenues. Enfin, c’est au sein du sous-groupe BS-NonCT qu’on a observé le plus de besoins définis : un ou plusieurs de ces besoins chez plus des trois quarts des femmes appartenant à ce sous-groupe, dont la majorité souffraient de troubles cognitifs et de troubles de la personnalité (avec de nombreux cas de co-occurrence).

Graphique 2
Schéma des besoins par sous groupe

Autres résultats : toxicomanie, comportement suicidaire, automutilation

On a constaté que la majorité des détenues (75 %) avaient un grave problème de toxicomanie. Environ le tiers des détenues toxicomanes (35 %) posaient de sérieux problèmes à l’établissement (liés à la consommation et au trafic de drogues). Chez 70 % d’entre elles, on a observé une co-occurrence de ce problème et d’un diagnostic psychiatrique (TP, MMG).

On a constaté que près de la moitié des détenues avaient un comportement suicidaire13 (les deux tiers avaient tenté de se suicider au cours des deux années précédentes). Il semble que le risque de suicide était le plus élevé au sein du sous-groupe MaxBS (89 %). Parallèlement, on a constaté que la moitié des détenues s’étaient déjà automutilées. Les cas d’automutilation ont été rapportés plus souvent chez les détenues dites «à sécurité maximale» (sous-groupe Max ou MaxBS) : 58 % contre 35 %. En outre, au moment de l’étude, l’automutilation était une source de préoccupation pour 25 % des détenues, tous sous-groupes confondus.

On a observé d’importantes variations dans les réponses aux questions portant sur les relations interpersonnelles. Même s’il s’agit d’une évaluation subjective qui peut dépendre de la qualité des relations entre les détenues et le personnel, les employés ont indiqué que la majorité des détenues avaient des difficultés, les plus courantes étant les suivantes : provocations menant à des conflits; difficultés dans les relations interpersonnelles; comportements antisociaux; et comportements impulsifs.

On a constaté que les trois quarts des détenues connaissaient des problèmes dans le cadre des activités de la vie quotidienne. Voici les plus courants : problèmes affectifs/comportementaux (gestion du stress, résolution des problèmes, impul-sivité); soins personnels (hygiène personnelle, alimentation); tâches ménagères; et problèmes de motivation/d’organisation (p. ex., pour entreprendre des activités ou organiser les différentes étapes d’une tâche particulière). Pour l’ensemble des sous-groupes, la principale difficulté était de nature affective ou comportementale; les femmes apparte-nant au sous-groupe BS-NonCT étaient celles qui avaient le plus de problèmes dans toutes les catégories.

Selon les employés, environ 70 % des détenues ayant un problème de santé mentale ou besoin de traite-ments n’appartenaient à aucune des catégories établies dans le DSM-IV. Voici les problèmes les plus couramment observés : déséquilibre affectif, problè-mes liés à des traumatismes antérieurs et maladies graves (p. ex., hépatite C, asthme, épilepsie ou VIH/ sida)14. C’est au sein du sous-groupe BS-NonCT qu’on a observé le plus de cas de déséquilibre affectif et de problèmes liés à des traumatismes antérieurs; les troubles de l’alimentation et le déséquilibre affectif étaient plus fréquents au sein du sous-groupe Max; et les maladies graves étaient plus fréquentes au sein du sous-groupe BS-CT.

Lorsqu’on a demandé aux employés ce qu’ils pensaient des besoins de traitement des détenues, ils ont été une majorité à répondre qu’elles avaient besoin de traitements psychologiques, notamment de counseling individuel. Par ailleurs, ils ont men-tionné le besoin de traitements liés aux problèmes suivants : aptitudes insuffisantes/incapacité à gérer le stress, qui touchent par exemple les relations interpersonnelles et les activités quotidiennes; traitements psychiatriques nécessitant une gestion des médicaments; toxicomanie; et maîtrise de la colère.

L’étude a révélé qu’environ un quart des détenues avaient besoin de programmes adaptés à leur niveau de connaissances (le besoin était particulièrement élevé au sein des groupes BS et très limité au sein du groupe Max). On a constaté que la majorité des détenues étaient capables de participer à des programmes de groupes; il y avait néanmoins des différences entre les sous-groupes, les membres du sous-groupe MaxBS étant les moins aptes à fonction-ner en groupe et ayant davantage besoin de programmes individuels.

Enfin, les employés ont indiqué divers domaines dans lesquels il serait possible d’offrir une formation spécialisée additionnelle. Voici ceux qu’ils ont mentionnés le plus souvent : Thérapie comporte-mentale dialectique (TCD); sensibilisation aux problèmes de santé mentale; et intervention en cas de crise. Les autres domaines suggérés étaient les suivants : toxicomanie; aptitudes thérapeutiques; intervention face aux comportements suicidaires/à l’automutilation; sensibilisation aux particularités autochtones; compréhension des problématiques liées aux mauvais traitements et aux traumatismes; et formation à la maîtrise de la colère.

Conclusion

Le 3 septembre 1999, le Solliciteur général, M. Lawrence MacAulay, annonçait la mise sur pied de la Stratégie d’intervention intensive auprès des délinquantes. Celle-ci répond aux besoins complexes des populations ayant fait l’objet de l’analyse des besoins, et aux risques associés à ces populations. Essentiellement, la Stratégie décrit les milieux de vie particuliers aménagés pour les femmes dans les établissements régionaux – on a créé des milieux de vie structurés (MVS) à l’intention des délinquantes dites «à sécurité minimale» et «à sécurité moyenne» qui ont de graves troubles de santé mentale, ainsi que des unités de garde en milieu fermé à l’intention des délinquantes à sécurité maximale. Dans ces deux types d’environnement, du personnel assure les services de surveillance et de soutien 24 h sur 24 et des programmes spécialisés sont exécutés par une équipe multidisciplinaire. Dans un milieu thérapeu-tique efficace, les deux principaux modèles de traitement mis en œuvre dans les milieux de vie structurés sont les suivants : la TCD – qui traite les troubles émotifs et de comportement, ainsi que d’autres besoins en matière de relations interpersonnelles; et la réadaptation psychosociale (RPS) – pour répondre aux besoins quotidiens et aux besoins en matière d’habiletés d’adaptation des délinquantes considérées comme ayant des déficits cognitifs. Ces interventions seront également offertes aux délinquantes logées dans les unités de garde en milieu fermé.

En résumé, l’analyse des besoins a permis de recueillir des renseignements qui faciliteront la satisfaction des besoins en santé mentale des populations visées, y compris en ce qui a trait au choix, à la définition et à la mise en œuvre des principales interventions (TCD et RPS). Par ailleurs, les données découlant de l’analyse des besoins ont également servi à définir l’échelle de fonctionnement en établissement, qui facilitera l’évaluation des progrès et des résultats obtenus dans les deux types d’environnement.


1.  340, avenue Laurier Ouest, Ottawa (Ontario) K1A 0P9. Prière d’adresser vos demandes de renseignements sur le rapport d’analyse des besoins à Donna McDonagh, Ph.D. Les auteurs tiennent à souligner la collaboration de Jennifer MacDonald et de Lisa Watson à l’étude et de Jane Laishes qui a révisé le document anglais.

2.  284, rue Wellington, Ottawa (Ontario) K1A 0H8.

3. SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA. La Création de choix -Le rapport du groupe d’étude sur les femmes purgeant une peine fédérale,
Ottawa, ON, auteur, 1990.

4.  La Prison des femmes a ouvert ses portes en 1934. En 1990, il s’agissait du seul établissement carcéral fédéral accueillant les femmes purgeant une peine de ressort fédéral au Canada.

5.  Chaque maison accueille de 6 à 10 femmes et comprend une salle commune, une cuisine, une salle à manger, des salles de bain, une lingerie/buanderie et un accès au terrain. Les occupantes de chaque maison doivent s’occuper de toutes les tâches ménagères, par exemple, faire la cuisine, le ménage et la lessive.

6.  Au mois de septembre 1996, on a décidé provisoirement de retirer toutes les femmes dites «à sécurité maximale» des nouveaux établissements régionaux pour femmes gérés par le Service, parce que l’environnement communautaire de ces établissements ne répondait pas aux besoins de cette population, tant au chapitre de la sécurité qu’en ce qui a trait aux programmes. Par ailleurs, les unités à encadrement renforcé des établissements régionaux étaient conçues pour des séjours de courte durée et non pour de l’héberge-ment à long terme. Les délinquantes dites «à sécurité maximale» étaient incarcérées à la Prison des femmes (aujourd’hui fermée) ou dans des unités distinctes des établissements pour hommes : pénitencier de la Saskatchewan, centre psychiatrique régional -Prairies (Saskatchewan), centre régional de réception (Québec) et établissement de Springhill (Nouvelle-Écosse). Dans la région du Pacifique, toutes les détenues sont incarcérées au centre correction-nel pour femmes de Burnaby, en vertu d’un accord d’échange de services.

7.  Les rapports suivants ont été produits au sujet des délinquantes ayant des besoins spéciaux et/ou dites «à sécurité maximale» : McDONAGH, D. Détenues dites «à sécurité maximale» – Faire du temps sans se laisser faire par le temps, Ottawa, ON, Service correc-tionnel du Canada, 1999. MORIN, S. Les détenues autochtones à sécurité maximale purgeant une peine fédérale – Que sont devenues les promesses de «La Création de choix» ?, Ottawa, ON, Service correctionnel du Canada, 1999. WARNER, A. Mise en œuvre de choix aux établissements régionaux : Propositions de programmes pour les délinquantes ayant des besoins spéciaux, Ottawa, ON, Service correctionnel du Canada, 1998.

8.  On a demandé aux membres du personnel de remplir un questionnaire pour chaque femme détenue dans leur établissement le 1er juillet 1999 qui répondait aux critères suivants :

  1. Classée au niveau de sécurité maximale.
  2. Vit dans une unité pour détenues à besoins spéciaux, une unité de santé mentale ou un centre de traitement (en raison de graves problèmes de santé mentale et/ou de faibles capacités cognitives et de lacunes au chapitre des compétences psychosociales de base). [Peu importe son niveau de sécurité.]
  3. Femme qui, bien qu’elle ne soit pas actuellement classée au niveau de sécurité maximale, a été classée à ce niveau au cours de la dernière année civile. (Les résultats ne sont pas fournis dans le présent rapport.)
  4. Femme qui, bien qu’elle ne vive pas actuellement dans une unité de santé mentale ou un centre de traitement, a de graves problèmes de santé mentale et/ou des lacunes au chapitre des compétences psychosociales de base qui l’empêchent de fonctionner dans un milieu de vie communautaire si elle ne bénéficie pas d’un soutien accru et de mesures d’intervention plus nombreuses.

9.  On a envoyé des questionnaires aux établissements et unités suivants : établissement Nova pour femmes, établissement Springhill, établissement Joliette, centre régional de réception, établissement Grand Valley, Prison des femmes, établissement d’Edmonton pour femmes, pavillon de ressourcement Okimaw Ohci, centre psychiatrique régional, pénitencier de la Saskat-chewan et centre correctionnel pour femmes de Burnaby.

10.  AMERICAN PSYCHIATRIC ASSOCIATION. Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – 4e édition (DSM-IV), Washington, DC, auteur, 1994.

11.  En tout, 90 questionnaires ont été retournés, dont 16 concernant des détenues qui avaient été classées au niveau de sécurité maximale au cours des 12 mois précédents, mais ne l’étaient plus.

12.  Les MMG comprennent les troubles psychotiques graves tels que la schizophrénie, la dépression majeure, les troubles bipolaires ou dissociatifs; les TP les plus fréquents sont les troubles de la personnalité limite (TPL); les troubles cognitifs ont été diagnosti-qués au moyen de deux indicateurs : le DSM-IV (faibles capacités cognitives) et la réponse «Oui» à la question «Les compétences cognitives de cette femme sont-elles inférieures à la normale ?».

13.  Cette donnée est un indicateur général du risque établi par le personnel d’après l’idéation courante ou les tentatives (par courante, on entend qui s’est produite au cours des deux années précédentes) ou encore le risque passé.

14.  Le déséquilibre affectif comprend des troubles comme la labilité émotionnelle et les problèmes de maîtrise de la colère. Aux fins de nos analyses, les problèmes reliés aux traumatismes antérieurs incluaient la violence familiale et les mauvais traitements subis pendant l’enfance et l’adolescence dans le milieu familial. Les troubles médicaux graves comme l’hépatite C, l’asthme, l’épilepsie, le VIH/sida ou toute autre maladie grave étaient considérés comme des problèmes de santé mentale dans la mesure où ils créaient un lourd fardeau émotif pour les femmes qui en étaient atteintes.