Léchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité : un outil de surveillance efficace
par Larry Motiuk1
Direction de la recherche,
Service correctionnel du Canada
Dans la pratique, de nombreuses décisions sur les exigences de surveillance dans la collectivité (comme la fréquence des contacts) et le placement dans les programmes2 reposent sur lanalyse du risque et des besoins du délinquant. Par conséquent, il nest pas surprenant que les Normes régissant la surveillance des détenus mis en liberté sous condition, préparées par le Service correctionnel du Canada et la Commission nationale des libérations conditionnelles, appelle à ladoption dune méthode systématique dévaluation des besoins du délinquant, du risque de récidive et de tout autre facteur susceptible dinfluer sur la réinsertion du délinquant dans la collectivité3.
Par souci de conformité avec les Normes nationales régissant la surveillance des détenus mis en liberté sous condition, les agents de liberté conditionnelle du Service correctionnel du Canada ont commencé, dès 1990, à utiliser léchelle dévaluation du risque et des besoins. Cest ainsi quils recueillent des renseignements sur les antécédents criminels des délinquants et dressent une liste des besoins cruciaux propres à chaque cas pour classer les délinquants sous responsabilité fédérale libérés sous condition.
Cet article illustre limportance de la surveillance systématique des niveaux de risque et de besoins et la manière dont on peut utiliser léchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité pour refléter les changements que connaît graduellement la population des libérés sous condition.
Description de léchelle
Léchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité a manifestement été élaborée dans le but de canaliser les ressources affectées à la surveillance et de faire en sorte que lon puisse suivre les changements dans le comportement, les attitudes et les circonstances des délinquants sous surveillance dans la collectivité4. Toutefois, dans la conception de léchelle, on sest inspiré de lapproche des Stratégies de gestion des cas (SGC)5, qui consiste à évaluer les délinquants au moyen dun protocole appelé lAnalyse des besoins en fonction des forces et des faiblesses. Élaborée dans le Midwest américain pour lévaluation des jeunes probationnaires, cette approche a été adoptée par le Service correctionnel du Canada pour la détermination des besoins propres à chaque délinquant adulte sous responsabilité fédérale. Sil est vrai que lAnalyse des besoins en fonction des forces et des faiblesses offrait un moyen de porter des jugements de façon plus objective et systématique, elle ne tenait toutefois compte ni de la situation du délinquant (avant son admission ou après sa mise en liberté), ni des changements dans son comportement, avec le temps et dans différents contextes. Cest ainsi quest née lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité, qui fait appel à un schème simple (fusionner lévaluation du risque sur la base des antécédents criminels et celle des besoins du libéré) permettant aux agents de liberté conditionnelle de classer les délinquants à leur libération dans la collectivité, puis tous les six mois, et ce, jusquà lexpiration de leur peine.
Évaluation du risque sur la base des antécédents criminelsPour évaluer le risque (de récidive) de manière systématique et uniforme, les agents de liberté conditionnelle recourent à lÉchelle dinformation statistique générale sur la récidive (ISR)6, adoptée officiellement par la Commission nationale des libérations conditionnelles comme système de notation du risque lié à la mise en liberté des délinquants. LÉchelle dISR consiste, entre autres, en un examen exhaustif du casier judiciaire officiel du délinquant, y compris 15 variables liés au risque (âge, nombre et type de condamnations pour des infractions criminelles, abus de confiance, etc.). Les agents de liberté conditionnelle puisent en outre dans deux autres sources dinformation sur les antécédents criminels pour coter ces derniers de manière objective, fiable et précise. Ils se fient aussi à lévaluation générale du risque par la Commission nationale des libérations conditionnelles (faible ou élevé, par exemple) et à leur propre jugement des antécédents criminels du délinquant, après un examen approfondi du casier judiciaire.
Évaluation des besoins Les secteurs de besoins choisis pour cette composante de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité sont analogues à ceux que lon retrouve dans la plupart des autres instruments dévaluation des besoins en usage dans dautres administrations7. Douze secteurs de besoins sont utilisés : la formation scolaire et professionnelle, lemploi, la gestion du budget, les relations conjugales et familiales, les fréquentations et les interactions sociales, le logement, le comportement et la vie affective, la consommation dalcool, la consommation de drogue, les aptitudes mentales, la santé et lattitude générale. Bien que chaque secteur de besoins fait lobjet dune cotation en fonction de lignes directrices précises (en attribuant par exemple des mentions comme Facteur contribuant à la réinsertion sociale du libéré, Aucun besoin immédiat damélioration, Certain besoin damélioration ou Grand besoin damélioration), il suffit, pour établir une cote globale des besoins, de regrouper les résultats des évaluations effectuées par les agents de liberté conditionnelle selon trois niveaux de besoins : faible, moyen et élevé.
Afin de déterminer la fréquence de contacts adéquate pour la surveillance dans la collectivité, on a regroupé les deux types dévaluations évaluation du risque sur la base des antécédents criminels et évaluation des besoins du libéré sous forme dune matrice, risque élevé/besoins élevés, (voir tableau 1).
Pour sassurer que lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité tient aussi compte des besoins liés à la surveillance dans la collectivité des délinquants sexuels et des délinquants souffrant de troubles mentaux, on y a incorporé deux nouveaux secteurs de besoins. De plus, on a réservé une catégorie {Autres} pour les délinquants qui ne répondent à aucun critère, mais qui, de lavis des agents de liberté conditionnelle, méritent dêtre traités comme sils présentaient un risque élevé.
Historique
En fusionnant simplement les évaluations des antécédents criminels effectuées par les agents de liberté conditionnelle et les cotes globales des besoins des libérés (voir tableau 2), près de 95 % des délinquants de léchantillon jugés à {risque faible/besoins faibles} ont obtenu des résultats positifs dans les six mois suivant lévaluation au moyen de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité.
En revanche, seul un nombre nettement inférieur de délinquants libérés sous condition et considérés {risque élevé/besoins élevés} ont réussi à sen sortir (nayant commis aucune nouvelle infraction durant la période de suivi de six mois). Pour ce qui est de léchantillon de lexamen opérationnel, il est important de noter que les secteurs faisant lobjet dune surveillance {périodique} (délinquants jugés à {risque faible/besoins faibles} formaient plus dun tiers de lensemble de léchantillon évalué.
Tableau 1
| Niveaux du risque et des besoins et fréquence minimale des contacts | |||
| Niveau de risque selon les antécédents criminels |
Niveau des besoins du liberté
|
||
Faible
|
Moyen
|
Élevé
|
|
| Faible | 1 / mois
(périodique) |
2 / mois
(active) |
4 / mois
(intensive) |
| Élevé | 4 / mois
(intensive) |
4 / mois
(intensive) |
4 / mois
(intensive) |
Même si le secteur faisant lobjet dune surveillance {intensive} comptait un peu plus du tiers (37,3 %) de léchantillon de lexamen opérationnel, un peu plus des deux-cinquièmes des libérés (959 délinquants) ont été considérés comme {risque élevé/besoins élevés} (soit 16,1 % du total). Le reste des libérés sous surveillance {intensive} étaient pour la plupart des délinquants {risque moyen/besoins moyens}
Tableau 2
| Répartition des échantillons de l’essai
pratique de 1989 et de l’examen opérationnel de 1996 et taux de réussite* par niveau de surveillance |
|||
| Échantillon | Niveau de surveillance
|
||
Périodique
|
Active
|
Intensive
|
|
| Essai pratique de 1989 (453 délinquants) |
34,4% (94,9%)*
|
9,7% (86,4%)*
|
55,9% (64,4%)*
|
| Examen opérationnel de 1989 (5 968 délinquants) |
38,9% (96,9%)*
|
23,8% (92,1%)*
|
37,3% (83,9%)*
|
| *Remarque : * taux de réussite entre parenthèses. | |||
Lessai pratique8 et lexamen opérationnel9 de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité, effectués respectivement en 1988 et 1995, ont révélé que les agents de liberté conditionnelle dans la collectivité pouvaient facilement faire la différence entre les délinquants sur la base de la nature et du niveau de leurs besoins et du risque quils présentent. Dautre part, les évaluations du risque et des besoins avaient systématiquement une corrélation avec le résultat de la mise en liberté sous condition. Une fois lévaluation terminée, on a surveillé les délinquants et on les a regroupés en fonction de leurs besoins à légard de la fréquence minimale de contacts : (surveillance) {périodique} (risque faible/besoins faibles), {active} (risque moyen/ besoins moyens) et {intensive} (risque faible/ besoins élevés, risque élevé/besoins faibles, risque levé/besoins moyens, risque élevé/ besoins élevés). Ces cohortes (les échantillons de lessai pratique comme ceux de lexamen opérationnel) ont ensuite fait lobjet dun suivi pendant une période de six mois. Comme prévu, les délinquants du secteur {risque faible/besoins faibles} étaient plus susceptibles de réussir que ceux du secteur {risque élevé/besoins élevés}. (336 délinquants ou 15 %) et {risque élevé/besoins} (500 délinquants ou 22 %).
| L’échelle d’évaluation du risque et des besoins dans la collectivité | |||
| Secteurs de besoins des libérés | |||
| Formation scolaire/professionnelle : | |||
| Aucune difficulté pour l’instant | Le niveau de compétences cause une interférence mineure |
Le niveau de compétence cause une grave interférence |
|
| Emploi : | |||
| Courbe stable de l’emploi | Aucune difficulté pour l’instant | La situation de l’emploi cause de légers problèmes d’adaptation | La situation de l’emploi entraîne de graves problèmes d’adaptation |
| Gestion du budget : | |||
| Structure efficace de gestion | Aucune difficulté pour l'instant | Difficultés conjoncturelles ou mineures | Difficultés marquées |
| Relations conjugales/familiales : | |||
| Struture de relations stables et d’entraide | Aucune difficulté pour l'instant | Instabilité occasionnelle dans les relations | Structure très instable |
| Fréquentations/interactions sociales : | |||
| Associations positives et (ou) à tendance non criminelle | Aucune difficulté pour l'instant | Quelques associations négatives et (ou) à tendance criminelle | Associations la plupart du temps négatives et (ou) à tendance criminelle |
| Logement : | |||
| Tendance vers la recherche de logements satisfaisants | Aucune difficulté pour l'instant | Changements occasionnels de résidence ou logement temporaire | Changements fréquents de résidence ou aucune adresse permanente |
| Comportement/vie affective : | |||
| Aucune difficulté pour l'instant | Problèmes émotifs ou de comportement traduisant un besoin d’assistance quelconque | Graves problèmes émotifs ou de comportement traduisant un besoin considérable d’assistance |
|
| Consommation d’alcool : | |||
| Aucune difficulté pour l'instant | Consommation occasionnelle d’alcool causant des problèmes modérés d'adaptation | Consommation fréquente ou démesurée d’alcool entraînant de graves problèmes d’adaptation |
|
| Consommation de drogue : | |||
| Aucune difficulté pour l'instant | Consommation occasionnelle de drogue causant une interférence modérée d’adaptation | Consommation fréquente ou démesurée de drogue entraînant de graves problèmes d’adaptation |
|
| Aptitudes mentales : | |||
| Aucune difficulté pour l'instant | Les handicaps limitent l’autonomie sans toutefois l’éliminer complètement | Les handicaps limitent considérablement l’autonomie |
|
| Santé : | Aucune difficulté pour l'instant | Handicap physique ou maladie nuisant au fonctionnement | Handicap
physique ou maladie grave entravant considérablement le fonctionnement |
| Attitude générale : | |||
| Participation active et attitude toujours positive face à l’aide offerte | Aucune difficulté pour l'instant | Reconnaît l’existence de certains problèmes, mais accepte mal l’aide offerte | Incapable de reconnaître l’existence de problèmes et n’accepte pas l’aide offerte |
| Besoins spéciaux : | |||
| Délinquant sexuel | Détenu souffrant de troubles mentaux | Autre | |
| Besoins des délinquants — Cote : | |||
| Faibles | Moyens | Élevés | |
| Risque fondé sur les antécédents criminels — Cote : | |||
| Faibles | Moyens/élevés | Élevés | |
Dans ce contexte, les délinquants jugés à {risque élevé/besoins élevés} avaient le plus faible taux de réussite (80 %) de tous les secteurs de risque et de besoins. Par conséquent, la réduction de la fréquence de contacts pour les délinquants présentant un risque faible aurait une grande incidence sur la réaffectation et la réorientation des ressources communautaires.
Les premiers efforts consistaient essentiellement à répartir les 12 catégories de besoins de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité. Lessai pratique visait, quant à lui, à donner une meilleure idée de la contribution de chacun des facteurs à la gestion des délinquants sous surveillance dans la collectivité.
Les recherches effectuées dans le cadre de cet essai ont fait ressortir tant la proportion de délinquants dont la liberté conditionnelle a été suspendue dans les six mois suivant leur libération que dautres relations statistiquement significatives entre des catégories de besoins précises et la probabilité de suspension. Léchantillon de lexamen opérationnel a été analysé selon la même formule (voir tableau 3). Par ailleurs, lanalyse statistique a montré que seul un secteur de besoins sur 12 (la santé) de léchantillon de lexamen opérationnel navait pas de rapport avec léchec de la mise en liberté sous condition.
Tableau 3
| Résultats concernant les libérés sous condition ayant des besoins déterminés | ||||||
| Catégorie de besoins | % de délinquants ayant besoins déterminés |
% de délinquants suspendus
dans les six mois |
Relations statistiquement significatives |
|||
| Essai pratique |
Examen opérationnel |
Essai pratique |
Examen opérationnel |
Essai pratique |
Examen opérationnel |
|
| Formation scolaire /professionnelle |
20,8
|
36,6
|
35,1
|
14,2
|
* *
|
* * *
|
| Emploi | 35,0
|
44,2
|
36,1
|
13,2
|
* * *
|
* * *
|
| Gestion du budget | 37,0
|
38,6
|
37,1
|
12,9
|
* * *
|
* * *
|
| Relations conjugales /familiales |
33,2
|
27,7
|
37,3
|
14,3
|
* * *
|
* * *
|
| Fréquentations /interactions sociales |
40,4
|
28,2
|
40,7
|
15,7
|
* * *
|
* * *
|
| Logement | 15,5
|
11,4
|
45,7
|
16,1
|
* * *
|
* * *
|
| Comportement et vie affective | 34,8
|
39,4
|
34,4
|
13,2
|
* * *
|
* * *
|
| Consommation d’alcool | 18,6
|
15,1
|
46,4
|
16,3
|
* * *
|
* * *
|
| Consommation de drogue | 15,7
|
15,9
|
39,4
|
17,9
|
* * *
|
* * *
|
| Aptitudes mentales | 8,7
|
4,9
|
28,2
|
14,1
|
ns
|
* * *
|
| Santé | 9,1
|
17,0
|
14,6
|
9,5
|
ns
|
ns
|
| Attitude générale | 25,1
|
10,6
|
40,2
|
14,0
|
* * *
|
* * *
|
| Remarque : ns = non significative, * p < 0,05; ** p < 0,01;
*** p < 0,001, Besoin déterminé = certain besoin d’amélioration et grand besoin d’amélioration. |
||||||
Application
À lheure actuelle, partout au Canada, les délinquants sous responsabilité fédérale faisant lobjet dune surveillance dans la collectivité sont évalués et réévalués par des agents de liberté conditionnelle au moyen de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité. Cette échelle offre un moyen efficace denregistrer le risque sur la base des antécédents criminels et des besoins, le niveau de risque et de besoins, la fréquence de contacts nécessaire et dautres renseignements connexes sur chaque délinquant (notamment la nature de la libération et léchéance de la peine). Léchelle existe en version imprimée, quoique les agents de liberté conditionnelle du Service se servent dune version informatisée.
Autre recherche
On peut actuellement effectuer, au moyen de la version informatisée de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité, une répartition des besoins déterminés pour lensemble de la population de délinquants sous surveillance dans la collectivité. Ce genre dinformation propre à chaque délinquant, fruit des efforts déployés par environ 600 agents de liberté conditionnelle à travers le pays, reflète tant lexpérience commune de ces derniers que les connaissances quils ont des libérés sous surveillance directe. Une répartition des besoins déterminés indique que les difficultés liées à lemploi, à la situation financière, aux relations familiales ou matrimoniales et à la stabilité comportementale et émotive sont fréquentes parmi les délinquants sous surveillance dans la collectivité. Des analyses statistiques ont fait ressortir des différences entre les délinquants et les délinquantes pour seulement deux des 12 catégories de besoins. En effet, les hommes étaient plus susceptibles que les femmes davoir des problèmes de drogue. Par contre, les femmes avaient plus de problèmes de santé. Afin dexaminer les différences dans les besoins des libérés dune étape à lautre de la période de surveillance, on a subdivisé léchantillon représentatif de 5 286 délinquants en trois groupes : de 0 à 6 mois, de 6 à 12 mois et 12 mois et plus. Des tendances intéressantes, quoique différentes, se sont dégagées de cette opération. En effet, les délinquants qui étaient en liberté depuis 12 mois ou plus avaient un niveau de besoins nettement inférieur à celui des délinquants libérés depuis peu de temps.
Le tableau 4 illustre les relations entre chaque secteur de besoins et la suspension de la mise en liberté sous condition (dans les six mois suivant lévaluation au moyen de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité), et ce, pour les trois étapes de la période de surveillance. On a constaté que la majorité des besoins des libérés sont liés de façon significative à léchec de la mise en liberté. On a observé une constante dans la corrélation entre léchec de la mise en liberté aux trois étapes de la période de surveillance et les secteurs de besoins suivants : formation scolaire et professionnelle, emploi, relations conjugales et familiales, fréquentations et interactions sociales et consommation de drogue. De fait, cette corrélation samplifie au fur et à mesure que la période écoulée en liberté sous surveillance se prolonge. Cette constatation a des implications importantes pour la prévision du risque de récidive. En effet, selon des études antérieures, les variables statiques, dont les antécédents criminels, devaient avoir une valeur prédictive plus importante que celle des besoins durant les premières étapes de la période de surveillance. Il y a quand même une bonne explication à cette situation. Si un délinquant doit finir par récidiver, ce sont les variables dynamiques (dont lemploi, la situation familiale ou matrimoniale et les problèmes de dépendance) qui augmentent les probabilités de récidive.
Tableau 4
| Corrélation entre les besoins déterminés et les résultats par étape (coefficient de Pearson) | |||
| Catégorie de besoins | % de délinquants ayant besoins déterminés |
% de délinquants suspendus
dans les six mois |
|
de 0 à 6 mois |
de 6 à 12 mois |
12 mois et plus |
|
| Formation scolaire/professionnelle | 0,07**
|
0,11***
|
0,11 ***
|
| Emploi | 0,09***
|
0,08 **
|
0,11 ***
|
| Gestion du budget | 0,04
|
0,0 9 ***
|
0,08 ***
|
| Relations conjugales/familiales | 0,06 *
|
0,08 **
|
0,12 ***
|
| Fréquentations/interactions sociales | 0,08 *
|
0,12 ***
|
0,12 ***
|
| Logement | 0,07 **
|
0,05
|
0,12 ***
|
| Comportement et vie affective | 0,02
|
0,10 ***
|
0,11 ***
|
| Consommation d’alcool | 0,05
|
0,05
|
0,1 5 ***
|
| Consommation de drogue | 0,10 ***
|
0,0 8 **
|
0,1 4 ***
|
| Aptitudes mentales | 0,01
|
0,06 *
|
0,02
|
| Santé | – ,01
|
0,01
|
0,03
|
| Attitude générale | 0,06 *
|
0,03
|
0,04
|
| Remarque : * p < 0,05; ** p < 0,01; *** p < 0,001, Besoin déterminé = certain besoin d’amélioration et grand besoin d’amélioration. |
|||
Conclusion
Lutilisation de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité a permis au Service de recueillir plus dinformation quauparavant sur les délinquants sous responsabilité fédérale et sous surveillance dans la collectivité. On peut en effet obtenir, au moyen de cet outil, des renseignements stratégiques sur les délinquants sous responsabilité fédérale leurs allées et venues, leurs caractéristiques et le genre de difficultés auxquelles ils se heurtent à leur libération et au cours de la période de surveillance. Si le ciblage de secteurs de besoins clés (notamment lemploi et labus de drogue) pour la prestation de services a énormément de mérite, il nen demeure pas moins que le véritable défi à relever consiste à élaborer des stratégies dintervention dans la collectivité qui répondent aux besoins des délinquants.
1. Direction de la recherche, Service correctionnel du Canada, 340, avenue Laurier ouest, Ottawa (Ontario) K1A 0P9.
2. ANDREWS, D. A., BONTA, J. et HOGE, R. D., {Classification for Effective Rehabilitation: Rediscovering Psychology}, Criminal Justice and Behavior, 17, 1990, p. 19-52.
3. Service correctionnel du Canada et Commission nationale des libérations conditionnelles, Document de travail sur les normes de surveillance de la mise en liberté sous condition, Ottawa, 1988.
4. MOTIUK, L. L., et PORPORINO, F.J., Essai pratique de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité : une étude des libérés sous condition, Rapport de recherche R-06, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1989.
5. LERNER, K., ARLING, G. et BAIRD, S.C., {Client Management Classification Strategies for Case Supervision}, Crime & Delinquency, 32, 1986, p. 254-271.
6. NUFFIELD, J., La libération conditionnelle au Canada : recherches en vue dune normalisation des décisions, Ottawa, ministère des Approvisionnements et Services Canada, 1982.
7. MOTIUK, L.L., et BROWN, S.L., La validité du processus de détermination et danalyse des besoins des délinquants dans la collectivité, Rapport de recherche R-34, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1993.
8. MOTIUK et PORPORINO, Essai pratique de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité.
9. MOTIUK, L.L., {Assessment Methods in Corrections}, rapport publié, présenté à loccasion de la 4e conférence annuelle internationale de la Community Corrections Association, Austin, Texas, 1996.