Système de classification des programmes correctionnels : processus dévaluation initiale des délinquants
par Larry Motiuk1
Direction de la recherche, Service correctionnel
du Canada
Le processus dévaluation initiale des délinquants (EID) a été adopté en 1994 par tous les bureaux régionaux du Service correctionnel du Canada. Il sagit dune évaluation exhaustive et intégrée des délinquants à leur admission dans le système fédéral. Celle-ci consiste en la collecte et lanalyse de renseignements sur des éléments liés aux antécédents criminels, à la santé mentale, à la situation sociale, à léducation de chaque délinquant, ainsi que dautres facteurs pertinents pour la cotation du risque criminel que présente ce dernier et à la caractérisation de ses besoins2. Elle permet en outre de déterminer létablissement de placement et le plan correctionnel du délinquant.
Depuis la mise en uvre de lEID, près de 5 350 évaluations complètes ont été effectuées et versées dans le Système de gestion des détenus (SGD). Jusquà récemment, à peine un tiers des données découlant de lévaluation globale du risque et des besoins de la population carcérale étaient recueillies au moyen de lEID. Bien que ces renseignements soient organisés de façon systématique et consignés dans le SGD, létablissement du profil de tous les délinquants en détention exigeait lexamen du dossier de tous les délinquants qui nont pas fait lobjet de lEID. Pour ce faire, on sest servi du processus modernisé dévaluation initiale des délinquants, au moyen duquel on avait réuni diverses données sur lensemble des délinquants, notamment la cotation générale du risque et des besoins (risque criminel et besoins du libéré), la note de lÉchelle dinformation statistique sur la récidive Révision (ISR-R1)3 et la cote de chacune des sept catégories de besoins à lorigine du comportement criminel (lemploi, les relations conjugales et familiales, les fréquentations, la toxicomanie, le vie sociale, la vie personnelle et affective et lattitude générale).
Lévaluation initiale, complète, intégrée et systématique, de toute la population carcérale sous responsabilité fédérale permet au Service de prévoir la croissance de la population carcérale, de surveiller les changements dans la composition de celle-ci, daméliorer les procédures dévaluation du risque et de mesurer le rendement correctionnel. Le nouveau système pourrait accroître les taux de mise en liberté, dans la mesure où lon pourrait caractériser les délinquants présentant un faible risque de récidive au début de la peine et, ainsi, réduire les coûts dincarcération et répondre aux besoins des délinquants de façon plus humaine. Il pourrait en outre atténuer la nécessité de renforcer les mesures de sécurité et rendre accessibles de linformation utile à des fins dévaluation. Cela aurait éventuellement pour corollaire de rationaliser les activités et de réduire les dépenses du Service.
Historique
Les demandes de renseignements du public et les études de divers groupes de travail internes continuent de souligner la nécessité daméliorer le processus dévaluation des délinquants et de communication des renseignements entre les composantes du système de justice pénale. Par conséquent, on sest surtout penché sur les procédures de prise de décision et dévaluatio du risque en usage au Service correctionnel du Canada et à la Commission nationale des libérations conditionnelles.
Dans le cadre de linitiative de la Stratégie correctionnelle4, on a déterminé que les besoins à lorigine du comportement criminel devraient servir de base pour lélaboration des programmes à lintention des délinquants et que la prestation des services devrait être axée sur la réussite de la réinsertion sociale. Un groupe de travail national a été mis sur pied avec mission de concevoir et de mettre au point une méthode dévaluation des délinquants à leur admission dans des établissements correctionnels fédéraux. Cest ainsi que lEID a été élaborée dans le but duniformiser le processus dévaluation et dintégration du risque et des besoins des délinquants, à léchelle du Service correctionnel du Canada.
En 1992-1993, tous les bureaux régionaux du Service ont mis le processus dEID à lessai et des améliorations y ont été apportées en conséquence. Des études ultérieures (1993-1994) ont traité des questions de la formation du personnel, de la prestation dune aide technique ainsi que de la collecte et de lanalyse de données pour mesurer le rendement correctionnel. En novembre 1994, le Service a mis le processus en uvre aux établissements Matsqui (Colombie-Britannique) et dEdmonton (Alberta), au pénitencier de la Saskatchewan (Saskatchewan), aux établissements Stony Mountain (Manitoba) et Millhaven (Ontario), à la Prison des femmes (Ontario), au Centre régional de réception (Québec) et à létablissement de Springhill (Nouvelle-Écosse).
Étant donné sa complexité et le rôle décisif que le processus allait jouer dans la définition des phases ultérieures de la peine du délinquant, le projet dEID a nécessité laffectation de ressources humaines et financières considérables par les établissements et les administrations centrale et régionales.
Le processus dévaluation initiale
Les agents de gestion des cas (agents de liberté conditionnelle) coordonnent, à compter de la date de la peine, la collecte de tous les renseignements pertinents (dossiers des antécédents criminels, rapports de police, transcriptions des témoignages, dossiers de la Couronne, commentaires des juges, rapports présentenciels, déclarations des victimes, etc.) à partir de sources internes et externes du Service correctionnel du Canada. Ces renseignements servent de fondement à toutes les décisions et les recommandations futures, et ce, tout au long de la peine. Dès quune peine fédérale est rendue (deux ans ou plus), un agent de gestion des cas interroge le délinquant en déterminant dabord les sujets de préoccupation cruciaux (tendances suicidaires, risque pour la sécurité, etc.). Linformation est ensuite transférée, en même temps que le délinquant, à un établissement fédéral doté dune unité spécialisée dévaluation initiale (anciennement appelée centre de réception).
Une enquête communautaire postsentencielle est effectuée par un agent de gestion des cas (agent de liberté conditionnelle) en poste dans la collectivité dorigine du délinquant. Une attention particulière est alors accordée à la nature des relations quentretient le délinquant avec son entourage (notamment la famille, les pairs et les employeurs), les conséquences de contacts futurs avec ces personnes, durant lincarcération ou à la libération, et le niveau de soutien que les autres sont disposés à lui apporter à son retour dans la collectivité.
À son arrivée à une unité dévaluation initiale, le délinquant est soumis à une entrevue dadmission, puis il suit une séance dorientation. Cette évaluation initiale permet de dépister immédiatement, chez le délinquant, les problèmes de santé générale et de santé mentale, les risques pour la sécurité (la sienne et celle des autres) et les tendances suicidaires. Ensuite, le délinquant est soumis aux deux étapes clés du processus dEID : lévaluation du risque criminel dune part, et la détermination et lanalyse des besoins, dautre part.
Lévaluation du risque criminel de chaque délinquant sappuie sur les antécédents criminels, la gravité de linfraction, les antécédents de délinquance sexuelle, lapplication possible des critères de maintien en incarcération, le résultat de lÉchelle dISR-R1 et tout autre facteur de risque consigné dans un rapport sur le profil criminel. Celui-ci renferme des détails sur le crime pour lequel le délinquant purge une peine.
Le protocole de détermination et danalyse des besoins définit sept catégories de besoins, à savoir lemploi, les relations conjugales et familiales, les fréquentations, la toxicomanie, la vie sociale, la vie personnelle et affective, et lattitude générale. Une liste dindicateurs (environ 200 en tout) et des lignes directrices concernant la cotation ont été préparées pour chacune des sept catégories de besoins à lorigine du comportement criminel. Durant lévaluation, tous les renseignements de base sur le délinquant sont pris en considération, y compris les caractéristiques personnelles, linfluence des autres, les facteurs conjoncturels et les conditions du milieu.
On sappuie donc non seulement sur le processus dEID, mais aussi sur des évaluations psychologiques, les observations du personnel de lunité sur le comportement du délinquant et des évaluations supplémentaires (p. ex., étude, emploi et toxicomanie). Toutes ces données sont mises en commun dans le cadre dune conférence de cas à laquelle participe une équipe pluridisciplinaire chargée du processus dEID.
On rédige ensuite un rapport sommaire sur chaque délinquant dans lequel on indique diverses variables, dont le niveau général de risque et de besoins du délinquant, allant de risque faible/besoins faibles à risque élevé/ besoins élevés; une observation sur chacune des sept catégories de besoins à lorigine du comportement criminel, soit Facteur jugé comme un atout dans la réinsertion sociale, Aucun besoin damélioration, Certain besoin damélioration ou Grand besoin damélioration; un ensemble de priorités liées aux besoins du libéré; une appréciation de son degré de motivation; le niveau de sécurité désigné; le dossier complet des antécédents sociaux; une décision concernant le placement en établissement. Complet et intégré, ce dossier dévaluation sert de base pour létablissement dun plan correctionnel pour le délinquant.
Dossier des antécédents criminels
Le tableau 1 donne un aperçu de la répartition de certains indicateurs dévaluation du risque criminel pour tous les délinquants ayant fait lobjet dune EID depuis la mise en uvre du processus. Quelles conclusions peut-on tirer au sujet des antécédents criminels de la population carcérale sous responsabilité fédérale à lentrée en établissement? Ce tableau illustre clairement que les délinquants ont déjà eu de nombreux démêlés avec le système de justice pénale. En effet, neuf délinquants sur dix et deux délinquantes sur trois ont admis être des récidivistes. Il convient de signaler également quenviron un quart des délinquants admis en établissement avait été condamné pour infraction sexuelle (peine antérieure ou actuelle). Ces renseignements permettent au Service correctionnel du Canada détablir le profil de la population carcérale sur la base du dossier des antécédents criminels, qui rend compte des condamnations antérieures et de leurs effets sur les délinquants.
Tableau 1
| Indicateurs choisis des antécédents criminels
des délinquants admis dans un établissement fédéral |
||||
Délinquants |
Délinquantes |
|||
| Variable | (5,235) |
(114) |
||
| Peines antérieures prononcées paruntribunal pour adolescentes |
2,077 |
40% |
25 |
22% |
| Surveillance communautaire | 1,435 |
27% |
16 |
14% |
| Gardeen milieuouvert | 1,048 |
20% |
15 |
13% |
| Gardeen milieu fermé | 1,158 |
22% |
12 |
11% |
| Peines antérieurs prononcées par un tribunal pour adultes |
4,436 |
85% |
65 |
57% |
| Surveillance communautaire | 3,732 |
71% |
48 |
42% |
| Peine provinciale | 3,687 |
70% |
48 |
42% |
| Peine fédérale | 1,672 |
32% |
18 |
16% |
| Total (Adolescentset/ou adultes) | 4,623 |
88% |
72 |
63% |
| Antécédents | ||||
| Isolement | 1,920 |
37% |
20 |
18% |
| Évasion/IEL | 1,270 |
24% |
10 |
9% |
| Échec delamise en liberté sous condition | 1,916 |
37% |
20 |
18% |
| Moins de six mois depuis le dernière incarcération |
1,219 |
23% |
16 |
14% |
| Antécédents de délinquance sexuelle (y compris peine actuelle) |
1,194 |
23% |
5 |
4% |
| Remarque:depuisaoût | ||||
Lune des façons de déterminer la validité du processus dEID consiste à examiner le lien entre les diverses composantes du volet {évaluation du risque criminel} du processus et dautres instruments connexes dappréciation du risque (voir le tableau 2).
La corrélation entre le dossier des antécédents criminels (toute cause antérieure entendue par un tribunal pour adolescents ou un tribunal pour adultes) et le niveau de risque établi daprès les résultats du processus dEID, les scores des sous-échelles de classement par niveau de sécurité (adaptation au milieu carcéral et risque pour la sécurité) et lÉchelle dISR-R1 était très prononcée et suivait la direction escomptée. Il en a été de même pour les résultats du dossier sur la gravité de linfraction. Par contre, les antécédents de délinquance sexuelle étaient en corrélation positive avec le niveau de risque déterminé au moyen du processus dévaluation, mais en corrélation négative avec la sous-échelle {adaptation au milieu carcéral} de léchelle de classement par niveau de sécurité et avec les résultats de lÉchelle dISR-R1. Les délinquants sexuels sont, dans lensemble, considérablement plus âgés que la population carcérale générale et ont habituellement eu moins de démêlés avec le système de justice pénale. Ce constat nest pas surprenant, puisque ces échelles sont fondées surtout sur les antécédents criminels.
Tableau 2
| Corrélation (coefficient de Pearson) entre les composantes
du volet {évaluation du risque criminel} du processus d’EID et d’autres instruments d’appréciation du risque (4 067 délinquants) |
||||
| Niveau de risque |
Adaptation au milieu carcéral – Score |
Risque pour la sécurité – Score |
ISR -
R1 – Score |
|
| Dossier antécédents des criminels (toute catégorie) |
0,41 ***
|
0,54 ***
|
0,28 *** –
|
0,83 ***
|
| Peines antérieurs— tribunal pour adolescentes |
0,24 ***
|
0,44 ***
|
0,30 *** –
|
0,48 ***
|
| Dossier sur la gravité en l’infraction |
0,37 ***
|
0,42 ***
|
0,17 *** –
|
0,78 ***
|
| Dossier sur la gravité en l’infraction |
0,49 ***
|
0,26 ***
|
0,46 *** –
|
0,29 ***
|
| Antécédents de délinquances sexuelle |
0,17 ***
|
– ,13 ***
|
0,00 ns
|
0,20 ***
|
| Remarque : *** p < 0,001; ns = non significative | ||||
Parmi les autres façons utiles détablir la validité du processus dEID, mentionnons lanalyse des liens entre les résultats de lévaluation des niveaux de besoins des délinquants et le nombre dindicateurs présents dans chacune des sept catégories de besoins (tableau 3).
Ainsi, il devrait exister une corrélation positive entre le niveau de besoins indiqué pour chaque catégorie et le nombre dindicateurs cochés. Les nombres mis en relief par la diagonale sont constants et évoluent dans la direction escomptée. Les autres illustrent le degré dinterdépendance entre les catégories de besoins à létude. Comme nous pouvons le constater, tous les types de liens sont importants.
Tableau 3
| Liens (coefficient) entre le niveau de risque de l’EID et les indicateurs (5 238 délinquants) | |||||||
| INDICATEURS | Emploi | Relations conjugales/ familiales |
Fréquentations | Toxicomanie | Vie sociale |
Vie personnelle/ affective |
Attitude générale |
| Emploi M=10,9 ET=5,6 |
0,60
|
0,20
|
0,32
|
0,28
|
0,39
|
0,24
|
0,20
|
| Relations conjugales/ familiales M=6,9 SD=4,1 |
0,15
|
0,56
|
0,05
|
0,26
|
0,15
|
0,32
|
0,11
|
| Fréquentations M=4,0 SD=2,3 |
0,43
|
0,20
|
0,63
|
0,38
|
0,40
|
0,26
|
0,26
|
| Toxicomanie M=12,0 SD=8,8 |
0,27
|
0,26
|
0,33
|
0,78
|
0,25
|
0,24
|
0,13
|
| Vie sociale M=5,7 SD=3,1 |
0,43
|
0,27
|
0,30
|
0,31
|
0,54
|
0,25
|
0,22
|
| Vie personnelle/ affective M=13,2 SD=7,3 |
0,29
|
0,38
|
0,23
|
0,29
|
0,35
|
0,58
|
0,40
|
| Attitude générale M=5,6 SD-4,7 |
0,37
|
0,24
|
0,40
|
0,28
|
0,38
|
0,34
|
0,60
|
| TOTAL M=58,1 D=25,8 |
0,49
|
0,42
|
0,40
|
0,57
|
0,46
|
0,46
|
0,39
|
| Remarque : M = moyen; ET = écrat-type; p < 0,001 | |||||||
Un profil du risque et des besoins propres à tous les délinquants dun établissement (dressé à leur entrée) peut être extrêmement utile pour létablissement de plans correctionnels et lévaluation de leurs progrès par la suite. À lheure actuelle, un niveau général de risque et de besoins et une fiche concernant les sept catégories de besoins à lorigine du comportement criminel ont été établis pour tous les délinquants sous responsabilité fédérale. (Remarque : Lorsque nous avons effectué les enquêtes, certaines EID étaient en cours, donc incomplètes.)
Le tableau 4 donne un aperçu, au niveau national, des niveaux de risque et de besoins de la population carcérale des deux sexes, tels quils ont été établis à ladmission. On peut constater, daprès ce tableau, quon a tendance à attribuer aux hommes un niveau de risque et de besoins supérieur à celui des femmes. Il est à noter toutefois que ces données sont fondées sur une population placée en établissement. La répartition serait différente sil sagissait dune population nouvellement admise, puisquelle serait composée de délinquants purgeant des peines moins longues, au passé criminel moins lourd et posant un risque moindre. La proportion relativement grande de délinquants entrant dans la catégorie de risque et de besoins élevés tient probablement au fait quun grand nombre de ces détenus sont incarcérés pour une longue période (p. ex. les condamnés à perpétuité et les délinquants dangereux) et que cette catégorie comprend les délinquants à qui on refuse la libération doffice. Le risque et les besoins propres à ces délinquants doivent être réévalués systématiquement pendant toute la période dincarcération.
Tableau 4
| Aperçu national de la population carcérale
sous responsabilité fédérale : répartition, en pourcentage, des niveaux de risque et de besoins (calculés à l’admission) |
||||
Délinquants
(11,541) |
Délinquants
(182) |
|||
| Niveau de risque et de besoins | ||||
| Risque faible/besoin faible | 506
|
4,4 %
|
48
|
26,4%
|
| Risque faible/besoin moyen | 490
|
4,3%
|
251
|
3,7%
|
| Risque faible/besoin élevé | 138
|
1,2%
|
8
|
4,4%
|
| Sous - total | 1,134
|
9,8%
|
81
|
44,5%
|
| Risque moyen/besoin faible | 213
|
1,9%
|
8
|
4,4%
|
| Risque moyen/besoin moyen |
2,340
|
20,3%
|
25
|
13,7%
|
| Risque faible/besoin élevé | 1,558
|
13,5%
|
22
|
12,1%
|
| Sous - total | 4,111
|
35,6%
|
55
|
30,2%
|
| Risque élevé/besoin faible | 62
|
0,5%
|
2
|
1,1%
|
| Risque élevé/besoin moyen | 976
|
8,5%
|
10
|
5,5%
|
| Risque élevé/besoin élevé |
5,258
|
45,6%
|
34
|
18,7%
|
| Sous - total | 6,296
|
54,6%
|
46
|
25,3%
|
| Remarque : août 1996 | ||||
Le processus dEID permet aussi de recueillir de linformation sur lévaluation des besoins de chaque délinquant. Si lon se fie aux résultats dune étude sur la population carcérale totale, on constate quil y a des écarts considérables dune catégorie de besoins à lautre, entre les délinquants de sexe masculin et féminin (voir le tableau 5).
Létude a révélé quà leur entrée en établissement, les délinquants étaient plus susceptibles dêtre aux prises avec des problèmes de toxicomanie et dattitude générale, tandis que les délinquantes éprouvaient plutôt des difficultés sur le plan des fréquentations ou des rapports avec leurs proches. Quant à lemploi, à la vie sociale et à la vie personnelle et affective, il ne semble pas y avoir de différences marquées du point du vue statistique entre les hommes et les femmes. Autrement dit, les hommes sont tout aussi susceptibles que les femmes davoir des problèmes à ce niveau.
Plans correctionnels
Les agents de gestion des cas se fondent sur les résultats de lEID pour élaborer des plans correctionnels initiaux. En gros, le plan correctionnel vise à traiter les facteurs considérés comme étant à lorigine du comportement criminel. Tout comme lEID, le plan correctionnel est consigné intégralement dans le Système de gestion des détenus. Il renferme trois volets : aperçu; analyse des besoins; et besoins et objectifs de programme. Dans cette dernière section, lagent cible dans une catégorie de besoins un aspect qui pose particulièrement un problème, puis il recommande un programme.
Tableau 5
| Aperçu national de la population carcérale
sous responsabilité fédérale : répartition en pourcentage, des niveaux de besoins propres à chaque cas (établis à l’admission) |
||||
Délinquants
(11,541) |
Délinquantes
(182) |
|||
| Niveau des besoins : catégorie Points forts |
||||
| Emploi | 1,011
|
8,8%
|
26
|
14,3%
|
| Relations conjugales/familiales | 1,060
|
9,2%
|
16
|
8,8%
|
| Fréquentations | 915
|
7,9%
|
16
|
8,8%
|
| Toxicomanie | -
|
-
|
-
|
-
|
| Vie sociale | 731
|
6,3%
|
25
|
13,7%
|
| Vie personnelle/affective | -
|
-
|
-
|
-
|
| Attitude générale | 1,006
|
8,7%
|
32
|
17,6%
|
| Aucun problème | ||||
| Emploi | 1,758
|
15,2%
|
22
|
12,1%
|
| Relations conjugales/familiales | 2,905
|
25,2%
|
38
|
20,9%
|
| Fréquentations | 2,111
|
18,3%
|
19
|
10,4%
|
| Toxicomanie | 2,687
|
23,3%
|
69
|
37,9%
|
| Vie sociale | 2,859
|
24,8%
|
31
|
17,0%
|
| Vie personnelle/affective | 1,034
|
9,0%
|
22
|
12,1%
|
| Attitude générale | 2,875
|
24,9%
|
96
|
52,8%
|
| Quelques problèmes | ||||
| Emploi | 4,350
|
37,7%
|
89
|
48,9%
|
| Relations conjugales/familiales | 3,963
|
34,3%
|
86
|
47,3%
|
| Fréquentations | 4,535
|
39,3%
|
116
|
63,7%
|
| Toxicomanie | 2,317
|
20,1%
|
43
|
23,6%
|
| Vie sociale | 5,229
|
45,3%
|
107
|
58,8%
|
| Vie personnelle/affective | 3,215
|
27,9%
|
95
|
52,2%
|
| Attitude générale | 3,321
|
28,8%
|
38
|
20,9%
|
| Graves problèmes | ||||
| Emploi | 4,422
|
38,3%
|
45
|
24,7%
|
| Relations conjugales/familiales | 3,613
|
31,3%
|
42
|
23,1%
|
| Fréquentations | 3,980
|
34,5%
|
31
|
17,0%
|
| Toxicomanie | 6,537
|
56,6%
|
70
|
38,5%
|
| Vie sociale | 2,722
|
23,6%
|
19
|
10,4%
|
| Vie personnelle/affective | 7,292
|
63,2%
|
65
|
35,7%
|
| Attitude générale | 4,339
|
37,6%
|
16
|
8,8%
|
| Remarque : août 1996 | ||||
Les besoins en programmes de chaque délinquant doivent être classés par ordre de priorité, de sorte que les interventions suivent une orientation logique. Le plan correctionnel est révisé régulièrement et modifié à mesure quon réussit à satisfaire des besoins à lorigine du comportement criminel ou à réduire le niveau
Que faire?
Le Service correctionnel du Canada peut maintenant faire une évaluation exhaustive, intégrée et méthodique des délinquants à leur entrée en établissement et réévaluer régulièrement ces derniers une fois quils ont réintégré la collectivité. Quen est-il de la capacité du Service dévaluer le risque? Et bien, nous pouvons affirmer que nous avons fait des percées importantes. Que faire maintenant? Nous devons déterminer lefficacité de nos plans correctionnels et de nos interventions.
1. Direction de la recherche, Service correctionnel du Canada, 340, avenue Laurier ouest, Ottawa (Ontario) K1A 0P9.
2. MOTIUK, L. L., {le point sur la capacité dévaluer le risque}, Forum Recherche sur lactualité correctionnelle, vol. 5, no. 2, 1993, p. 14-21.
3. SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA, Revised Statistical Information on Recidivism Scale (SIR-R1), Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1996.
4. SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA, La stratégie correctionnelle, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1992.