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Le tableau 3.1 montre le nombre total de tests de dépistage du VHC déclarés par l’intermédiaire du système global du SSMI pour les détenus entre 2000 et 2006, selon le statut du détenu. Il y a eu 5 489 tests de dépistage du VHC en 2005 et 5 509 en 2006. C’est la région des Prairies qui a déclaré le plus grand nombre de tests de ce type en 2005 (1 613) et en 2006 (1 633).
Les résultats pour 2005 et 2006 d’après le SSMI, par région et selon le statut du détenu en ce qui concerne le VHC, sont présentés aux tableaux B.1.i, B.1.ii et B.1.iii de l’annexe B. Parmi les nouvelles admissions, le taux de participation au dépistage du VHC était de 49,1 % en 2005 et de 49,4 % en 2006. C’est dans la région de l’Ontario que le taux de participation était le plus élevé en 2005 (58,9 %) et 2006 (64,2 %) et dans la région du Pacifique qu’il était le plus faible en 2005 (23,0 %) et 2006 (13,8 %).
Le taux de participation déclaré au dépistage parmi les nouvelles admissions de sexe féminin était supérieur à 100 % dans les régions de l’Ontario et des Prairies (annexe B, tableau B.1.ii). Cela tient probablement à la déclaration des nouveaux tests effectués en cas de suspension de la liberté conditionnelle sur la même ligne que les nouvelles admissions ou au fait qu’un seul établissement traite les admissions et les niveaux de sécurité multiples pour les femmes, ce qui fait que la distinction entre « nouvelle admission » et « population carcérale générale » est moins évidente (voir Méthodes, SSMI et Analyse, Limites).
Le tableau 3.2 montre le nombre de cas séropositifs pour le VHC nouvellement diagnostiqués7 entre 2000 et 2006, lorsque le statut des détenus par rapport au VHC8 était auparavant « séronégatif » ou « inconnu » (voir également l’annexe B, tableaux B.1.i – B.1.iii). Le nombre total de cas d’infection à VHC nouvellement diagnostiqués était de 354 en 2005 et de 357 en 2006. Le taux global de séropositivité pour le VHC (nombre de tests positifs divisé par le nombre de tests), qui est montré au tableau 3.2, était de 14,3 % en 2000, de 6,5 % en 2005 et en 2006. Parmi les nouvelles admissions, le taux de séropositivité pour le VHC était de 15,4 % en 2000, de 7,5 % en 2005 et de 7,7 % en 2006. Dans la population carcérale générale, il était de 13,4 % en 2000, de 5,6 % en 2005 et de 5,5 % en 2006.
Il ressort du tableau B.1.i de l’annexe B qu’il existe de nettes différences régionales parmi les nouvelles admissions. C’est dans la région du Québec que le taux de séropositivité pour le VHC était le plus élevé en 2005 (14,8 %) et 2006 (18,8 %) et dans la région de l’Ontario qu’il était le plus faible en 2005 (3,1 %) et 2006 (3,0 %). Cependant, c’est aussi dans la région de l’Ontario que le taux de participation au dépistage était le plus élevé. Parmi les détenus de la population carcérale générale, c’est dans la région de l’Atlantique que le taux de séropositivité était le plus élevé en 2005 (9,1 %) et 2006 (12,1 %) et dans la région du Québec qu’il était le plus faible en 2005 (2,1 %) et 2006 (3,4 %).
Le taux de participation des femmes au dépistage du VHC était élevé à l’admission (annexe B, tableau B.1.ii), soit plus de 90 %, et le taux de séropositivité pour le VHC chez les femmes à l’admission était de 7,6 % en 2005 et de 2,4 % en 2006. Parmi les nouvelles admissions de sexe féminin, c’est dans la région de l’Atlantique que le taux de séropositivité pour le VHC était le plus élevé en 2005 (26,1 %) et dans la région du Québec en 2006 (10,8 %). C’est dans la région de l’Ontario qu’il était le plus faible en 2005 (2,6 %) et dans celles des Prairies et du Pacifique, en 2006 (0 %). Il est à noter que l’établissement pour femmes dans la région du Pacifique n’a ouvert que le 1er avril 2004.
Le taux de séropositivité pour le VHC chez les hommes parmi les nouvelles admissions était de 7,5 % en 2005 et de 8,4 % en 2006 (voir l’annexe B, tableau B.1.iii). C’est dans la région du Québec que le taux de séropositivité pour le VHC était le plus élevé en 2005 (14,9 %) et 2006 (19,5 %). Le taux de participation au dépistage à l’admission chez les hommes était de 46,5 % en 2005 et de 46,4 % en 2006. C’est dans la région de l’Ontario que le taux de participation au dépistage du VHC était le plus élevé parmi les nouvelles admissions de sexe masculin en 2005 (53,0 %) et 2006 (61,1 %).
Dans la population carcérale générale masculine, le taux de séropositivité pour le VHC était de 5,7 % en 2005 et de 5,6 % en 2006. C’est la région de l’Atlantique qui avait le taux de séropositivité pour le VHC le plus élevé parmi les nouvelles admissions de sexe masculin, en 2005 (9,4 %) comme en 2006 (12,4 %).
En divisant le nombre de cas d’infection à VHC nouvellement diagnostiqués par le nombre de tests effectués, on obtient une estimation normalisée du taux de nouveaux diagnostics d’infection à VHC (voir la figure 3.1). Le rendement diagnostique était de 154,1 cas d’infection à VHC nouvellement diagnostiqués en 2000, 75,2 en 2005 et 76,9 en 2006. En combinant les données de 2000 à 2006, on arrive à 1 510 cas de VHC nouvellement diagnostiqués à partir de 14 737 tests de dépistage, soit un rendement diagnostique de 102,5 cas nouvellement diagnostiqués pour 1 000 tests.
Figure 3.1 : Rendement diagnostique parmi les nouvelles admissions (infections à VHC nouvellement diagnostiquées1 pour 100 000 tests), 2000-2006 
Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC, 2010.
1 – Parmi les personnes séronégatives auparavant ou dont le statut était inconnu.
Figure 3.2 : Prévalence en fin d’année du VHC, détenus, 1999-2006± 
± - Pour les données de 1990 à 1998, voir le rapport de surveillance de 2002-2004
(SCC, 2008).
Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.
La prévalence instantanée en fin d’année fait également apparaître une variance selon le sexe (voir la figure 3.3 et l’annexe B, tableau B.2). Le taux de prévalence du VHC chez les femmes était évalué à 39,5 % en 2005 et à 36,0 % en 2006. Chez les femmes, c’est dans la région du Pacifique que la prévalence du VHC était la plus élevée en 2005 (68,1 %) et en 2006 (47,2 %). Les taux étaient également élevés parmi les femmes dans la région de l’Atlantique en 2005 (57,5 %) et 2006 (46,7 %). Le taux de prévalence du VHC chez les hommes était évalué à 29,0 % en 2005 et à 27,3 % en 2006. À l’échelle régionale, c’est dans la région de l’Atlantique que les taux étaient les plus élevés chez les hommes en 2005 (44,4 %) et 2006 (37,0 %), et dans la région du Québec qu’ils étaient le plus faibles en 2005 (17,6 %) et 2006 (19,2 %).
Figure 3.3 : Prévalence en fin d’année du VHC par sexe, détenus, 2000-2006 
Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.
La figure 3.4 présente une étude de la prévalence du VHC parmi les détenus de sexe masculin par niveau de sécurité. Ce graphique montre que le taux de prévalence du VHC est plus faible dans les établissements à sécurité minimale que dans les établissements à sécurité moyenne et ceux à niveaux de sécurité multiples, ce qui comprend les hôpitaux et les centres de traitement régionaux. Les taux de VHC dans les établissements à sécurité maximale étaient inférieurs à ceux des autres niveaux de sécurité jusqu’en 2003, mais ils ont augmenté et, depuis quelques années, ils avoisinent ceux des établissements à sécurité moyenne (2004-2006).
Figure 3.4 : Prévalence en fin d’année du VHC chez les détenus
de sexe masculin, par niveau de sécurité, 2000-2006 
Source : Données de surveillance agrégées du SSMI, SCC 2010.
La majorité des détenus sous responsabilité fédérale purgent une peine déterminée, puis sont mis en liberté et retournent dans la collectivité. Le tableau 3.5 (voir aussi l’annexe B, tableau B.2) montre que le nombre total de détenus dont on sait qu’ils vivent avec le VHC et qui ont été mis en liberté dans la collectivité était de 2 065 en 2005 et 2 183 en 2006.
Les tableaux B.4.i et B.5.i de l’annexe B présentent des données issues de la surveillance accrue dont font l’objet les nouvelles admissions, par région, par sexe et par origine. L’administration centrale a reçu des rapports de surveillance accrue pour 5 840 nouvelles admissions en 2005-2006, ce qui représente 59 % des détenus nouvellement admis au cours de cette période. Sur ces 5 840 nouvelles admissions, 49,3 % ont déclaré avoir déjà subi un test de dépistage du VHC, et le pourcentage était plus élevé chez les femmes que chez les hommes (64,6 % c. 48,5 %). Globalement, 761 des personnes qui ont déjà subi un test (26,4 %) déclarent que ce dernier était positif, et là encore, le pourcentage est plus élevé chez les femmes (44,2 %) que chez les hommes (25,2 %). Parmi ces personnes séropositives, 9,9 % déclarent avoir déjà été soignées pour leur infection par le VHC. Les chiffres sont certes petits, mais le pourcentage de participation des femmes au traitement est inférieur à celui des hommes (6,8 % c. 10,3 %).
Il ressort du tableau B.5 de l’annexe B que les détenus autochtones faisaient plus souvent état d’un test antérieur de dépistage du VHC (60,3 %) que les non-Autochtones nés au Canada (46,6 %) ou les détenus nés à l’étranger (30,7 %). Parmi les nouvelles admissions, les Autochtones déclaraient plus souvent un résultat positif antérieur à un test de dépistage du VHC (32,3 %) que les non-Autochtones nés au Canada (24,7 %) ou les détenus nés à l’étranger (5,9 %). Parmi les détenus séropositifs, les non-Autochtones nés au Canada étaient les plus nombreux à se faire soigner (9,6 %), suivis par les Autochtones (8,2 %).
Les données du Web-SSMI sur les tests de dépistage parmi les nouvelles admissions rejoignent les données agrégées du SSMI. Elles comprennent 4 121 tests de dépistage du VHC parmi les nouvelles admissions en 2005-2006, ou 84 % des 4 878 demandes de tests de dépistage du VHC mentionnées au tableau 3.1.
Sur les 4 121 tests de dépistage du VHC entrés dans le Web-SSMI, les résultats n’étaient disponibles que pour 2 494 (60,5 %). Au total, 224 cas d’infection à VHC nouvellement diagnostiqués sont signalés dans les données de surveillance accrue, contre 371 au tableau 3.2 (60 %). Inversement, 2 199 cas prévalents de séropositivité pour le VHC parmi les nouvelles admissions sont signalés dans le SSMI en 2005-2006, contre 761 dans le Web-SSMI, ce qui équivaut à 35 %. Il en résulte globalement une incapacité de mesurer et d’évaluer directement la prévalence du VHC en utilisant les données du Web-SSMI. Il est à noter que les données du Web-SSMI ne comprennent les tests de confirmation que de 441 de ces 761 cas. En effet, en pratique, toutes les infections à VHC autodéclarées sont confirmées par des analyses en laboratoire qui consistent à répéter l’épreuve immunoenzymatique (EIA) ou à évaluer la charge virale et l’ARN du VHC.
Il est possible, en utilisant les données du Web-SSMI pour les nouvelles admissions, d’évaluer le rendement diagnostique (nombre de cas nouvellement diagnostiqués pour 1 000 tests) (voir l’annexe B, tableaux B.4.i et B.5.i.). En ne tenant compte que des dossiers pour lesquels le Web-SSMI dispose d’un résultat de laboratoire valide, le nombre d’infections à VHC nouvellement diagnostiquées pour 1 000 tests de dépistage était de 90/1 000, soit plus que l’estimation du SSMI, qui était de 75-76 pour 1 000. Le rendement diagnostique était plus élevé chez les femmes (127/1 000) que chez les hommes (88/1 000), et chez les Autochtones (131/1 000) que chez les non-Autochtones nés au Canada (79/1 000).
Au total, le Web-SSMI fait état de 2 850 tests de dépistage du VHC parmi les détenus de la population carcérale générale (voir l’annexe B, tableaux B.4.ii et B.5.ii), soit 47 % des 6 120 mentionnés au tableau 3.1. Globalement, 60,3 % déclarent s’être déjà soumis à un test de dépistage du VHC, ce qui donne à penser que, au moins pour le groupe enregistré dans le Web-SSMI pour les années 2005 et 2006, les détenus ont généralement subi un test auparavant, soit à leur admission, soit auparavant dans la collectivité. Au total, le Web-SSMI fait état de 334 infections au VHC nouvellement diagnostiquées parmi les détenus de la population carcérale générale, contre 340 au tableau 3.2.
On ne sait pas vraiment si la séropositivité pour le VHC parmi les détenus de la population carcérale générale (estimée à 5,5 %-5,6 %, données du SSMI pour 2005 2006) se rapproche d’un taux de séroconversion, car les données agrégées ne comprennent pas de renseignements sur les tests antérieurs (voir le tableau 3.2). Les données du Web-SSMI permettent bien d’évaluer le taux de séroconversion VHC. En tout, 424 personnes figuraient dans le Web-SSMI comme ayant subi de nouveaux tests pour le VHC avec des résultats négatifs à l’admission. Parmi elles, 13 sont devenues séropositives pour le VHC à des tests de suivi. Si l’on part de l’hypothèse que les 424 détenus participent à une année d’observation, il est possible d’évaluer de façon sommaire le taux de séroconversion en divisant les 13 par 424 et en extrapolant le résultat à un taux pour 1 000, ce qui donne approximativement une séroconversion VHC de 31 pour 1 000 détenus séronégatifs pour le HCV par an.
Il est possible, en utilisant les données du Web-SSMI, d’évaluer la prévalence du VHC en combinant tous les cas d’infection à VHC confirmés en laboratoire et ceux des détenus qui déclarent être séropositifs pour le VHC pour lesquels on n’a pas de résultats de laboratoire (voir l’annexe B, tableaux B.4.iii et B.5.iii). Parmi les détenus qui ont subi un test, la prévalence globale du VHC est estimée à 31,6 %, ce qui est légèrement supérieur à l’estimation du SSMI, qui est de 27,6 % (voir la figure 3.2). Comme dans les données du SSMI, la prévalence du VHC est plus élevée chez les femmes (40,7 %) que chez les hommes (31,1 %) (annexe B, tableau B.4.iii). Elle est également plus élevée chez les Autochtones (39,4 %) que chez les non-Autochtones nés au Canada (27,4 %) et les détenus nés à l’étranger (7,7 %) (annexe B, tableau B.5.iii).
Afin de se rapprocher de la méthodologie du SSMI pour établir des estimations de la prévalence en divisant le nombre de cas par la population totale, une deuxième mesure a été élaborée dans le cadre de laquelle le nombre de cas a été divisé par le nombre de détenus, indépendamment des résultats des tests. La prévalence globale du VHC d’après cette méthode est de 18,0 %, avec des tendances similaires selon le sexe et l’origine.
7 Aux fins de ce rapport, un nouveau diagnostic d’infection à VHC est un résultat de test positif pour les anticorps anti-VHC. En 2005 et 2006, certaines provinces disposaient de tests de dépistage PCR pour le VHC (Wong, 2006). Des tests de confirmation pour le VHC n’ont donc pas été effectués de façon uniforme dans tout le SCC ou, en fait, dans toutes les régions.
8 Un nouveau diagnostic n’est pas synonyme de nouvelle infection – une personne peut avoir été infectée il y a quelque temps et ne pas connaître son statut. Pour déterminer un délai de séroconversion, les données de tests séronégatifs antérieurs sont nécessaires.
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