Surveillance des maladies infectieuses dans les pénitenciers fédéraux canadiens 2002-2004 a été préparé conjointement par le Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses de l'Agence de santé publique du Canada et le Service correctionnel du Canada (SCC), et est publié en français et en anglais.
Ce rapport peut être cité en totalité ou en partie avec la permission du Service correctionnel du Canada. Les opinions exprimées dans cette publication ne reflètent pas nécessairement celles du commissaire.
Pour obtenir d'autres renseignements ainsi que des exemplaires du présent rapport ou d'autres rapports, veuillez communiquer avec le :
Épidémiologiste
Direction de la santé publique
Service correctionnel du Canada
340, avenue Laurier Ouest
Ottawa (Ontario)
K1A 0P9
Canada
Téléphone: 613-943-2318
PS84-9/2004
978-0-662-49439-3
On peut aussi consulter ce rapport sur le site Web du SCC, à l'adresse suivante : http://www.csc-scc.gc.ca
La production du présent rapport de surveillance aurait été impossible sans la collaboration des coordonnateurs et des Directeurs régionaux des Services de santé. Ce sont eux qui sont responsables de la coordination et de la gestion de la surveillance régionale des données. Un remerciement tout particulier est adressé aux infirmières et aux chefs des services de santé du SCC qui sont affectés au sein des pénitenciers fédéraux de l'ensemble du Canada pour leurs efforts et pour leur engagement vis-à-vis de la déclaration des données de surveillance.
Les membres nationaux et régionaux et les membres des établissements des équipes de santé et de sécurité au travail s'emploient à maintenir la santé du personnel travaillant au sein des établissements et dans les régions, y compris le dépistage de la tuberculose chez les employés. De plus, la SST est responsable de la formation du personnel en matière de questions liées aux maladies infectieuses, un élément essentiel de la prévention et du contrôle de l'ensemble des maladies transmissibles dans les pénitenciers canadiens.
Le présent document a été préparé grâce à l'aide, aux conseils et à l'appui du personnel du Centre de prévention et de contrôle des maladies, Agence de santé publique du Canada (ASPC). La coopération et la collaboration interministérielles accrues entre le SCC et l'ASPC au sujet d'un certain nombre de questions de santé publique témoignent de l'importance de la santé en milieu correctionnel dans le cadre plus vaste de la santé publique au Canada.
La collecte de données sur la tuberculose parmi le personnel du SCC ne constitue qu'un des volets du service de santé fourni par les infirmières du Programme de santé au travail et de sécurité du public (PSTSP). La coordination de l'organisation matérielle complexe de la prévention et du contrôle de la tuberculose pour les employés des pénitenciers fédéraux constitue une fonction essentielle d'un programme fructueux.
Sont réunies dans le présent rapport les données de surveillance de 2002–2004 concernant un certain nombre de maladies transmissibles chez les détenus des pénitenciers fédéraux canadiens. Nous y avons non seulement mis à jour les données présentées dans la version antérieure du rapport intitulé Prévention et contrôle des maladies infectieuses dans les pénitenciers fédéraux canadiens 2000 et 2001, mais également inclus les données de 2002–2004 tirées de notre Système de dépistage de la tuberculose. Des donnés sur la tuberculose avaient auparavant été déclarées en 1996 et plus récemment encore en 2005 dans le rapport La lutte antituberculeuse dans les pénitenciers fédéraux canadiens 1999-2001 : Compte rendu des résultats du Système de dépistage de la tuberculose du SCC.
Les détenus sont exposés à un risque accru de maladies infectieuses, y compris le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), l'hépatite C (VHC) et la tuberculose, et ce, en raison des caractéristiques des risques sociaux et comportementaux qui définissent cette population avant même qu'elle ne franchisse la barrière de la prison. La prévention et le contrôle des maladies infectieuses constituent donc un objectif majeur des Services de santé du SCC. La déclaration des taux de prévalence des cas et l'examen des tendances dans le temps ne représentent que l'une des fonctions du programme. L'analyse de ces données et leur utilisation pour aider à guider et à planifier les politiques et les programmes et à évaluer les interventions sur le plan de la prévention et du contrôle sont tout aussi importantes.
Les données présentées dans ce rapport sont le fruit des efforts combinés du personnel infirmier de première ligne, y compris les chefs des services de santé, les infirmières affectées aux maladies infectieuses, les infirmières de soins généraux, et les infirmières des unités de réception en établissement. Chaque jour, ces infirmières offrent des services de dépistage des maladies, du counseling, des conseils, de l'enseignement et des traitements. De façon semblable, les infirmières en santé du travail du Programme de santé au travail et de sécurité du public, à Santé Canada, travaillent avec le personnel de la Santé et de la sécurité au travail du SCC, afin de fournir des données sur les tests et le dépistage de la tuberculose pour tous nos employés.
Nous ne saurions passer sous silence la collaboration entre le SCC et l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) dans le cadre de la production du présent rapport. L'ASPC a fourni le contexte technique et spécialisé qui a rendu possible le rapport. Ensemble, avec tous nos collègues provinciaux, territoriaux et fédéraux, nous nous sommes employés à endiguer la propagation des maladies infectieuses parmi les détenus ainsi que les personnes qui travaillent au sein de nos établissements.
Direction de la santé publique
Services de santé
Service correctionnel du Canada
Le présent rapport est le fruit d'une importante collaboration entre le Service correctionnel du Canada (SCC) et l'Agence de santé publique du Canada (ASPC). Les personnes incarcérées au Canada représentent une importante population à inclure dans les efforts nationaux de prévention et de contrôle des maladies infectieuses au Canada.
Les données présentées ici nous en disent long sur les maladies infectieuses, y compris le VIH, l'hépatite, les infections transmises sexuellement et la tuberculose. La participation des détenus au dépistage permet aux infirmières affectées aux maladies infectieuses du SCC de dépister des infections asymptomatiques non diagnostiquées; les tendances dans les taux d'atteinte au fil du temps permettent de constater si un agent pathogène infectieux est en train de devenir plus ou moins prévalent. Par ailleurs, la participation au traitement et les résultats constituent d'importants volets d'une stratégie globale de lutte contre les maladies infectieuses visant à réduire et à prévenir la propagation de la maladie.
Le rapport constitue aussi un moyen de diffuser les résultats de l'analyse des données aux infirmières et au personnel des soins de santé du SCC qui se chargent du travail de première ligne auprès des détenus, ainsi qu'aux autres intervenants de la santé publique au Canada. Tout aussi importantes que la collecte de ces données de surveillance pour répondre aux questions sur les personnes qui sont infectées par ces maladies, ainsi que sur le moment et l'endroit où elles le sont, l'analyse et l'interprétation de ces données sont essentielles pour compléter le cycle de la surveillance et aider à guider les programmes et les politiques du SCC visant à réduire la transmission des maladies et à améliorer les soins au sein des pénitenciers fédéraux canadiens.
L'Agence de santé publique du Canada est résolue à offrir une assistance technique au Service correctionnel du Canada, ainsi qu'à tous nos partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux.
Jonathan M. Smith, B.A., B.Sc., M.Sc.
Épidémiologiste, Services de santé du SCC
Programme national sur les maladies infectieuses
(Détaché de la Division des infections acquises dans la communuté
Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses)
Dr Tom Wong, MD, maîtrise en hygiène publique, FRCPC
Directeur, Division des infections acquises dans la communauté
Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses
Agence de santé publique du Canada
Dr Chris Archibald, MDCM, maîtrise ès sciences de la santé, FRCPC
Directeur, Division de la surveillance et de l'évaluation des risques
Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses
Agence de santé publique du Canada
Dr Rob Stirling, MD, M.Sc., maîtrise ès sciences de la santé, FRCPC
Médecin spécialiste, Lutte antituberculeuse
Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses
Agence de santé publique du Canada
En 2003, le Service correctionnel du Canada (SCC) et l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) ont signé un protocole d'entente visant à accroître la collaboration interorganismes en matière de prévention et de contrôle des maladies infectieuses. L'entente prévoit la prestation de services épidé-miologiques et de gestion des données, y compris de surveillance. Deux systèmes techniques distincts étaient en place entre 2002 et 2004 pour saisir les données de surveillance. Le Système de surveillance des maladies infectieuses (SSMI-SCC) est un registre agrégé des tests et diagnostics mensuels pour le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), le virus de l'hépatite C (VHC), le virus de l'hépatite B (VHB) et les infections transmises sexuellement (ITS) signalés par les 55 établissements participants (voir l'annexe J), tandis que le Système de dépistage de la tuberculose (SDT) du SCC est utilisé pour le dépistage de la tuberculose (TB) chez les détenus et les employés.
Le rapport présente les données de surveillance combinées de 2002-2004 sur certaines maladies infectieuses pour le SCC. Il fait fond sur les résultats publiés pour 2000-2001 (SCC, 2003) et sur des rapports relatifs à la tuberculose pour 1998 (SCC, 2001) et 1999-2001 (SCC, 2005). Ce rapport est le premier qui combine les données de surveillance sur le dépistage des infections à transmission sanguine et des infections transmises sexuellement, y compris le VIH, le VHC, le VHB, la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis et la TB chez les détenus et les employés.
La prévalence ponctuelle estimative pour l'infection au VIH était de 2,04 % en 2002, 1,92 % en 2003 et 1,43 % en 2004. En 2004, 235 cas d'infection au VIH ont été déclarés chez les détenus ayant été mis en liberté dans la collectivité. La prévalence ponctuelle (voir le glossaire) estimative pour l'infection au VHC était de 25,8 % en 2002, 26,8 % en 2003 et 25,2 % en 2004 (bien que le nombre total de détenus séropositifs pour le VHC ait augmenté légèrement en 2004). En 2004, 2 472 cas d'infection au VHC ont été déclarés chez les détenus ayant été mis en liberté dans la collectivité. Les taux d'infection au VIH et d'infection au VHC étaient plus élevés chez les femmes; en 2004, les taux de prévalence pour ces dernières était de 3,44 % contre 1,37 %, pour le VIH et de 37,4 % contre 24,8 % pour le VHC.
Au Canada, les taux d'ITS bactériennes ont augmenté de façon marquée au cours des cinq dernières années (ASPC, 2006a). En 2000 et 2001, il n'y avait pas un seul cas de syphilis au SCC, alors qu'on en a dénombré 10 en 2004, ce qui correspond à un taux de 71,1 cas sur 100 000, soit 10 fois celui de la population générale du Canada. On a observé des augmentations analogues pour la gonorrhée et la chlamydia.
Entre 1998 et 2004, le nombre de nouveaux cas de tuberculose signalés au SCC a varié de zéro et six; il y en avait quatre en 2004. Cela donne un taux de cas actifs de tuberculose de 22,8 sur 100 000, soit cinq fois le taux constaté dans la population générale du Canada (ASPC, 2006b). Le taux de tuberculose-infection latente (TBIL) parmi les détenus était de 16,7 % en 2004. Dans l'ensemble, les taux de TBIL en fonction de l'origine ethnique rejoignaient les taux signalés de populations spécifiques pour les sous-populations au Canada (Yuan, 2005). Pour 2002, 2003 et 2004, les taux de virage estimatifs au TCT parmi les détenus étaient respectivement de 1,51 %, 1,35 % et 0,84 %. Le taux observé de TBIL chez le personnel était de 8,2 % en 2004. Pour 2002, 2003 et 2004, les taux estimatifs de virage au TCT parmi les employés étaient respectivement de 0,28 %, 0,45 % et 0,68 %. Ces résultats révèlent une transmission continue de la tuberculose entre les détenus (et les employés) et soulignent un risque accru de transmission si les personnes ayant un virage tuberculinique développent la maladie.
En 2004, une application Web intégrée sur les maladies infectieuses a été mise au point. Le Système de surveillance des maladies infectieuses du Service correctionnel du Canada (SSMI-SCC), qui remplace l'ancien Système de dépistage de la tuberculose (SDT), permet d'entrer des données sur des formulaires depuis 2005 pour le VIH/sida, les ITS et l'hépatite. La plupart des données de surveillance de la tuberculose relatives aux détenus pour 2002-2004 ont été entrées dans le SDT et ont été converties au nouveau système; toutefois, la plupart des données relatives aux employés ont été entrées dans l'application Web SSMI-SCC. Il y a lieu de noter que les données de surveillance pour le VIH/sida, le VHC, le VHB et les ITS incluses dans ce rapport ont été tirées entièrement du SSMI-SCC agrégé.
Pour être particulièrement utiles, les données de surveillance doivent être communiquées aux intéressés en temps opportun. à l'issue du présent rapport, le SCC commencera à présenter annuellement, à compter de l'année civile 2005, les données de surveillance sur les maladies infectieuses. En outre, l'évaluation favorisera la communication d'éléments d'information devant assurer l'actualité des programmes d'éducation sanitaire par l'intégration à ceux-ci des plus récentes tendances. Il faut prévoir, mettre en place et évaluer des stratégies de prévention des maladies infectieuses et des lignes directrices sur le traitement pour le milieu correctionnel. Des données de surveillance exhaustives, assorties de données de référence et de mesures des tendances utiles, aideront à évaluer les interventions. Le SCC est déterminé à travailler avec les autres intervenants à l'échelle pancanadienne pour améliorer la santé publique dans toutes les collectivités du Canada.