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Entre nous

Let's Talk

VOL. 29, NO. 4

Dépêches régionales

Région du Pacifique

La solidarité ne connaît pas de frontières

Par Ryan Lelonde, agent de correction à l'établissement Pacifique

Hier, M. Simon Turner et moi avons assisté aux funérailles d'un agent de patrouille frontalière américain à Bellingham (Washington).

Alors que nous traversions la frontière à Huntingdon, une agente des douanes américaines nous a demandé ce que nous allions faire dans l'état de Washington. Elle était curieuse parce que nous portions notre tenue de cérémonie. Nous lui avons expliqué que nous allions aux funérailles d'un de ses collègues, à Bellingham. Elle s'est alors mise à pleurer et a dit nous être reconnaissante d'avoir parcouru une si grande distance pour être là. Nous lui avons dit que nous étions fiers de rendre hommage à son collègue et ami. Elle nous a recommandé d'être prudents, puis nous a fait signe de passer.

À notre arrivée, nous avons rejoint la file à l'extérieur de l'église. Le cortège de voitures et le corbillard se sont arrêtés directement devant l'église. Nous avons fait un salut tandis qu'on sortait du véhicule le cercueil de l'agent disparu pour le porter à l'intérieur.

La garde d'honneur du Service correctionnel du Canada (SCC) était à l'avant de la foule, et nous aurions presque pu tendre la main pour toucher les porteurs et le cercueil à leur passage. C'était un grand honneur de savoir que nous étions sur place pour représenter le SCC, une scène probablement diffusée sur tous les réseaux d'information de l'état de Washington.

Nous sommes entrés dans l'église et nous nous sommes alignés face à l'autel, en avant. C'est à ce moment-là que la garde du drapeau est entrée, portant le drapeau des États-Unis, suivi du drapeau du Canada, puis des drapeaux de divers services de police américains.

Durant les funérailles, on a joué l'hymne national américain, suivi de l'hymne national canadien étant donné que des Canadiens étaient présents. C'était émouvant de constater qu'on jouait notre hymne simplement parce que nous étions là. Ce geste de solidarité démontre que des incidents de la sorte ne connaissent pas de frontières. Même si nous sommes d'un pays étranger, nous faisons tous partie de la même famille, une famille qui travaille en équipe pour atteindre les mêmes objectifs.

Après la cérémonie, nous avons vite regagné nos véhicules dans l'aire de stationnement de la garde d'honneur afin de prendre part au convoi. Nous voulions arriver au cimetière et être prêts pour la prochaine cérémonie avant l'arrivée du corbillard et de la famille. Accompagnés de gyrophares et de sirènes retentissant à travers la ville de Bellingham et le long de l'autoroute I-5, nous nous sommes rendus au cimetière. Des policiers à motocyclette se sont précipités à l'avant pour ouvrir la voie et bloquer les intersections, nous permettant ainsi de passer sans difficulté.

À notre arrivée au cimetière, nous nous sommes préparés rapidement. Le cercueil de l'agent a été porté du corbillard à son lieu de dernier repos par deux rangs d'agents. Tous ont fait un salut.

Après la cérémonie, deux hélicoptères de la patrouille frontalière et un aéronef à voilure fixe ont survolé les lieux, puis la patrouille frontalière a tiré une salve de 21 coups d'artillerie. Par la suite, la patrouille frontalière a annoncé sur le système radio de ses voitures, raccordé à un haut-parleur pour que tous puissent entendre « 35-49-80, 35-49-80, 35-49-80, disparu, mais toujours présent dans nos mémoires ». Il s'agissait du numéro d'insigne de l'agent répété à maintes reprises, et certainement le moment de la cérémonie qui a suscité le plus d'émotions. Nous avons tous tenté de refouler nos larmes. En fait, j'ai beaucoup de difficulté à les retenir lors de l'écriture de cet article.

Les services de police de Bellingham et de Seattle, qui ont organisé les cérémonies, nous ont spécialement remerciés, et nous étaient très reconnaissants d'avoir parcouru une si grande distance pour être là. Nous avons aussi rencontré quelques agents de correction de l'état de Washington. C'était une belle occasion d'échanger sur nos diverses façons de faire les choses.

Tout compte fait, nous avons accordé neuf heures à la répétition et aux cérémonies, sans compter le temps de déplacement pour aller à Bellingham à partir d'Abbotsford et en revenir. La journée a été longue, mais chaque minute en a valu la peine.

Nous remercions tous les gens qui ont permis la réalisation de cette expérience.fin

 

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