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Entre nous

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VOL. 30, No. 2

Un plan de ferme environnementale à l’Établissement Westmorland
Pour des arpents plus verts

PAR Paul Provost, coordonnateur national, Programmes de protection de l’environnement

Search coordinator/drug dog handler James Robinson and  his canine companion, CJ, search the interior perimeter of Kingston Penitentiary.
La ferme de l’Établissement Westmorland.

Dans le but de contribuer à la protection de l’hydrosphère et donc de minimiser la pollution de l’eau, la cible 2.1.2 de la Stratégie de développement durable (SDD) 2003 du Service correctionnel du Canada (SCC) consiste à réduire de 10 p.100, d’ici mars 2007 (par rapport à l’année de référence 2000), les rejets d’effluents contenant des bactéries, des engrais ou des pesticides provenant d’exploitations agricoles. Fort de cette visée, le personnel de CORCAN responsable des opérations agricoles à l’Établissement Westmorland (Nouveau-Brunswick), avec le concours des administrations régionale et centrale, a entrepris, en 2005, le développement et la mise en œuvre progressive d’un plan de ferme environnementale (PFE) en vue de réduire les répercussions environnementales de leurs activités agricoles.

L’agriculture, l’élevage et l’environnement

Les activités agricoles et d’élevage de bétail demeureront toujours parmi les métiers les plus nobles au monde. De nos jours, plus que jamais, ce domaine de noblesse doit désormais s’inspirer de sagesse pour assurer une pérennité à la pratique. En effet, lorsque les activités agricoles et d’élevage sont gérées de manière inadéquate elles peuvent représenter une menace importante à la qualité de l’environnement (air-eau-sol). Les principales répercussions environnementales négatives peuvent se résumer comme suit : la pollution de l’eau de surface et souterraine par des eaux de ruissellement et de lixiviation contaminées, l’émission de gaz qui génèrent des odeurs en plus d’être parfois des gaz à effet de serre, la contamination des sols causée par une utilisation inappropriée d’engrais ou de pesticides, la gestion inadaptée des terres et des nutriments qui y sont appliqués. Dans ce contexte, l’épandage de fumier, la rotation des cultures, les pratiques de labourage, la compaction ainsi que l’érosion des sols constituent un ensemble de réalités avec lesquelles les cultivateurs et les éleveurs doivent composer de façon saisonnière. Or, c’est justement dans une démarche visant à conjuguer rentabilité économique et considérations socio-écologique qu’un PFE prend tout son sens.

Les bénéfices durables

L’objectif d’un PFE est d’aider les producteurs agricoles à développer un plan pratique pour gérer leur ferme d’une manière socialement acceptable, économiquement viable et responsable quant à la protection de l’environnement. En élaborant un PFE, les producteurs réalisent un pas important en vue d’assurer le caractère durable des terres qu’ils exploitent. La première étape consiste à remplir un document de sensibilisation qui vise à assister les producteurs dans l’évaluation des risques inhérents à leurs pratiques agricoles ou d’élevage. Par l’entremise de questions d’évaluation du risque qui mettent en évidence les aspects positifs de leurs opérations ainsi que les points faibles, les producteurs peuvent par la suite établir des objectifs réalistes afin de protéger et d’améliorer l’environnement sur leur ferme.

Soucieux d’optimiser leurs opérations et intéressés par les nombreux bénéfices attribuables à l’implantation de leur propre PFE, les membres du personnel de CORCAN travaillant à la ferme de l’Établissement Westmorland, ont rapidement saisi l’occasion d’entreprendre ce projet-pilote. Parmi les principaux points d’intérêt et les actions entreprises à ce jour, nous retrouvons l’élaboration d’un plan de gestion des nutriments (PGN), pour maximiser la méthode et le ratio d’application d’engrais et de fertilisants en fonction des cultures et du type de sol en place. Le PGN implique, entre autres, une cartographie détaillée des terres en cause de même qu’une analyse rigoureuse de la structure et des caractéristiques physico-chimiques des parcelles de sol affectées par l’épandage de fertilisants. Les informations ainsi recueillies sur chaque parcelle de terre sont alors introduites dans un logiciel graphique (base de données) qui permet un contrôle précis des matières et des quantités épandues sur le sol tout en favorisant une meilleure gestion des lots cultivés. Des considérations particulières sont également mises de l’avant pour délimiter des zones tampons en vue de prévenir le ruissellement et la lixiviation des nutriments vers les fossés de drainage des terres et, par extension, de protéger les cours d’eau avoisinants contre les phénomènes d’eutrophisation. Enfin, le PFE de l’Établissement Westmorland se penche aussi sur les aspects liés à l’entreposage de pesticides de même qu’à la gestion de divers déchets de ferme, en plus des autres aspects bénéfiques qui seront développés au fur et à mesure que ce projet prendra racine.

Les résultats exportables

Le PFE propose des améliorations concrètes pour la ferme de l’Établissement Westmorland en réponse à un des objectifs de la SDD 2003 du SCC. Les autorités responsables du PFE comptent, dans un avenir prochain, exporter leurs apprentissages vers d’autres fermes de CORCAN situées en Ontario et dans les Prairies. Certes, l’établissement d’un PFE a beaucoup de bon sens, non seulement parce qu’il fait preuve de leadership et permet une formation de pointe pour le personnel et les délinquants travaillant sur les fermes du SCC, mais également parce qu’il est synonyme d’une gestion responsable et durable des précieuses ressources naturelles qui soutiennent les fondations de notre chaîne alimentaire.♦

 

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