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Entre nous

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VOL. 31, No 2

La sécurité environnementale

La nécessité d’établir un vaste périmètre de protection

Photo de paysage

PAR Paul Provost, M. Sc., coordonnateur national, Programmes de protection de l’environnement

Que l’on parle de protection de l’environnement, de conservation des ressources naturelles, de préservation de la qualité environnementale ou de développement durable, le dénominateur commun demeure le même : il s’agit, en réalité, d’assurer une sécurité environnementale pour les générations actuelles et celles à venir. Devant la récente poussée des phénomènes environnementaux dont les changements climatiques, les catastrophes naturelles, le smog et la pollution des cours d’eau, les gens deviennent de plus en plus conscients du fait que nous sommes intimement dépendants de l’environnement, d’où l’importance de sécuriser cette relation relativement précaire, voir même, jadis, négligée. Ainsi, avec le temps, la sécurité environnementale s’enracine davantage au sein d’une multitude d’organisations tant publiques que privées, ici au pays comme ailleurs. Fort d’un personnel de plus en plus dédié à cette question, le Service correctionnel du Canada (SCC) apporte aussi sa contribution sociale à la sécurité environnementale.

Les piliers de l’action

La plupart des gens associent l’établissement carcéral à des images de clôtures, de hauts murs, de barreaux, à la sécurité et à la surveillance accrue. D’autres l’associent à des programmes de réadaptation et d’apprentissage personnel et professionnel, qui s’appuient sur la capacité de l’être humain de s’améliorer. Pour les environnementalistes, un pénitencier, c’est le microcosme d’un milieu urbain, qui inévitablement consomme des ressources naturelles (énergie, eau et matières) puis génère des rejets sous forme de déchets gazeux, liquides et solides. Pour ces derniers, le défi consiste alors à atténuer au maximum les répercussions environnementales.

Qu’ils soient coordonnateurs régionaux en environnement, agents en santé-sécurité/environnement, chefs des travaux et services d’entretien, surveillants techniques ou gestionnaires/directeurs à divers niveaux hiérarchiques, le travail des professionnels de l’environnement au SCC touche à de nombreuses disciplines et fonctions, et se traduit par des responsabilités telles que :

  • le suivi de la conformité environnementale (lois, règlements, directives);
  • la mise en œuvre de la Stratégie de développement durable (SDD 1997, 2000, 2003, 2006);
  • le maintien du Système de gestion environnementale (SGE);
  • la mesure et la conservation de l’énergie et de l’eau;
  • la réponse aux urgences environnementales;
  • la gestion des halocarbures (CFC, HCFC, HFC);
  • le contrôle des matières dangereuses et la gestion des déchets dangereux;
  • la gestion des systèmes de traitement des eaux usées que le SCC exploite;
  • la mesure et la gestion des déchets solides (programmes de recyclage et de compostage);
  • la surveillance des réservoirs de produits pétroliers;
  • la gestion de la qualité de l’eau potable.

L’engagement, gage de succès ?

Depuis les années 1990, les exemples de réalisations cohérentes avec l’émergence d’une culture organisationnelle de sécurité environnementale dans les domaines mentionnés ci-dessus, se retrouvent partout au SCC. Cependant, à l’instar d’autres fonctions du SCC, nous n’avons pas de ressources illimitées, et cela nous rappelle que malgré la meilleure volonté et les engagements, le rythme des progrès accomplis nous apparaît parfois insuffisant. Or, nous sommes confiants que pour accélérer le progrès dans le domaine, la récente mise en place de structures d’imputabilité environnementale et de responsabilisation à tous les échelons du SCC, produira dorénavant des résultats plus tangibles. En fait, avec la publication de la prochaine SDD (décembre 2006), la réalisation des cibles environnementales sera plus que jamais tributaire d’une plus grande participation du personnel à tous les niveaux de l’organisation.

Tout le monde devrait se sentir concerné par la sécurité environnementale, tant au travail qu’à la maison ! Certes, devant la panoplie de signes d’essoufflement des mécanismes naturels de dépollution des écosystèmes, il faut se demander sérieusement si nous pouvons encore nous permettre de perdre du terrain ? Si l’on croit vraiment en la capacité de l’être humain de changer en mieux, l’épreuve ultime aux yeux des environnementalistes demeure l’établissement et le maintien inébranlable d’un périmètre de protection environnementale. Car l’heure n’est plus au débat, mais bien à l’action – à des actions concertées intégrées à nos façons d’être, afin que nos comportements soient toujours empreints de respect pour notre environnement et soucieux de sa protection.

TABLE des MATIÈRES