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Entre Nous

VOL. 31, No 3

L’expertise du SCC en Afghanistan

De Kaboul à Kandahar

PAR Bill Rankin, agent de communication, Secteur des communications et de l’engagement des citoyens

Les photos sont une gracieuseté de Thérèse LeBlanc

Thérèse LeBlanc
Thérèse LeBlanc, comme tous les membres du personnel du gouvernement canadien qui se déplacent dans le pays, a dû porter un gilet pare-éclats, un casque en kevlar et des lunettes de protection balistique.

Du haut des airs, à bord d’un avion Hercules, la sous-commissaire adjointe du SCC Thérèse LeBlanc contemple la crête de granite acérée de l’Hindu Kush, quelques mille mètres plus bas. Elle vient de quitter Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, à destination de Kandahar, un bastion des talibans situé à l’extrémité sud du pays.

Un effort de la communauté internationale

À son arrivée, Mme LeBlanc se joindra aux milliers de travailleurs internationaux, dont environ 2 500 membres des Forces canadiennes affectés à la Force opérationnelle interarmées Afghanistan. Ces travailleurs jouent un rôle clé au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’OTAN, dont l’objectif, selon le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI), est de contribuer à la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan et à favoriser le développement du pays.

De l’expérience et de l’expertise

Madame LeBlanc, une gestionnaire qui a des dizaines d’années d’expérience dans le domaine correctionnel, a pris part à une mission de trois semaines (de la mi-juillet à août 2006), l’une des plus récentes interventions menées par le SCC en Afghanistan. Le projet a été lancé il y a environ quatre ans lorsque le conseiller spécial du SCC Dru Allen s’est rendu à Kaboul afin d’aider le ministère de la Justice afghan à établir une stratégie s’étalant sur une période de dix ans appelée Justice pour tous.

Madame LeBlanc avait pour objectif d’évaluer le système correctionnel afghan à Kandahar, notamment les besoins en matière de formation du personnel, la construction et la reconstruction des installations et la réforme administrative. Elle devait aussi déterminer le rôle que jouerait le SCC à l’avenir. Avant de partir pour le sud du pays, elle s’est arrêtée pendant quatre jours à Kaboul, où elle a rencontré le ministre afghan de la Justice, Rick Reiman, directeur du Bureau sectoriel de libération conditionnelle de Winnipeg et représentant actuel du SCC dans la capitale afghane, le responsable de la mission des Nations Unies en Afghanistan, des représentants du groupe de travail du ministère de la Justice sur les prisons et les centres de détention ainsi que d’autres partenaires internationaux participant à la reconstruction du pays.

« Cette visite a préparé la voie pour moi, a indiqué Mme LeBlanc, et m’a donné un aperçu général de la stratégie nationale, des réalisations accomplies et des enjeux futurs. J’ai également visité la prison Pol E Charki située à l’extérieur de Kaboul [un projet financé par plusieurs pays]. On a rénové les vieilles parties de cette prison, et une nouvelle aire à sécurité maximale est actuellement en construction conformément au plan stratégique du ministère de la Justice. Les travaux tirent à leur fin. Mon séjour à Kaboul m’a fourni un aperçu et un cadre sur lesquels j’ai fondé mon évaluation des progrès réalisés dans le système carcéral à mon arrivée à Kandahar. »

prison de Pol E Charki
La prison de Pol E Charki située à l’extérieur de Kaboul

L’arrivée à Kandahar

L’avion de transport militaire à bord duquel se trouvait Mme LeBlanc a atterri dans le sud du pays à l’aéroport de la base aérienne de Kandahar, où campent plusieurs milliers de soldats faisant partie de la force de sécurité internationale. Au cours des deux premiers jours, elle a rencontré des représentants des forces militaires canadiennes et du gouvernement afghan qui lui ont donné un aperçu de la situation et des défis dans la région de Kandahar. Pour aller rejoindre son lieu d’hébergement, elle a pris la route à bord d’un véhicule blindé de transport de troupes faisant partie d’un convoi à destination d’une plus petite base militaire canadienne, celle de l’Équipe provinciale de reconstruction (EPR). Cette base est située de l’autre côté de la ville sur l’emplacement d’une ancienne usine de mise en conserve transformée par des ingénieurs afin d’accueillir 250 soldats et des représentants de différents ministères et organismes fédéraux, comme l’Agence canadienne de développement international, le MAECI, la GRC et le SCC, qui participent aux efforts internationaux.

« J’avais fortement l’impression de vivre dans un établissement correctionnel du SCC, a fait remarquer Mme LeBlanc, entourée d’un mur périmétrique et de tours de contrôle. Nous étions libres d’aller n’importe où à l’intérieur du périmètre, mais il fallait une escorte de convoi militaire pour quitter la base. La vie de tout le monde est en danger durant ces incursions. Les sorties ne sont pas faites à la légère. Il faut qu’elles soient absolument nécessaires. »

La visite des établissements correctionnels

convoi militaire
Le convoi militaire traversant les rues de Kandahar

La prison provinciale Sarpoza est située à 40 minutes de la base de l’EPR. Pendant la journée, la chaleur est insoutenable, la température extérieure atteignant 58 °C, et les véhicules de transport des troupes surchauffent rapidement. Les passagers suent à l’intérieur de leur gilet pare-éclats pesant 13,6 kilos (30 lb) et doivent boire constamment à même leur bouteille d’eau pour éviter la déshydratation.

Madame LeBlanc a visité différents établissements correctionnels, a communiqué avec le personnel par l’intermédiaire d’un interprète et a pu constater par elle-même les conditions de base dans lesquelles vivent les délinquants et dans lesquelles travaillent les employés extrêmement dévoués. Se basant sur ses impressions, elle a formulé de nombreuses recommandations concernant les possibilités de formation et d’encadrement entre les formateurs du SCC et le personnel des prisons afghanes et les possibilités de formation réciproque avec la GRC et la police nationale afghane sur des sujets particuliers, comme les fouilles et les droits de la personne.

« Les Afghans que j’ai rencontrés étaient très reconnaissants envers le Canada pour sa présence et son aide et veulent que le projet se poursuive, a expliqué Mme LeBlanc. Les jeunes soldats canadiens avec qui je me suis entretenue prenaient la mission très au sérieux. Ils affrontent les dangers avec courage. La GRC fait également un très bon travail auprès de la police afghane. »

Somme toute, Mme LeBlanc estime qu’il s’agissait d’une expérience inestimable à bien des égards et une chance unique de contribuer à améliorer la sécurité dans le monde. Voudrait-elle y retourner ? « Sans aucun doute, répond-elle, mais j’aurais beaucoup de mal à convaincre ma famille, compte tenu des problèmes de sécurité constants dans la région ! »

Donnant suite de manière directe à la mission de Mme LeBlanc, le SCC a envoyé deux employés à la base d’EPR au début du mois de février, qui mettront sur pied un programme de formation et d’encadrement avec le personnel de la prison provinciale de Kandahar. ♦

 

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