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La détention sûre, sécuritaire et humaine des délinquants est un élément fondamental du mandat des établissements correctionnels fédéraux du Canada, et le Service correctionnel du Canada (SCC) prend ses responsabilités relatives à la préservation de la vie et à la sécurité dans ses établissements très au sérieux. Quand un décès en établissement se produit, le SCC mobilise toutes ses ressources pour mettre en place les mesures nécessaires afin d’empêcher que cela ne se produise à nouveau. Les leçons difficiles tirées de telles tragédies entraînent d’importants changements qui aident le SCC à gérer plus efficacement ses opérations.
Cependant, le SCC continue à être confronté à des défis, particulièrement quand des délinquants décident de mettre fin à leurs jours et attendent un moment où le personnel ne circule pas dans les rangées. En outre, puisqu’un segment de la population carcérale vieillit dans les établissements, le nombre de décès de causes naturelles continuera à être élevé.
Il convient de signaler que, chaque jour, les interventions des agents de libération conditionnelle, des agents de correction, des psychologues, du personnel infirmier et d’autres employés qui interagissent directement avec les délinquants jouent un rôle important pour aider plus de 13 000 délinquants à faire face à leur période d’emprisonnement.
Le présent document est un rapport d’étape faisant suite à la publication le 14 août 2009 de la Réponse du Service correctionnel du Canada (SCC) à l’Étude sur les décès en établissement du Bureau de l’enquêteur correctionnel, au rapport Une mort évitable du Bureau de l’enquêteur correctionnel et au rapport du Comité d’enquête nationale du SCC sur le décès d’une délinquante à l’Établissement pour femmes Grand Valley. Les recommandations du rapport de l’enquêteur correctionnel et de l’enquête du SCC sont présentées dans les annexes.
D’importants changements ont été apportés par le SCC depuis que le Bureau de l’enquêteur correctionnel a publié son Étude sur les décès en établissement en 2007. À l’étude des constatations et recommandations des rapports mentionnés ci-dessus et de la réponse du SCC, il se dégage plusieurs thèmes qu’utilisera le SCC pour rendre compte au public des résultats et mieux faire connaître les progrès réalisés. Les initiatives clés que prend le SCC figureront dans son prochain Rapport sur les plans et les priorités, et les résultats de ces mesures seront décrits dans son Rapport d’étape qui suivra.
Le SCC croit que tous ces mécanismes de rapport aideront à garantir la transparence et permettront au grand public de mieux comprendre les efforts que nous déployons afin de mettre en place des mesures de garde sécuritaires et humaines des délinquants.
Bon nombre des mesures que nous prenons, particulièrement celles qui visent les délinquants ayant des problèmes de santé mentale et de comportement, exigeront des changements d’envergure et un effort soutenu à long terme. D’autres mesures seront appliquées à court terme, et nous avons l’intention d’utiliser des rapports d’étape pour décrire ce qui a été accompli, les initiatives qui sont en cours et les étapes que nous suivrons à l’avenir pour réaliser notre objectif de réduire le nombre de décès en établissement.
La question fondamentale au cœur de notre expérience des décès en établissement est rattachée aux défis que présentent l’augmentation continue du nombre de délinquants atteints de troubles mentaux, leurs comportements, notre capacité de gérer adéquatement les soins que nous leur offrons, et les ressources dont nous disposons pour leur fournir le traitement requis. À titre d’exemple, au moment du décès d’Ashley Smith en 2007, 21 % des délinquantes étaient classées comme atteintes d’un trouble mental à leur admission, soit une augmentation de 61 % sur une période de dix ans. Chez les délinquants autochtones de sexe masculin, l’augmentation était nettement supérieure à 100 %, par rapport aux 13 % de délinquants autochtones classés comme atteints d’un trouble mental en 1997.
Nous sommes devenus en grande partie le dernier recours des personnes qui ont des démêlés répétés avec le système de justice pénale et qui ont des problèmes de santé mentale persistants, souvent graves, et trop souvent non traités. Bon nombre ont tout simplement passé à travers le filet, ont été gravement stigmatisées ou rejetées ou n’ont jamais eu à faire face à leurs problèmes de santé mentale jusqu’ici. Étant donné les complexités des méthodes cliniques et, parfois, les méthodes éprouvées limitées pour le traitement des cas les plus graves, les solutions évolueront à long terme, à mesure que nous renforcerons notre capacité et continuerons d’acquérir l’expertise nécessaire pour gérer ces défis efficacement.
Nous travaillons à la création d’un modèle intégré – un continuum de soins – dans un contexte multijuridictionnel, tout en établissant des partenariats avec plusieurs provinces et territoires ainsi qu’avec beaucoup d’organismes et institutions de l’extérieur du domaine des services correctionnels qui sont responsables de la santé mentale au Canada.
Nous recevons un soutien pour la mise en œuvre de nos plans stratégiques. Par exemple, en 2007, nous avons reçu 21,5 millions de dollars en fonds du gouvernement fédéral sur deux ans à l’appui des éléments clés de notre stratégie de santé mentale en établissement. Dans le budget de 2008, nous avons reçu un financement permanent de 16,6 millions de dollars par année pour la prestation de services de santé mentale en établissement à compter de l’exercice financier en cours.
Le SCC ne cesse de déployer des efforts pour trouver suffisamment de gens qui possèdent l’expertise et la motivation nécessaires pour travailler auprès des délinquants qui ont des troubles mentaux et se retrouvent dans la plupart de nos établissements et nos districts de libération conditionnelle à travers le Canada, souvent en région éloignée. Nous devons aussi nous assurer que notre personnel opérationnel – de tous les groupes professionnels – reçoit la formation et l’aide nécessaires pour comprendre les plans de traitement élaborés à l’intention des délinquants aux prises avec des problèmes de santé mentale, les appliquer et fournir un soutien connexe.
Cela exigera du temps et, comme il est précisé plus haut, bon nombre de nos stratégies se dérouleront à long terme à mesure que les lacunes seront comblées et que le SCC deviendra partie intégrante d’un modèle de prestation des soins de santé mentale totalement intégré.
Cependant, nous avons fait des progrès et avons fait un bon bout de chemin grâce au dévouement des employés du SCC qui travaillent chaque jour pour améliorer efficacement la vie des délinquants. Pour y parvenir, il a fallu l’engagement d’employés de nombreuses disciplines – agents de libération conditionnelle, agents de correction, psychologues, personnel infirmier, entre autres – travaillant ensemble, amenant les délinquants à s’investir, échangeant des observations les uns avec les autres et collaborant pour intervenir, qui ont aidé beaucoup de délinquants à mieux gérer leurs problèmes de santé mentale.
Il reste encore beaucoup à faire, et nous travaillons dur pour prévenir les décès et accroître notre capacité de respecter les engagements que nous avons pris envers les Canadiens.
Bien qu’il soit inévitable que des décès se produisent en établissement, nous restons résolus et continuerons d’aller de l’avant avec nos partenaires, y compris le Bureau de l’enquêteur correctionnel. Nous croyons que nous sommes dans la bonne voie et, en collaboration avec nos partenaires, nous sommes déterminés, par nos efforts, à produire des résultats qui contribueront à améliorer la sécurité des établissements et des collectivités.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé au Service correctionnel du Canada (SCC) de mettre en œuvre toutes les recommandations formulées par le Comité d'enquête nationale du SCC sur le décès d'une délinquante à l'Établissement Grand Valley et dans le rapport indépendant produit par la psychologue Mme Margo Rivera dans le cadre de cette enquête et d'appliquer les mesures prises pour y donner suite le plus largement possible, y compris dans les établissements pour hommes.
Le SCC a classé les recommandations selon les catégories suivantes :
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le Service correctionnel rende pleinement compte au public de sa réponse à l'Étude sur les décès en établissement du Bureau de l'enquêteur correctionnel, notamment qu'il présente un plan d'action détaillé précisant clairement les objectifs et les échéances.
Six thèmes ont été cernés en lien avec l'Étude sur les décès en établissement, et le SCC les a catégorisés comme suit :
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le SCC regroupe tous les établissements pour femmes sous une structure hiérarchique indépendante des régions, pour que les directeurs d'établissement relèvent directement de la sous-commissaire pour les femmes.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le SCC diffuse sans tarder une directive à tout le personnel pour communiquer l'obligation prévue par la loi de tenir compte de l'état de santé du détenu et des soins qu'il requiert (y compris les soins de santé mentale) dans toutes les décisions concernant un délinquant, y compris celles relatives aux placements, aux transfèrements, à l'isolement préventif et à la discipline. Les documents du SCC relatifs à ces décisions doivent montrer que le décideur a pris en considération les besoins de santé physique et mentale du délinquant en question.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le SCC passe immédiatement en revue tous les cas d'isolement prolongé où les problèmes de santé mentale de la personne ont contribué au placement en isolement, en accordant une attention particulière aux délinquants qui ont déjà tenté de se suicider ou qui ont eu des comportements d'automutilation. Il recommande aussi qu'il remette les résultats de cet examen aux responsables des établissements et aux sous-commissaires régionaux et, dans le cas de détenues, à la sous-commissaire pour les femmes.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le SCC demande à des spécialistes indépendants – en insistant sur le recours à des spécialistes des questions féminines – d'examiner ses politiques concernant la gestion des détenus qui s'automutilent et des délinquants affichant des problèmes de comportement. Cet examen doit viser à déterminer en particulier s'il est approprié de placer ces détenus en isolement préventif.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que les comités d'enquête nationale du SCC chargés d'étudier des cas de suicide ou d'automutilation soient présidés par un professionnel indépendant des soins de santé mentale.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le SCC examine ses pratiques en matière d'isolement préventif et apporte les changements nécessaires pour s'assurer que tous les placements en isolement prolongés fassent l'objet d'un examen par les gestionnaires régionaux, y compris les responsables des soins de santé, tous les 60 jours. Il recommande également, le cas échéant, que la décision de maintenir un délinquant en isolement et les documents à l'appui soient communiqués au sous-commissaire principal et, dans le cas des délinquantes, à la sous-commissaire pour les femmes.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le SCC modifie sa politique sur l'isolement afin de prévoir un examen psychologique du détenu pour déterminer son état de santé mentale, plus particulièrement une évaluation du risque de comportement d'autodestruction, dans les 24 heures suivant le placement en isolement.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le SCC commence immédiatement à recourir à un arbitre indépendant pour examiner les placements en isolement de détenus ayant des problèmes de santé mentale. Cet examen doit avoir lieu dans les 30 jours suivant le placement, et la décision de l'arbitre doit être communiquée au sous-commissaire régional, et aussi, s'il s'agit d'une délinquante, à la sous-commissaire pour les femmes.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le Modèle de gestion de situations soit modifié afin d'obliger le personnel à tenir compte des antécédents autodestructeurs du délinquant et de la possibilité d'un préjudice à venir ou d'un préjudice cumulatif au moment de déterminer s'il y a lieu d'intervenir de façon immédiate.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le sous-commissaire principal étudie toutes les plaintes présentées par Mme Smith durant son incarcération, y compris celles déposées en septembre 2007 à l'Établissement pour femmes Grand Valley (EFGV), et qu'il examine les réponses à ces plaintes. Il faudrait préparer une réponse écrite à ces plaintes, de même que prendre les mesures correctrices qui s'imposent et apporter les précisions requises aux politiques.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que toutes les plaintes touchant les conditions de détention et le traitement des détenus en isolement soient désignées prioritaires et communiquées au directeur de l'établissement pour qu'on y réponde immédiatement.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé, encore une fois, que le SCC ordonne immédiatement un examen externe de ses opérations et politiques touchant le règlement des griefs des délinquants afin de permettre un règlement juste et expéditif des plaintes et des griefs des délinquants à tous les niveaux.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le ministre de la Sécurité publique en partenariat avec le ministre de la Santé amorcent des discussions avec leurs homologues provinciaux et territoriaux et les intervenants non gouvernementaux pour déterminer le meilleur moyen de faire participer la Commission de la santé mentale du Canada à l'élaboration d'une stratégie nationale sur les services correctionnels de façon à bien coordonner les systèmes correctionnels et de santé mentale fédéraux, provinciaux et territoriaux. Cette stratégie devrait mettre l'accent sur la communication de renseignements entre les administrations et faciliter la prestation homogène de services de santé mentale aux délinquants.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a recommandé que le SCC entreprenne de vastes consultations auprès de ses partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux et non gouvernementaux afin d'examiner la prestation de soins aux délinquants sous responsabilité fédérale et de proposer des modèles de rechange pour assurer ces services. Il devrait entre autres tenir des consultations publiques pour mettre au point ces modèles.
Que le Service correctionnel du Canada entame immédiatement le processus de détermination et de mise en place de solutions de rechange appropriées à l'isolement préventif de longue durée des détenus souffrant de graves problèmes de santé mentale qui ne sont pas admissibles à un certificat médical en vertu des lois provinciales en matière de santé mentale et qui refusent tout traitement. Lors de l'élaboration de telles solutions de rechange, il est impératif de s'assurer qu'il n'y ait aucun contact entre les détenus à risque élevé/criminels notoires (c. à d. les délinquants soumis au Protocole de gestion) et les détenus placés dans ce type d'établissement spécialisé en raison des troubles affectifs et des problèmes de comportement dont ils souffrent.
Que le rôle du Secteur des délinquantes, de même que les pouvoirs qui lui sont délégués, les liens hiérarchiques qui la régissent et les obligations et les responsabilités qui lui incombent, soient examinés, révisés au besoin et communiqués à tous les secteurs du Service correctionnel du Canada afin qu'ils travaillent tous en collaboration en vue de gérer efficacement les problèmes des délinquantes, plus particulièrement les problèmes ayant une incidence sur ce type de détenues difficiles.
Que le Secteur des délinquantes, en collaboration avec les Services de santé mentale et les gestionnaires régionaux, mette sur pied une équipe d'intervention en santé mentale interdisciplinaire, qui compterait au besoin des spécialistes externes, en vue d'aider le personnel de la gestion des établissements à s'occuper efficacement de chaque détenue souffrant de graves troubles mentaux. Le rôle de cette équipe interdisciplinaire consisterait à travailler avec chaque établissement en vue de déterminer les ressources requises, d'élaborer un plan de gestion et de réinsertion sociale, de s'assurer que le personnel approprié est disponible et qualifié pour mettre en œuvre le plan établi et de fournir une orientation et un soutien aux établissements, afin de garantir la qualité et l'efficacité de la mise en œuvre. L'équipe interdisciplinaire doit avoir l'ultime pouvoir décisionnel sur tous les aspects de la gestion des cas.
Qu'une politique soit instaurée par le SCC ou que la politique existante soit révisée de façon à ce que tout article autorisé utilisé par un détenu pour s'automutiler ou modifié à cette fin soit classé « non autorisé » et soit immédiatement retiré, quel que soit le niveau de risque évalué.
Que le rôle des Services de santé dans les établissements pour femmes soit renforcé afin de veiller à ce qu'il soit intégré à celui de l'équipe de l'unité de garde en milieu fermé et que le chef des Services de santé prenne part à toutes les décisions concernant la gestion et le soin des détenues souffrant de graves troubles mentaux.
Qu'un processus d'examen du recours à la force plus efficace soit élaboré pour les cas nécessitant un recours à la force plus fréquent que le nombre de fois spécifié et que ce processus comprenne un examen réalisé conjointement par les établissements et les représentants régionaux et nationaux dans le but de déterminer les préoccupations immédiates et de prendre les mesures qui s'imposent.
Que les indicateurs de ressources utilisés dans toutes les disciplines au sein des établissements pour délinquantes soient examinés et modifiés, au besoin, afin d'assurer la présence d'un nombre adéquat d'employés à toutes les périodes de travail. Cet examen devrait tenir compte, tout particulièrement, des questions ayant une incidence sur la sécurité (c. à d. la nécessité d'instaurer une équipe de surveillance supplémentaire de deux personnes).
Que les méthodes de recrutement et de dotation à l'établissement Grand Valley fassent l'objet d'un examen immédiat, en mettant particulièrement l'accent sur le nombre d'arrangements approuvés. Cet examen permettra de pallier à l'instabilité constante qui règne depuis plusieurs années et de combler les postes vacants essentiels, de réduire l'utilisation des heures supplémentaires, d'éliminer le classement des employés et d'utiliser adéquatement les ajustements opérationnels.
Que la formation spécialisée dans le domaine de la santé mentale soit améliorée pour tout le personnel des établissements pour femmes. Plus précisément, il faut revoir les normes nationales de formation en matière de thérapie comportementale dialectique pour veiller à ce que la direction et tout le personnel travaillant dans les établissements pour femmes en connaissent les concepts. Tous les employés de première ligne qui ont à utiliser la thérapie comportementale dialectique dans leurs interactions avec les détenues devraient suivre une formation plus approfondie et bénéficier d'un perfectionnement professionnel plus fréquent. La formation en santé mentale doit être élaborée et obligatoire pour tout le personnel travaillant dans les établissements pour femmes.
Que la conception des unités d'isolement dans les établissements pour femmes fasse l'objet d'un examen, en mettant particulièrement l'accent sur la conception de cellules équipées de caméras, et que des modifications physiques soient apportées pour aider le personnel à observer et à s'occuper des délinquantes ayant des besoins élevés, et à interagir avec elles.
Les cas difficiles de délinquantes ayant des problèmes de santé mentale ne devraient pas être transférés d'un établissement à l'autre à la suite de plaintes ou de contraintes du personnel. Il faut plutôt supposer qu'il est dans l'intérêt de la femme de demeurer dans son établissement d'origine. Tout transfert de ces détenues doit seulement être effectué lorsqu'il est clairement dans l'intérêt de la femme, et la demande et la justification d'un tel transfert doivent faire l'objet d'un examen minutieux par les plus hautes instances du Service correctionnel du Canada, notamment par la sous-commissaire pour les femmes, par la gestionnaire chargée des programmes de santé mentale pour les femmes et par les bureaux régionaux.
La gestion des cas particulièrement difficiles de délinquantes ayant des problèmes de santé mentale doit être supervisée directement à l'échelle nationale.
Un programme personnalisé de prétraitement dans le cadre d'une thérapie comportementale dialectique doit être mis sur pied pour les délinquantes ayant de la difficulté à maîtriser leurs émotions et leur comportement qui sont incapables, pour diverses raisons, de participer à des programmes de groupe. Des ressources pourraient être utilisées dans des séances individuelles avec des professionnels de la santé mentale, et d'autres ressources pourraient être utilisées par les détenues avec l'aide du personnel de sécurité.
Les services de sécurité, les services de soins de santé et les services de psychologie doivent être plus intégrés au sein des établissements pour femmes afin de garantir l'adoption de pratiques exemplaires dans la prestation de soins aux délinquantes.
Des structures doivent être mises en place dans toutes les unités opérationnelles du SCC afin de permettre à tous les employés d'aborder des sujets qui les préoccupent concernant les pratiques qu'ils doivent adopter sur le lieu de travail, particulièrement lorsque ces pratiques sont liées aux intérêts des délinquantes confiées à leur soin. À tous les niveaux, il faut encourager le personnel à mettre par écrit de telles préoccupations.