Directive du commissaire
Date:
2012-06-13
Numéro :
702
Délinquants autochtones
Publiée en vertu de l'autorité du commissaire du Service correctionnel du Canada
- Objectif de la politique
- Instruments habilitants
- Champ d'application
- Responsabilités
- Procédures
- Demandes de renseignements
- Annexe A : Renvois et définitions
- Annexe B : Continuum de soins liés aux services correctionnels pour Autochtones
- Annexe C : Guide sur le contenu des évaluations par un Aîné/conseiller spirituel
- Annexe D : Protocole des comités du mieux-être des Autochtones
- Annexe E : Offrandes et cadeaux
- Annexe F : Aliments traditionnels et aliments locaux
- Annexe G : Élaboration et gestion des Sentiers autochtones
Objectif de la politique
1. Répondre aux besoins particuliers des délinquants autochtones en leur offrant des interventions efficaces, au moyen d'un continuum de soins, afin de contribuer à la sécurité publique et à leur réinsertion en temps opportun dans la société.
Instruments habilitants
2. Charte canadienne des droits et libertés
Loi canadienne sur les droits de la personne
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC), articles 3.1, 4, 15.1, 79, 80, 81, 82, 83 et 84
Règlement sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (RSCMLC), sections 5 and 114
Champ d'application
3. La présente directive du commissaire s'applique à tous les membres du personnel.
Responsabilités
4. Le sous-commissaire principal peut élaborer des lignes directrices relatives aux initiatives des Sentiers autochtones qui devront être suivies.
5. Le commissaire adjoint, Opérations et programmes correctionnels, assurera la prestation d'interventions et de programmes correctionnels répondant aux besoins connus des délinquants autochtones conformément à l'article 80 de la LSCMLC et en surveillera les résultats.
6. Le directeur général, Direction des initiatives pour les Autochtones :
- établira un Comité consultatif national sur les questions autochtones, présidé par le commissaire et chargé de donner des conseils sur la prestation de services correctionnels aux délinquants autochtones conformément à l'article 82 de la LSCMLC;
- veillera à ce que les pratiques et interventions opérationnelles respectent les besoins particuliers des délinquants autochtones dans le continuum de soins (voir l'annexe B);
- autorisera la mise en œuvre des initiatives des Sentiers autochtones et veillera à ce qu'elles fassent l'objet d'examens réguliers.
7. Le sous-commissaire régional peut :
- établir, présider et maintenir un Comité consultatif régional sur les questions autochtones, chargé de donner des conseils sur la prestation de services correctionnels aux délinquants autochtones conformément à l'article 82 de la LSCMLC;
- gérer les accords avec les collectivités autochtones;
- offrir aux collectivités autochtones la possibilité de soumettre un plan et de participer à la planification de la mise en liberté et au processus de réinsertion sociale des délinquants.
8. L'administrateur régional, Initiatives pour les Autochtones :
- consultera les collectivités autochtones, les comités consultatifs et/ou les conseils des Aînés afin :
- de trouver des Aînés/conseillers spirituels qui répondront aux besoins spirituels des délinquants,
- de conclure des contrats de services avec des Aînés/conseillers spirituels;
- surveillera les initiatives des Sentiers autochtones afin de s'assurer que les consignes énoncées à l'annexe G sont respectées.
9. Le directeur de l'établissement :
- veillera à ce que les Aînés/conseillers spirituels soient traités à égalité de statut avec les aumôniers, conformément à l'article 83 de la LSCMLC;
- veillera à ce que les délinquants aient accès aux services d'un Aîné/conseiller spirituel, en consultation avec l'administrateur régional, Initiatives pour les Autochtones;
- fournira à l'Aîné/conseiller spirituel des installations adéquatement aménagées pour la prestation de services spirituels confidentiels;
- veillera à ce qu'un Aîné/conseiller spirituel ou un assistant de l'Aîné du même sexe que le délinquant soit disponible pour les cérémonies;
- veillera à ce que les circonstances uniques qui caractérisent le délinquant autochtone, telles que décrites dans la définition des antécédents sociaux des Autochtones, ainsi que les options adaptées à la culture autochtone soient prises en compte dans le processus décisionnel;
- désignera des endroits à l'intérieur et à l'extérieur pour tenir les cérémonies traditionnelles et les activités spirituelles;
- appuiera et facilitera la tenue régulière de cérémonies traditionnelles, notamment l'utilisation de médecines traditionnelles lors de la purification par la fumée;
- consultera l'Aîné/conseiller spirituel ou, en l'absence de l'Aîné, l'agent de liaison autochtone :
- avant de prendre des décisions concernant les cérémonies, les objets de cérémonie, les médecines traditionnelles ou les lieux sacrés dans l'établissement,
- pour établir des procédures concernant la collecte et l'entreposage des objets de cérémonie ainsi que des médecines traditionnelles et de cérémonie;
- veillera à ce que des ressources financières et humaines soient fournies pour la collecte d'objets de cérémonies à l'extérieur de l'établissement;
- veillera à ce que les employés qui travaillent auprès des délinquants autochtones possèdent un niveau de compétence culturelle en rapport avec leur rôle ainsi qu'une bonne compréhension du continuum de soins liés aux services correctionnels pour Autochtones;
- autorisera les offrandes et cadeaux dans le cadre des cérémonies et protocoles autochtones traditionnels, conformément à l'annexe E;
- autorisera les aliments traditionnels et non traditionnels à utiliser dans le cadre d'une cérémonie ou d'une célébration, conformément à l'annexe F;
- veillera à ce que l'on fournisse des aliments locaux aux délinquants inuits, conformément à l'annexe F;
- veillera à ce que le protocole en matière de dotation mixte soit respecté lors des cérémonies culturelles.
10. Le directeur de district veillera à ce que :
- les délinquants aient un accès raisonnable aux ressources communautaires destinées aux Autochtones;
- les employés qui travaillent auprès des délinquants autochtones possèdent un niveau de compétence culturelle en rapport avec leur rôle ainsi qu'une bonne compréhension du continuum de soins liés aux services correctionnels pour Autochtones.
11. L'Aîné/conseiller spirituel :
- fournira des services de counseling, des enseignements et des cérémonies;
- donnera, au besoin, des conseils au directeur de l'établissement concernant les cérémonies, les objets de cérémonie, les médecines traditionnelles ou les lieux sacrés dans l'établissement;
- participera, au besoin, aux conférences de cas à titre de membre de l'équipe de gestion de cas;
- fournira des renseignements dans le cadre des évaluations préparées par un Aîné/conseiller spirituel pour les délinquants qui suivent un cheminement de guérison.
12. L'agent de liaison autochtone :
- consignera le rapport d'évaluation de l'Aîné/ conseiller spirituel (à la demande de l'Aîné/conseiller spirituel) et le communiquera au délinquant;
- jouera un rôle de soutien dans le domaine de la sensibilisation culturelle et un rôle de liaison dans la prestation de services généraux aux délinquants et aux employés;
- à titre de membre de l'équipe de gestion de cas, fournira à l'équipe des renseignements concernant la participation du délinquant à son cheminement de guérison;
- assurera, au besoin, la liaison avec les organismes ou collectivités autochtones pour aider à maintenir l'approvisionnement en médecines traditionnelles dont a besoin l'Aîné/conseiller spirituel.
13. L'agent de programmes correctionnels autochtones :
- assurera la prestation de programmes correctionnels autochtones et rédigera les rapports requis conformément à la DC 726 - Programmes correctionnels;
- à titre de membre de l'équipe de gestion de cas, fournira à l'équipe des renseignements concernant la participation du délinquant aux programmes correctionnels autochtones.
14. L'agent de libération conditionnelle :
- incorporera, au besoin, les observations formulées par l'équipe de gestion de cas d'un délinquant autochtone dans le Plan correctionnel et les Mises à jour du plan correctionnel;
- demandera, au besoin, qu'une évaluation soit faite par un Aîné/conseiller spirituel, normalement 60 jours avant qu'une Mise à jour du plan correctionnel du délinquant soit requise.
15. L'agent de développement auprès de la collectivité autochtone :
- appuiera et encouragera la participation des collectivités autochtones à la planification de la mise en liberté conformément à l'article 84 de la LSCMLC;
- à titre de membre de l'équipe de gestion de cas, assurera la liaison avec l'équipe pour l'élaboration des plans de libération en vertu de l'article 84 de la LSCMLC pour les délinquants à qui l'on envisage d'accorder la libération conditionnelle.
16. L'agent de liaison autochtone dans la collectivité :
- assurera la liaison avec les organisations, les organismes ou les collectivités autochtones, selon les besoins, afin d'obtenir leur aide pour maintenir des ressources et des personnes-ressources pour les délinquants autochtones qui sont libérés dans la collectivité;
- offrira un soutien aux délinquants libérés d'office qui suivent un plan de libération en vertu de l'article 84 de la LSCMLC;
- offrira un soutien et des conseils à tous les délinquants autochtones au moment de leur mise en liberté et appuiera leur transition vers la collectivité et les services.
Procédures
Évaluations par un Aîné/conseiller spirituel - Interventions culturelles
17. L'agent de liaison autochtone rencontrera les délinquants qui manifestent un intérêt pour la poursuite d'un cheminement de guérison, quel que soit le moment au cours de leur peine, les orientera vers un Aîné/conseiller spirituel et veillera à ce que l'agent de libération conditionnelle chargé du délinquant en soit informé afin que l'intérêt manifesté soit consigné dans le Plan correctionnel et dans les mises à jour/évaluations ultérieures.
18. L'agent de liaison autochtone expliquera au délinquant son rôle et celui de l'Aîné/conseiller spirituel, puis l'informera des interventions adaptées à la culture autochtone qui sont offertes.
19. L'évaluation effectuée par l'Aîné/conseiller spirituel sera consignée par l'agent de liaison autochtone, conformément à l'annexe C, dans les délais suivants :
- évaluation initiale - 40 jours après l'aiguillage vers un cheminement de guérison et avant l'élaboration du Plan correctionnel lorsqu'un Aîné/conseiller spirituel est disponible lors de l'évaluation initiale;
- progrès - après six mois de cheminement avec l'Aîné/conseiller spirituel s'il y a de nouveaux renseignements à ajouter;
- décision - 30 jours après la demande de l'agent de libération conditionnelle si l'Aîné/conseiller spirituel et/ou l'agent de liaison autochtone déterminent qu'il y a de nouveaux renseignements à consigner.
20. L'agent de libération conditionnelle/intervenant de première ligne incorporera des composantes de guérison dans le Plan correctionnel (conformément à la DC 705-6 - Planification correctionnelle et profil criminel et à la DC 710-1 - Progrès par rapport au Plan correctionnel) en consultation avec l'Aîné/conseiller spirituel, l'agent de liaison autochtone, le délinquant et les autres membres de l'équipe de gestion de cas, au besoin.
21. Les initiatives des Sentiers autochtones seront mises en œuvre conformément à l'annexe G.
Comité du mieux-être des Autochtones
22. Si les délinquants autochtones proposent de former un comité du mieux-être pour répondre à leurs besoins et à leurs intérêts culturels, un protocole décrivant le mandat et les objectifs du comité sera soumis au directeur de l'établissement, conformément à l'annexe D.
23. Le directeur de l'établissement et l'Aîné/conseiller spirituel examineront le protocole susmentionné dans les 30 jours.
24. S'il est approuvé, le protocole demeurera valide pendant deux ans, sauf indication contraire du directeur de l'établissement.
Demandes de renseignements
25. Division de la politique stratégique
Administration centrale
Courriel : Gen-NHQPolicy-Politi@csc-scc.gc.ca
Le Commissaire,
Original signé par
Don Head
Annexe A : Renvois et définitions
Renvois
- DC 081 - Plaintes et griefs des délinquants
- DC 259 - Exposition à la fumée secondaire
- DC 345 - Sécurité-incendie
- DC 566 - Cadre de prévention des incidents de sécurité
- DC 566-3 - Déplacements des détenus
- DC 566-4 - Dénombrement des détenus et patrouilles de sécurité
- DC 566-7 - Fouille des détenus
- DC 566-8 - Fouille du personnel et des visiteurs
- DC 566-9 - Fouille de cellules, de véhicules et d'autres secteurs
- DC 566-12 - Effets personnels des délinquants
- DC 568-5 - Gestion des objets saisis
- DC 577 - Protocole relatif au personnel dans les établissements pour délinquantes
- DC 580 - Mesures disciplinaires prévues à l'endroit des détenus
- DC 700 - Interventions correctionnelles
- DC 701 - Communication de renseignements
- DC 705 - Cadre du processus d'évaluation initiale et du Plan correctionnel
- DC 705-1- Évaluations préliminaires et évaluations communautaires postsentencielles
- DC 705-3 - Entrevues sur l'identification des besoins immédiats et à l'admission
- DC 705-5 - Évaluations supplémentaires à l'évaluation initiale
- DC 705-6 - Planification correctionnelle et profil criminel
- DC 705-7 - Cote de sécurité et placement pénitentiaire
- DC 710 - Cadre de surveillance en établissement
- DC 710-1 - Progrès par rapport au Plan correctionnel
- DC 710-2 - Transfèrement de détenus
- DC 710-3 - Permissions de sortir
- DC 710-5 - Révision judiciaire du délai préalable à l'admissibilité à la libération
- DC 710-6 - Réévaluation de la cote de sécurité des détenus
- DC 710-7 - Placements à l'extérieur
- DC 712 - Cadre pour la préparation des cas et la mise en liberté
- DC 712-1 - Processus de décision prélibératoire
- DC 712-2 - Maintien en incarcération
- DC 712-3 - Audiences de la Commission des libérations conditionnelles du Canada
- DC 712-4 - Processus de mise en liberté
- DC 712-5 - Préparation prélibératoire des cas des délinquants sous responsabilité provinciale/territoriale et des délinquants sous responsabilité fédérale incarcérés dans des établissements provinciaux/territoriaux
- DC 715 - Cadre de surveillance dans la collectivité
- DC 715-1 - Surveillance dans la collectivité
- DC 715-2 - Processus décisionnel postlibératoire
- DC 715-3 - Évaluations communautaires
- DC 726 - Programmes correctionnels
- LD 726-1 - Normes nationales relatives aux programmes correctionnels
- LD 726-2 - Lignes directrices nationales sur l'aiguillage des délinquants vers les programmes correctionnels
- DC 760 - Activités de loisir
- IP 760 - Activités d'art et artisanat
- DC 767 - Services et interventions pour délinquants des minorités ethnoculturelles
- DC 880 - Services d'alimentation
- Manuel sur la sécurité-incendie
- Manuel sur la satisfaction des besoins pour motifs religieux et spirituels
- Manuel des politiques de la Commission des libérations conditionnelles du Canada
Définitions
- Autochtone :
- Indien, Inuit ou Métis.
- Continuum de soins liés aux services correctionnels pour Autochtones :
- Un modèle de soins qui offre des approches spécifiques pour répondre aux besoins des délinquants autochtones.
- Antécédents sociaux des Autochtones :
- Les diverses circonstances qui ont marqué la vie de la plupart des Autochtones. La prise en considération de ces circonstances peut aboutir à des options ou solutions de rechange et s'applique uniquement aux délinquants autochtones (non pas aux délinquants non autochtones qui choisissent d'adopter le mode de vie autochtone). Voici une liste non exhaustive de ces circonstances :
- séquelles du régime des pensionnats;
- rafle des années soixante dans le réseau d'adoption;
- effets du déplacement et de la dépossession des Inuits;
- antécédents de suicide dans la famille ou la collectivité;
- antécédents de toxicomanie dans la famille ou la collectivité;
- antécédents de victimisation dans la famille ou la collectivité;
- éclatement de la famille ou de la collectivité;
- niveau de scolarité ou manque d'instruction;
- liens du délinquant avec sa famille et sa collectivité;
- prise en charge par des organismes de protection de la jeunesse;
- expérience de la pauvreté;
- perte de l'identité culturelle/spirituelle ou lutte pour la conserver.
- Équipe de gestion de cas :
- Les personnes qui s'occupent de la gestion du cas d'un délinquant, incluant tout au moins l'agent de libération conditionnelle et le délinquant, et dans les établissements, l'agent correctionnel II/ intervenant de première ligne.
- Objets de cérémonie :
- objets considérés comme sacrés, spirituels ou de cérémonie (aussi appelés « objets spirituels personnels »).
- Aliments locaux :
- Chez les Inuits, la consommation des aliments locaux est bien plus qu'une simple tradition. C'est l'incarnation du lien étroit que les Inuits entretiennent avec la terre et ses richesses. C'est également un lien avec les traditions ancestrales des Inuits. Les festins sont une célébration des valeurs inuites : la coopération, le partage et la spiritualité. Les aliments locaux font partie de l'identité inuite et constituent des éléments nutritifs essentiels pour les Inuits. On qualifie d'aliment local tout animal sauvage récolté, principalement la chair de phoque, de baleine, de caribou et d'omble chevalier.
- Protocole en matière de dotation mixte :
- Lorsque des Aînés/conseillers spirituels tiennent des cérémonies auxquelles participent des délinquants du sexe opposé, ils doivent se faire assister de personnes du même sexe que le délinquant, conformément au protocole propre à chaque Aîné/conseiller spirituel. Par exemple, quand un Aîné/conseiller spirituel célèbre une cérémonie à l'intention de délinquantes, il devrait toujours y avoir une assistante (qui n'est pas une délinquante) ou un membre féminin du personnel. Les Aînés/conseillers spirituels ne doivent pas célébrer seuls des cérémonies à l'intention de délinquants du sexe opposé
- Cérémonies culturelles :
- L'objet d'une cérémonie sera déterminé par l'Aîné/conseiller spirituel et son enseignement, car les raisons pour demander la tenue d'une cérémonie ou pour y assister sont nombreuses. Les cérémonies culturelles peuvent, entre autres, comprendre : cérémonies de purification par la fumée, cérémonies de la suerie, pow-wows traditionnels, cérémonies de changement de saison, cérémonies de la danse du soleil, danses en cercle (ou en rond), cercles de guérison ou cercles sacrés, cérémonies du calumet, cérémonies de la tente tremblante, potlatchs, cérémonies de la maison longue, jeûnes, festins, cérémonies de la lune, cérémonies du thé, cérémonies du bain d'eau, PakKUjalitauvvik (cérémonie inuite à la chandelle), cérémonies du retour du soleil et cérémonies du retour de la chasse collective.
- Compétence culturelle :
- Capacité des personnes et des organismes d'agir avec respect et efficacité avec les personnes de toutes les cultures, classes, races, religions et origines ethniques, de façon à reconnaître, à affirmer et à valoriser les différences et les ressemblances culturelles ainsi que la valeur des personnes, des familles et des collectivités, et ce, d'une manière qui protège et préserve la dignité de chacun.
- Assistant de l'Aîné :
- La principale fonction de l'assistant est d'aider l'Aîné/conseiller spirituel pendant les cérémonies, et ses fonctions sont déterminées par l'Aîné/conseiller spirituel. Ce titre peut s'appliquer à un délinquant, un contractuel, un employé ou un membre de la collectivité.
- Aîné/conseiller spirituel :
- Toute personne reconnue par une collectivité autochtone comme ayant une connaissance et une compréhension de la culture traditionnelle de cette collectivité, y compris les manifestations concrètes de la culture, les traditions spirituelles et sociales, et les cérémonies. La connaissance et la sagesse, jumelées à la reconnaissance et au respect des membres de la collectivité, sont les caractéristiques essentielles de l'Aîné/conseiller spirituel. Les Aînés/conseillers spirituels sont connus sous beaucoup d'autres noms, selon les régions ou les pratiques locales. À titre d'exemple, « Angakuk » désigne un guérisseur ou un chaman inuit. (La présente définition ne s'applique pas aux détenus possédant des connaissances sur les cérémonies.)
- Quatre aspects de la personne :
- Les aspects physiques, affectifs (émotionnels), spirituels et psychologiques qui sont interreliés et composent une personne, selon la vision du monde des Autochtones. Le modèle peut varier selon les régions et les Aînés/conseillers spirituels.
- Composante de guérison :
- Une composante du Plan correctionnel qui permet de prendre en considération les antécédents et les circonstances des délinquants autochtones qui suivent un cheminement de guérison.
- Pavillon de ressourcement/village de ressourcement :
- Établissement à sécurité minimale ou à niveaux de sécurité multiples qui est géré par le SCC en collaboration avec une collectivité autochtone. Ces établissements peuvent être situés ou non dans une réserve des Premières Nations. Un pavillon de ressourcement peut aussi être un établissement géré par une collectivité autochtone en vertu de l'article 81 de la LSCMLC lorsque l'autorise le ministre.
- Parcours/cheminement de guérison :
- Processus de guérison traditionnel autochtone fondé sur la culture et les croyances, qui comprend un cheminement spirituel, affectif et psychologique qui se poursuit tout au long de la vie et durant lequel la personne s'efforce d'être en harmonie avec toutes les créatures de notre Terre mère. Les histoires qui lui sont racontées, les enseignements traditionnels qui lui sont donnés et sa participation à des cérémonies sacrées aident la personne à suivre le chemin rouge de la guérison. Lorsqu'une personne suit la voie de ce chemin, elle est considérée comme complète dans son corps, son esprit, son âme, ses émotions et ses comportements.
- Approche holistique :
- Une approche du bien-être global qui tient compte des aspects physiques, psychologiques, spirituels et affectifs.
- Roue de médecine :
- symbole utilisé par les Autochtones d'Amérique du Nord et du Sud pour montrer que la vie peut être représentée sous la forme d'un cercle et que le parcours de chaque personne vers l'épanouissement personnel se situe à l'intérieur de ce cercle. Ce concept s'exprime de nombreuses façons différentes, mais toutes révèlent l'importance de la plénitude et de l'équilibre, ainsi que le rôle significatif du chiffre quatre dans la vie des Autochtones : quatre saisons, quatre directions, quatre éléments et quatre aspects de notre nature, et quatre stades de la vie. Il n'y a pas de commencement et pas de fin. Au fur et à mesure qu'une personne chemine dans la roue de médecine dans sa vie quotidienne, elle passe à un niveau supérieur dans la compréhension de soi et l'acquisition de la sagesse. La capacité humaine de se développer est infinie, et la roue de médecine tourne à l'infini. L'utilisation de la roue de médecine et son interprétation peuvent varier selon les régions ou les Aînés/conseillers spirituels.
- Initiatives des Sentiers autochtones :
- Initiatives particulières mises en place dans des établissements afin d'offrir un environnement de guérison traditionnel aux délinquants désireux de suivre un cheminement de guérison autochtone. Voir l'annexe G.
- Pensionnat :
- École résidentielle qui était exploitée par les Églises chrétiennes en collaboration avec le gouvernement canadien et qui accueillait les enfants des Premières Nations et les enfants métis et inuits. La violence physique, psychologique, émotionnelle et parfois sexuelle subie pendant de nombreuses années par un grand nombre d'Autochtones dans les pensionnats peut avoir des conséquences de longue durée et d'une portée considérable. Il y a aussi des séquelles intergénérationnelles : une personne qui n'a pas fréquenté un pensionnat peut subir les incidences négatives directes des effets qu'ont eus les pensionnats sur d'autres membres de sa famille.
- Purification par la fumée :
- Acte de brûler des médecines traditionnelles pour prier et se purifier soi-même ou purifier un lieu. Il s'agit également d'un acte d'unification utilisé au début de cérémonies pour préparer les participants à la guérison ou au partage. L'utilisation du tabac dans le cadre d'une cérémonie de purification par la fumée n'équivaut pas à fumer une cigarette.
- Festin traditionnel :
- Repas suivant un événement spirituel ou culturel d'importance, notamment une cérémonie de la suerie, un jeûne, une danse en cercle (rond), un pow-wow, ou encore certains événements marquants dans la vie de membres de la famille ou de la collectivité, etc. Le repas peut comprendre de la viande cuite, non cuite ou séchée, des légumes, des fruits et une boisson. Ces aliments peuvent avoir été inspectés ou non par un organisme gouvernemental. On peut employer des aliments traditionnels autochtones, mais ce n'est pas essentiel. Dans la culture autochtone, c'est le geste de partage de la nourriture qui compte.
- Aliments traditionnels :
- Aliments qui sont obtenus par les Autochtones. Il s'agit habituellement de gibier, de poisson, de fruits ou de baies et de légumes. Les aliments traditionnels peuvent faire partie d'une cérémonie et peuvent être fournis gratuitement ou achetés.
- Médecines traditionnelles :
- Substances médicinales naturelles et sacrées qu'on utilise lors de cérémonies et qui peuvent inclure du foin d'odeur, la sauge, le cèdre et le tabac.
Annexe B: Continuum de soins liés aux services correctionnels pour Autochtones
Le continuum de soins liés aux services correctionnels pour Autochtones (appelé le continuum de soins) a été instauré en 2003 en collaboration avec les intervenants autochtones qui travaillent avec le SCC en vue de mettre au point de nouvelles approches pour répondre aux besoins des délinquants autochtones. Les études sur les collectivités autochtones ont révélé que la participation des délinquants autochtones à des activités spirituelles et culturelles et à des programmes (administrés de préférence par des Autochtones) ainsi que le soutien reçu de leur famille et de leur collectivité avaient compté pour beaucoup dans le succès de leur réinsertion sociale.
La roue de médecine, qui est au cœur du continuum de soins, découle de recherches selon lesquelles la culture, les enseignements et les cérémonies (aspects fondamentaux de l'identité autochtone) semblent essentiels au processus de guérison. Représentant le cycle de la vie, de la conception jusqu'au retour dans le monde des esprits, la roue de médecine rappelle que les interventions correctionnelles élaborées et mises en œuvre à l'intention des délinquants autochtones doivent tenir compte de l'orientation passée, présente et future des Autochtones dans leur ensemble et de l'Autochtone en tant que personne.
La collectivité autochtone, qui comprend les réserves et les communautés urbaines et se compose de gens des Premières Nations, de Métis et d'Inuits, entoure la roue de médecine. Dans le continuum de soins, on reconnaît que les collectivités autochtones doivent aider les délinquants autochtones pendant le processus de guérison et leur réinsertion sociale, étant donné qu'elles font le lien entre les délinquants et leur histoire, leur culture et leur spiritualité. Le continuum de soins met également en lumière l'importance du soutien de la collectivité à chaque étape de l'administration de la peine.
Intégrant la culture et la spiritualité autochtones dans les activités du SCC, le continuum de soins :
- commence à l'évaluation initiale dans le but d'identifier les délinquants autochtones et de les inciter à reprendre contact avec leur culture et leur collectivité;
- mène aux sentiers de guérison dans les établissements pour mieux préparer les délinquants autochtones au transfèrement à un niveau de sécurité moindre et à la mise en liberté sous condition;
- incite les collectivités autochtones à accueillir les délinquants qui reviennent dans leur collectivité et à appuyer leur réinsertion sociale;
- se termine par la mise en place de soutiens communautaires permettant de poursuivre les progrès au-delà de la fin de la peine et d'empêcher la récidive.
Pour le document original complet, veuillez consulter le Plan stratégique relatif aux services correctionnels pour Autochtones (2006-2007 à 2010-2011).
Annexe C: Guide sur le contenu des évaluations par un Aîné/conseiller spirituel
Le rapport d'évaluation de l'Aîné/conseiller spirituel (ci-après nommé Aîné dans la présente annexe) fait état de l'opinion de l'Aîné sur un délinquant et repose sur les connaissances et les enseignements traditionnels de l'Aîné. Le rapport d'évaluation, qui est rédigé par l'Aîné ou l'agent de liaison autochtone (ALA) qui l'assiste, indique où en est le délinquant dans son cheminement de guérison et peut aider l'équipe de gestion de cas à effectuer ses évaluations du délinquant. L'évaluation effectuée par l'Aîné est axée sur les quatre aspects de la personne et se veut une approche holistique qui sert de point de référence par rapport auquel on pourra mesurer les progrès accomplis par le délinquant. Elle a lieu au cours de chacune des phases du continuum de soins dans l'établissement (évaluation initiale, évaluation et intervention). L'évaluation par l'Aîné est seulement requise dans le cas des délinquants qui suivent un parcours/cheminement de guérison lorsque l'Aîné est d'avis que cela est approprié. Il n'est pas nécessaire de soumettre tous les délinquants autochtones à une telle évaluation, et celle-ci ne sert pas à consigner les antécédents sociaux des Autochtones.
Le contrôle de la qualité des évaluations effectuées par l'Aîné relève des surveillants des ALA. Le cadre ci-après est uniquement un guide visant à aider les Aînés.
Évaluation initiale
Au cours du processus d'évaluation initiale, si un délinquant déclare qu'il souhaite travailler avec un Aîné, l'agent de libération conditionnelle s'assurera d'en informer l'Aîné et/ou l'ALA, afin qu'une évaluation initiale soit effectuée par l'Aîné.
Évaluation par l'Aîné (évaluation initiale)
Le rapport, rédigé dans le délai prévu dans la DC 705-5 - Évaluations supplémentaires à l'évaluation initiale, sert simplement à présenter les observations initiales de l'Aîné et à indiquer si le délinquant continuera à travailler avec l'Aîné et l'ALA au moyen d'interventions propres aux Autochtones (selon ce qui est offert à l'établissement). Si l'équipe de gestion de cas et le délinquant estiment que ce dernier est prêt, les composantes de guérison seront incorporées au Plan correctionnel.
Intervention (progrès)
Une fois que l'évaluation initiale est terminée, si le délinquant commence à travailler avec l'Aîné, ce dernier poursuit l'élaboration d'une évaluation plus approfondie du délinquant. Les composantes de guérison seront incorporées dans la prochaine mise à jour du Plan correctionnel.
Évaluation par l'Aîné (intervention)
Le rapport sera rédigé après que le délinquant aura passé six mois à travailler avec l'Aîné. L'évaluation du délinquant sera mise à jour par l'Aîné (ou l'ALA, aidé de l'Aîné), à la demande de l'équipe de gestion de cas, aux fins de la prise de décisions visant le délinquant [cote de sécurité, transfèrement, première permission de sortir avec ou sans escorte (raison autre que médicale), placement à l'extérieur]. Après en avoir reçu la demande, l'Aîné (ou l'ALA, aidé de l'Aîné) dispose de 30 jours pour préparer la mise à jour. L'agent de libération conditionnelle devrait demander la mise à jour 60 jours avant la date à laquelle le Plan correctionnel révisé est requis. Il incombe à l'agent de libération conditionnelle de s'assurer que les demandes de mise à jour sont effectuées en temps utile. Des échanges réguliers entre les membres de l'équipe de gestion de cas devraient permettre de satisfaire à cette exigence.
Réinsertion sociale (progrès)
Lorsqu'un délinquant se dirige vers la phase de réinsertion sociale de sa peine et se prépare au processus décisionnel de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, l'évaluation préparée par l'Aîné sera mise à jour de manière à traiter tout particulièrement de la transition éventuelle dans la collectivité.
Évaluation par l'Aîné (réinsertion sociale)
Le rapport sera rédigé aux fins du processus de prise de décisions de la Commission des libérations conditionnelles du Canada. Il incombe à l'agent de libération conditionnelle de s'assurer que les mises à jour sont demandées en temps utile. Après en avoir reçu la demande, l'Aîné (ou l'ALA, aidé de l'Aîné) dispose de 30 jours pour préparer la mise à jour. L'agent de libération conditionnelle devrait demander la mise à jour 60 jours avant la date à laquelle le Plan correctionnel révisé est requis. Des échanges réguliers entre les membres de l'équipe de gestion de cas devraient permettre de satisfaire à cette exigence.
Évaluation par un Aîné/conseiller spirituel - Aperçu
(Le présent aperçu ne devrait pas être considéré comme un modèle que tous les Aînés/conseillers spirituels sont tenus de suivre. L'information que fournissent les divers Aînés/conseillers spirituels peut varier beaucoup et peut se limiter simplement aux renseignements prévus sous les sections « Observations » et « Recommandations » du présent document.)
Le présent aperçu n'est qu'une suggestion visant à aider les Aînés à fournir les renseignements pertinents. Les titres susmentionnés peuvent servir de rubriques dans le rapport.
Type de rapport dans le SGD : Évaluation effectuée par l'Aîné
Introduction
Indiquez le nom de l'Aîné et sa collectivité d'origine.
- Aspect physique (est) : apprendre à apprécier son apparence physique et en arriver à se sentir bien dans son corps. Voici des exemples d'interventions qui peuvent aider le délinquant à équilibrer les différentes composantes de son physique : régler son problème de toxicomanie, adopter de saines habitudes alimentaires, faire de l'exercice, cesser de s'infliger des blessures physiques ou d'en infliger aux autres, traiter son corps comme un cadeau sacré du Créateur.
Voici des thèmes qui pourraient être abordés :
- relations personnelles
- abus de tout genre
- pensionnats ou familles d'accueil
- dépendances.
- Aspect affectif (émotionnel) (sud) : examiner l'état d'esprit émotionnel d'une personne et sa capacité de répondre à ses propres besoins affectifs. Différentes interventions peuvent aider le délinquant dans ce domaine : examiner les situations stressantes de sa vie et les obstacles à son apprentissage et à sa croissance, régler les problèmes de violence non résolus, apprendre à respecter ses propres sentiments, accepter la responsabilité de ses actes et de ses paroles, comprendre ses aspects positifs et négatifs et apprendre à atteindre un équilibre.
Voici des thèmes qui pourraient être abordés :
- expression de sentiments, d'empathie et de remords
- impulsivité
- respect des autres et de soi
- suicide (tentatives et antécédents familiaux).
- Aspect spirituel (ouest) : comprendre que toutes les choses sur la Terre mère sont liées, que la vie est un cadeau du Créateur et que nous devons apprendre à vivre la meilleure vie que nous pouvons et respecter toutes les choses vivantes que nous rencontrons sur notre chemin. Les cérémonies et les enseignements des Aînés favorisent la guérison de l'esprit.
Voici des thèmes qui pourraient être abordés :
- identité spirituelle
- participation à des activités spirituelles et compréhension de la vie spirituelle.
- Aspect psychologique (nord) : examiner les capacités cognitives d'une personne, sa capacité de tirer des leçons du passé et d'adopter de nouvelles façons de penser. Avec la connaissance vient la sagesse, avec la sagesse vient la compassion et avec la compassion vient la compréhension.
Voici des thèmes qui pourraient être abordés :
- comprendre et assumer les comportements criminels
- motivation à guérir
- éducation et emploi.
Observations
Indiquez depuis combien de temps l'Aîné travaille avec le délinquant et si ce dernier a participé à des séances de counseling et/ou des cérémonies. Précisez comment la participation du délinquant l'a aidé à répondre à ses besoins (p. ex., en matière de toxicomanie). Est-ce que ce délinquant est prêt à faire des efforts pour adopter un mode de vie davantage équilibré? Quels changements de comportement ont été observés chez le délinquant?
Recommandations
Quelles sont les recommandations de l'Aîné pour que le délinquant continue d'apporter des changements positifs? Quels sont les signes précurseurs à surveiller, les choses indiquant qu'il pourrait y avoir un changement négatif dans les comportements du délinquant?
Annexe D: Protocole des comités di mieux-être des Autochtones
Le succès de ces comités dépend de l'appui de la direction et des Aînés/conseillers spirituels. Toutes les parties doivent donc être d'accord avec le protocole proposé, qui explique les modalités et les objectifs relativement au rôle de ce comité dans l'établissement. En l'absence de consensus, on apportera des modifications au protocole jusqu'à ce que toutes les parties soient d'accord.
Lorsque le protocole est approuvé par toutes les parties, il peut demeurer en vigueur pendant tout au plus deux ans. Au cours de cette période, le protocole du comité peut être modifié ou remanié, avec l'accord des Aînés/conseillers spirituels, des membres du comité et de la direction. Lorsque les deux années sont écoulées, le protocole peut simplement être renouvelé s'il n'y a pas de modifications à y apporter.
Le comité est apolitique et existe à la seule fin de soutenir les activités culturelles et cérémonielles pour les délinquants (danses en cercle ou en rond, pow-wows, sueries, cercles de partage, etc.) en collaboration avec les agents de liaison autochtone et les Aînés/conseillers spirituels. Les membres du comité peuvent aussi assumer la fonction d'assistants de l'Aîné/conseiller spirituel, à la demande de ce dernier.
Les membres du comité sont chargés d'échanger des idées et des renseignements avec la population carcérale et le personnel, et de jouer le rôle d'agents de liaison entre les deux groupes en faisant valoir les idées, les commentaires et les préoccupations des délinquants.
La sélection des membres de ces comités sera décrite dans le protocole proposé. Le nombre de membres sera fonction du nombre de délinquants que représente le comité. Habituellement, il devrait y avoir un comité par établissement; toutefois, en cas de circonstances exceptionnelles (p. ex., un emplacement à sécurité maximale qui ne peut rassembler des populations séparées), il est possible d'envisager d'avoir plus d'un comité.
L'agent des programmes sociaux est le membre du personnel chargé de travailler avec le comité pour en coordonner les activités. Cet agent consultera l'agent de liaison autochtone, qui possède les connaissances sur la culture autochtone.
Annexe E: Offrandes et cadeaux
Présenter un cadeau ou une offrande est un geste qui fait partie intégrante de la culture autochtone et peut s'insérer dans deux contextes. On donne des médecines traditionnelles (du tabac) à un Aîné/conseiller spirituel lorsqu'on lui demande des enseignements, une cérémonie ou des prières. On offre également un cadeau en signe de respect, d'appréciation et d'hommage selon le protocole autochtone. Ces offrandes peuvent prendre différentes formes : une des quatre médecines, des objets de cérémonie (plume, sac de médecines, capteur de rêves) ou des articles décoratifs (objet d'art, sculpture, objet d'artisanat). Il est important pour les Autochtones de reconnaître officiellement et d'honorer les personnes qui apportent une contribution, quelle qu'elle soit, à un événement, une activité ou une cérémonie. L'Aîné/conseiller spirituel et le directeur de l'établissement détermineront conjointement à quels moments il convient de tenir ces types de cérémonies dans l'établissement.
L'offre de cadeaux dans un tel contexte n'est pas considérée comme un souvenir en guise d'accueil, ni comme une contrepartie pour une activité d'accueil officielle, ni comme une preuve d'appréciation tenant lieu de compensation officielle, comme prévu dans la politique du Conseil du Trésor. Il s'agit tout simplement d'un témoignage de respect, d'appréciation et d'hommage qui fait partie intégrante de la culture autochtone.
Dans la culture autochtone, il existe une cérémonie du don (Giveaway), au cours de laquelle une personne ou une famille remet des cadeaux à tous les invités. Cette activité a souvent lieu lors d'une danse en cercle ou en rond, d'un festin communautaire ou autre événement propre au peuple autochtone de la région (p. ex., les traditions des Autochtones de la côte ouest). Ce genre de cérémonie peut se tenir dans la collectivité ou dans un établissement. Les délinquants et les employés qui assistent à ces cérémonies au cours de permissions de sortir avec escorte (PSAE) dans la collectivité recevront des objets. Les délinquants demanderont préalablement au directeur de l'établissement l'autorisation de rapporter tout objet reçu au cours de la PSAE, conformément à la DC 566-12 - Effets personnels des délinquants. À leur entrée dans l'établissement, ces objets seront soumis aux exigences établies dans la DC 566-7 - Fouille des détenus.
À la demande du délinquant, le directeur de l'établissement (ou son délégué), en consultation avec l'Aîné/conseiller spirituel, peut l'autoriser à conserver dans sa cellule des objets de nature spirituelle, culturelle ou traditionnelle (p. ex., les médecines, les sacs ou poches les contenant et les plumes). Ces biens culturels sont considérés comme n'ayant aucune valeur monétaire; cependant, ils ont une valeur spirituelle importante.
Les objets que le délinquant reçoit à une cérémonie communautaire au cours d'une PSAE et qui figurent à la Liste nationale des effets personnels seront inscrits dans le relevé de ses effets personnels conformément à la DC 566-12 - Effets personnels des délinquants.
Tous les cadeaux reçus ou offerts par un délinquant au cours d'une cérémonie seront ajoutés ou retirés du relevé de ses effets personnels, selon le cas. Comme il est stipulé dans la DC 566-12 - Effets personnels des délinquants, les délinquants ne sont pas autorisés à échanger des objets entre eux.
À leur sortie de l'établissement, les objets donnés aux Aînés, conseillers spirituels, membres du personnel, contractuels, membres de la collectivité ou bénévoles au cours d'une cérémonie seront soumis aux exigences établies dans la DC 566-8 - Fouille du personnel et des visiteurs.
Les employés qui reçoivent des objets dans le cadre d'une cérémonie tenue dans l'établissement ou la collectivité les garderont avec leurs effets personnels au lieu de travail. Selon le Code des valeurs et d'éthique de la fonction publique, publié par le Conseil du Trésor, ils sont autorisés à accepter ces objets. Dans ces circonstances, le don se produit lors d'une activité ou d'un événement lié à l'exercice des fonctions officielles du fonctionnaire visé.
Les offrandes et les cadeaux fabriqués par les délinquants seront en conformité avec les IP 760 - Activités d'art et d'artisanat, à moins qu'il existe dans l'établissement des initiatives relatives à la fabrication d'objets artisanaux (p. ex., les Sentiers autochtones). De telles initiatives comprendront des lignes directrices, approuvées par le directeur de l'établissement, décrivant le processus d'entreposage des matériaux, des outils et des produits finis.
Annexe F: Aliments traditionnels et aliments locaux
Aliments traditionnels
Les demandes soumises par écrit par un comité du mieux-être des Autochtones en vue d'obtenir des aliments traditionnels à des fins culturelles ou spirituelles seront transmises à l'agent de liaison autochtone (ALA). Ce dernier examinera la pertinence de la demande et des aliments mentionnés, puis transmettra ses recommandations au directeur de l'établissement et à l'Aîné/conseiller spirituel. Le directeur de l'établissement peut interdire certaines denrées s'il estime qu'elles constituent un risque pour la sécurité au sein de l'établissement. Toute question quant au caractère « traditionnel » des aliments sera soumise à l'Aîné/conseiller spirituel de l'établissement.
Il n'est pas toujours nécessaire que les aliments servant à des fins cérémonielles soient des aliments « traditionnels », puisque c'est le geste de partage de la nourriture qui est au cœur de la cérémonie. Des aliments non traditionnels peuvent être utilisés dans le cadre d'une cérémonie.
Une fois que le directeur de l'établissement a approuvé la tenue de l'événement proposé, tous les délinquants, membres du personnel, contractuels et visiteurs qui souhaitent participer au festin signeront un formulaire dégageant le SCC de toute responsabilité en cas de maladie à la suite de leur participation.
Le directeur de l'établissement, en consultation avec l'Aîné/conseiller spirituel, peut, à sa discrétion, accepter que des aliments (y compris des aliments non inspectés par un organisme gouvernemental) offerts par un groupe communautaire local ou un ministère (p. ex., le ministère des Ressources naturelles ou un groupe autochtone) soient autorisés dans l'établissement, s'ils répondent aux conditions suivantes :
- les aliments sont cuits et ont été préparés à l'avance pour consommation; ou
- s'ils ne sont pas cuits, les aliments sont entreposés et/ou préparés dans un endroit approprié autre que les Services d'alimentation de l'établissement et conformément au Code régissant la vente au détail des aliments et des services alimentaires;
- toute personne préparant des aliments non cuits au sein de l'établissement a réussi un cours de sécurité alimentaire approprié;
- les Services d'alimentation fournissent un bac en plastique contenant les ustensiles de cuisson et de consommation nécessaires pour la préparation et le service de cette nourriture. Les ustensiles utilisés seront remis dans le bac dans un produit désinfectant puis retournés à la cuisine de l'établissement aux fins de nettoyage.
L'ALA sera présent lorsqu'on introduit des aliments dans l'établissement pour des événements autochtones; sinon, il indiquera à l'agent responsable et à l'agent à l'entrée principale, au moyen d'une note signée par le directeur de l'établissement ou son délégué, à quelle heure les aliments arriveront, qui les apportera à l'établissement, de quel genre d'aliments il s'agit et quelle en est l'utilisation prévue. À l'entrée principale, les aliments feront l'objet d'une inspection normale de sécurité, puis seront acheminés directement à l'endroit où se déroule l'événement en question ou à l'entreposage.
Tous les restes des repas seront remis à l'ALA ou à l'Aîné/conseiller spirituel, qui se chargera de déterminer le meilleur moyen de les distribuer (si l'installation est dotée d'un endroit approprié pour la réfrigération) ou de les apporter à l'extérieur de l'établissement. Ces restes ne devraient pas être jetés.
Aliments locaux
Les aliments locaux du peuple inuit constituent des éléments nutritifs essentiels pour les Inuits et doivent être fournis au moins une fois par mois par les Services d'alimentation appropriés de l'établissement.
Suivant le Code régissant la vente au détail des aliments et des services alimentaires, les Services d'alimentation du SCC peuvent fournir (via la cuisine de l'établissement) seulement des aliments locaux inspectés par un organisme gouvernemental. Dans le cas d'aliments non inspectés par un tel organisme, il faut suivre la procédure établie dans la présente annexe pour les aliments traditionnels non inspectés par un organisme gouvernemental.
Exonération de responsabilité
Je, soussigné, (participant) décharge entièrement, par les présentes, Sa Majesté la Reine du chef du Canada ainsi que ses préposés et ses employés de toute obligation relative aux réclamations, aux actions ou aux demandes éventuelles, de quelque nature que ce soit, y compris toute réclamation résultant d'une négligence, qui peuvent découler de ma consommation, dans le cadre d'un festin autochtone ou inuit, d'aliments qui n'ont pas fait l'objet d'une inspection officielle.
En foi de quoi, j'ai signé les présentes le jour , 20 .
Signature du participant
Témoin
Annexe G: Élaboration et gestion des sentiers autochtones
Vision
S'assurer que le système correctionnel fédéral est adapté aux besoins des délinquants autochtones et contribue à la sécurité et à la santé des collectivités.
Concept
Dans le cadre du continuum de soins (voir l'annexe B), une unité ou une rangée des Sentiers autochtones offre un cheminement de guérison en établissement pour les délinquants qui s'engagent à suivre la guérison traditionnelle comme mode de vie, 24 heures sur 24. Ces unités ou rangées constituent d'abord et avant tout un environnement propice à la guérison qui respecte le mode de vie traditionnel et spirituel des Autochtones. Seuls les délinquants qui s'engagent à poursuivre leur cheminement de guérison et qui ont travaillé sérieusement avec des Aînés/conseillers spirituels pour s'occuper d'aspects de leur guérison sont placés dans une unité ou une rangée des Sentiers autochtones. Les services, programmes et interventions des Aînés/conseillers spirituels offerts dans ce milieu sont intensifs et ciblent la guérison personnelle de chacun.
Approbation
Les propositions d'unités de Sentiers autochtones doivent avoir le soutien de l'administrateur régional, Initiatives pour les Autochtones, et l'approbation du directeur général, Initiatives pour les Autochtones.
Sentiers autochtones
Les unités ou rangées des Sentiers autochtones sont situées dans des établissements à sécurité moyenne pour hommes et des établissements pour femmes, qui sont le meilleur endroit où offrir les interventions et programmes les plus intensifs et où l'on réalise la plus grande partie du Plan correctionnel.
Il est important de reconnaître et de rappeler qu'une unité ou rangée des Sentiers autochtones n'est pas simplement une aire réservée aux délinquants autochtones. Elle ne vise pas à répondre aux exigences de gestion de la population carcérale en groupant tous les Autochtones en un même endroit. Comme le précise la politique, le SCC doit veiller à ce que tous les délinquants autochtones incarcérés dans un établissement fédéral aient accès aux services d'Aînés/conseillers spirituels, en plus de ce qui est offert dans le cadre des Sentiers autochtones. Les unités ou rangées des Sentiers autochtones doivent être réservées aux délinquants qui veulent sérieusement poursuivre leur guérison d'une manière autochtone traditionnelle, avec l'aide d'Aînés/conseillers spirituels. Les délinquants doivent avoir démontré qu'ils ont su respecter, pendant une longue période, leur engagement à l'égard d'un cheminement de guérison. Pour être acceptés dans les unités ou rangées des Sentiers autochtones, les délinquants doivent être appuyés par un Aîné/conseiller spirituel plutôt que d'être simplement aiguillés vers ces initiatives en raison de problèmes d'espace. Les services spirituels et culturels offerts doivent être intensifs et adaptés au cheminement de guérison des délinquants, et doivent aller au-delà de ceux que le SCC est tenu d'offrir à tous les délinquants autochtones. Tous les délinquants qui s'engagent à suivre ce mode de guérison traditionnelle peuvent participer aux initiatives des Sentiers autochtones. Même si celles-ci sont clairement plus adaptées aux délinquants autochtones, il arrive à de rares occasions qu'un délinquant non autochtone soit un bon candidat pour ce genre d'interventions.
Interventions préparatoires aux Sentiers autochtones
Les établissements à sécurité maximale peuvent consacrer des ressources à la préparation de détenus en vue de leur transfèrement à une unité ou rangée des Sentiers autochtones. Bien qu'il ne soit pas toujours possible de désigner une rangée ou une section de lits pour la préparation aux Sentiers autochtones, il serait très utile de disposer d'un espace (une salle) affecté à cette fin. Les Aînés/conseillers spirituels peuvent travailler avec les délinquants qui se sont engagés à suivre un parcours de guérison. Le délinquant participe à des cérémonies avec l'Aîné/conseiller spirituel et peut avoir initié une évaluation par l'Aîné/conseiller spirituel. Ces interventions ciblées sont appelées des interventions préparatoires aux Sentiers autochtones.
Interventions de transition des Sentiers autochtones
Pour compléter ce continuum d'interventions spirituelles et culturelles de guérison traditionnelle, les établissements à sécurité minimale peuvent aussi consacrer des ressources à l'appui des délinquants qui sont transférés des unités ou rangées des Sentiers autochtones afin de poursuivre leur cheminement de guérison. Bien que la prochaine étape la plus appropriée soit de procéder au transfèrement des délinquants à un pavillon de ressourcement, ceux-ci ne choisissent pas toujours de demander un placement dans ce type d'établissement. Les services et interventions des Aînés/conseillers spirituels visent à aider les délinquants à prendre en main leur guérison et à les mettre en rapport avec des ressources spirituelles et culturelles dans la collectivité. L'unité d'un établissement à sécurité minimale désignée pour offrir cette intervention s'appelle une unité de transition des Sentiers autochtones.
Principes
La création d'une unité ou rangée de Sentiers autochtones dans un établissement est un travail ardu qu'il faut faire lentement et très minutieusement. Il est important d'avoir un plan de mise en œuvre qui concorde avec le concept des Sentiers autochtones, qui est élaboré suivant les conseils d'un Aîné/conseiller spirituel et qui bénéficie de l'appui de la haute direction. Une telle initiative dans un établissement exige les qualités décrites ci-après.
Patience
Les employés doivent être réalistes dans leurs attentes à l'égard de cette initiative et de ses résultats. Il importe de comprendre ce que la réussite signifie pour les délinquants participants. La guérison est un processus qui occupe toute une vie, et les progrès peuvent parfois être lents.
Intégrité
Les employés et les délinquants choisis afin de participer doivent faire preuve d'intégrité dans leur mode de vie. L'initiative des Sentiers autochtones doit encourager un mode de vie centré sur la guérison traditionnelle dans tous ses aspects; cela n'est possible que si les participants, dans l'unité ou la rangée, manifestent quotidiennement leur appui à ce mode de vie.
Modèles de comportement
Les employés doivent s'assurer que leurs actions traduisent l'intégrité des initiatives des Sentiers autochtones, étant donné que les délinquants suivront leur exemple dans leur comportement. L'adoption de modèles de comportement a traditionnellement été un outil puissant, employé pour transmettre le mode de vie des Autochtones, et si les employés sont de bons modèles de comportement, les délinquants les imiteront auprès de leurs compagnons de cellule dans l'unité ou la rangée.
Souplesse
Il est important de faire preuve de souplesse pour assurer le succès de la démarche des Sentiers autochtones dans l'établissement. Toutefois, pour maintenir l'intégrité des initiatives des Sentiers autochtones, les employés doivent être très vigilants quant aux domaines dans lesquels ils sont prêts à faire des compromis. Ils doivent s'assurer que les critères essentiels des Sentiers autochtones sont respectés en tout temps.
Sensibilisation
Les employés chargés des unités ou rangées des Sentiers autochtones devraient activement sensibiliser les autres membres du personnel de l'établissement au concept sous-jacent et aux interventions culturelles et spirituelles qui ont un impact sur la vie des délinquants. La collectivité (autochtone et non autochtone) doit aussi être consciente des buts que vise la démarche des Sentiers autochtones, de ses réussites et du rôle qu'elle joue elle-même dans le cheminement de guérison des délinquants.
Privilège et responsabilité
Il est important de bien faire comprendre que le placement dans une unité ou une rangée des Sentiers autochtones constitue un privilège et non un droit. Les délinquants doivent faire beaucoup de travail avant d'arriver à ce stade, et on s'attend à ce qu'ils poursuivent ce travail après leur transfèrement ou leur mise en liberté. Ce privilège s'accompagne de la responsabilité à l'égard de leur propre cheminement de guérison; ils sont aussi responsables envers leur Aîné/conseiller spirituel, leur collectivité, les autres détenus et eux-mêmes.
Équipe des Sentiers autochtones
Aînés/conseillers spirituels
Ce sont les Aînés/conseillers spirituels qui assurent l'orientation et les services fondamentaux des Sentiers autochtones (dirigés par des Aînés), et il est essentiel que les employés de l'équipe suivent leurs enseignements et conseils.
Coordonnateur régional des Sentiers autochtones
Le coordonnateur régional des Sentiers autochtones peut compter sur les conseils des Aînés/conseillers spirituels dans les établissements dotés d'unités des Sentiers autochtones. Il doit former et mobiliser une équipe ainsi qu'obtenir l'appui des gestionnaires supérieurs de l'établissement. Cette équipe devrait être capable d'administrer efficacement l'unité ou la rangée sous la direction des Aînés/conseillers spirituels, en conformité avec le concept des Sentiers autochtones. Il est extrêmement important de créer une équipe forte, et cela constitue un des rôles clés du coordonnateur. L'équipe chargée des Sentiers autochtones fait partie de l'équipe de l'établissement dans son ensemble et fait appel aux compétences et aux habiletés de tous les employés dans l'intérêt des délinquants placés dans l'unité ou la rangée des Sentiers autochtones. Autrement dit, elle doit notamment travailler en étroite collaboration avec tous les membres de l'équipe de gestion de cas, y compris les agents de libération conditionnelle, les Aînés/conseillers spirituels et les agents de liaison autochtone, afin de répondre de façon adéquate aux besoins des délinquants qui participent à la démarche des Sentiers autochtones.
Il peut y avoir des coordonnateurs des Sentiers autochtones en établissement uniquement si l'unité des Sentiers autochtones compte plus de 40 lits. Le cas échéant, ces coordonnateurs suivent les mêmes principes que le coordonnateur régional des Sentiers autochtones.
Employés additionnels
Les autres employés affectés à l'unité ou la rangée pourraient inclure un agent de libération conditionnelle, un intervenant de première ligne, des agents correctionnels, un agent de liaison autochtone et/ou l'assistant de l'Aîné. Ces personnes travailleraient ensemble pour répondre aux besoins spirituels et culturels des délinquants placés dans l'unité ou la rangée des Sentiers autochtones. Le gestionnaire/surveillant joue un rôle fondamental dans la réussite des Sentiers autochtones. Bien qu'il ne soit pas nécessaire d'avoir des agents de libération conditionnelle désignés pour œuvrer à l'unité ou la rangée des Sentiers autochtones, cela est toujours très salutaire pour les délinquants car ces agents font une contribution fondamentale à la planification et à la mise en œuvre du Plan correctionnel. Les agents de libération conditionnelle/ intervenants de première ligne qui travaillent avec les délinquants participant aux Sentiers autochtones doivent bien comprendre le concept fondamental de cette démarche et le travail qu'entreprennent les délinquants. Les agents correctionnels affectés à l'unité ou la rangée doivent eux aussi bien comprendre le concept des Sentiers autochtones et contribuer au milieu de guérison que celui-ci offre aux délinquants. En outre, le directeur de l'établissement, le sous-directeur, le directeur adjoint, Interventions, et les autres gestionnaires supérieurs doivent appuyer l'initiative pour que celle-ci soit vraiment efficace.
Il est important, au moment de la dotation des postes dans l'unité ou la rangée des Sentiers autochtones, de s'assurer que les titulaires comprennent le concept des Sentiers autochtones et ce qui est attendu d'eux. Il n'est pas nécessaire que tous les employés soient d'ascendance autochtone, mais ils doivent tous être ouverts et disposés à apprendre ainsi qu'à participer aux pratiques culturelles et aux cérémonies spirituelles.
Que les employés soient affectés à une unité des Sentiers autochtones ou qu'ils travaillent avec des délinquants au cas par cas, ils doivent recevoir une formation visant à garantir que tous possèdent les compétences culturelles requises pour faire une contribution efficace au milieu de guérison que constitue l'unité ou la rangée des Sentiers autochtones.
Structure et autres exigences
Vision
La vision et la philosophie qui sous-tendent les Sentiers autochtones devraient mettre l'accent sur un parcours de guérison dans le cadre du continuum de soins. Une approche régionale sera mise au point pour préparer les délinquants en vue de leur transfèrement à un établissement à sécurité moins élevée ou de leur retour dans la collectivité.
Interventions préparatoires aux Sentiers autochtones
Les interventions préparatoires aux Sentiers autochtones menées dans les établissements à sécurité maximale n'exigent pas la désignation d'une unité ou rangée particulière. Compte tenu des diverses préoccupations en matière de gestion de la population carcérale et de la configuration de ces établissements, les employés interviendront dans le cadre de séances individuelles ou en petits groupes auprès de délinquants choisis et engagés afin de les préparer à leur transfèrement à une unité ou rangée des Sentiers autochtones dans un établissement à sécurité moyenne. Des interventions précises, des délinquants choisis, un Aîné/conseiller spirituel désigné et le respect du concept et des principes des Sentiers autochtones constituent les caractéristiques manifestes des démarches préparatoires aux Sentiers autochtones. Normalement, cela n'exige pas de ressources additionnelles, mais plutôt une réorientation des ressources en place. Pour que les démarches préparatoires aux Sentiers autochtones soient efficaces dans ce milieu, la direction de l'établissement doit manifester un engagement ferme et une disposition à faire preuve de souplesse.
Sentiers autochtones
Les unités ou rangées des Sentiers autochtones dans les établissements à sécurité moyenne et les établissements pour femmes doivent consister en des places désignées, réservées expressément aux délinquants qui participent aux Sentiers autochtones. Même s'il existe des problèmes de logement dans l'établissement, ces places ne devraient pas être compromises, puisque cela pourrait donner lieu au placement inapproprié de délinquants dans l'unité ou la rangée, au détriment de l'environnement de guérison que l'on souhaite créer. Il est indispensable de réserver des places destinées aux Sentiers autochtones afin d'établir un milieu sûr et approprié permettant aux délinquants de s'occuper de leur guérison; cela ne doit donc pas être considéré comme un aspect facultatif lorsqu'on envisage la création d'une unité des Sentiers autochtones. En outre, des programmes intensifs, des interventions culturelles et spirituelles, la présence d'un Aîné/conseiller spirituel désigné et le respect du concept et des principes des Sentiers autochtones constituent les caractéristiques manifestes d'une unité ou rangée des Sentiers autochtones.
La double occupation des cellules n'est pas considérée adéquate pour les délinquants qui ont entrepris un cheminement de guérison. Ceux qui participent à des interventions des Sentiers autochtones doivent satisfaire à des attentes élevées, s'abstenir de consommer des substances intoxicantes et s'occuper de leurs problèmes personnels profonds, ce qui exerce des pressions additionnelles sur eux. Ils ont besoin d'un espace personnel pour réfléchir et se reposer.
Pour ce qui est d'accepter des membres de gangs dans les initiatives des Sentiers autochtones, chaque unité doit déterminer la meilleure façon de procéder, en consultation avec son ou ses Aînés/conseillers spirituels. Il faut bien préciser qu'aucun membre de gang actif ne peut participer à une initiative des Sentiers autochtones. Chaque cas sera examiné par l'équipe des Sentiers autochtones, qui peut décider qu'il suffit qu'un délinquant s'engage à ne pas « afficher ses couleurs » et à ne pas prendre part à une activité de gang durant sa participation à l'initiative des Sentiers autochtones.
Les délinquants qui prennent part aux Sentiers autochtones doivent s'abstenir de consommer des substances intoxicantes, car celles-ci nuisent directement au processus de guérison. Il conviendrait donc qu'ils se soumettent à des analyses d'urine aléatoires, lesquelles devraient faire partie de l'initiative des Sentiers autochtones. L'établissement des calendriers, procédures et ressources nécessaires doit se faire en partenariat avec l'équipe des Sentiers autochtones et les autorités de l'établissement. Il ne faut pas utiliser à cette fin les fonds réservés aux Sentiers autochtones dans le cadre de l'approche correctionnelle judicieuse.
Unités de transition des Sentiers autochtones
Les unités de transition des Sentiers autochtones dans les établissements à sécurité minimale doivent aussi comporter une section de lits réservés aux délinquants qui participent aux interventions de transition des Sentiers autochtones. Compte tenu de l'aménagement de ces établissements, l'idéal serait de désigner une maison entière comme unité de transition des Sentiers autochtones, pour les mêmes raisons que l'on a des unités ou rangées des Sentiers autochtones dans les établissements à sécurité moyenne. L'existence d'une étroite relation de travail avec les unités ou rangées des Sentiers autochtones, la participation des collectivités autochtones, la présence d'un Aîné/conseiller spirituel désigné et le respect du concept et des principes des Sentiers autochtones sont les caractéristiques manifestes des unités de transition des Sentiers autochtones. Normalement, cela n'exige pas de ressources additionnelles, mais une réorientation des ressources en place et l'établissement de liens solides avec la collectivité autochtone sont essentiels.
Aiguillage des délinquants vers les Sentiers autochtones et demandes de participation
Un document doit décrire le processus d'aiguillage des délinquants vers les Sentiers autochtones et de décision afin d'assurer la cohérence.
Critères d'admission
Les critères d'admission ainsi que les comportements attendus des participants et les règlements de l'unité doivent être clairement énoncés dans des documents. Il en va de même pour les critères justifiant le retrait possible d'un délinquant d'une initiative des Sentiers autochtones. Pour être admissible, le délinquant doit avoir travaillé avec un Aîné/conseiller spirituel pendant une période de temps considérable et démontré son engagement à l'égard de son cheminement de guérison.
Processus décisionnel
Le processus décisionnel lié à l'acceptation des délinquants dans l'unité des Sentiers autochtones consiste en une approche de décision en équipe à laquelle participent les Aînés/conseillers spirituels (des Sentiers autochtones et en établissement), les agents de liaison autochtone, le coordonnateur des Sentiers autochtones et tout autre membre d'équipe jugé approprié.
Consignation des attentes
Des documents énoncent clairement les règlements de l'unité des Sentiers autochtones ainsi que les attentes à l'endroit du délinquant. Ainsi, ce dernier connaît les exigences à respecter pour demeurer dans l'unité des Sentiers autochtones. Le délinquant devrait avoir la possibilité de formuler des suggestions lors de l'élaboration des règlements et des attentes.
Résolution des conflits
Des documents décrivent comment les conflits au sein de l'unité seront réglés et comment les problèmes disciplinaires du délinquant seront traités.
Conséquences
Les conséquences des manquements aux règlements devraient être clairement définies. Les manquements auxquels un degré de tolérance zéro sera appliqué doivent être bien précisés (p. ex., consommation de substances intoxicantes).
Critères de retrait
Un système est en place pour définir clairement les motifs pour lesquels un délinquant serait retiré d'une unité des Sentiers autochtones. Un lien au processus disciplinaire permettrait de s'assurer que seuls les délinquants souhaitant véritablement atteindre la guérison demeurent au sein de l'unité.
Liste d'attente
Une liste d'attente doit être dressée pour s'assurer d'avoir des candidats prêts à occuper les places disponibles. Cette liste devrait comprendre suffisamment de candidats pour combler 50 % du nombre total de places.
Diffusion de l'information
Des documents sont élaborés dans le but de s'assurer que les autres membres du personnel et les délinquants connaissent l'initiative des Sentiers autochtones, y compris :
- la vision;
- les critères d'admission;
- le processus de sélection;
- les règles et les attentes.
Calendrier du programme, des interventions, des cérémonies et des cercles
Des activités cérémonielles, spirituelles et culturelles soutenues sont prévues dans un calendrier clairement défini de sorte qu'une nette différence soit établie entre les délinquants participant aux Sentiers autochtones et ceux qui n'y participent pas.
Suivi des données
Des données doivent être entrées dans le SGD pour s'assurer que les données pertinentes sont disponibles aux fins d'évaluation et pour la production de rapports du SCC.
Collectivité autochtone
Il importe de signaler et de reconnaître le rôle de la collectivité autochtone dans les initiatives des Sentiers autochtones. Comme il est précisé dans le continuum de soins, pour être efficaces, les interventions proprement autochtones doivent inclure la participation de la collectivité autochtone. Cette participation augmentera manifestement au cours du continuum des Sentiers autochtones, c'est-à-dire au fur et à mesure que le délinquant passe de l'étape préparatoire à celle de transition des Sentiers autochtones. Pour opérer la guérison souhaitée dans la vie des délinquants, la collectivité à laquelle appartient le délinquant doit participer au processus. En outre, il ne peut y avoir de guérison continue que si les collectivités sont disposées à appuyer des interventions culturelles et spirituelles continues après la mise en liberté des délinquants. Cela doit être fait avec la plus grande considération pour les familles et les victimes dans les collectivités autochtones.
Réussite des Sentiers autochtones
Il faut prendre en considération les points de vue des différents intervenants pour établir si les Sentiers autochtones s'avèrent une réussite.
Point de vue des Aînés/conseillers spirituels
- La philosophie et la vision sont respectées.
- L'établissement soutient le projet, et l'équipe de gestion de cas observe des changements chez les hommes/femmes.
- Les hommes/femmes font preuve de respect et suivent leur Plan correctionnel.
- Les membres de l'équipe des Sentiers autochtones, par leur comportement, servent de modèle au sein de l'établissement.
Point de vue des délinquants
- L'expérience leur est profitable; ils font preuve de respect, s'abstiennent de consommer des substances intoxicantes et renoncent aux comportements violents.
- Ils suivent leur Plan correctionnel et règlent les problèmes de façon appropriée.
- Ils participent à des interventions spirituelles.
- Ils sont prêts à être transférés à un pavillon de ressourcement, à une unité de transition des Sentiers autochtones ou dans la collectivité.
- Ils poursuivent leur cheminement de guérison dans la collectivité et ne sont pas réincarcérés.
Point de vue de l'équipe des Sentiers autochtones
- Le travail est fait en équipe, et les décisions sont prises en collaboration.
- Tous les membres font preuve de respect, et l'information est communiquée.
- Aucun changement n'est apporté sans consultations. Les membres se sentent respectés et soutenus par le coordonnateur, le surveillant et les autres membres de l'équipe des Sentiers autochtones.
Point de vue de la direction
- Les membres de la direction observent un changement dans le comportement des délinquants.
- Les résultats montrent que les délinquants suivent leur Plan correctionnel.
- Grâce aux Sentiers autochtones, un plus grand nombre de délinquants profitent de permissions de sortir avec et sans escorte, de mises en liberté sous condition et de transfèrements à des établissements à sécurité moindre.
- Grâce aux Sentiers autochtones, on dénombre moins d'incidents et d'infractions en établissement.
Point de vue de la collectivité autochtone
- La collectivité s'est engagée vis-à-vis des Sentiers autochtones à agir de façon constructive en contribuant à la prestation continue d'interventions culturelles et spirituelles aux délinquants.
- Les délinquants libérés deviennent des membres utiles et plus sains de la collectivité.