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Christianisme

Comment sortir de la cage d'ecureuil ! - une méditation au sujet de Zacchée

Une collaboration ocuménique de certains membres du Comité de la justice réparatrice de Moncton, notamment, Le rév. Lloyd Bruce, Église unie du Canada, Le rév. Tom Snowdon, Comité central mennonite, Judith Snowdon, Comité central mennonite, Le rév. Terrance R. Trites, Église presbytérienne du Canada.

UNE CRISE DE NERF THÉOLOGIQUE.

Dans son livre, Speaking of Sin, Barbara Brown Taylor parle d'un camarade de classe, « un presbytérien libanais qui a fait une crise de nerf théologique pendant son premier semestre au séminaire ». « Tout ce que vous cherchez, vous, Américains, c'est la justification, hurlait-il. Vous aimez pécher, puis vous faire pardonner, pécher encore et vous faire pardonner, mais personne ne semble vouloir sortir de ce cycle sans fin. Avez-vous jamais entendu parler de sanctification ? N'y a-t-il personne qui veut apprendre à pécher un peu moins ? » Dans la tradition, la démarche permettant d'échapper à ce cycle comprend au moins quatre étapes : la confession, le pardon, la pénitence et le retour dans la communauté. La justice réparatrice est une façon d'échapper à ce cycle.

Sur les sentiers de la guérison, nous nous rapprochons d'amis que nous n'étions pas conscients d'avoir. Nous créons une communauté à partir de nos faiblesses - et c'est une communauté chrétienne. Reprenons les mots d'Elizabeth O'Connor : « Ici, les êtres brisés sont accueillis et les malades sont guéris. Ici, on prêche la Bible et ici, tout pêcheurs que nous soyons, avec nos peines, nous avons l'audace de dire que Dieu nous considère comme son peuple et nous savons qu'il s'appelle Dieu-avec-nous. »

L'HISTOIRE DE ZACHÉE. S'AGIRAIT-IL DE ZACHÉE ? UNE VICTIME DE PERSÉCUTION DEVENU PERSÉCUTEUR ?

Siegfried Janzen, pasteur mennonite à la retraite, élabore un midrash pénétrant [1] qui est utile dans notre étude des sentiers de la justice réparatrice. Janzen utilise l'histoire de Zachée (Luc, 19 :1-10). [Le terme « midrash » désigne un genre littéraire juif. À partir d'un extrait des Écritures, il élabore une sorte d'homélie (exposé) sur ce passage. Le midrash est parfois utilisé avec les parties juridiques de la Torah et parfois avec les parties non juridiques (histoires ou Aggadah) et porte sur les principaux protagonistes du récit biblique comme Abraham, Isaac, Jacob et d'autres figures célèbres des Écritures hébraïques comme le roi David. Le sens principal du terme « midrash » découle d'une racine hébraïque qui signifie « chercher, explorer ». Il s'agit donc d'une méthode juive d'exégèse qui cherche à dégager les significations profondes du texte, derrière le sens littéral. Comme les rabbins vénéraient profondément toutes les lettres des Écritures hébraïques, considérées comme d'origine divine, tous les détails étaient jugés importants.]

Janzen imagine Zachée qui grandit en sécurité dans l'amour sans limite de sa mère et une discipline ferme. Il commence ensuite à imiter le rôle de son père avec une innocence inaltérée. Il entre dans la classe du rabbin du village. Il joue avec les enfants du voisinage. Il cueille des fleurs sauvages dans les collines. Il est puni lorsqu'il commet un méfait. Il apprend à respecter les aînés. Puis, soudain, sa croissance physique s'arrête. Une année passe. Deux années. Zachée ne grandit plus. Pas même un centimètre. Les parents, attristés et angoissés, finissent par accepter la terrible vérité : leur fils bien-aimé, Zachée, est de stature anormale. Pourquoi, Dieu, pourquoi ?

Deux milles ans ont passé depuis l'histoire de cette famille, et je ressens profondément leur chagrin en écoutant leurs lamentations : Pourquoi Dieu nous punit-il ? Quel terrible péché avons-nous commis ? Où nous sommes-nous trompés ? Se pourrait-il qu'il faille blâmer Zachée ?

Que devient le jeune Zachée, si sensible ? Il entend les blagues et les réflexions qui le ridiculisent, et il en souffre. Il est perplexe et déprimé. Au départ, il essaie de ne pas tenir compte de la cruelle stigmatisation provoquée par l'arrêt de sa croissance. Mais comment peut-il triompher ? Il n'est qu'un jeune garçon, seul, sans assurance. Il se retire en lui-même, replié sur ses blessures et sa douleur. Les parents, inquiets et eux-mêmes blessés, font de leur mieux pour lui redonner le moral et ils l'encouragent à surmonter son handicap, à surmonter les obstacles qui se dressent devant lui. Mais il entend aussi parler, le soir, lorsqu'il feint le sommeil, du péché et des lourds châtiments de Dieu. C'en est trop.

Le jeune esprit de Zachée s'adapte à la situation préjudiciable qui est la sienne et il accepte ce qu'il ne peut changer. Puis, les sentiments de culpabilité, de dévalorisation de soi qui l'ont tout d'abord hanté se résorbent peu à peu, car il finit par prendre conscience que son comportement n'a jamais été pire que celui de ses camarades. Dieu est-il pour quelque chose dans sa stature anormale ? Il l'ignore, il ne comprend pas, mais il se sent obligé d'accepter. Toutefois, avec une certitude croissante, il sent que son milieu a tort de l'éviter et est complètement injuste : il est courtois et respectueux. Son comportement est agréable. Il donne l'impression d'être une personne responsable à qui on peut faire confiance. En son fors intérieur, il maudit ceux qui le méprisent et le fuient. Il accumule les rancoeurs. Il veut la position de puissance que, croit-il, il finira par avoir. Il attend son heure, incroyablement mal adapté à son milieu.

À 20 ans, Zachée célèbre sa bar-mitsva. Seules quelques personnes y assistent pour voir le nabot accomplir ce rituel important et pour s'amuser. Toutefois, ses parents et les membres de sa famille sont là pour l'appuyer, et la fête est limitée à la famille. Puis, après la bar-mitsva, il arrête totalement de fréquenter la synagogue, ce qui désole ses parents.

L'occasion qu'il espérait se présente : le gouvernement militaire romain annonce un poste de percepteur des impôts. Sa rencontre clandestine avec le représentant romain est fructueuse; il devient aussitôt percepteur. Son ascension vers le pouvoir et la richesse débute.

Zachée atteint enfin le niveau de vie qu'il a souhaité pendant son adolescence, même s'il a dû pour cela se vendre aux Romains et extorquer de l'argent à son propre peuple. Cela ne lui a pas donné le bonheur ni le sentiment de s'épanouir. Il ressent plus cruellement que jamais le rejet. Il est des moments où il se sent avili. Une solitude totale lui fait comprendre la futilité de ses rêves d'autrefois. Ses problèmes sont grands et nombreux. Il voudrait de l'aide et il a soif de bonheur.

Il y avait alors un jeune homme, Jésus de Nazareth, un rabbin dont la réputation de guérisseur était bien assise, et il était connu dans tout le pays. Il prétendait être le Fils de Dieu, le Messie longtemps attendu. Il s'appelait lui-même le Fils de l'homme. C'était un grand prêcheur et un guérisseur, et il faisait des miracles, à ce qu'on disait, et on croyait en lui. Depuis que son ministère s'étendait à tout le peuple, il parcourait le pays du sud au nord et de l'est à l'ouest, s'aventurant même à l'occasion à l'est du Jourdain. Il connaissait donc bien Jéricho. Zachée connaissait Jésus de réputation, mais il n'avait jamais rencontré le grand guérisseur.

Or, voici que, d'après la rumeur, Jésus et ses disciples approchent de la traversée du Jourdain, après avoir parcouru la route qui traverse la Jordanie à partir de la Galilée. Il passera par Jéricho pour se rendre à Jérusalem. La nouvelle soulève l'enthousiasme et le peuple se dirige vers la route, attendant son arrivée. Zachée fait de même. Il quitte son bureau, déterminé à voir le jeune rabbin dont le comportement, dit-on, est tout à fait singulier. C'est en tout cas un non-conformiste. Mais Zachée a un problème, un grave problème. Il est petit de taille, et il est un publicain méprisé. Personne ne lui fera de place le long de la route. Il en est sûr. Comme il n'a pas de temps pour les préparatifs, il recourt au seul expédient qu'il lui reste : il court devant et grimpe dans un sycomore. Cet arbre ressemble au chêne, avec un tronc court et beaucoup de branches feuillues. Comme il donne beaucoup d'ombre, on en plantait le long des routes pour que les voyageurs fatigués en profitent.

Bien perché sur son poste d'observation, Zachée va avoir une surprise inespérée. Cela arrive soudain, sans avertissement. Comme Jésus approche de l'arbre, il s'arrête, regarde vers le haut et dit : « Zachée, descends immédiatement, car je dois demeurer chez toi aujourd'hui. » Bien sûr, pour le petit homme perché dans l'arbre, c'est la surprise de sa vie. C'est à se demander comment il ne tombe pas. Il descend et accompagne Jésus chez lui, où, comme la coutume l'exige, il prépare une fête pour son invité d'honneur.

Comme tout cela se passe très rapidement, sans avertissement, la foule est également surprise. Mais la surprise cède bientôt la place à l'inquiétude et à l'indignation.

« Avez-vous vu ça ? Il est allé chez Zachée. » « Oui, j'ai vu. »
« Je n'en crois pas mes yeux. »
« Ce que je ne comprends pas. Je ne comprends où Jésus veut en venir. »
« Je vois ce que vous voulez dire. S'il est le Fils de Dieu, ne sait-il pas quelle sorte de sangsue est ce Zachée ? »
« Ça me dépasse. Je ne sais quoi penser. Comment peut-il se souiller ainsi ? Je ne sais vraiment pas. »
« Ils sont là déjà depuis très longtemps. Si vous voulez mon avis, ça ne me plaît pas. »
« On peut compter sur Zachée, ce sale escroc. Il va probablement lui enlever tout ce qu'il a et s'en tirer. »

Quel terreau fertile pour les médisances. Le bruit parcourt la foule en un clin d'oil, et le mécontentement devient un grondement constant. La foule se fait plus dense et attend. Cette attitude s'explique. Il y a dans la foule des victimes qui ont beaucoup souffert à cause de Zachée, ce maître cupide de l'extorsion. Comme percepteur des impôts, il devait s'assurer que le gouvernement militaire romain touche sa juste part de recettes dans son district.

Cela plaisait aux Romains, qui ne bronchaient pas lorsqu'il exploitait le peuple. Comme il avait du pouvoir, il était protégé par la loi, et il s'en tirait. Ses victimes, conscientes de ce comportement criminel, étaient incapables d'obtenir réparation. Ils étaient en colère contre le système, contre les Romains, et surtout contre les juifs coupables de traîtrise.

Nous ne pouvons que deviner ce qui s'est passé chez Zachée, avec ce Jésus qui s'était invité. Jésus a-t-il posé une question pénétrante ou fait une observation tranchante, révélant la nature exacte du trouble intérieur de son hôte ? Question de conjecture. Secondaire, du reste. Le plus important, c'est que la question ou l'observation convainc Zachée que Jésus est un homme de compassion et digne de confiance. En commençant à se délivrer de son fardeau, il prend conscience que, pour la première fois de sa vie, il est en présence d'une personne qui est non seulement capable de compassion et de compréhension, mais qui est aussi capable d'exiger des comptes d'un mécréant sans le priver de son estime de soi. Zachée, percepteur des impôts, se sent attiré vers Jésus.

Les sentiments refoulés, les émotions inexprimées se libèrent dans un torrent de paroles, révélant les larmes, mêlées de l'amertume inspirée par un Dieu qui châtie, le mal paralysant du rejet, le piège étouffant de la solitude, la soif de pouvoir, de vengeance et de richesse et, depuis quelque temps, une conscience qui s'éveille et se fait accusatrice. Et Jésus ? Il écoute. Enfin, totalement épuisé, Zachée arrache à son âme le remords et la culpabilité.

Puis, le silence. Jésus attend. Zachée, sans qu'on l'y pousse, parle de restitution. Oui, bien sûr ! Il doit restituer leurs biens à ses nombreuses victimes. Jésus écoute toujours. Il partage la peine de ces années perdues et encourage Zachée à « réparer ». Et Zachée, fort du pouvoir que Jésus lui a donné, se sent prêt à faire face à ses victimes qui l'attendent à l'extérieur.

Tout le grondement de mécontentement cesse dès que Zachée et Jésus apparaissent sur le pas de la porte. Un silence chargé d'attente se fait dans la foule impatiente. Zachée n'hésite pas. Il s'avance, se sentant très grand. S'adressant à la foule et à Jésus, il déclare : « Seigneur, ici et tout de suite, je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai lésé quelqu'un, je vais rendre au quadruple. »

Presque immédiatement, une cacophonie s'élève dans la foule : « As-tu entendu ça ? » « Oui, mais je n'en crois pas mes oreilles. » « Je vais te dire quoi. Je le croirai quand j'aurai l'argent qu'il m'a escroqué. » « C'est exactement comme ça que je me sens. » « Nous allons voir à ce qu'il tienne parole. » « Allez, les gars, donnez-lui une chance. » « Silence! Baissez le ton. Jésus a levé la main. Il va dire quelque chose. »

Le calme rétabli, Jésus prend la parole : « Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham. Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Ses mots en étonnent plus d'un. Ce n'est pas ce qu'ils voulaient entendre. Son verdict ne correspond pas à leur conception de la justice. Ils sont extrêmement déçus. (« Enfermez-le et jetez la clé. ») Par contre, ses mots ont un fort retentissement sur d'autres, après l'avoir écouté et avoir réfléchi à ses mots. De toute évidence, se disent-ils, Jésus a confiance en Zachée. Il l'a montré clairement en disant qu'il était un fils d'Abraham, comme eux. De plus, ce qu'il a dit laisse entendre que Zachée n'est pas un publicain méprisé ou un pécheur. Il est un égal. Lentement, peut-être, ils commencent à comprendre que Jésus attend d'eux qu'ils acceptent Zachée. Maintenant qu'il a accepté la responsabilité de ses crimes passés et qu'il a déjà commencé à agir en conséquence, il est temps de lui accorder une place dans la collectivité comme membre à part entière.

Tâche difficile ? Peut-être, mais combien gratifiante. Une collectivité parvient mieux à la guérison lorsque toutes les victimes, les délinquants et les groupes de soutien guérissent ensemble. Voilà qui met fin à l'histoire de Luc.

COMMENT DEVENIR UNE COMMUNAUTÉ ?

Comme en témoigne le midrash sur l'histoire de Zachée, notre communauté de foi a du mal à donner vie à la conception de communauté exprimée dans nos théologies et traditions.

Dans la communauté chrétienne, être une communauté, c'est avoir une relation saine avec notre objectif premier - une relation saine avec Dieu, avec soi et avec autrui. C'est la communion comme totalité dans nos relations et la guérison des faiblesses. Comme la foule de l'histoire que nous venons de voir, les chrétiens se tiennent devant la porte de la « communauté », sans trop savoir ce que c'est, être une communauté qui se réconcilie, qui se refait, une communauté totale. Parfois, la grâce nous inonde, parfois elle est absente. La lutte à mener, pour devenir la communauté que nous entrevoyons, tient à la tension entre ce que nous valorisons, comme communauté, et nos faiblesses humaines. Dans notre faiblesse, nous butons sur des obstacles comme les préjugés, l'orgueil, la mesquinerie, l'inégalité de pouvoir, notre propre honte devant nos faiblesses.

VALORISATION DE LA COMMUNAUTÉ

La communauté des chrétiens valorise la communauté de trois façons importantes :

  1. Nous sommes appelés à être ensemble. Jésus, dont nous nous réclamons et que nous essayons de suivre, a appelé ensemble une « communauté de disciples » qui nous rejoint à travers le temps par l'ouvre de l'Esprit saint.
  2. « Que le droit coule comme de l'eau, et la justice, comme un torrent qui ne tarit pas (Amos 5,24). » La réalité se trouve dans les personnes réunies autour d'une table, partageant un repas, profitant de l'hospitalité et formant une famille. Jésus appelle ses disciples à se réunir autour d'une table pour un repas, un moment d'hospitalité, une expérience de la famille.
  3. Notre mission est le travail que nous faisons ensemble, les mots que nous disons pour inviter les autres à prendre leur place dans la communauté (pour être ensemble). Il faut pour cela supprimer les obstacles à une pleine participation et ainsi permettre à tous de venir à la table.

La communauté chrétienne doit toujours se confronter à la Parole de Dieu pour abattre les barrières à la pleine participation à la communauté. On pourrait soutenir que toutes les Écritures sacrées se rapportent à cette conception de la communauté et au partage de notre vie commune. Ce n'est pas pour rien que l'auteur de l'évangile selon saint Jean raconte l'histoire de la femme adultère. C'est pour nous rappeler que, même dans notre péché, nous sommes accueillis. L'auteur de l'évangile selon saint Luc raconte l'histoire de Zachée pour parler de la communauté des juifs chrétiens et lui parler à elle : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham. » Être fils ou fille d'Abraham, c'est faire partie de la communauté. Jésus le rappelle à la communauté et le rappelle à Zachée.

SENTIERS

Ce qui est implicite, dans cette vision, comme en témoignent les actes de Jésus, lorsqu'il rencontre Zachée et la femme adultère, ce sont les sentiers à suivre :

  1. Le sentier de la communication : écouter et parler, et être totalement présent à l'autre.
  2. Le sentier de la responsabilité : dans l'honnêteté, parler, partager, nommer, demander des comptes à ceux qui sont responsables d'actes nuisibles pour la communauté.
  3. Le sentier de la réinsertion ou de l'accueil : avec compassion, donner une deuxième (troisième et quatrième) chance et prodiguer soutien et encouragement.
  4. Le sentier du pardon. Après avoir écouté, exigé des comptes les uns des autres et nous être accueillis mutuellement dans la communauté, nous suivons le sentier du pardon, prêts à accueillir la prochaine personne que nous rencontrerons sur la route.

Ou, comme le dit Brown Taylor : confession, pardon, pénitence et réinsertion dans la communauté. Aucun de ces sentiers n'est facile à suivre, car ils exigent vulnérabilité, confrontation et confession, et la nécessité d'être attentif aux inégalités de pouvoir.

QUE PEUVENT OFFRIR CES SENTIERS DU RÉTABLISSEMENT POUR RENOUVELER LA VIE DE LA COMMUNAUTÉ ?

Si nous suivons ces sentiers :

  1. Communication, qui comprend conversation/confrontation (écoute) - nous comprendrons mieux les circonstances, la motivation et les conséquences.
  2. Responsabilité par la confession - par l'examen de soi (examen de soi lorsqu'on se présente à la table) - nos faiblesses s'ouvrent pour que nous fassions l'expérience de la responsabilité (voir Grâce)
  3. Mutualité : pouvoir, temps, ressources partagés.
  4. Grâce - la promesse que, lorsque je me révèle et rend des comptes à ma communauté, je ne serai pas détruit, je serai en sécurité, et la guérison s'amorcera. Je donnerai et recevrai le pardon.
  5. Pardon - comme nous comprenons notre commune humanité, comme nous comprenons que nous avons tous des faiblesses, nous pouvons nous tourner les uns vers les autres avec le cour et l'esprit ouvert pour faire l'expérience de la réparation en accordant et en acceptant le pardon.

EXEMPLE

Le propriétaire-exploitant d'une petite entreprise et un homme qui a essayé de le frauder discutent ensemble de la question. Le premier explique que, au moment de la fraude, sa femme était hospitalisée et mourante. Pendant qu'il parle, faisant connaître les effets de la fraude sur lui, l'homme qui lui fait face est troublé au point de pleurer. Pendant la conversation et la confrontation, l'alarme-incendie retentit et les deux hommes quittent l'immeuble ensemble (par l'escalier, sur neuf étages), poursuivant la conversation. Pour qui les auraient observés en train de quitter l'immeuble, ils étaient des voisins, peut-être même de bons voisins, sinon des amis. Convaincus que la justice a suivi son cours ? Bien sûr. Observer ces deux hommes en train de parler, c'était être témoin du pardon, de la pénitence et du retour dans la collectivité.

LA JUSTICE RÉPARATRICE COMME NOUVEAU PARADIGME DE LA JUSTICE CONTRIBUE AU BIEN-ÊTRE

C'est humain, c'est une guérison. Jésus a dit : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie, et qu'ils l'aient en abondance. » Quelle est cette vie en abondance sinon l'expérience d'une réalité dans laquelle nous pouvons nous réunir avec nos faiblesses et avancer avec les autres sur ces sentiers ? Ou bien, comme on l'a dit, « trouver des amis dont nous ne soupçonnions pas l'existence ».

Nous pouvons sortir du cycle infernal et faire l'expérience de la communauté au beau milieu de nos faiblesses.