Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Christianisme

Éléments pour bâtir un service ou une cérémonie

Prière d'ouverture

Nous nous rassemblons aujourd'hui, Seigneur, pour entendre ta parole et réfléchir à propos de la meilleure manière de traiter les personnes qui nous volent, qui nous maltraitent et qui, parfois, nous font souffrir parce qu'elles se sont livrées à des voies de fait sur nous.

Bon nombre d'entre nous se réfugient dans les mots de l'Ancien Testament, « oil pour oil », et les opposent à l'enseignement de Jésus, qui nous a demandé de tendre l'autre joue.

Nous savons, mon Dieu, qu'il y a parmi nous des gens violents; des gens à l'esprit si subjugué qu'ils ne peuvent contenir ni leur colère ni leur rage devant les souffrances morales, qu'elles soient réelles ou imaginaires.

Accompagne-nous aujourd'hui dans nos réflexions à ce sujet et nos grands efforts pour respecter ces gens qui, bien souvent, n'ont guère de respect pour eux-mêmes.

La justice dans la perspective des Saintes écritures

La punition, la rédemption et la réparation sont des thèmes centraux de l'enseignement chrétien. Les défenseurs de la justice réparatrice adoptent une ligne de conduite nettement moins punitive que la justice ordinaire et aussi réparatrice que possible.

Que nous disent les écritures ? Aux fins d'une cérémonie axée sur la justice réparatrice, peut-être serait-il bon de jeter un coup d'oil sur le Lévitique et le Deutéronome, deux sources fiables qui envisagent la punition et sa finalité de façon différente.

Le Lévitique (24: 17-22) est très explicite - le principe de l'oil pour l'oil y est très évident. L'expression a beau n'apparaître que trois fois dans la Bible, elle a assurément fait beaucoup de chemin. Nombreux sont ceux qui oublient que cette expression disait aussi « mais pas plus qu'un oil pour un oil ».

Le Deutéronome (17: 12-13 et 13: 11) présente des exemples clairs d'une approche dissuasive de la punition. Dans sa première lettre à Timothée, Paul écrivait quant à lui : « Ceux qui sont pécheurs, dénonce-les devant tout le monde, pour faire peur aux autres. »

Dans son livre intitulé Beyond Retribution, Christopher D. Marshall souligne que l'idée selon laquelle « on reçoit ce qu'on mérite » et que la notion de punition adaptée au crime sont contestables pour des raisons morales. En tant que principes généraux, elles ont une certaine valeur pour guider l'administration de la justice même si, comme nous l'avons vu, il est impossible de mesurer objectivement ce qu'une personne mérite véritablement.

« Fait révélateur, s'il est moralement justifié de rendre le bien pour le bien, il est certainement injustifiable de rendre le mal pour le mal. La malveillance est assurément un vice, et le fait d'insister pour que l'on rende en nature à ceux qui commettent le mal équivaut certainement à faire passer un vice pour une vertu.

« Cette ligne de conduite va aussi directement à l'encontre de ce qui est peut-être le point sur lequel les enseignements moraux du Nouveau Testament insistent le plus distinctement : l'obligation de faire preuve de bienveillance à l'endroit de tous, y compris ses ennemis. »

Matthieu 5: 38-48 - Partie du Sermon sur la Montagne où, au lieu de proposer de rendre « oil pour oil », le Christ invite à tendre l'autre joue à celui qui vous gifle.

Romains 12: 14-21- « Bénissez ceux qui vous persécutent; [.] Soyez bien d'accord entre vous [.]. »

Les écritures nous enseignent que nous sommes en droit de passer d'une conception distributive sévère de la justice à une conception selon laquelle la réparation et la réconciliation permettent aux délinquants, aux victimes et à la collectivité de guérir, et que nous devrions le faire.

Lecture responsoriale

Psaume 97 (98) :

Répons de l'assemblée : Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations.

Animateur :
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s'est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations;
il s'est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d'Israël;

Répons :
Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations
.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.

Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez;
jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments;

au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !

Répons :
Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations.

Que résonnent la mer et sa richesse,
le monde et tous ses habitants;

que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie,
à la face du Seigneur, car il vient
pour gouverner la terre,
pour gouverner le monde avec justice
et les peuples avec droiture !

Homélie I

Trente-troisième dimanche du Temps ordinaire - C
14 novembre 2004
(Semaine de la justice réparatrice)

Lectures du Lectionnaire commun 

Malachi 3.19-21a; 2 Thessaloniens 3.7-12; Luc 21.5-19

Au début du siècle dernier pendant un voyage en Europe, l'écrivain américain Mark Twain reçoit un article annonçant son décès. Il envoie le télégramme suivant à son éditeur : « L'annonce de ma mort est grandement exagérée ». La réponse de Twain s'applique à ceux qui entendent le message de l'évangile d'aujourd'hui. Si nous laissons la réalité ou la crainte de la mort nous submerger, nous renonçons à l'espoir qu'ont les chrétiens d'être nés pour vivre, et non pour mourir. La liturgie des derniers jours actuels de l'année liturgique nous rappelle que nous ne devons pas laisser la mort exagérer - elle n'est pas inscrite victorieusement dans notre destin. Nous avons la possibilité non seulement de vivre en présence de Dieu pendant l'éternité, mais aussi de reconnaître la présence divine avec nous en ce bas monde. Mettre cette réalité en pratique constitue le mystère permanent de tous les gens de foi face aux nombreuses contradictions du monde. Comment concilier les paroles du Christ dans l'évangile : « On fera mourir plusieurs d'entre vous. mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu ». (C'est tout ce que j'ai toujours voulu - ne pas perdre mes cheveux après ma mort). Que veux dire le Christ lorsqu'il dit : « C'est par votre constance que vous sauverez vos vies ? » Comment nous, chrétiens, pouvons-nous proclamer un évangile de vie et d'espoir dans un monde qui annonce continuellement la mort et le désespoir ?

Il arrive rarement que les chrétiens puissent disposer de moyens pratiques de professer leur foi ou même trouver de l'inspiration dans une initiative de l'état. Mais cette semaine, dans tout le Canada, le gouvernement fédéral fait la promotion de la Semaine de la justice réparatrice. Dans un étrange retournement des rôles, bien des Canadiens pourraient être surpris de constater que la devise du Service correctionnel du Canada traduit l'essence du message de l'évangile d'aujourd'hui. « Futura Recipere » signifie « Préparer l'avenir ». Elle vise à rappeler à ceux qui travaillent avec les délinquants, aux victimes et à leurs familles que malgré les traumatismes et les bouleversements causés par le crime, la mort, le désespoir, la douleur et les abus, ils ne doivent pas abandonner. Ils doivent se raccrocher à la croyance et à l'espoir que tous les responsables de ces fléaux ont la possibilité de bénéficier de la plénitude, de la réparation, de la guérison et même de la paix dans le cas des victimes et de leur famille. Continuez d'espérer et vous éviterez de sombrer dans le désespoir aujourd'hui. « C'est par votre constance que vous sauverez vos vies ».

Jésus nous met en garde contre notre tendance humaine à prendre rapidement des décisions fondées sur des premières impressions et un sens simpliste de la justice. Les gens de l'époque de Notre Seigneur ressentaient un profond sentiment de sécurité dans les choses comme le temple décoré, mais ils étaient en proie à une peur indicible en période de catastrophe naturelle et de guerre. Le prophète Malachi nous rappelle dans la première lecture la fugacité de notre propre perception des choses de notre monde - les récompenses apparentes offertes aux personnes injustes et les punitions qui semblent par moment être infligées aux personnes pieuses et vertueuses. « Ce n'est pas juste » est une phrase qu'on entend aussi souvent aujourd'hui qu'à l'époque de Malachi. Et il n'est pas difficile de présenter des preuves qui corroborent l'affirmation selon laquelle nous allons au diable. Il suffit de regarder autour.

Jésus nous conseille d'éviter de laisser le mal dans le monde compromettre notre vision. Nous ne pouvons pas nous laisser envahir par les horreurs du crime ou les actes inhumains perpétrés par certains contre autrui. Notre réponse pourrait alors s'inspirer principalement d'un esprit de revanche et de punition. Pendant de nombreuses années notre système de justice a été fondé sur le principe voulant qu'il faille infliger une punition correspondant au crime commis - « Oil pour oil, dent pour dent ». Dans beaucoup de pays, il s'agit encore de la base du système de justice, et la peine capitale y est encore la réponse ultime. Dans le passage des écritures où Jésus fait face à cette question, sa réponse offre un nouveau point de vue : « Que celui qui n'a jamais pêché me jette la première pierre ». Il nous donne un exemple concret lorsqu'il adresse des mots nouveaux en apparence contradictoires à la femme adultère - « Je ne te condamne pas. Va ! Et ne pèche plus ». Jésus décrit la capacité de Dieu d'établir un équilibre véritable entre la justice et la miséricorde d'une façon que nous trouvons troublante et difficile à mettre en pratique dans notre vie personnelle et ailleurs.

L'expression « justice réparatrice » traduit le désir de mettre en pratique cet équilibre. Elle reconnaît le mal fait et y répond, amène le délinquant à rendre des comptes et reconnaît les préjudices causés à la victime et à la société. Il s'agit également d'une justice guidée par l'espoir - l'espoir que la victime puisse se diriger vers la guérison, la sécurité et la plénitude de l'humanité même après avoir subi le manque de respect et avoir été agressée, parfois jusqu'au plus profond de son être. Il s'agit d'une justice qui donne au criminel la possibilité de se repentir, de se réadapter et de réintégrer la société en tant que citoyen productif et respectueux des lois. Elle donne à la victime, au délinquant et à tous les citoyens la possibilité d'entamer un dialogue fructueux pour susciter l'espoir dans un monde terrifié et effrayant. On peut y arriver. « C'est par votre constance que vous sauverez vos vies ». Tenez bon face aux traumatismes du monde qui a tendance à vous dissimuler la vision de la justice divine, où un Dieu qui sait tout, comprend tout et juge tout rétablira tout au " jour du dernier jugement ». Par ailleurs, Jésus nous dit que nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre passivement de mettre cet espoir en pratique. Certains Thessaloniens l'on fait en supposant que la fin des temps était imminente. Saint Paul leur a dit carrément : " Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger ». Il est difficile de vivre notre foi en tant que chrétiens, d'amorcer le dialogue de la justice réparatrice et de mettre en pratique notre vision chrétienne. Mais ce n'est pas impossible si nous faisons appel à Dieu.

Le Christ lui-même admet ces difficultés. Il faut du courage même pour accepter cette vision pour nous-mêmes. Il faut du courage pour offrir une possibilité différente au monde dont la perspicacité a été obscurcie par les guerres et les insurrections. les tremblements de terre. les fléaux et les famines. et les présages terribles. La vision prophétique d'un chrétien peut facilement être considérée comme naïve et insensée ou comme une façon d'échapper à la réalité. Loin de là. La raison même pour laquelle Notre Sauveur est venu sur la Terre était d'apporter la force et une nouvelle vision, d'offrir par ses paroles et, ce qui est plus important encore, par ses actes une interprétation fondée sur la vérité des événements dans le monde à la lumière d'une foi et d'une confiance profondes en un Dieu qui constitue la perfection en matière de justice et de miséricorde. Cette confiance en Dieu est notre réalité future et notre vision actuelle. Futura Recipere. Saisissez cette vérité afin de vivre et de célébrer la vie aujourd'hui.

Le mahatma Gandhi a donné la réponse suivante à ceux qui jugeaient sa vision trop vaste pour être mise en pratique : « Soyez le changement que vous voulez voir ». « Soyez le changement que vous voulez voir ». Commencez par courir le risque d'une conversion personnelle. évangélisez-nous en premier, osez accepter une vision qui ne correspond à celle du monde et vivez-la tous les jours. Si nous prenons le risque de choisir de croire, notre Seigneur promet qu'il nous « donnera un langage et une sagesse que nos adversaires ne pourront contredire et auxquels ils ne pourront résister ». Et lorsque nous constatons la situation affreuse du monde qui nous entoure, le Seigneur nous convie à utiliser notre force et à retrousser nos manches pour espérer en un salut futur qui nous transporte même aujourd'hui. Nous pouvons nous aussi répondre au monde que les comptes rendus sur la fin de nos espoirs ont été grandement exagérés.

Le rév. Ted Hughes
Aumônier régional des Prairies
Le Service correctionnel du Canada

Homélie II

Il a eu ce qu'il méritait !

Un délinquant qui a eu des démêlés avec la justice, par le passé, a été envoyé en prison pour avoir enfreint la loi.

La société a été protégée, et une personne a été dûment punie. Bon nombre de gens qui prendront connaissance de la peine imposée par le tribunal diront « il a eu ce qu'il méritait » et seront persuadés que justice a été rendue.

Une punition peut être nécessaire pour certains délinquants. Maintenant, pour ce qui est de mériter la punition, c'est une autre histoire.

Que méritons nous ?

Les Canadiens croient, avec raison, qu'ils méritent d'être consultés quant aux décisions que le gouvernement prend en leur nom. Nous avons donc des élections.

Les Canadiens croient que toute personne mérite l'accès à l'éducation, et c'est la même chose pour le logement et les soins médicaux. La société canadienne est fondée sur ces valeurs de base, et nous pouvons crier haut et fort si ces droits - ces choses que nous croyons tous mériter - ne nous sont pas donnés.

Quand les enfants naissent, nous croyons qu'ils méritent toutes les chances possibles. Nous sommes tous d'accord pour dire que les enfants méritent d'habiter dans un endroit où ils sont en sécurité, de manger à leur faim chaque jour, de vivre dans un milieu où on les aime et on prend soin d'eux; un endroit où ils peuvent s'épanouir et être eux mêmes. Mais, bon nombre d'enfants n'ont pas ce que nous disons qu'ils méritent.

L'alcool et la drogue s'immiscent dans les foyers et volent aux enfants les choses qu'ils méritent. La pauvreté a les mêmes conséquences, ainsi que les foyers où la dissension et la méfiance règnent et privent l'enfant qui grandit de la fascination et de l'émerveillement qu'éprouve un enfant qui est bien nourri et qui est bordé dans son lit par un parent qui l'aime vraiment.

Ne disons nous pas que tous les enfants, y compris les noirs et les autochtones, méritent une place au sein de la collectivité, où ils sont reconnus, aimés et acceptés ?

Il y a des enfants qui ne sont pas aimés. Certains ne sont même pas voulus; ils passent leur enfance et leur adolescence dans des familles d'accueil où, dans la plupart des cas, ils sont « entreposés » jusqu'à ce qu'on leur trouve une place. Les soins qu'ils reçoivent ne sont pas aussi complets qu'ils auraient pu être, et leur capacité de profiter des possibilités qui s'offrent à eux est diminuée parce que la confiance en soi - le fait de savoir qu'ils sont aimés - n'est pas aussi solide ou enracinée qu'elle doit l'être pour leur permettre de s'épanouir.

Il y a bien des enfants qui n'ont pas ce que nous croyons et disons qu'ils méritent.

Certains de ces enfants, lorsqu'ils arrivent à la vie adulte, n'ont pas la stabilité émotionnelle requise pour s'adapter à une société qui vit à un rythme accéléré et qui leur envoie toutes sortes de messages différents. Lorsqu'ils font des erreurs, et que nous les punissons et leur demandons d'être « responsables » et que nous ne comprenons pas pourquoi ils ne réagissent pas - est ce que nous nous demandons s'ils ont eu ce qu'ils méritaient quand ils étaient bébés, tout petits, puis adolescents ?

Lorsque nous flanquons ces enfants devant un téléviseur et que nous les exposons, pendant des heures, à des émissions souvent violentes - lorsque les mots paix et amour ne font pas partie du vocabulaire qu'ils apprennent en bas âge - leur donnons nous ce qu'ils méritent ?

Ne méritent ils pas qu'on leur enseigne les valeurs sur lesquelles repose la société ?

Est ce que l'enfant qui a été exposé à une trop grande quantité d'alcool lorsqu'il était dans le ventre de sa mère; qui est maintenant atteint du syndrome d'alcoolisation fotale et qui est incapable de se concentrer en classe a eu ce qu'il méritait?

La mère de cet enfant ne méritait elle pas d'avoir une conversation franche avec un médecin au sujet des dommages qu'entraîne la consommation d'alcool durant la grossesse ?

Le médecin a eu ce qu'il méritait : il a été bien payé avec l'argent des contribuables pour avoir vu la patiente. Les médecins savent comment obtenir ce qu'ils méritent; ils ont une position sociale, des compétences et des relations dont ils peuvent se servir. Il n'y a rien de mal là-dedans, mais pourquoi les autres ne peuvent ils pas avoir ces mêmes possibilités ?

La société obtient elle des producteurs d'alcool le comportement responsable qu'elle mérite - est ce que ceux ci informent les jeunes au sujet de la consommation et de l'abus d'alcool ?

Un enfant ne mérite t il pas d'avoir, chaque matin, un déjeuner un peu plus nourrissant qu'une pizza froide et une boisson gazeuse remplie de sucre ?

Beaucoup trop de ces enfants se retrouveront dans nos salles d'audience « pour obtenir ce qu'ils méritent ».

Obtenir ce qu'on mérite n'est pas une condition qui doit s'appliquer seulement à ceux qui enfreignent la loi et se retrouvent dans une salle d'audience où un juge prononce une peine qui est perçue comme le moyen pour la société de punir des personnes qui ont fait du mal.

Les crimes font mal, et cela fait partie de la nature humaine de vouloir punir la personne qui nous a fait du mal. Mais, nous pouvons faire plus que simplement la punir - nous pouvons la remettre sur la bonne voie.

Notre système judiciaire a tendance à punir - si vous enfreignez la loi, vous pouvez être envoyé en prison comme punition. Une approche réparatrice à l'égard de la criminalité consisterait à utiliser notre système judiciaire pour guérir les personnes blessées et pour faire en sorte que chacun obtienne ce qu'il mérite.

Dans le cadre d'une approche réparatrice, on demande au délinquant d'accepter la responsabilité pour le mal qu'il a fait, puis de faire amende honorable et de faire réparation à la victime.

Une approche réparatrice prévoit pour la victime un endroit sûr où elle peut rencontrer le délinquant et lui demander « pourquoi moi ? », et où elle peut entendre les excuses sincères que bon nombre de délinquants désirent présenter.

Une approche réparatrice permet à la collectivité de participer au processus de guérison, de comprendre pourquoi le crime est survenu et d'apporter les changements nécessaires pour qu'il n'y ait plus d'autres crimes.

Il y a des conséquences aux choses que l'on fait, et l'une de ces conséquences peut être la punition. Mais, si l'on ne fait que punir la personne, on ne lui permet pas de guérir et de se remettre dans la bonne voie.

Obtenir ce qu'on mérite est une condition qui commence à la conception et qui prend fin au décès. C'est à la fois notre droit et notre responsabilité.

Avez vous eu ce que vous méritiez aujourd'hui ? Avez vous donné aux autres ce qu'ils méritaient aujourd'hui ?

Pepper Parr
Président du Comité de l'éducation du
Conseil des églises pour la justice et la criminologie

Prières des croyants / prières d'intercession

Appel à la prière

Dans la vie de tous les jours, l'abondance dans laquelle nous nous trouvons pour la plupart, bien des gens parmi nous n'y ont pas accès.

Il y a aujourd'hui des hommes et des femmes qui, parce qu'ils travaillent en milieu carcéral, courent énormément de risques à surveiller d'autres hommes et d'autres femmes qui, pour diverses raisons, ont été mis sous les verrous.

Prière pour les victimes

Le crime est importun - il s'ingère dans la vie des victimes, de façon violente parfois, ce qui altère à jamais le sentiment de sécurité que chaque personne s'attend à éprouver dans la vie de tous les jours.

Mon Dieu, apporte la paix et le réconfort à ceux et celles qui ont connu le crime et, en même temps, fais-leur savoir que tu leur donneras le soutien et les indications dont ils ont besoin pour surmonter une telle épreuve.

épargne aux victimes le sentiment de culpabilité, le sentiment qu'elles sont en quelque sorte responsables de ce qui leur est arrivé. Donne-leur de comprendre que leur douleur est le résultat de la manifestation extérieure de la détresse d'une âme en peine, incapable de demander l'aide dont elle avait besoin, qui a fait du mal à autrui à la place.

Montre-leur que le temps arrangera les choses et que la grâce de Dieu est toujours là pour eux.

Nous te demandons également, mon Dieu, d'avoir l'oil sur les familles des personnes que nous avons dû emprisonner et te prions de les protéger.

Pour les personnes qui ont causé de graves préjudices

Nous demandons aujourd'hui des prières pour les femmes et les hommes qui se trouvent de part et d'autre des barreaux ainsi que pour les administrateurs qui s'emploient à préserver la sécurité du public tout en élaborant des programmes à l'intention des détenus qui s'efforcent d'accepter leur vie brisée.

Prière pour nous - vous, moi, la collectivité

Nous sommes ce que nous choisissons d'être dans la collectivité.

Nous ne pouvons pas exister les uns sans les autres. Nous respirons tous le même air et partageons tous la même planète; nous sommes totalement interdépendants.

Accorde-nous la capacité de comprendre nos forces et nos faiblesses respectives, et donne-nous d'en être conscients.

Aide-nous à célébrer qui nous sommes et ce que nous sommes et à nous tourner vers toi, tous les jours, pour obtenir tes conseils et avoir les réponses aux nombreuses questions que nous nous posons.

Au nom de Jésus, laisse-nous aller de l'avant et amène-nous à correspondre vraiment à ton dessein à notre égard.

Nous te le demandons au nom de ton fils Jésus-Christ, qui a réuni autour de lui des disciples et qui nous a enseigné la manière de vivre ensemble en communauté.

Prières pour l'organisation judiciaire et les législateurs

Nous demandons aussi que l'on prie pour l'organisation judiciaire - les juges, les avocats de la défense, les procureurs de la Couronne - ainsi que pour les législateurs et toutes les personnes qui s'emploient ardemment à faire en sorte que notre système judiciaire soit juste et plein d'humanité, et qu'il respecte par ailleurs la primauté du droit qui a fait de ce pays le pays pacifique qu'il est.

Nous demandons que l'on prie pour les agents de police et les gardiens de sécurité qui surveillent nos milieux de vie pendant notre sommeil.

Pour ceux et celles qui exercent le ministère des prisons en notre nom

Nos aumôniers de prison travaillent sans relâche à combler le fossé entre les petites cellules de prison et les foyers où parents et amis des détenus sont aux prises avec des situations qu'ils n'ont pas choisies. Comble ces aumôniers de ton amour inconditionnel, de ta sagesse et de ton discernement.

Apporte la paix et le réconfort à ceux et celles auprès de qui les aumôniers exercent leur ministère - les employés et leur famille aussi bien que les détenus et leur famille qui tentent de refaire leur vie suivant les véritables desseins de Dieu à leur égard.

Prière évoquant le thème PARTICIPONS ENSEMBLE AU DIALOGUE

Tu nous as fait entrer dans ce monde et tu t'attends à ce que nous engagions le dialogue les uns avec les autres, un dialogue qui nous amènerait à nous soucier les uns des autres, à comprendre nos forces et nos faiblesses, et à avoir le courage de nous avancer pour poser les questions difficiles et effectuer le travail pénible.

Nous te demandons cette semaine la grâce touchante qui fait partie de l'image que nous avons de toi et du rôle que tu joues dans nos vies.

Associe-toi à nous - entends nos prières, réponds à nos questions et aide-nous à prévoir plutôt qu'à supplier. Donne-nous la force de prendre les risques qui entraîneront une amélioration de notre situation.

Aide-nous à ouvrir les yeux afin que nous voyions ce que nous pouvons faire pour améliorer la situation des autres et, du coup, que nous comprenions que nous sommes ici pour servir.

Prière finale

Nous avons entendu ta Parole.

Nous avons réfléchi à un point de vue et nous promettons aujourd'hui d'avoir de la considération pour les personnes qui sont dans une situation telle que la société a été forcée de décider de les emprisonner pour que nous puissions nous sentir en sécurité et l'être vraiment.

Enseigne-nous à demander que les personnes qu'il nous faut emprisonner soient bien traitées; à demander qu'on leur donne toutes les chances de refaire leur vie par la grâce que tu nous accordes à tous.

Nous te le demandons en ton nom.

Bénédiction

Puissent les germes de vie semés par nos réflexions et notre célébration de ce jour être entretenus et se développer pleinement par la grâce de Dieu.

Puissions-nous tous exercer notre liberté de telle sorte qu'elle amène la guérison et l'espoir là où règne la discorde.

Puissions-nous être disposés à travailler à la limite de nos possibilités et à grandir, à mesure que la profondeur du sens et des possibilités de la justice réparatrice prendra racine dans nos cours.