« Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez emprisonnés avec eux.. » Héb. 13:3;
« [J'étais] prisonnier et vous êtes venus me voir... » Mt. 25:36;
« Car cette Loi que je te prescris aujourd'hui n'est pas au-delà de tes moyens ni hors de ton atteinte...Non, la Parole est très près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cour pour que tu la mettes en pratique. » Deut. 30:11-14
« Voluntary » en la mineur - John James
L'invitation que Jésus nous fait d'être auprès de nos frères et de nos soeurs incarcérés en qui Il se reconnaît Lui même s'enracine profondément dans notre héritage chrétien et dans nos coeurs. Malgré l'horreur de certains crimes, nous sommes invités à nous rapprocher du prisonnier d'une manière qui n'est pas sans rappeler la compassion du Christ, sa miséricorde et son pardon. Toutefois, la plupart d'entre nous ne s'arrêtent pas beaucoup à penser aux prisonniers, à leur famille, aux personnes qui travaillent auprès d'eux, ou à notre responsabilité à leur égard. Celà est peut être attribuable au fait que nous mêmes, ou les personnes que nous aimons, avons subi un tort et sommes des victimes, que nous sommes en colère et sans pitié. Et pourtant, l'appel demeure, et nous sommes invités à trouver la sérénité, et à devenir nous mêmes des instruments de paix et de croissance, c'est à dire faire une place dans notre coeur pour les prisonniers. Regardez au delà des apparences afin de connaître, de comprendre et d'accueillir ces frères et ces soeurs comme s'il s'agissait du Christ. Nous devons leur apporter l'amour du Christ d'une manière qui les libère, leur donne de l'espoir, leur permet de prendre conscience de leur dignité et les aide à cheminer ici bas, enfin d'une manière qui éveille en eux le désir d'être pleinement ce qu'ils sont et de choisir la vie.
Les aumôniers et les bénévoles du Service correctionnel du Canada vous invitent, vous, ainsi que tous les gens de bonne volonté, à vous unir à eux dans une prière à l'intention des prisonniers, de leurs familles et des personnes qui travaillent auprès d'eux. Acceptons donc de relever ce défi et souvenons-nous des prisonniers, comme si nous étions emprisonnés nous aussi.
Lorsque nous sommes emprisonnés ou privés de notre liberté, Dieu nous offre de nous libérer. Lorsque nous sommes pauvres, le Christ s'identifie à nous et nous offre des trésors plus précieux que toutes les richesses du monde. Lorsque nous souffrons de solitude et de découragement, l'Esprit-Saint nous réconforte et nous amène à nous dépasser. Tous ceux et celles qui demandent l'aide de Dieu le Créateur seront sauvés. Dans la communion de la famille de Dieu, et solidaires des personnes emprisonnées, défavorisées, abandonnées et découragées, cherchons ensemble la guérison que Dieu seul peut nous apporter. Amen.
Nous venons vers toi, ô Dieu, pour renouveler notre vision
de Jésus, notre frère et notre ami,
qui a osé partager la solitude et la douleur
d'un monde éclaté
où bien des personnes sont seules et isolées.
Par sa vie, il nous fait signe de le suivre
dans cette grande aventure.
Pardonne nous notre tendance à accepter l'amour
qui a coulé si abondamment dans nos vies
sans faire le moindre geste
pour le semer un peu partout autour de nous.
Donne nous l'impulsion créatrice nécessaire
pour partager la douleur et le chagrin des autres,
afin que nous puissions être encouragés à risquer
une rencontre vivante avec ceux et celles
qui sont hors du cercle de notre propre expérience.
Transforme nous de manière à ce que nous puissions voir
à la fois un monde au delà de notre horizon étroit,
et tout l'amour que nous avons,
qui peut apporter au monde
la plénitude,
l'unité
et la paix. AMEN !
Dieu nous parle
Lecture tirée de l'ancien testament : Isaïe 42, 1 8
Psaume 146
Le Nouveau Testament : Hébreux 13, 1 3, 5 8 et Jean 15, 1 7
La Semaine de la justice réparatrice : collectivité, victimes, prisonniers est un moment au cours duquel nous désirons entrer en nous-mêmes et découvrir dans une perspective évangélique ce qu'il y a de commun entre nous et ces exclus de la société. Ces femmes et ces hommes emprisonnés, ils sont des nôtres, ils sont partie de notre corps social, ils sont comme nous des membres vivants du Corps du Christ, ils sont partie de nous-mêmes. Et en ce sens, leur blessure est notre propre blessure; elle est blessure du Christ prolongée en eux et en nous. "J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venu me voir." MT, 25, 35-36
Entrons en nous-mêmes et regardons ce que nous sommes. Peut-être y découvrirons-nous des traits de ces frères et de ces soeurs prisonniers. Ne sommes-nous pas tous prisonniers de quelques misères personnelles ? Qui de nous peut se prétendre pur, juste, sans péché devant le Christ ?
Par grâce, Jésus a assumé toutes nos prisons personnelles en devenant lui-même prisonnier et en subissant la peine capitale de son temps, la crucifixion. Par sa mort et sa résurrection, il nous libère de tout ce qui nous aliène pour nous faire retrouver notre unité, notre intégrité, notre authenticité, notre plénitude de vie et d'être. Il nous donne d'être pleinement nous-mêmes.
Il ne nous reste plus qu'à nous regarder dans le regard même de Dieu pour découvrir en nous la beauté de ce que nous sommes, et nous émerveiller de l'émerveillement de Dieu qui ne voit dans la plus dépravée comme dans la plus sainte des personnes, que la beauté de ce qu'elle est elle-même.
Combien de femmes et d'hommes emprisonnés ne voient que leur laideur apparente? Si nous pouvions ensemble, dans l'amour, découvrir la beauté et la bonté cachées en chacun de nous, si nous acceptions de nous laisser aimer, de nous aimer nous-mêmes, de nous aimer les uns les autres et d'amener les prisonnières et les prisonniers à s'aimer eux-mêmes, dans cet amour inconditionnel du Père pour nous, ce serait sans doute le pas décisif vers une véritable réhabilitation de toute la personne et même un jalon vers l'abolition de toutes les formes de prison.
Jean-André Patry
aumônier à la prison de Bordeaux
Montréal
Dieu nous demande de nous aimer les uns les autres, d'être justes dans nos gestes et nos paroles. Prions pour que nous soyons tous réunis malgré nos différences personnelles.
Seigneur, tu formes en nous les prières que nous t'adressons. Fais-nous goûter les joies de la véritable conversion en ces jours d'espérance et d'appel. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils, notre Seigneur. Amen
Notre père
Qui n'est pas aux cieux ...
Je veux tenir par la main
la famille innombrable que tu m'as donnée
au fil des jours, au fil des ans.
Tu es le Dieu avec nous : merci !
Merci pour les personnes angoissées
qui ont rencontré de l'accueil.
Merci pour les prisonniers de toutes sortes,
derrière les barreaux de métal
ou d'inattention, ou de rejet
que quelqu'un quelque part a écoutés,
a aimés.
Merci pour tous les malades, les mourants,
tous les démunis de la terre,
de tous âges,
que ton amour a rejoints
par un mot, par un sourire
ou par un silence rempli de compassion.
Et donne-nous aujourd'hui
de ne pas oublier
de continuer la route de l'amour
avec toi. Amen. (A.D.)
Cantique
Renvoi des fidèles et bénédiction
Que le Christ qui marche malgré ses pieds meurtris
t'accompagne au bout de la route. AMEN.
Que le Christ serviteur aux mains transpercées
t'apprenne à servir tes semblables. AMEN.
Que le Christ qui t'aime malgré les coups portés à son coeur
demeure à jamais ton bien-aimé. AMEN.
Dans la rue, que le visage de Jésus transparaisse dans tous les visages que tu croises.
AMEN.
Et que chaque personne qui te rencontre reconnaisse le visage de Jésus dans le tien.
AMEN.
« Seigneur, au moment où nous nous levons pour quitter ce saint asile, repris dans le tourbillon de la vie quotidienne, désireux de nous unir à tout ton peuple, nous te demandons de nous donner du courage."
Seigneur, lorsque tu viendras dans ta gloire, ne te souviens pas seulement des hommes et des femmes de bonne volonté. Souviens-toi également des personnes de mauvaise volonté. Mais ne te souviens pas alors de leurs cruautés, de leurs sévices et de leur violence. Souviens-toi des fruits que nous avons portés à cause de ce qu'ils ont fait. Souviens-toi de la patience des uns, du courage des autres, de la camaraderie, de la grandeur d'âme, de la fidelité qu'ils ont recueillis en nous. Et fais, Seigneur, que les fruits que nous avons portés soient un jour, leur rédemption.
Prière d'un juif exterminé dans un camp de concentration. Cette prière fut retrouvée par un soldat américain sur un bout de papier journal.