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Des exemples vivifiantes

Trouver l'espoir

Rick Prashaw Conseil des églises pour la justice et la criminologie ccjc@web.net

Nous savions qu'il s'agissait d'une question sacrée.

Des victimes durement éprouvées par les crimes qu'elles ont eu à subir étaient à l'assemblée générale annuelle du Conseil des églises pour la justice et la criminologie, en juin dernier 1997. Elles ont eu le courage de nous raconter leur histoire, de faire un bout de chemin avec nous, à la recherche de l'espoir au cour de la souffrance.

Nous avons d'abord écouté en silence quelques paroles de sagesse.

Les victimes souffrent de nombreuses manières, avec leurs proches, parfois sans que les autres s'en aperçoivent. Elles sont habitées par la peur et un sentiment d'impuissance. Leurs activités quotidiennes sont devenues un fardeau. La douleur qu'elles ressentent est incommensurable, infiniment profonde et interminable. Leur intégrité atteinte, elles en éprouvent de la honte. Elles ont énormément perdu, que ce soit un être cher, leur intimité, de l'argent, des amis ou leur joie de vivre. Elles se constituent une nouvelle identité.
Tous les crimes sont graves, que le Code criminel les juge ainsi ou non.
Les victimes ont besoin de l'aide de leur collectivité. Il leur faut du temps pour que passent leur colère et leur sentiment d'injustice. Elles doivent avoir l'occasion de raconter leur histoire, parfois à de nombreuses reprises. Elles ne se bornent pas, chaque fois, à une narration des faits, car elles expriment leur perception de l'épreuve qu'elles ont vécue. Elles ont droit à leurs sentiments.
Il est parfois nécessaire d'aider la victime, si elle ne réussit pas elle même à surmonter son épreuve. Généralement, dans un tel cas, la victime croit qu'en " s'accrochant " au passé, elle ne perdra jamais l'être cher et elle l'honorera. Il peut alors être bon de l'aider à canaliser son énergie dans des activités physiques. Par exemple, l'organisme MADD U.S.A a mis sur pied un programme permettant aux victimes qui ont perdu un être cher de construire des croix commémoratives en bordure des routes.
Il nous faut créer des conditions propices à la guérison. Les victimes peuvent trouver en d'autres victimes le soutien moral nécessaire.
C'est une invitation au pardon et au souvenir, et non à l'oubli.
Le temps n'arrange pas tout, mais le malheur finit par cesser d'être le point de mire de l'existence.

Les victimes ont besoin de reprendre le contrôle de leur existence. Elles doivent communiquer leur expérience et faire valoir leurs droits. Et, même si ce processus ne peut avoir lieu entièrement au sein du système de justice pénale, les représentants de ce dernier devraient autant que possible favoriser la guérison et non aggraver la douleur des victimes. Par conséquent, il faut absolument accroître les services offerts aux victimes à la suite d'un crime, créer des possibilités additionnelles de réparation de nature financière ou d'autres natures et donner l'occasion aux victimes de participer davantage au processus judiciaire traditionnel ou au nouveau processus qu'est la justice réparatrice. Malheureusement, l'expérience nous montre que le système judiciaire actuel, qui favorise la punition et la confrontation, se situe à contre courant de la justice réparatrice, qu'il soit axé sur le délinquant ou, comme certains le voudraient, sur la victime.

Ces deux derniers modèles ne sont pas mutuellement exclusifs. Dans les anciens textes hébreux des écritures saintes, qui sont à l'origine de notre tradition chrétienne, l'idéal du shalom est le but ultime de la création. Il consiste en l'existence de relations harmonieuses entre les êtres humains et avec Dieu. Or, le crime est l'antithèse du shalom. En tant que croyants, nous avons la difficile tâche d'appliquer la véritable justice, celle qui est plus « dure » que toutes et qui consiste à faire évoluer nos collectivités vers le shalom. Voilà une autre question sacrée.